Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Grange Adolphe-Gagnon

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Grange octogonale Adolphe-Gagnon

Région administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Saint-Fabien

Date :

  • 1888 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine agricole

Usage :

  • Production et extraction de richesses naturelles (Granges, granges-étables et étables)

Éléments associés

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (9)

Carte

Description

La grange Adolphe-Gagnon est un bâtiment de ferme construit en 1888. De plan octogonal, cette grange-étable à quatre niveaux est coiffée d'un toit à pans brisés couvert de bardeaux de cèdre. Elle est dotée de fondations en maçonnerie de pierres sèches et d'une charpente claire à poteaux. Les murs intérieurs et extérieurs sont lambrissés de planches verticales. Le mur de la façade principale est surmonté d'un pignon et deux rallonges rectangulaires sont greffées au bâtiment. Une rampe, ou « garnaud », donne accès au dernier niveau. La grange Adolphe-Gagnon est située dans le périmètre urbain de la municipalité de Saint-Fabien.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

Plan au sol :

Polygonal

Nombre d'étages :

3

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Bois, charpente claire

Annexes :

  • Autre
  • Remise

Saillies :

  • Campanile
  • Pont d'accès à la batterie

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Toutes les façades : Bois (Planche verticale)

Toit :

  • Forme : Octogonal
    Matériau : Bois, bardeaux

Porte principale :

  • de garage, coulissante

Fenêtre(s) :

  • Rectangulaire, Fixe

Éléments architecturaux :

  • Gâble
  • Girouette

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2006-12-14
 
Abrogation de règlement Immeuble patrimonial Municipalité (Saint-Fabien) 2005-09-12

Statuts antérieurs

  • Citation, 1998-03-23
 

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Valeur patrimoniale

La grange Adolphe-Gagnon présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale liée à sa forme inusitée et sa technique de construction. De forme octogonale, elle possède un toit à pans brisés et une charpente claire à poteaux lambrissée de planches verticales. Le mur de la façade principale est doté d'un pignon. Cette grange octogonale est apparemment la seule au Québec à avoir quatre niveaux, les autres en possédant deux ou trois. Chacun est consacré à une fonction précise : cave à fumier, étable, batterie où l'on bat le grain et débarcadère ou plate-forme où sont déchargées les charrettes. De plus, une rampe, ou « garnaud », donne accès au dernier niveau. Deux rallonges ont été ajoutées pour abriter une bergerie et une remise. En 1892, lors du concours provincial du Mérite agricole, une médaille d'argent accompagnée d'un diplôme de « très grand mérite » ont été remis à Angèle Soucy (1842-1928), veuve du propriétaire constructeur Adolphe Gagnon (1835-1889), pour souligner notamment le caractère novateur de cette grange. Plus d'un siècle après sa construction, la grange conserve toujours ses principales caractéristiques. De nos jours, elle loge un centre d'interprétation.

La grange Adolphe-Gagnon présente également un intérêt patrimonial pour ses valeurs architecturale et historique liées à sa représentativité par rapport à un type de bâtiment agricole, la grange-étable octogonale. Depuis le Régime français, la majorité des bâtiments de ferme du Québec sont de forme rectangulaire. Toutefois, durant la phase de réorientation et de spécialisation de l'agriculture québécoise vers la production laitière qui débute en 1875, les cultivateurs sont en quête d'innovations pour répondre à la demande croissante des fabricants de fromage et de beurre. Ils tentent d'améliorer leur efficacité, leur rendement et leurs profits en construisant des bâtiments de ferme plus vastes et mieux adaptés aux réalités nouvelles. L'idée de construire des granges octogonales émerge en 1885, alors que le « Journal d'Agriculture illustré », un périodique agricole édité par l'agronome Édouard-André Barnard (1835-1898), reprend les plans d'Elliot W. Stewart publiés cinq ans plus tôt dans « Rural Affairs », un journal d'Albany (New York). Les granges octogonales sont alors perçues comme des symboles d'innovation et jugées supérieures aux granges rectangulaires. Elles devaient entraîner une économie de bois, être plus solides, offrir une meilleure résistance au vent, permettre une utilisation maximale de l'espace intérieur, faciliter l'engrangement des fourrages et procurer aux animaux des conditions plus salubres en raison du puits central d'aération. L'expérience démontrera toutefois que ces avantages étaient surévalués. Seulement quelques dizaines de granges-étables octogonales ont été construites dans la province, et ce, entre 1885 et 1920. Aujourd'hui, il en resterait moins de 15. Bâtie en 1888, la grange Adolphe-Gagnon est la plus ancienne à subsister au Québec et la seule située dans la région du Bas-Saint-Laurent.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de la grange Adolphe-Gagnon liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- sa situation dans une dénivellation de terrain, dans le périmètre urbain de la municipalité de Saint-Fabien;
- son volume, dont le plan formé de deux octogones réguliers et concentriques de 19,5 mètres et de 7,62 mètres de diamètre, les quatre niveaux, le mur de la façade principale doté d'un pignon, le toit à pans coupés et les deux rallonges en appentis;
- les matériaux, dont les fondations en maçonnerie de pierres sèches, la charpente claire à poteaux, les murs lambrissés de planches verticales et le toit en bardeaux de cèdre;
- les quatre niveaux possédant chacun une fonction précise, dont la cave à fumier, l'étable comprenant une double rangée de trappes dans le plancher et les cabinets à fourrage, la batterie et le débarcadère de 7,62 mètres de largeur servant à décharger les charrettes;
- les ouvertures, dont les portes de l'étable, de la batterie et du débarcadère ainsi que les fenêtres carrées disposées de manière irrégulière;
- la rampe donnant accès au dernier niveau;
- la charpente de la toiture assemblée à tenon et mortaise, comprenant deux séries d'arbalétriers, l'une s'appuyant sur les sablières et l'autre sur les entraits réunissant les huit poteaux placés aux angles de la batterie;
- le ventilateur au centre du toit.

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Informations historiques

La grange Adolphe-Gagnon est un bâtiment de ferme octogonal. L'idée de construire des granges octogonales émerge au Québec en 1885, alors que le « Journal d'Agriculture illustré », un périodique agricole édité par Édouard-André Barnard (1835-1898), reprend les plans d'Elliot W. Stewart publiés cinq ans plus tôt dans « Rural Affairs », un journal d'Albany (New York). Stewart est le concepteur d'une quarantaine de granges octogonales aux États-Unis. Il popularise ainsi la forme mise de l'avant par le phrénologue Orson Squire Fowler (1809-1887), dans son ouvrage « The Octagon House : A Home for All ».

L'apparition de granges polygonales au Québec survient pendant la phase de réorientation et de spécialisation de l'agriculture vers la production laitière, qui débute en 1875. Les cultivateurs sont en quête d'innovations pour répondre à la demande croissante des fabricants de fromage et de beurre. Ils doivent tenir compte plus que jamais de la santé de leur cheptel et de la salubrité de leur grange-étable. Ils tentent également d'améliorer leur efficacité, leur rendement et leurs profits en construisant des bâtiments de ferme plus vastes et mieux adaptés aux réalités nouvelles. À cette époque, les granges octogonales sont perçues comme des symboles d'innovation et jugées supérieures aux granges rectangulaires traditionnelles. Elles entraînent, dit-on, une économie de bois, sont plus solides, offrent une meilleure résistance au vent, permettent une utilisation maximale de l'espace intérieur, facilitent l'engrangement des fourrages et procurent aux animaux des conditions plus salubres en raison du puits central d'aération. L'expérience démontrera toutefois que ces avantages étaient surévalués.

La grange Adolphe-Gagnon a été bâtie en 1888 par le charpentier M. Fournier pour le cultivateur Adolphe Gagnon (1835-1889). Les travaux sont supervisés par le chanoine Pierre-Célestin Audet (1832-1905), curé de la paroisse et président du Cercle agricole de Saint-Fabien. Cette grange octogonale est apparemment la seule du Québec à avoir quatre niveaux, les autres en possédant deux ou trois. Les étages inférieurs étaient consacrés à la garde des animaux et à leur alimentation, tandis que les étages supérieurs servaient au remisage des grains, du foin et de la paille.

Le 6 septembre 1892, Angèle Soucy (1842-1928), veuve d'Adolphe Gagnon, reçoit la visite des juges du concours provincial du Mérite agricole, Eugène Casgrain et James McIntosh. Leur rapport mentionne que la grange « de forme octogonale [...] est certainement la plus complète que nous ayons rencontrée sous tous les rapports. » Madame Soucy remporte une médaille d'argent accompagnée d'un diplôme de « très grand mérite », en raison notamment du caractère novateur de sa grange. Les cultivateurs de Saint-Fabien fournissaient en lait la fromagerie de la paroisse, fondée dix ans auparavant par le Cercle agricole, qui avait produit 51 981 kilogrammes de fromage cette année-là.

Les granges octogonales n'ont jamais connu une grande popularité au Québec, et quelques dizaines seulement auraient été construites dans la province, entre 1885 et 1920. La grange Adolphe-Gagnon est la plus ancienne et la seule située dans la région du Bas-Saint-Laurent parmi celles qui subsistent.

Abandonnée au cours du XXe siècle, la grange est achetée en 1986 par la Société Saint-Jean-Baptiste de Saint-Fabien. Elle est citée par la municipalité en 1998. Le réglement est abrogé en 2005.

La grange Adolphe-Gagnon est classée en 2006. Elle loge actuellement un centre d'interprétation.

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Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • Rimouski-Neigette

Municipalité :

  • Saint-Fabien

Adresse :

  • 129, rue du Parc

Latitude :

  • 48° 17' 51.3"

Longitude :

  • -68° 51' 57.0"

Désignation cadastrale :

  • Lot 3 869 564

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Documents

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Références

Notices bibliographiques :

  • ARTHUR, Eric et Dudley WITHNEY. The Barn; a Vanishing Landmark in North America. Toronto, McClelland & Stewart, 1989. 256 p.
  • DICKINSON, John Alexander et Brian YOUNG. Brève histoire socio-économique du Québec. Sillery, Septentrion, 2003. 452 p.
  • DUROCHER, René, Paul-André LINTEAU et Jean-Claude ROBERT. Histoire du Québec contemporain. Vol. I : De la Confédération à la crise (1867-1929). Montréal, Boréal, 1989. 758 p.
  • FOWLER, Oscar Squire. The Octagon House: A Home for All. New York, Dover Publications, 1973. 192 p.
  • KLAMKIN, Charles. Barns : their history, preservation, and restoration. New York, Hawthorn Books, 1973. 162 p.
  • LÉTOURNEAU, Firmin. Histoire de l'agriculture (Canada français). s.l. 1968. 398 p.
  • PERRON, Normand. « Genèse des activités laitières ». SÉGUIN, Normand, dir. Agriculture et colonisation au Québec. Montréal, Boréal, 1980, p. 113-140.
  • PROVOST, Yvon. Les granges-étables circulaires et polygonales : inventaire, étude historique et analyse architecturale. Verchères, Ministère des Affaires culturelles, 1982. 201 p.
  • s.a. Concours provincial de mérite agricole : rapport des juges du concours. Québec, C-F Langlois, 1891. s.p.
  • SÉGUIN, Robert-Lionel. Les granges du Québec du XVIIe au XIXe siècle. Ottawa, Ministère du Nord canadien et des ressources nationales, 1963. 128 p.
  • SLOANE, Eric. An Age of Barns. New York, Funk and Wagnalls, 1967. 93 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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