Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial Le Ber-Le Moyne

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Musée de Lachine
  • Site historique et archéologique Le Ber-Le Moyne
  • Site historique et archéologique Leber-Lemoyne

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Thématique :

  • Patrimoine agricole
  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction commerciale (Postes de traite)
  • Fonction résidentielle (Chalets et résidences secondaires)
  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (3)

Patrimoine mobilier associé (1)

Événements associés (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (10)

Carte

Description

Le site patrimonial Le Ber-Le Moyne est d'abord un poste de traite, puis un lieu d'habitation occupé du XVIIe au XXe siècle. Le site inclut une maison érigée initialement au XVIIe siècle et une dépendance construite à la même époque. Les deux bâtiments en pierre de plan rectangulaire s'élèvent sur un étage et sont coiffés d'un toit aigu à deux versants droits aux larmiers peu saillants. Le site comprend également le pavillon Benoît-Verdickt, un bâtiment en pierre coiffé d'un toit à deux versants à larmiers retroussés construit en 1950. Le terrain, qui forme une légère butte, est planté de quelques arbres matures. Situé sur une pointe de terre surélevée bordant le lac Saint-Louis, à la tête des rapides de Lachine, ce site fait partie de l'arrondissement municipal de Lachine de la ville de Montréal.

Ce bien est classé site patrimonial. Il est inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec. La collection archéologique du site patrimonial Le Ber-Le Moyne est classée objet patrimonial.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2001-04-26

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 2002-11-01
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

Le site patrimonial Le Ber-Le Moyne présente un intérêt pour sa valeur historique. Ce lieu témoigne de la traite des fourrures en Nouvelle-France. En 1669, les marchands montréalais Charles Le Moyne (1626-1685) et Jacques Le Ber (vers 1633-1706) acquièrent une parcelle de terre de René-Robert Cavelier de La Salle (1643-1687). Ces marchands voient en ce lieu une plaque tournante pour le commerce des fourrures. En effet, les routes navigables de l'ouest débouchent sur les dangereux rapides de Lachine qu'il est nécessaire de contourner pour progresser vers Montréal. Situé sur une pointe de terre surélevée juste en amont des rapides, l'endroit constitue un arrêt stratégique pour les convois chargés de fourrures se rendant à la foire annuelle de Montréal. Le Ber et Le Moyne font bâtir, de 1669 à 1671, une maison en pierre servant de poste de traite et d'entrepôt de marchandises pour équiper les coureurs des bois. Cet établissement commercial ne perdure qu'une quinzaine d'années. Le matin du 5 août 1689, la colonie de Lachine est attaquée par des Iroquois. Des colons sont tués et de nombreux bâtiments sont détruits. Plusieurs historiens croient que la maison Le Ber-Le Moyne est alors incendiée. Vraisemblablement abandonné durant quelques années, le site est ensuite aménagé en ferme par Marguerite Chorel (vers 1670-1736) et son époux, Guillaume de Lorimier des Bordes (1657-1709), qui s'y établissent en 1695. Après 1765, la propriété passe aux mains de diverses familles anglophones. Sa situation en bordure du lac Saint-Louis attire les bourgeois de Montréal à la recherche de lieux de villégiature. La maison est ainsi utilisée comme résidence secondaire au XIXe siècle, fonction qu'elle conserve jusqu'au milieu du XXe siècle. D'abord poste de traite, ensuite ferme, puis lieu de villégiature, le site évoque les différentes activités qui s'y sont déroulées pendant près de 300 ans.

Le site patrimonial Le Ber-Le Moyne présente aussi un intérêt pour sa valeur archéologique. Depuis 1998, le lieu a fait l'objet de plusieurs campagnes de fouilles. Des traces d'occupation amérindienne ont été découvertes de même que du matériel de traite, notamment des perles de verre, des épingles, des pipes et des pièces d'armes à feu. Ces objets témoignent de la fonction du lieu et fournissent des renseignements sur les relations commerciales entretenues avec les Amérindiens. D'autres artefacts, liés aux phases d'occupation subséquentes, ont aussi été mis au jour. L'analyse de la maçonnerie de la maison et de la dépendance a permis de confirmer que les deux bâtiments sont contemporains. Aucune trace d'incendie n'a encore été découverte, laissant donc supposer que la maison n'a pas subi de graves dommages en 1689. Les recherches archéologiques ont permis de mieux comprendre l'évolution du site et de documenter les différentes fonctions du lieu et les modes de vie de ses occupants.

Le site présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. À la suite d'importantes restaurations, la maison et la dépendance en pierre ont retrouvé leurs caractéristiques architecturales d'origine. L'habitation est représentative de la maison rurale d'inspiration française. Ce type est issu des modèles et des savoir-faire français adaptés aux conditions locales particulières telles que le climat et la disponibilité des matériaux. La maison en est une illustration par son corps de logis en pierre, son toit aigu à deux versants droits aux larmiers peu saillants, ses souches de cheminée disposées dans le prolongement des murs pignons et ses ouvertures distribuées de manière asymétrique. Érigée à la fin du XVIIe siècle, la demeure est l'un des rares témoins de l'architecture rurale de cette époque. La dépendance est construite selon les mêmes savoir-faire. Elle figure parmi les dernières de ce type à subsister dans la région de Montréal.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2015.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial Le Ber-Le Moyne liés à ses valeurs historique, archéologique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation sur une pointe de terre surélevée en bordure du lac Saint-Louis et en amont des rapides de Lachine;
- la présence de la maison Le Ber-Le Moyne, de la dépendance en pierre et du pavillon Benoît-Verdickt;
- les vestiges de maçonnerie conservés sous la terre;
- la portion résiduelle du site renfermant des contextes archéologiques propices à la recherche et à l'interprétation du lieu;
- le volume de la maison Le Ber-Le Moyne, dont le corps de logis de plan rectangulaire peu dégagé, l'élévation d'un étage et le toit aigu à deux versants droits aux larmiers peu saillants;
- ses matériaux, dont la maçonnerie en pierre, la couverture de bardeaux de bois, la gouttière en bois et les chambranles en bois pris dans la maçonnerie;
- ses ouvertures peu nombreuses et disposées de façon asymétrique, dont la largeur de la baie accueillant la porte à double vantail, les fenêtres à battants à petits carreaux, les contrevents, ses tourniquets en forme d'esse ainsi que l'absence d'ouvertures dans les murs pignons et de lucarnes;
- ses souches de cheminée disposées en chicane dans les murs pignons;
- l'arc de décharge de la base du foyer et les traces d'un ancien four à pain dans le mur pignon est;
- les caractéristiques de l'annexe disposée en retour d'équerre derrière la maison, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage, le toit (couvert de bardeaux de bois) à deux versants droits et aux larmiers peu saillants, les tambours protégeant les entrées, le revêtement de planches posées à la verticale, les fenêtres à battants à grands carreaux et les contrevents;
- le volume de la dépendance, dont le corps de bâtiment de plan rectangulaire et peu dégagé, l'élévation d'un étage et le toit aigu à deux versants droits aux larmiers peu saillants;
- ses matériaux, dont la maçonnerie en pierre, la couverture de bardeaux de bois, la gouttière en bois et les chambranles en bois pris dans la maçonnerie;
- ses ouvertures peu nombreuses, dont les portes protégées par un tambour, les fenêtres rectangulaires de petites dimensions, les contrevents, les petites baies d'aération des pignons et les tourniquets en forme d'esse.

Haut de la page

Informations historiques

Le site patrimonial Le Ber-Le Moyne constitue un emplacement stratégique sur une pointe de terre surélevée bordant le lac Saint-Louis. Les voies navigables reliant les régions de l'ouest, nommées les « pays d'en Haut », convergent vers ce lieu à la tête des rapides de Lachine qu'il est nécessaire de contourner pour progresser vers l'est. L'endroit est un lieu de passage et de halte pour les voyageurs. Des traces d'occupation amérindienne remontant au Sylvicole moyen ancien y ont été découvertes.

En 1667, René-Robert Cavelier de La Salle (1643-1687) se fait concéder un arrière-fief, nommé la côte Saint-Sulpice, par les Sulpiciens, alors seigneurs de l'île de Montréal. La Salle rétrocède son fief en 1669 à ses premiers propriétaires et en vend une part aux riches marchands Charles Le Moyne (1626-1685) et Jacques Le Ber (vers 1633-1706). Ces derniers, associés dans le commerce des fourrures, voient en ce lieu une plaque tournante de cette activité commerciale entre Montréal et les « pays d'en Haut ». Ils espèrent y attirer les convois chargés de fourrures se rendant à la foire annuelle de Montréal. Les deux commerçants font donc construire, de 1669 à 1671, un bâtiment servant de poste de traite, d'entrepôt de marchandises pour équiper les coureurs des bois et d'habitation. La maison, faite en pierre, possède alors une cave, un grenier, deux chambres et une cheminée.

Malgré une situation en apparence privilégiée, cet établissement commercial ne semble être qu'un poste secondaire et n'est actif que pendant une quinzaine d'années. En 1687, il est vendu à François Guillemot dit Lalande (1652-1700). Le matin du 5 août 1689, la colonie de Lachine est attaquée par des Iroquois. Des colons sont tués et de nombreux bâtiments sont détruits. Plusieurs historiens croient que la maison Le Ber-Le Moyne est alors incendiée. Les fouilles archéologiques récentes semblent toutefois infirmer cette hypothèse. Vraisemblablement abandonné durant quelques années, le site est ensuite aménagé en ferme par Marguerite Chorel (vers 1670-1736) et son époux, Guillaume de Lorimier des Bordes (1657-1709), qui s'y établissent en 1695. Leurs descendants vont y habiter jusqu'en 1765.

En 1765, Hugh Heney, aubergiste d'origine irlandaise, acquiert la propriété. Trois ans plus tard, il effectue des travaux majeurs sur la maison. Il reconstruit notamment la façade avant, perce de nouvelles fenêtres, aménage une entrée pour la cave à l'arrière de la maison et fait des travaux sur les foyers, les combles et les cloisons. Dans les années 1780, la propriété est progressivement rachetée par le riche commerçant Donald Grant, qui en acquiert la totalité en 1817. Alors devenu un domaine bourgeois, le site passe au cours du XIXe siècle entre les mains de la famille d'Edward Wilgress (vers 1807-1889), puis au XXe siècle à la famille de William Curie. Ces différents propriétaires transforment la propriété en lieu de villégiature. Le site est finalement racheté en 1946 par la Ville de Lachine qui y aménage, en 1948, un musée d'histoire connu comme le « Manoir Lachine ». Une station de pisciculture est aménagée sur le site dans les années suivantes. Un aquarium (aujourd'hui disparu) est érigé derrière l'annexe de la maison et le pavillon Benoît-Verdickt est construit en 1950 afin d'abriter des incubateurs à poissons. Les installations de pisciculture sont abandonnées au cours des années 1960. De 1981 à 1985, une restauration majeure redonne à la maison son aspect du XVIIe siècle et le Musée de Lachine est rouvert au cours de cette dernière année. Depuis 1998, des interventions archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges architecturaux et une riche collection d'objets.

Le site patrimonial Le Ber-Le Moyne est classé en 2001. La collection archéologique du site Le Ber-Le Moyne, conservée dans la maison, est classée au même moment. En 2002, le site est désigné lieu historique national du Canada.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Lachine

Adresse :

  • 1, chemin du Musée

Latitude :

  • 45° 25' 47.2"

Longitude :

  • -73° 39' 58.5"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Inconnue Absent 786-1
786-ptie
801

Code Borden

BiFk-6      

Haut de la page

Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BUTEAU, Hélène et Daniel CHEVRIER. D'audace en mémoire. Le lieu dit Lachine, un regard archéologique. Collection In Situ. Montréal, Art Gestion inc., 2001. 55 p.
  • ROBICHAUD, Léon et Alan M. STEWART. Étude historique du site de la maison LeBer-LeMoyne. s.l. Ministère de la Culture et des Communications / Musée de Lachine, 1999. 123 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013