Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église Saint-Luke

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église St-Luke's
  • St. Luke's Church

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Waterloo

Date :

  • 1867 – 1870 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Anglicanisme)

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Groupes associés (2)

Personnes associées (3)

Inventaires associés (2)

Carte

Description

L'église Saint-Luke, classée monument historique, est un lieu de culte de tradition anglicane et d'inspiration néogothique construit de 1867 à 1870. L'édifice en brique présente un plan composé d'une nef rectangulaire à un vaisseau et d'un choeur plus étroit à chevet plat. La façade est dotée d'un pignon découvert qui masque le toit aigu à deux versants droits. L'église est flanquée au sud d'une imposante tour-clocher hors d'oeuvre couronnée de créneaux, et des contreforts rythment les murs latéraux. Située au coeur de la ville de Waterloo, l'église Saint-Luke s'élève sur un terrain boisé à l'arrière et s'intègre au paysage pittoresque et vallonné environnant.

Plan au sol :

Rectangulaire à choeur plus étroit que la nef

Nombre d'étages :

2

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en brique

Saillies :

  • Cheminée
  • Clocher
  • Contrefort
  • Tour

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Brique (Structure apparente)
  • Façade droite : Brique (Structure apparente)
  • Façade gauche : Brique (Structure apparente)
  • Façade avant : Brique (Structure apparente)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Tôle pincée

Porte principale :

  • bois massif, à battants

Autre(s) porte(s) :

  • bois massif, à battants

Fenêtre(s) :

  • à arc brisé, Fixe
  • à arc brisé, Fixe
  • à arc en mître, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • à arc en mître, Fixe
  • à arc en mître, Fixe
  • circulaire, Fixe

Lucarne(s) :

  • Châtière

Éléments architecturaux :

  • Corbeau
  • Corniche à consoles
  • Corniche moulurée
  • Éléments polychromes
  • Girouette
  • Jeu de briques
  • Plate-bande
  • Portail

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1978-07-26
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

L'église Saint-Luke présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice d'inspiration néogothique témoigne de l'influence au Québec de l'architecture religieuse anglaise dans la seconde moitié du XIXe siècle. Cette dernière est fortement marquée par les recommandations des sociétés qui étudient l'architecture gothique de Grande-Bretagne, telle la Cambridge Camden Society. Ces sociétés, qui comptent parmi leurs membres des dignitaires du clergé anglican, reconnaissent dans le gothique médiéval l'expression même de cette confession et réinterprètent le plan des églises selon la symbolique et la fonction de ses composantes. Au Québec, certains architectes s'inspirent des modèles qu'elles proposent pour la construction d'églises anglicanes. Érigée de 1867 à 1870 selon les plans de Thomas Seaton Scott (1826-1895), architecte renommé d'origine britannique établi à Montréal, l'église Saint-Luke reflète certaines de leurs recommandations, notamment par son volume où se distinguent les différentes fonctions associées au culte. Ainsi, le choeur se différencie de la nef par son volume plus bas et sa disposition en saillie. Le clocher, qui appelle les fidèles aux offices, est aménagé dans une tour hors-oeuvre qui flanque la façade. De plus, les pignons découverts, les contreforts et les ouvertures en arc brisé, dont la large baie du chevet typique de l'architecture anglicane, sont représentatifs du vocabulaire néogothique.

L'église Saint-Luke présente aussi un intérêt patrimonial pour ses valeurs architecturale et artistique liées à son intérieur. Le décor néogothique témoigne également de l'influence de l'architecture religieuse anglaise de cette période. Il reflète certaines pratiques couramment appliquées aux intérieurs des églises anglicanes, entre autres par l'utilisation de bois de teinte sombre contrastant avec la blancheur des murs, la charpente apparente et le plafond lambrissé de la nef, l'arc brisé et le jubé délimitant le choeur ainsi que les vitraux ornant les fenêtres à remplage. Offerts par les familles de Waterloo entre 1877 et 1962, les vitraux figurent parmi les éléments les plus remarquables de l'église et lui confèrent une grande luminosité. Toutes ces composantes forment un ensemble harmonieux, à la fois riche et sobre.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église Saint-Luke liés à ses valeurs architecturale et artistique comprennent, notamment :

- son volume, dont le plan composé d'une nef rectangulaire à un vaisseau et d'un choeur plus étroit à chevet plat, les toits à deux versants droits (celui de la nef percé de chatières et celui du choeur et de ses antichambres d'un niveau plus bas), la tour-clocher hors-oeuvre (munie d'ouvertures en arc brisé, de contreforts et de créneaux), les pignons découverts reposant sur des corbeaux ainsi que le soubassement surhaussé;
- ses matériaux, dont la maçonnerie en brique ocre rouge, le soubassement en pierre brute, la couverture en tôle à baguettes brunâtre, les ouvertures en bois ainsi que les archivoltes, les appuis et les rampants en pierre de taille grise;
- les ouvertures de la façade disposées symétriquement, dont la porte centrale à deux vantaux surmontée d'un tympan en arc brisé, les fenêtres à remplage de part et d'autre de la porte, la fenêtre triple en arc brisé au centre du pignon et le quatre-feuilles au sommet;
- les longs-pans dotés de contreforts et de fenêtres à remplage en arc brisé;
- le mur arrière des antichambres du choeur aux fenêtres à remplage en arc brisé;
- le chevet percé d'une large baie à remplage en arc brisé et doté de contreforts aux angles;
- les caractéristiques du décor intérieur, dont les nombreux éléments en bois teint et verni contrastant avec les murs et les caissons blancs du choeur, la charpente apparente, le plafond lambrissé de la nef, l'arc brisé séparant le choeur de la nef, les caissons du choeur, les portes en bois ouvragé, les remplages sculptés des fenêtres, les vitraux, ainsi que la clôture finement sculptée séparant le choeur et la sacristie aménagée dans l'antichambre à la gauche du choeur;
- le mobilier liturgique, dont le retable en bois ouvragé du choeur, le jubé en bois finement sculpté séparant le choeur de la nef, la chaire en bois sculpté, les bancs en bois du choeur, les fonts baptismaux en marbre gris posés sur une plate-forme richement travaillée et l'orgue doté de deux buffets (l'un dans la nef et l'autre dans le choeur.

Haut de la page

Informations historiques

La ville de Waterloo est fondée par des immigrants britanniques et américains qui viennent s'établir vers 1800 dans les « townships » ouverts par le gouvernement pour les anglophones demeurés fidèles à la Couronne britannique. Elle est dotée d'une première église anglicane en 1843. En raison du développement que la municipalité connaît avec la construction du chemin de fer en 1861, cet édifice en bois doit être remplacé. La communauté anglicane entreprend donc des démarches pour obtenir les plans et devis d'une seconde église.

L'architecte Thomas Seaton Scott (1826-1895), bien connu dans la communauté anglophone, est choisi pour concevoir la nouvelle église. D'origine britannique, Scott a émigré au Canada en 1855 et s'est installé à Montréal. Peu de temps après son arrivée, il a notamment supervisé l'achèvement des travaux de la cathédrale Christ Church de Montréal après le décès de son concepteur. Sa production variée, majoritairement inscrite dans le courant néogothique, compte des bâtiments importants pour la compagnie du Grand Tronc, dont les grandes gares de Toronto et de Montréal. Scott est le premier architecte en chef du département des Travaux publics du Canada, pour lequel il crée un important service d'architecture. Dans le cadre de ses fonctions, il dessine entre autres l'édifice de l'Ouest de la colline parlementaire à Ottawa. Il a également réalisé les portes Saint-Louis et Kent qui font partie des fortifications de la ville de Québec. Par ailleurs, il figure parmi les cinq architectes canadiens nommés membres fondateurs de l'Académie royale des arts du Canada.

C'est l'homme politique et entrepreneur de chemins de fer Asa Belknap Foster (1817-1877) qui offre le terrain de l'église. Sous la supervision du révérend David Lindsay (1821-1900), de R. A. Ellis, d'Edward Slack et de John B. Lay, les travaux entrepris en 1867 sont terminés en 1870. Les vitraux sont offerts par des familles de Waterloo entre 1877 et 1962 (certains sont signés J. C. Spence and Sons). Outre la tour qui est reconstruite vers 1900, peu de travaux majeurs ont été effectués à l'église. Au début du XXe siècle, la foudre incendie la flèche de la tour, qui est remplacée par les créneaux actuels. L'église est dotée d'un orgue de Casavant Frères en 1918.

L'église Saint-Luke est classée en 1978. Elle demeure ouverte au culte.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • La Haute-Yamaska

Municipalité :

  • Waterloo

Adresse :

  • 420, rue de la Cour

Latitude :

  • 45° 20' 42.361"

Longitude :

  • -72° 30' 53.481"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Shefford Village de Waterloo Absent 360
361
362

Haut de la page

Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BOURGET, Charles. « L'église anglicane St. Luke de Waterloo. Brique et néogothique, un édifice précurseur de la modernisation des formes ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/slukwater/slukwaterf.htm
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • JOHNSON, Dana. « Scott, Thomas Seaton ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
  • NOPPEN, Luc. « St. Luke's Church ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 328-329.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013