Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Louis-Philippe-Lizotte

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Consulat américain

Région administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Rivière-du-Loup

Date :

  • vers 1850 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Édifices à logements multiples)
  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))
  • Services et institutions (Ambassades et consulats)
  • Services et institutions (Autres résidences de religieux et religieuses)
  • Services et institutions (Écoles de rang)
  • Services et institutions (Écoles primaires et secondaires)

Éléments associés

Groupes associés (2)

Personnes associées (4)

Images

Carte

Description

La maison Louis-Philippe-Lizotte est une résidence bourgeoise d'inspiration éclectique construite vers 1850 et agrandie en 1902. La demeure en bois présente un plan en « L » à deux étages et demi et est couverte d'un toit en pavillon coiffé d'une crête. La galerie longeant la façade est surmontée d'un balcon en hémicycle. La maison Louis-Philippe-Lizotte est implantée en retrait de la voie publique sur un terrain paysager légèrement dénivelé. Elle se trouve située dans un secteur ancien de la ville de Rivière-du-Loup.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Rivière-du-Loup) 1994-05-09
 

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Valeur patrimoniale

La maison Louis-Philippe-Lizotte présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Elle témoigne de l'influence du courant éclectique dans l'architecture domestique bourgeoise du tournant du XXe siècle. L'éclectisme incorpore des éléments architecturaux et ornementaux puisés dans les divers styles historiques. Ces composantes, associées aussi plus librement, visent à des effets visuels nouveaux. Ce style est souvent employé dans la construction de résidences bourgeoises afin de leur donner un caractère distinctif. La maison Louis-Philippe-Lizotte est beaucoup agrandie après son acquisition par l'entrepreneur Émile Dubé, en 1902. Ce dernier applique une ornementation élaborée au bâtiment, issue notamment du style néo-italien ainsi que de l'architecture d'inspiration étasunienne. La galerie longeant la façade principale, le vaste balcon couvert en hémicycle qui la surmonte et le large escalier central créent un effet monumental propre à l'architecture éclectique. La baie en saillie, le lanterneau, les lucarnes cintrées, la balustrade et les supports menuisés, la corniche à consoles et la crête de toit contribuent à produire un volume complexe et une richesse ornementale recherchés dans ce courant. La maison Louis-Philippe-Lizotte constitue donc un exemple achevé de ce style et illustre sa popularité dans l'architecture domestique bourgeoise du début du XXe siècle au Québec.

La maison Louis-Philippe-Lizotte présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. La résidence est construite vers 1850 sur un terrain donné par le seigneur William Fraser (1830-1908), pour servir d'école. En 1860, les soeurs du Bon-Pasteur y ouvrent un pensionnat pour jeunes filles, qui reste en usage jusqu'en 1869. Le bâtiment sert ensuite de résidence, avant d'être occupé de 1926 à 1928 par le consulat américain. L'ouverture de ce consulat à Rivière-du-Loup s'explique par la position stratégique de la municipalité dans le transport ferroviaire des marchandises. Le consul favorise le développement des échanges avec les États-Unis, contrôle la perception des droits de douane et assure la gestion de l'immigration. Le bâtiment est acquis en 1960 par les Clercs de Saint-Viateur et abrite la maison provinciale de la communauté jusqu'en 1981. Par ses usages successifs, la maison Louis-Philippe-Lizotte constitue un témoin important de l'histoire de Rivière-du-Loup.

La maison Louis-Philippe-Lizotte présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur historique découlant de son association avec plusieurs notables l'ayant habitée. Henri-Thomas Taschereau (1841-1909), homme politique et juge à la Cour supérieure de la province de Québec, en est propriétaire de 1884 à 1891. L'épouse de Louis-Hyppolite Taché (1857-1927), avocat, l'acquiert en 1900 et la revend en 1902 à Émile Dubé (mort en 1912), entrepreneur et commerçant de Rivière-du-Loup. Elle passe par la suite aux mains de Louis-Philippe Lizotte (1891-1972) en 1928; il l'habite pendant 32 ans. Ce dernier est avocat, président de la chambre de commerce de Rivière-du-Loup, directeur du chemin de fer du Témiscouata, maire de Rivière-de-Loup de 1935 à 1939, député à la Chambre des communes de 1940 à 1944, député à l'Assemblée législative de 1944 à 1948 et juge à la Cour supérieure de 1956 à 1966. Cette maison témoigne donc de la présence de gens influents dans ce secteur de la ville.

Source : Ville de Rivière-du-Loup, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Louis-Philippe-Lizotte liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation en retrait de la voie publique, sur un terrain paysager légèrement dénivelé, planté d'arbres matures et clôturé par un muret en pierre et en fer forgé;
- sa localisation dans le secteur du Vieux-Rivière-du-Loup;
- son volume, dont le plan en « L », l'élévation de deux étages et demi, le toit en pavillon, la galerie et l'escalier central, le balcon couvert en hémicycle, le lanterneau ainsi que la baie en saillie;
- les matériaux, dont le parement en planche à feuillures, le soubassement en pierre, la couverture en tôle à baguettes et les éléments architecturaux et ornementaux en bois;
- les ouvertures, dont les portes à double vantail (certaines surmontées d'une imposte), les fenêtres rectangulaires, les lucarnes cintrées et les chambranles menuisés;
- l'ornementation, dont la crête de toit, les supports, les aisseliers, la balustrade, la frise ouvragée, la corniche à consoles, les pilastres corniers ainsi que les clés accentuées;
- les souches de cheminée en brique.

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Informations historiques

La maison Louis-Philippe-Lizotte est construite vers 1850 sur un terrain donné par le seigneur William Fraser (1830-1908) et sert d'abord d'école. Le bâtiment est situé sur un site planifié, destiné à devenir le village de Fraserville. Comme tous les édifices importants du secteur, il fait face à une rue et ferme la perspective visuelle ainsi créée. À l'origine, le bâtiment présente un plan rectangulaire, une élévation d'un étage et demi et est coiffé d'un toit à deux versants à larmiers retroussés. En 1860, les soeurs du Bon-Pasteur y ouvrent un pensionnat pour jeunes filles, jusqu'à leur installation en 1869 dans leur couvent récemment construit.

L'endroit est dès lors utilisé comme résidence. Henri-Thomas Taschereau (1841-1909), homme politique et juge à la Cour supérieure de la province de Québec, en est propriétaire de 1884 à 1891. L'épouse de Louis-Hyppolite Taché (1857-1927), avocat, l'acquiert en 1900 et la revend en 1902 à Émile Dubé (mort en 1912), entrepreneur et commerçant de Rivière-du-Loup. Ce dernier agrandit la maison en lui donnant un plan en « L » à deux étages et demi. C'est à cette époque que sont construits la galerie et le balcon de la façade et qu'une riche ornementation est appliquée au bâtiment. La succession Émile Dubé la loue au consulat américain, de 1926 à 1928. L'ouverture de ce consulat à Rivière-du-Loup s'explique par la position stratégique de la municipalité dans le transport ferroviaire des marchandises. Le consul favorise le développement des échanges avec les États-Unis, contrôle la perception des droits de douane et assure la gestion de l'immigration.

En 1928, la résidence est acquise par Louis-Philippe Lizotte (1891-1972); il l'habite pendant 32 ans. Ce dernier est avocat, président de la chambre de commerce de Rivière-du-Loup, directeur du chemin de fer du Témiscouata, maire de Rivière-de-Loup de 1935 à 1939, député à la Chambre des communes de 1940 à 1944, député à l'Assemblée législative de 1944 à 1948 et juge à la Cour supérieure de 1956 à 1966. Elle devient ensuite la propriété des Clercs de Saint-Viateur et abrite la maison provinciale de la communauté jusqu'en 1981.

La maison Louis-Philippe-Lizotte est citée en 1994. Elle conserve sa fonction résidentielle.

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Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • Rivière-du-Loup

Municipalité :

  • Rivière-du-Loup

Adresse :

  • 1, rue Iberville

Lieux-dits :

  • Fraserville

Latitude :

  • 47° 50' 23.0"

Longitude :

  • -69° 32' 13.0"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Témiscouata Ville de Fraserville Absent 265

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Chaîne de titres

Date Type d'aliénation De À
1928-01-01 Vente Succession Émile Dubé L. P. Lizotte
1912-01-01 Succession Émile Dubé Succession Émile Dubé
1902-01-01 Vente Dame Louis H. Taché Émile Dubé
1900-01-01 Vente D.O. Connor et R. D. Ryan Dame Louis H. Taché
1891-01-01 Vente Honorable Henri Thomas Taschereau D.O. Connor et R. D. Ryan
1884-01-01 Vente Dame Joseph Elzéar Pouliot Honorable Henri Thomas Taschereau

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Références

Notices bibliographiques :

  • Bergeron Gagnon, Inc. Ville de Rivière-du-Loup: Inventaire du patrimoine bâti, rapport synthèse. Ville de Rivière-du-Loup (Québec), Ville de Rivière-du-Loup, 2001. 159 p.
  • BOUCHER, Denis. Rivière-du-Loup : Paysages urbains et architecture traditionnelle: guide de découverte des secteurs patrimoniaux : Centre-ville, Faubourg, La Pointe, Saint-François, Saint-Ludger, Vieux-Saint-Patrice. Rivière-du-Loup, Service loisirs, culture et communautaire, Ville de Rivière-du-Loup, 2003. 36 p.
  • DUGUAY, André. Rivière-du-Loup... au coeur de ses souvenirs. Rivière-du-Loup, Office du tourisme et des congrès de Rivière-du-Loup, 1987. 31 p.
  • LIZOTTE, Louis-Philippe. La vieille Rivière-du-Loup, ses vieilles gens, ses vieilles choses (1673-1916). Garneau histoire. Québec, Éditions Garneau, 1973. 175 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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