Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial du Manoir-Julien-Édouard-Alfred-Dubuc-et-du-Château-John-Murdoch

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Site du patrimoine de la Maison-Dubuc-et-du-Château-Murdock
  • Site du patrimoine du Manoir-Julien-Édouard-Alfred-Dubuc et du Château-John-Murdock

Région administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

Municipalité :

  • Saguenay

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Groupes associés (2)

Personnes associées (9)

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Carte

Description

Le site patrimonial du Manoir-Julien-Édouard-Alfred-Dubuc-et-du-Château-John-Murdoch comprend deux imposantes résidences. Le manoir Dubuc, construit en 1935, est une demeure en pierre, de plan rectangulaire à deux étages et demi, coiffée d'un toit à croupes percé de lucarnes. Elle est encadrée par deux imposantes souches de cheminée. Érigé en 1949 et 1950, le château Murdoch est un bâtiment en granit rose formé d'un corps de logis de plan rectangulaire à un étage et demi coiffé d'un imposant toit à croupes. Il est encadré de pavillons latéraux et est doté d'une tourelle. Situé sur un promontoire naturel dans l'arrondissement municipal de Chicoutimi, le site surplombe la ville et la rivière Saguenay.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure des bâtiments et aux terrains.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Saguenay) 1989-10-02
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial du Manoir-Julien-Édouard-Alfred-Dubuc-et-du-Château-John-Murdoch présente un intérêt pour sa valeur architecturale. Les bâtiments illustrent l'architecture d'esprit régionaliste, un mouvement important au Québec dans la première moitié du XXe siècle. Le régionalisme découle de l'enseignement de Percy Erskine Nobbs (1875-1964) et de Ramsay Traquair (1874-1952) à l'École d'architecture de McGill. Ce mouvement est axé sur l'étude des traditions architecturales. Il stimule de futurs architectes dans la recherche d'un style « moderne » pouvant être associé à une identité nationale. Le manoir Dubuc, construit en 1935, est un projet résidentiel auquel collaborent plusieurs architectes, dont Wilford-A. Gagnon et Charles Adams Platt (1861-1933) ainsi que l'architecte paysagiste Ellen Biddle Shipman (1869-1960). La demeure évoque les vieux manoirs français avec, notamment, son volume en maçonnerie coiffé d'un imposant toit à croupes, ses fenêtres à petits carreaux munies de contrevents, ses hautes souches de cheminée ainsi que les esses en fonte. Le château Murdoch est, pour sa part, un exemple plus tardif de régionalisme. Construit en 1949 et 1950 d'après les plans des architectes Alfred Lamontagne (1883-1967) et Armand Gravel (1895-1980), il se rattache à ce mouvement, entre autres, par sa maçonnerie rustique en granit rose, son imposant toit à croupes ainsi que sa tourelle. Le manoir Dubuc et le château Murdoch évoquent, par leur forme et leurs matériaux, la tradition en architecture au Québec. Par leur dimension et leur emplacement, ils incarnent aussi la réussite sociale de leurs propriétaires.

Le site présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique découlant de son association avec Julien-Édouard-Alfred Dubuc (1871-1947) et John Murdock (1888-1963). Ils ont participé au développement économique et industriel de l'ancienne ville de Chicoutimi et de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Arrivé à Chicoutimi en 1892, Dubuc compte parmi les hommes d'affaires qui se joignent à Joseph-Dominique Guay (1866-1925) pour fonder la Compagnie de pulpe de Chicoutimi. De 1896 jusqu'en 1924, il occupe le poste de directeur-gérant de la compagnie. Entre 1925 et 1945, Dubuc se consacre à la vie politique fédérale; il est député libéral dans la circonscription de Chicoutimi à la chambre des Communes. De 1932 à 1936, il fait une brève incursion dans la politique municipale comme maire de la Ville de Chicoutimi. Par son implication dans le milieu des affaires, Dubuc contribue, entre autres, à la mise en place des systèmes de distribution d'électricité et de téléphone dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pour sa part, John Murdock amorce sa carrière dans l'industrie forestière. Assistant-mesureur à la compagnie Price dès l'âge de 13 ans, il devient au cours des années suivantes l'un des plus importants entrepreneurs forestiers dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il possède des concessions forestières à la grandeur de la province. Murdock s'implique dans la vie politique municipale et occupe le poste d'échevin au conseil municipal de la ville de Chicoutimi de 1926 à 1933. Homme d'affaires prospère, Murdock investit au cours de sa vie dans différents secteurs d'activité, dont les fermes maraîchères, laitières et forestières, l'immobilier, les assurances et la télédiffusion. Le site patrimonial témoigne de la contribution importante de deux hommes au développement de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean au début du XXe siècle.

Le site présente également un intérêt pour sa valeur paysagère. Le manoir Dubuc et le château Murdoch forment, avec leur terrain, deux domaines résidentiels exceptionnels. Les demeures sont construites en retrait de la voie publique, sur de vastes terrains boisés et paysagers. En outre, par leur situation sur un promontoire naturel surplombant la ville et la rivière Saguenay, elles constituent des points de repère particuliers.

Source : Ville de Saguenay, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial du Manoir-Julien-Édouard-Alfred-Dubuc-et-du-Château-John-Murdoch liés à ses valeurs architecturale, historique et paysagère comprennent, notamment :
- sa situation sur un promontoire naturel offrant une vue sur la rivière Saguenay;
- les vastes terrains plantés d'arbres matures et agrémentés d'aménagements paysagers;
- les caractéristiques du manoir Dubuc, notamment le volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages et demi ainsi que l'imposant toit à croupes, les matériaux, dont la maçonnerie en pierre, la disposition asymétrique des ouvertures, dont les fenêtres carrées et rectangulaires en bois à petits carreaux, les portes rectangulaires en bois, les lucarnes à pignon ainsi que les contrevents en bois à caissons, les ornements, dont les esses et les garde-corps en fonte ainsi que la tuile insérée à une extrémité de la façade, les hautes et larges souches de cheminée, à chaque extrémité du toit, l'annexe latérale, dont le plan carré, l'élévation d'un étage ainsi que le toit en pavillon surmonté d'un lanternon;
- les caractéristiques du château Murdoch, notamment son corps de logis principal, dont l'élévation d'un étage et demi ainsi que l'imposant toit à croupes, les pavillons latéraux, dont leur plan rectangulaire, leur élévation (à un étage et un étage et demi) ainsi que leur toit à deux versants droits, la tourelle, dont le toit conique, l'annexe arrière, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le toit à deux versants droits ainsi que la section ajourée du rez-de-chaussée, les matériaux, dont le granit rose, les ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires en bois à imposte, la porte en bois à baies latérales et à imposte ainsi que les lucarnes à croupes, les ornements, dont les corniches moulurées des rives de toit et les appuis, ainsi que la haute souche de cheminée.

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Informations historiques

Le site patrimonial du Manoir-Julien-Édouard-Alfred-Dubuc-et-du-Château-John-Murdoch comprend deux résidences construites sur un promontoire naturel surplombant la ville et la rivière Saguenay.

En 1892, Julien-Édouard-Alfred Dubuc (1871-1947), originaire des Cantons-de-l'Est, s'installe à Chicoutimi comme directeur de la nouvelle succursale de la Banque Nationale. En 1896, il compte parmi les hommes d'affaires qui se joignent à Joseph-Dominique Guay (1866-1925) pour fonder la Compagnie de pulpe de Chicoutimi. Dubuc est alors nommé directeur-gérant de la compagnie, poste qu'il occupe jusqu'en 1924. L'année suivante, il est élu dans la circonscription de Chicoutimi comme député libéral indépendant à la chambre des Communes. De 1932 à 1936, il est maire de la ville de Chicoutimi.

En 1935, Julien-Édouard-Alfred Dubuc se fait construire un petit manoir d'esprit régionaliste sur un vaste terrain dominant le paysage et la rivière Saguenay. Le projet initial, amorcé en 1916, prévoyait la construction d'une luxueuse demeure entourée de jardins et d'aménagements paysagers. L'importance du projet diminue cependant au cours des années. Il met à contribution plusieurs architectes, dont Wilford-A. Gagnon, Charles Adams Platt (1861-1933) et l'architecte paysagiste Ellen Biddle Shipman (1869-1960).

La carrière politique fédérale de Dubuc prend fin en 1945 lors de sa défaite électorale. Sa contribution à l'économie de la région se traduit également par sa participation à la mise en place des systèmes de distribution d'électricité et de téléphone au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Pour sa part, John Murdock (1888-1963) est originaire de Sainte-Anne-de-Chicoutimi. Il commence sa carrière dans l'industrie forestière dès l'âge de 13 ans, alors qu'il travaille comme assistant-mesureur à la compagnie Price. Au cours des années suivantes, il devient l'un des plus importants entrepreneurs forestiers dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il possède des concessions forestières à la grandeur de la province. De 1926 à 1933, Murdock s'implique dans la vie politique municipale; il est élu conseiller municipal de la ville de Chicoutimi.

En 1949, il acquiert de Marie Dubuc une ferme située au sommet de la côte de la Terre-Forte, à proximité du manoir Dubuc. En 1949 et 1950, il fait construire sur cette propriété une imposante demeure d'esprit régionaliste. Les plans sont des architectes Alfred Lamontagne (1883-1967) et Armand Gravel (1895-1980). En raison de son architecture, elle est communément désignée sous le nom de « château Murdock ».

Homme d'affaires prospère, Murdock investit au cours de sa vie dans différents secteurs d'activité, dont les fermes maraîchères, laitières et forestières, l'immobilier, les assurances et la télédiffusion. À la suite de son décès, sa résidence est acquise par Charles-Simon Sirois qui y établit une clinique de soins de santé. Au cours des années suivantes, la Ville l'acquiert et y loge des organismes à but non lucratif. En 2001, elle retrouve sa fonction résidentielle. De nos jours, elle est utilisée comme gîte touristique.

Le site du patrimoine du Manoir-Julien-Édouard-Alfred-Dubuc-et-du-Château-John-Murdoch est constitué en 1989. Ce bien est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

MRC :

  • Saguenay

Municipalité :

  • Saguenay

Arrondissement municipal :

  • Chicoutimi

Localisation informelle :

Situé dans la côte de la Terre-Forte

Latitude :

  • 48° 25' 24.0"

Longitude :

  • -71° 2' 56.0"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Chicoutimi Paroisse de Chicoutimi Rang 1 Nord-Est Chemin Sydenham 72 A-43-7
72 43-4-P
72 A-42-7
72 A-43-1
72 A-43-2-1-P
72 A-43-3
72 A-43-6
72 A-44-2-P
72 A-44-3
72 A-46-P
72 A-47-P
72 A-54-28
72 A-54-7-P
72 A-54-8-P
72 A-55-12-P
72 A-56-13-P
72 A-57-18-P
73 A-14-2-P
73 A-15-9
73 A-16-6
73 A-24-3
73 A-43-P
73 A-63

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Références

Notices bibliographiques :

  • BOUCHARD, Russel et Gaston GAGNON. Chicoutimi: guide d'excursion et d'interprétation du patrimoine. Chicoutimi, Ville de Chicoutimi/ministère des Affaires culturelles, 1992. 66 p.
  • DIEUDONNÉ, Patrick, Lucie K. MORISSET et Luc NOPPEN. Patrimoines modernes : l'architecture du vingtième siècle à Chicoutimi. Sainte-Foy, Presses de l'Université du Québec, 2004. 191 p.
  • MURDOCK, Paul. John Murdock, homme d'affaires de Chicoutimi. Chicoutimi, Québec, P. Murdock, 1993. 114 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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