Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Papineau

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison John-Campbell

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1785 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (6)

Carte

Description

La maison Papineau est une résidence construite en 1785 et transformée dans l'esprit néoclassique en 1831. La maison en pierre de plan rectangulaire, à deux étages et demi, est coiffée d'un toit à deux versants droits percé d'une double rangée de lucarnes. Elle présente un revêtement de bois imitant la pierre de taille en façade. Elle est située dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique aussi au terrain et aux deux dépendances à l'arrière. La maison Papineau est comprise dans le site patrimonial de Montréal.

Plan au sol :

Rectangulaire

Nombre d'étages :

2 ½

Groupement :

En rangée

Structure :

  • Bois, madrier sur madrier
  • Maçonnerie en brique
  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Agrandissement
  • Garage

Saillies :

  • Balcon
  • Cheminée
  • Galerie
  • Mur coupe-feu
  • Porche

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade est : Bois (Planche imitant la pierre)
  • Façade ouest : Pierre (Structure apparente), Brique (Structure apparente)
  • Façade sud : Pierre (Structure apparente)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Tôle à la canadienne

Porte principale :

  • bois, à panneaux, à imposte

Autre(s) porte(s) :

  • bois massif, porte cochère
  • bois, à panneaux et vitrage, à imposte
  • bois, à panneaux et vitrage, à imposte et à baies latérales

Fenêtre(s) :

  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • Rectangulaire, À battants, à petits carreaux

Lucarne(s) :

  • À fronton

Éléments architecturaux :

  • Balustrade en bois
  • Bandeau
  • Boiserie ornementale
  • Chaîne d'angle
  • Chambranle
  • Corniche moulurée
  • Plate-bande
  • Portail

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1965-12-22
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1964-01-08

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1968-01-01
 

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Valeur patrimoniale

La maison Papineau présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec les Papineau, l'une des plus importantes familles francophones du Bas-Canada au XIXe siècle. Construite en 1785, la demeure est achetée en 1809 par Joseph Papineau (1752-1841), arpenteur et notaire. Joseph Papineau est aussi député à l'Assemblée législative du Bas-Canada de 1792 à 1804 et de 1809 à 1814, où il appuie généralement le parti canadien. En 1814, son fils Louis-Joseph (1786-1871) devient propriétaire de la maison. Ce dernier est le plus illustre représentant de la famille. Homme de loi réputé, il est député à l'Assemblée législative du Bas-Canada entre 1808 et 1838 et orateur de la Chambre de 1815 à 1823 et de 1825 à 1838. Chef du parti canadien puis patriote, Papineau est un personnage central de la rébellion de 1837. Forcé à l'exil à la suite de l'échec de ses partisans, il revient au pays en 1845, après l'amnistie des insurgés. Louis-Joseph Papineau habite de nouveau la maison de la rue Bonsecours entre 1848 et 1850, avant de s'installer définitivement dans son domaine seigneurial de la Petite-Nation. Cette maison demeure sa propriété jusqu'à son décès, puis celle de ses descendants jusqu'en 1919.

La maison Papineau présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La demeure a subi plusieurs modifications au cours de son histoire. L'édifice construit en 1785 est à l'origine une maison individuelle d'inspiration française à un étage et demi, coiffée d'un toit à deux versants et flanquée de murs coupe-feu. Vers 1830, le niveau de la rue Bonsecours est abaissé de deux mètres, ce qui dégage les fondations. En 1831, Louis-Joseph Papineau entreprend des rénovations majeures. Il fait, entre autres, modifier l'entrée principale et agrandir l'étage par une allonge en brique, sous laquelle une porte cochère est aménagée. Dans le cours des travaux, il ne manque pas de mettre la maison au goût du jour, comme en témoignent les planchettes de bois imitant la pierre de taille, qui camouflent la maçonnerie constituée de divers matériaux, ainsi que les éléments d'ornementation néoclassiques de la façade. La maison Papineau constitue ainsi un bel exemple de modification d'une maison d'inspiration française dans l'esprit néoclassique.

La maison Papineau présente également un intérêt pour sa valeur historique liée à la revitalisation du Vieux-Montréal. Pendant les années 1950, le coeur historique de la ville de Montréal est en péril, alors que plusieurs de ses bâtiments patrimoniaux tombent en ruine. C'est le cas de l'ancienne demeure de la famille Papineau, qui est achetée en 1961 par Eric McLean (1919-2002), pianiste, auteur et critique musical au Montreal Star puis à The Gazette. McLean est aussi un pionnier de la conservation du Vieux-Montréal. Il prône notamment l'idée que la meilleure façon de préserver la vieille ville est de l'habiter et, pour donner l'exemple, il acquiert et restaure la maison Papineau. À partir d'un dessin datant de 1885, McLean lui redonne son ancienne silhouette en ramenant son élévation à deux étages et demi. Il procède aussi au curetage de l'intérieur et à l'aménagement d'un jardin à la française dans la cour. Ainsi, la maison Papineau est un cas exemplaire de restauration résidentielle. C'est la première véritable restauration privée dans le Vieux-Montréal, celle qui a donné l'impulsion au mouvement de revitalisation de tout le quartier.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Papineau liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation en bordure de la rue Bonsecours, dans le site patrimonial de Montréal;
- la façade occupant tout le front du lot et la cour arrière comprenant deux dépendances;
- ses caractéristiques rattachées à la maison urbaine d'inspiration française, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages et demi et le toit à deux versants droits (couvert en tôle à la canadienne);
- ses caractéristiques d'inspiration néoclassique, dont les murs (en brique, pierre brute et pierre de taille) couverts de planchettes de bois imitant la pierre de taille, le traitement différent des planchettes selon les niveaux, les chaînes d'angle harpées, les claveaux, le bandeau, la porte d'entrée et son arc en plein cintre ainsi que la porte cochère et son arc surbaissé;
- l'ordonnance régulière des ouvertures, dont les fenêtres à battants à petits carreaux et la double rangée de lucarnes à fronton;
- les moulures de la corniche;
- les murs coupe-feu;
- les cheminées dans les murs pignons, dont deux en pierre, une en pierre et brique et trois en brique;
- ses éléments intérieurs, dont l'escalier monumental, les foyers, les cloisons, les moulures et certains objets de quincaillerie.

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Informations historiques

La maison Papineau est construite en 1785 par l'entrepreneur et maître maçon Jean-Baptiste Cérat dit Coquillard pour le colonel John Campbell (vers 1731-1795), commissaire responsable des affaires amérindiennes dans le district de Montréal. L'édifice est à l'origine une maison individuelle d'inspiration française à un étage et demi flanquée de murs coupe-feu. En 1809, la maison est achetée par Joseph Papineau (1752-1841), arpenteur, notaire et député à l'Assemblée législative du Bas-Canada. En 1814, c'est son fils Louis-Joseph (1786-1871) qui en devient propriétaire.

Louis-Joseph Papineau est le plus illustre représentant de la famille. Homme de loi réputé, il est député à l'Assemblée législative du Bas-Canada entre 1808 et 1838 et orateur de la Chambre de 1815 à 1823 et de 1825 à 1838. Chef du parti canadien puis patriote, c'est un personnage central de la rébellion de 1837. Forcé à l'exil à la suite de l'échec de ses partisans, il revient au pays en 1845, après l'amnistie des insurgés.

Vers 1830, le niveau de la rue Bonsecours est abaissé de deux mètres, ce qui dégage les fondations de la maison. En 1831, Papineau entreprend d'importantes rénovations. Sa riche correspondance avec son épouse, Julie Bruneau (1795-1862), en témoigne. Il fait, entre autres, modifier l'entrée principale et agrandir l'étage par une allonge en brique, sous laquelle une porte cochère est aménagée. Dans le cours des travaux, il ne manque pas de mettre la maison au goût du jour, comme en témoignent les éléments néoclassiques de la façade.

Durant l'exil de Papineau, la maison demeure vacante quelque temps avant d'être louée à un hôtelier en 1842. À son retour, l'homme politique y habite de nouveau entre 1848 et 1850, puis s'installe définitivement dans son domaine seigneurial de la Petite-Nation. Par la suite, l'immeuble demeure la propriété de Papineau jusqu'à son décès en 1871, et celle de ses descendants jusqu'en 1919. En 1871, Louis-Joseph-Amédée Papineau (1819-1903), fils de Louis-Joseph, permet aux locataires d'ajouter deux étages en brique. De 1853 au début des années 1960, l'immeuble abrite entre autres des hôtels et des restaurants.

La maison Papineau est achetée en 1961 par Eric McLean (1919-2002), pianiste, auteur et critique musical au Montreal Star puis à The Gazette. McLean est un des premiers partisans de la conservation du Vieux-Montréal et, pour donner l'exemple, il acquiert et restaure l'ancienne demeure des Papineau. À partir d'un dessin datant de 1885, McLean lui redonne son ancienne silhouette en ramenant son élévation à deux étages et demi. Il procède aussi au curetage de l'intérieur et à l'aménagement d'un jardin à la française dans la cour.

La maison Papineau est classée en 1965 à la demande de McLean. Elle devient un exemple de restauration résidentielle, qui sert de déclencheur du mouvement de revitalisation du Vieux-Montréal. En 1982, le gouvernement du Canada achète la maison pour en faire le Lieu historique national du Canada Louis-Joseph-Papineau, mais McLean continue d'y loger jusqu'à son décès en 2002.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 440, rue de Bonsecours

Latitude :

  • 45° 30' 35.774"

Longitude :

  • -73° 33' 8.178"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 181 824
  • Lot 1 181 828
  • Lot 1 285 111
  • Lot 1 285 112
  • Lot 1 285 113
  • Lot 1 285 114

Code Borden

BjFj-159      

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • FORGET, Madeleine, dir. et Gilles LAUZON. L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine. Québec, Les Publications du Québec, 2004. 292 p.
  • LA RIVIÈRE, Monica. « Maison Papineau ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 34-35.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 1. Montréal, Les Éditions La Presse, 1987. 346 p.
  • POTVIN, Gilles. « McLean, Eric (Donald) ». Institut Historica-Dominion. Encyclopédie de la musique au Canada [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/

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