Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison mère des Soeurs-Grises-de-Montréal

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Domaine des Soeurs grises
  • Hôpital général des Soeurs grises
  • Maison mère des Soeurs grises

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1869 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Mission hospitalière)
  • Patrimoine religieux (Vie quotidienne)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Couvents, monastères et abbayes)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (4)

Groupes associés (2)

Personnes associées (3)

Voir la liste

Carte

Description

La maison mère des Soeurs-Grises-de-Montréal est un ensemble conventuel construit en plusieurs étapes à partir de 1869. De nos jours, le regroupement de bâtiments en pierre à bossage grise forme un plan en « H ». L'ensemble comprend la maison mère proprement dite incluant la chapelle et les annexes ainsi que la maison des hommes et son annexe.

La partie est du corps central et l'aile de la rue Guy (aile est, 1869) ainsi que la partie ouest du corps central (1874-1888) ont quatre étages et demi incluant le soubassement. Elles sont coiffées d'un toit à deux versants droits. Le centre de la façade principale donnant boulevard René-Lévesque est occupé par la chapelle de l'Invention-de-la-Sainte-Croix (1874-1878), classée immeuble patrimonial. Il s'agit d'une chapelle d'inspiration néo-romane au plan en forme de croix latine. La section avant de l'aile de la rue Saint-Mathieu (aile ouest, 1890, 1918) possède cinq étages incluant le soubassement et est couverte d'un toit plat. La section arrière de cette aile compte quatre étages de maçonnerie et un toit mansardé (avant 1892). Une annexe de deux étages en brique abritant la chaufferie est construite en 1932 au bout de l'aile est. Derrière le corps principal, se trouve une autre adjonction en brique de deux étages logeant des cuisines (1946). Au fond du jardin, s'élève la maison des hommes (ou maison des ouvriers, 1869). Ce bâtiment en pierre grise, de plan rectangulaire à un étage et demi, est coiffé d'un toit à deux versants. Une annexe en pierre à toit plat lui est reliée (1925).

Le terrain de la maison mère des Soeurs-Grises-de-Montréal comprend des allées bordées par de grands arbres, des rocailles, des plates-bandes et un bassin d'eau. Une clôture en fer forgé l'entoure sur trois côtés (sud, est et ouest) et un édifice commercial longeant la rue Sainte-Catherine ferme le domaine au nord. L'ensemble est situé en milieu urbain, dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la Ville de Montréal.

Cet ensemble est classé immeuble patrimonial. La protection inclut les intérieurs, à l'exception de ceux du faubourg Sainte-Catherine et de la tour de l'Université Concordia. La maison mère des Soeurs-Grises-de-Montréal est comprise dans l'aire de protection de la chapelle de l'Invention-de-la-Sainte-Croix.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1976-01-29
 
Déclassement partiel Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2015-12-10
Prise d'effet : 2015-12-10

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de déclassement partiel, 2014-12-04
 
Délimitation Situé dans une aire de protection Ministre de la Culture et des Communications

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

La maison mère des Soeurs-Grises-de-Montréal présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale comme témoin de la tradition architecturale conventuelle. La conception de l'édifice est confiée à Victor Bourgeau (1809-1888). Architecte prolifique oeuvrant principalement en architecture religieuse, Bourgeau doit sa renommée à l'estime que lui portait Ignace Bourget (1799-1885), évêque de Montréal, et aux nombreuses réalisations que ce dernier lui a confiées. Il est également reconnu comme étant l'architecte des Soeurs Grises en raison de ses nombreuses collaborations avec cette communauté. Le plan symétrique en « H » proposé par l'architecte s'insère dans la tradition classique. Ce plan n'a été que partiellement réalisé, mais les ajouts respectent l'intention initiale et assurent la lisibilité de l'ensemble. Il se développe autour de la chapelle centrale, sur laquelle se concentre l'ornementation. Elle constitue un point de repère par la hauteur de son clocher et sert de lien entre la partie est, réservée à la communauté, et la partie ouest, aménagée en hôpital. L'édifice principal se trouve, par ailleurs, en état de conservation remarquable.

La maison mère des Soeurs-Grises-de-Montréal présente aussi un intérêt pour sa valeur historique. La communauté des Soeurs de la Charité de Montréal, dites Soeurs Grises, est fondée en 1737 par Marguerite d'Youville (1701-1771) pour s'occuper des indigents. En 1747, elle relaie les Frères hospitaliers de Saint-Joseph de Montréal ou Frères Charon, qui avaient fondé un hôpital général en 1692. Son rôle dans le développement des services sociaux et de santé au Québec et au Canada est majeur. Les soeurs établissent des crèches, des hospices de vieillards et des missions dans le Grand Nord. Elles sont aussi les fondatrices de la première école d'infirmières (Institut Marguerite D'Youville). Dans la crypte sont inhumées les pionnières de la congrégation, rappelant l'ancienneté de la communauté. Les dimensions imposantes de la maison mère montrent l'importance de l'oeuvre des Soeurs Grises et témoignent de la place dominante qu'elles occupent encore au sein des communautés canadiennes vouées aux oeuvres de bienfaisance.

La maison mère des Soeurs-Grises-de-Montréal présente en outre un intérêt pour ses valeurs historique et paysagère reposant sur son implantation. Son emplacement rappelle l'époque où, entre 1840 et 1870, les communautés religieuses migrent hors du territoire actuel du Vieux-Montréal et s'installent dans des milieux champêtres alors considérés comme plus salubres. L'hôpital général des Soeurs Grises était entouré de jardins qui permettaient à la communauté de vivre en autarcie et d'offrir à ses pensionnaires un cadre de vie sain. De nos jours, le domaine demeure l'un des rares espaces verts du centre-ville et contraste avec la densité urbaine environnante. Le terrain, qui comprend des allées bordées par de grands arbres, des rocailles, des plates-bandes et un bassin d'eau, évoque l'aménagement initial des lieux.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2006.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison mère des Soeurs-Grises-de-Montréal liés à ses valeurs architecturale, historique et paysagère comprennent, notamment :
- la présence de la maison mère proprement dite incluant la chapelle et les annexes, de la maison des hommes et de son annexe, ainsi que les relations entre ces éléments;
- la crypte sous la chapelle où sont inhumées les pionnières de la communauté incluant des croix blanches et des composantes en forme de cercueil devant chaque croix;
- le volume, dont le plan en « H » avec une chapelle centrale, l'élévation de quatre ou cinq étages de maçonnerie incluant le soubassement, le toit à deux versants droits du corps central et de l'aile est et les toits plat et mansardé de l'aile ouest;
- les matériaux, dont la maçonnerie en pierre grise bosselée et la couverture en tôle à baguettes;
- les éléments de la chapelle de l'Invention-de-la-Sainte-Croix, dont le plan en forme de croix latine composé d'une nef à trois vaisseaux, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par une abside en hémicycle ainsi que son décor intérieur;
- les ouvertures, dont les fenêtres en bois à grands carreaux, les fenêtres rectangulaires, les fenêtres cintrées, les chambranles en pierre de taille grise et les lucarnes à fronton triangulaire;
- les éléments ornementaux, dont la pierre de taille aux angles et autour des ouvertures, la corniche à modillon et les fenêtres trilobées;
- les éléments intérieurs, dont les boiseries, les cadres des ouvertures, les portes, les escaliers et certains planchers;
- les deux annexes de deux étages en brique;
- les éléments de la maison des hommes, dont la maçonnerie en pierre grise, le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le toit à deux versants droits couvert d'ardoise ainsi que la dépendance en pierre de plan rectangulaire à deux étages coiffée d'un toit plat;
- le terrain comprenant des allées bordées par de grands arbres, des rocailles, des plates-bandes et un bassin d'eau;
- la clôture en fer forgé sur trois côtés (sud, est et ouest);
- la situation en milieu urbain, dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie.

Haut de la page

Informations historiques

La communauté des Soeurs de la Charité de Montréal, dites Soeurs Grises, est fondée en 1737 par Marguerite d'Youville (1701-1771) pour s'occuper des indigents. En 1747, elle relaie les Frères hospitaliers de Saint-Joseph de Montréal ou Frères Charon, qui avaient fondé un hôpital général en 1692, et s'installe dans le bâtiment construit pour eux, situé dans le Vieux-Montréal.

Au milieu du XIXe siècle, l'ancien hôpital n'est plus approprié pour le soin des indigents, en raison de la croissance des activités portuaires et des crues printanières. Les religieuses acquièrent en 1861 un terrain du quartier Saint-Antoine (le futur Mille carré doré), qui appartient en partie aux Sulpiciens et en partie à un certain James Mullin, afin d'y construire un nouvel hôpital.

La communauté entreprend les travaux en 1869. Pour la conception des plans, elle engage Victor Bourgeau (1809-1888); la construction est confiée à l'entrepreneur Joseph Perreault. Architecte prolifique oeuvrant principalement en architecture religieuse, Bourgeau doit sa renommée à l'estime que lui portait Ignace Bourget (1799-1885), évêque de Montréal, et aux nombreuses réalisations que ce dernier lui a confiées. Il est également reconnu comme étant l'architecte des Soeurs Grises en raison de ses nombreuses collaborations avec cette communauté. Il est l'auteur de près de deux cents bâtiments situés surtout à Montréal et dans les environs. Mis à part la maison mère des Soeurs-Grises-de-Montréal, on lui doit notamment l'Hôtel-Dieu de Montréal (1859-1861) et la cathédrale Marie-Reine-du-Monde (1870-1894).

Pour la maison mère des Soeurs-Grises-de-Montréal, Bourgeau propose un plan symétrique en « H » qui se développe autour de la chapelle. Ce plan ne sera que partiellement réalisé. En 1869, la partie est du corps central et l'aile de la rue Guy (aile est), réservée à la communauté, ainsi que la maison des hommes sont élevées. Les soeurs emménagent en 1871. En 1874, la construction de la chapelle (terminée en 1878) et de la partie ouest du corps central (terminée en 1888), qui abrite l'hôpital, est entreprise. La section avant de l'aile de la rue Saint-Mathieu (aile ouest) est érigée de 1898 à 1900 selon les plans de l'architecte Joseph Venne (1858-1925), qui a conçu près de 60 édifices dans la région de Montréal. Partiellement incendiés en 1917, les étages supérieurs de cette section sont reconstruits l'année suivante. La section arrière de cette aile daterait d'avant 1892. L'annexe de la maison des hommes apparaît en 1925. Deux annexes en brique sont ajoutées à l'arrière du bâtiment principal, soit une chaufferie en 1932 et une cuisine en 1946. Dans les années 1950, un édifice commercial est érigé au fond du lot, le long de la rue Sainte-Catherine.

La maison mère des Soeurs-Grises-de-Montréal est classée en 1976. L'ensemble conventuel est acquis en 2007 par l'Université Concordia. L'édifice abrite désormais une salle de lecture et une résidence pour les étudiants. Les intérieurs du faubourg Sainte-Catherine et de la tour de l'Université Concordia sont déclassés en 2015.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • boulevard René-Lévesque Ouest

Latitude :

  • 45° 29' 36.8"

Longitude :

  • -73° 34' 36.7"

Désignation cadastrale :

  • Lot 3 982 312
  • Lot 3 982 313

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • Beaupré et Michaud, architectes. Évaluation patrimoniale des bâtiments et du site du couvent des Soeurs Grises de Montréal. Rapport préliminaire présenté à l'Université Concordia. Montréal, 2006. 16 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Communauté urbaine de Montréal. Architecture religieuse II : les couvents. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal, 2. Montréal, Communauté urbaine de Montréal, Service de la planification du territoire, 1984. 391 p.
  • GAUTHIER, Raymonde. « Domaine des Soeurs grises de Montréal ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 113-116.
  • GAUTHIER, Raymonde. Victor Bourgeau et l'architecture religieuse et conventuelle dans le diocèse de Montréal (1821-1892). Université du Québec à Montréal, 1983. 429 p.
  • LITALIEN, Rolland, dir. L'Église de Montréal: aperçus d'hier et d'aujourd'hui, 1836-1986. Montréal, Fides, 1986. 397 p.
  • MARTIN, Tania. « The Mother House of the Grey Nuns : A Building History of the General Hospital ». Journal de la Société pour l'étude de l'architecture au Canada. Vol. 24, no 2 (1999), p. 40-49.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 3. Montréal, Les Éditions La Presse, 1989. 560 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013