Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maître-autel

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Date :

  • 1802 (Production)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Objet de cérémonie > Meuble religieux > Autel et son environnement

Éléments associés

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Description

Le maître-autel est une pièce de mobilier liturgique exécutée en 1802 pour l'église de Saint-François-de-Sales. L'ensemble est constitué d'un tombeau et d'un tabernacle en bois sculpté, peint et doré. Le tombeau de plan rectangulaire présente un profil galbé à la romaine. Il est orné d'un médaillon en bas-relief représentant saint François de Sales au centre. Des festons de fleurs relient ce médaillon aux angles supérieurs du meuble. Le tombeau supporte le tabernacle, qui a la forme d'une façade d'église néoclassique miniature. Cette pièce est composée de deux gradins, d'un étage de la monstrance rythmé de colonnettes et d'un couronnement formé d'un entablement surmonté d'un fronton, d'un dôme et d'un lanternon. Le tabernacle, décoré de motifs végétaux, est aussi doté de niches et de petits reliquaires.

Ce bien est classé objet patrimonial.

Lieu de production :

  • Amérique du Nord > Canada > Québec

Dimensions :

  • Hauteur : 340 centimètre(s)
  • Largeur : 290 centimètre(s)
  • Profondeur : 73 centimètre(s)

Matériaux :

  • Bois
  • Peinture

Technique de fabrication :

  • Doré
  • Peint
  • Sculpté

Représentation iconographique :

  • Calice
  • Ostensoir
  • Saint François de Sales

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1965-10-06
 

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Valeur patrimoniale

Le maître-autel présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et ethnologique. Cette pièce de mobilier témoigne de l'importance de la célébration de l'eucharistie dans la religion catholique. Traditionnellement, le maître-autel était composé d'un tombeau supportant la table où était célébrée l'eucharistie et d'un tabernacle destiné à conserver les hosties consacrées. Le tabernacle pouvant aussi servir à présenter l'ostensoir et contenant parfois des reliquaires, l'ensemble présentait souvent des dimensions imposantes. Ce meuble, au centre des pratiques liturgiques, était généralement placé au fond du choeur. Plusieurs changements sont apportés à la liturgie par l'Église catholique à la suite du concile Vatican II (1962-1965). Depuis, les autels anciens ne sont plus utilisés pour la célébration de la messe. De nouvelles tables d'autel sont plutôt installées au centre du choeur, et le célébrant fait face aux fidèles. De nombreuses paroisses, comme celle de Neuville, conservent toutefois leurs anciens autels qui gardent parfois leur fonction de réserve eucharistique. Le maître-autel de l'église de Saint-François-de-Sales évoque ainsi une pratique liturgique catholique ancienne.

Le maître-autel présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur la notoriété de son concepteur François Baillairgé (1759-1830). Ce dernier fait partie d'une dynastie d'artistes et d'architectes ayant marqué l'histoire de l'art au Québec. De 1779 à 1781, Baillairgé bénéficie d'une formation à l'Académie royale de peinture et de sculpture de Paris. À son retour, il exécute divers travaux de sculpture, de peinture et d'architecture pour des paroisses de la région de Québec, dont le décor intérieur de la cathédrale Notre-Dame-de-Québec qu'il conçoit avec son père Jean (1726-1805) de 1787 à 1793. Il réalise aussi les plans de quelques édifices, dont l'ancienne prison de Trois-Rivières (1816 à 1822). L'érudition, le talent et la formation académique de Baillairgé lui confèrent une place importante parmi les artistes de son époque. Il contribue notamment par ses oeuvres à l'introduction du néoclassicisme dans la sculpture et l'architecture locales. Le maître-autel de l'église de Saint-François-de-Sales témoigne de sa production de mobilier liturgique, particulièrement réputée.

Le maître-autel présente en outre un intérêt pour sa valeur artistique. L'oeuvre témoigne de la diffusion d'un type de meuble religieux au Québec. Le tabernacle du maître-autel de Neuville est le premier meuble inspiré du célèbre tabernacle aussi réalisé par Baillairgé en 1797 pour la cathédrale Notre-Dame-de-Québec. Cette oeuvre très architecturée rompait avec la tradition par sa forme et son ornementation d'inspiration classique, entre autres. Le véritable édifice en miniature reprenait les grandes lignes de la basilique Saint-Pierre de Rome, et il était considéré par plusieurs comme un chef-d'oeuvre. Baillairgé réalise lui-même quelques interprétations de ce meuble qui influence aussi plusieurs générations d'artistes qui produiront des tabernacles similaires jusqu'au début du XXe siècle. Tout comme son modèle, le meuble de Neuville présente des proportions et des éléments répandus dans l'architecture classique, comme les colonnes corinthiennes, les niches cintrées et le dôme. Il se distingue toutefois de l'original par son ornementation beaucoup plus sobre et par son fronton triangulaire plutôt que cintré. Baillairgé a orné le tombeau du maître-autel d'un médaillon représentant le patron de la paroisse. Le bas-relief, doré et de facture délicate, s'harmonise au décor de l'ensemble. Le maître-autel illustre à la fois la maîtrise artistique de Baillairgé et la transmission de modèles dans la sculpture religieuse au Québec.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2011.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du maître-autel liés à ses valeurs historique, ethnologique et artistique comprennent, notamment :
- les caractéristiques du tombeau, notamment son volume, dont le plan rectangulaire et le profil galbé, les matériaux, dont le bois sculpté doré et peint en blanc, l'ornementation des angles, dont les motifs de feuillage et les pattes de lion, l'ornementation du panneau avant, dont les festons de fleurs et le médaillon en relief représentant saint François de Sales en buste vêtu de ses habits ecclésiastiques, flanqué d'une crosse et d'une mitre et surmonté de nuages;
- les caractéristiques du tabernacle, notamment son volume, dont les deux gradins à panneaux et à refends, l'étage de la monstrance composé de cinq travées, rythmé de colonnettes d'ordre corinthien et doté de niches cintrées et de reliquaires ovales disposés en alternance, ainsi que le couronnement formé d'un entablement surmonté d'un fronton, d'un dôme et d'un lanternon dans la partie centrale et de deux reliquaires ovales aux extrémités, les matériaux, dont le bois sculpté et doré, les motifs végétaux sculptés, ainsi que la porte de la monstrance ornée d'un bas-relief représentant un ostensoir posé sur des nuages.

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Informations historiques

Le maître-autel est exécuté par François Baillairgé (1759-1830) pour le choeur de l'église de Saint-François-de-Sales à Neuville. Baillairgé, qui fait partie d'une dynastie d'artistes et d'architectes ayant marqué l'histoire de l'art au Québec, est notamment réputé pour ses travaux de décoration d'églises. Formé auprès de son père Jean (1726-1805), puis à l'Académie royale de peinture et de sculpture de Paris, il a pratiqué la peinture, la sculpture et l'architecture principalement à Québec, sa ville natale.

L'église actuelle de Saint-François-de-Sales est bâtie en plusieurs étapes successives. Le choeur est construit de 1761 à 1763 et les chapelles latérales en 1783. Baillairgé conçoit des autels pour ces chapelles en 1801, et il livre le maître-autel l'année suivante. Ce dernier est placé sous un baldaquin ancien créé vers 1695 pour le palais épiscopal de Québec, puis légué à la paroisse de Neuville en 1717.

Le tabernacle du maître-autel constitue la première oeuvre inspirée du célèbre tabernacle réalisé par Baillairgé en 1797 pour la cathédrale Notre-Dame-de-Québec et détruit dans l'incendie du bâtiment en 1922. Cet ouvrage, considéré par plusieurs comme un chef-d'oeuvre, rompait avec la tradition principalement par sa forme et son ornementation d'inspiration classique. Tout comme son modèle, le tabernacle de Neuville reproduit la façade de la basilique Saint-Pierre de Rome en miniature et possède des proportions tirées de traités d'architecture de la Renaissance. Ce type de tabernacle ainsi que le motif d'ostensoir posé sur un nuage ornant la porte de la monstrance seront repris par plusieurs générations d'artistes jusqu'au tournant du XXe siècle.

Le tombeau du maître-autel comporte quant à lui un médaillon en bas-relief représentant le patron de la paroisse. Le profil galbé à la romaine du meuble s'inspire d'un modèle de tombeau diffusé par le sculpteur montréalais Philippe Liébert (1733-1804).

La porte originale de l'armoire eucharistique du tabernacle est remplacée par une porte en métal au cours du XXe siècle.

Le choeur de l'église de Saint-François-de-Sales est classé une première fois en 1957. Le classement de 1965 inclut le terrain.

Le maître-autel est classé en 1965, en même temps que le baldaquin et l'orgue.

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Références

Contributeur de données :

Direction générale du patrimoine

Notices bibliographiques :

  • BÉLAND, Mario, Antoine BOUCHARD et John R. PORTER. « Oeuvres d'art de l'église de Saint-François-de-Sales ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 84-88.
  • BOURGET, Charles. « L'église Saint-François-de-Sales de Neuville. Le choeur et son baldaquin baroque ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/sfrasalneuf/sfrasalneuff.htm
  • CAMERON, Christina. « Famille Baillairgé ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999. 428 p.
  • GAUTHIER, Raymonde. Les tabernacles anciens du Québec des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1974. 112 p.
  • KAREL, David, Luc NOPPEN et Magella PARADIS. « Baillairgé, François ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

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