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Raudot, Jacques

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Statut Catégorie Autorité Date
Désignation Personnage historique Ministre de la Culture et des Communications 2013-09-12
 
Inventorié --
 

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Synthèse

Né en 1638, Jacques Raudot est le fils de Jean Raudot, seigneur de Bazernes et de Coudray, fermier général et secrétaire du roi, et de Marguerite Talon, fille de Jean Talon, receveur général des « boettes et monnoyes de France ».

Raudot reçoit une formation en droit et exerce la profession d'avocat au Parlement de Paris jusqu'en 1673. Il devient conseiller au Parlement de Metz, puis conseiller à la Cour des aides de Paris à partir de 1678. En 1705, à l'âge de 66 ans, il est nommé intendant de la Nouvelle-France, conjointement avec son fils Antoine-Denis. Tous deux arrivent à Québec la même année.

La Nouvelle-France connaît alors une situation économique précaire, à laquelle s'ajoutent des rumeurs de corruption des membres du Conseil supérieur et des administrateurs de la Compagnie de la Colonie. Tout au long de son mandat, l'intendant Raudot critique sévèrement les institutions coloniales et les fonctionnaires, ainsi que la tolérance de la population envers leurs abus. Convaincu de la nécessité de réformes importantes, il confie l'administration des finances à son fils afin de concentrer ses efforts sur l'ordre public et l'administration de la justice.

L'intendant s'attaque à la Compagnie de la Colonie, dont les administrateurs sont accusés de malversations. Sa résolution à dissoudre le conseil d'administration de la compagnie et de le remplacer par des délégués soulève toutefois une vive opposition de la part des directeurs et de l'administration coloniale. Se sentant humilié par les protestations émises au cours d'une assemblée par le procureur général du Conseil supérieur, François-Madeleine-Fortuné Ruette d'Auteuil de Monceaux, Raudot parvient à le faire démettre de ses fonctions et à gérer lui-même la justice.

Dans le but de mettre fin aux abus des seigneurs envers les habitants, Raudot propose aussi, sans succès, une importante réforme du régime seigneurial. Les décrets qu'il rédige à ce propos, bien que jamais appliqués, attirent néanmoins l'attention des autorités françaises sur les inconvénients du système seigneurial et sur la nécessité de sa refonte.

Au cours de son mandat en Nouvelle-France, Raudot tente de renforcer le pouvoir de l'intendant par rapport à celui du gouverneur. Les dernières années de son règne sont d'ailleurs marquées par une querelle personnelle et administrative avec le gouverneur Philippe de Rigaud de Vaudreuil, contre lequel Raudot émet une imposante série de griefs et d'accusations, espérant ruiner sa carrière.

En 1709, Raudot invoque l'animosité de Vaudreuil et la rigueur du climat canadien pour demander son rappel, ainsi que celui de son fils. Antoine-Denis rentre en France l'année suivante pour occuper les fonctions d'intendant des classes. Son père le suit en 1711 et occupe des fonctions prestigieuses au sein du département de la Marine. En 1722, il accède au poste de conseiller honoraire à la Cour des aides, couronnement de sa carrière.

Il est décédé à Paris le 20 février 1728.

Il avait épousé Françoise Gioux, fille d'un procureur au parlement, probablement de Paris. Il est le père d'Antoine-Denis Raudot.

Ce personnage historique a été désigné par le ministre de la Culture et des Communications le 12 septembre 2013.

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Intérêt patrimonial

Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:

Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse : de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.

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Références

Notices bibliographiques :

  • DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
  • HORTON, Donald J. « Raudot, Jacques ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • MAUDE, Mary McDougall. « Raudot, Jacques ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.

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