Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Ernest-Cormier

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1930 – 1931 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la modernité

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (5)

Patrimoine mobilier associé (1)

Personnes associées (2)

Images

Carte

Description

La maison Ernest-Cormier est une luxueuse résidence de style Art déco érigée en 1930 et 1931. La demeure en béton armé couverte de dalles de pierre à l'étage supérieur se compose de deux volumes cubiques juxtaposés de hauteurs inégales coiffés de toits plats s'inscrivant dans un plan rectangulaire étroit et profond. Construite sur un terrain fortement incliné, elle compte un étage en façade et quatre à l'arrière. La maison Ernest-Cormier se situe dans le secteur du Mille carré doré, dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé Immeuble patrimonial. La protection s'applique aussi au jardin situé à l'arrière, à la tour en pierre ainsi qu'au garage souterrain. La maison Ernest-Cormier bénéficie d'une aire de protection. Elle est comprise dans le site patrimonial du Mont-Royal. Plusieurs objets patrimoniaux classés sont associés au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1974-06-11
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1975-05-05
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec
 

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Valeur patrimoniale

La maison Ernest-Cormier présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Annonciatrice de l'architecture moderne, la demeure est l'un des bâtiments Art déco les plus achevés au Québec. Originaire de France, ce style connaît son apogée lors de l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes tenue à Paris en 1925 et est introduit peu après en Amérique. Bien qu'éphémère, il constitue l'une des premières manifestations de la modernité et touche autant les gratte-ciel que les résidences privées, le mobilier que les arts graphiques. L'architecture Art déco allie la richesse des matériaux et la simplicité des lignes, rompant avec l'historicisme des immeubles du début du XXe siècle. La maison Ernest-Cormier en est une illustration par ses volumes cubiques à l'ornementation dépouillée, ses lignes verticales, l'intégration de matériaux nobles et l'incorporation d'oeuvres d'art. La maison est également avant-gardiste par l'utilisation du béton armé comme matériau principal. Par ailleurs, la valeur architecturale de la maison Ernest-Cormier repose aussi sur son intégration à l'environnement. Construite sur un terrain fortement incliné du Mille carré doré, la demeure compte un étage en façade et quatre à l'arrière. Le quatrième, où se situe l'entrée principale donnant sur les pièces de réception, comprend aussi le grand atelier, la cuisine et la salle à manger. Les chambres et la bibliothèque occupent le troisième étage. Le deuxième reçoit les appartements de la mère de l'architecte et donne accès au jardin. Enfin, les pièces de service sont situées au premier. La hiérarchie traditionnelle des étages est ainsi inversée. La terrasse supérieure offre une vue d'ensemble sur le centre-ville. Derrière la maison, l'architecte a, de plus, aménagé un jardin qui comprend une tour en pierre permettant d'accéder à un garage souterrain.

La maison présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur la notoriété de son architecte, Ernest Cormier (1885-1980). Cormier est l'un des architectes canadiens les plus importants de la première moitié du XXe siècle et il a contribué à renouveler le vocabulaire formel de l'architecture québécoise durant les décennies 1920 et 1930. Il simplifie le vocabulaire classique, produisant un classicisme épuré qui constitue une voie médiane entre l'historicisme et l'architecture d'avant-garde. Certaines de ses oeuvres sont des jalons de l'histoire de l'architecture québécoise. À titre d'exemple, le pavillon central de l'Université de Montréal, érigé de 1927 à 1943, est reconnu comme le premier immeuble moderne au Québec. Cormier contribue également à faire évoluer les technologies de construction. Il maîtrise mieux les impératifs techniques de l'architecture que la plupart de ses contemporains en raison de sa double formation d'architecte et d'ingénieur civil. L'architecte se démarque principalement par son utilisation du béton armé. Cormier réalise plusieurs autres édifices publics marquants, dont l'annexe du Palais de justice de Montréal (1920-1926) ainsi que la Cour suprême du Canada à Ottawa (1938-1950). Sa maison est la seule oeuvre résidentielle de ce spécialiste des édifices publics; elle est considérée comme l'une de ses oeuvres maîtresses. Conçue, décorée et meublée par Cormier, elle reflète la richesse de sa personnalité et témoigne de la qualité de son oeuvre. L'architecte l'habite de 1930 à 1975. Par ailleurs, la valeur historique de la maison Ernest-Cormier repose aussi sur son association avec l'homme politique Pierre Elliott Trudeau (1919-2000). Avocat, professeur de droit constitutionnel, auteur et premier ministre du Canada de 1968 à 1979 et de 1980 à 1984, Trudeau y réside de 1980 jusqu'à son décès.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Ernest-Cormier liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- ses caractéristiques Art déco, dont la façade avec ses lignes verticales formées par les retraits dans le parement de pierre et les ouvertures verticales, les bas-reliefs (la muse supportant la tour centrale de l'Université de Montréal au-dessus de l'entrée et les panneaux ornés de motifs floraux au-dessus de la fenêtre) et la marquise stylisée;
- ses caractéristiques plus particulièrement associées à l'architecture d'Ernest Cormier, dont le vocabulaire Art déco et la structure en béton armé;
- son volume, dont le corps de logis formé de deux cubes juxtaposés de hauteurs inégales s'inscrivant dans un plan rectangulaire étroit et profond ainsi que les toits plats;
- ses matériaux, dont le parement extérieur composé de dalles de pierre artificielle à l'étage supérieur et de crépi aux étages inférieurs;
- son ornementation sobre réservée à la façade;
- sa fenestration arythmique composée de grandes ouvertures verticales à l'étage supérieur, de fenêtres de dimensions réduites aux étages inférieurs et d'un bandeau vertical encadré d'enfoncements étroits marquant la cage d'escalier sur le mur est;
- son ornementation intérieure recherchée, dont la richesse des matériaux des planchers (marbres de différentes couleurs, terrazzos, lièges) et des murs (bois de noyer, de cèdre, de pin, d'acajou, papiers-bois japonais), le foyer en marbre gris de l'atelier ainsi que les quatre colonnes portantes revêtues de marbre et dorées à la feuille;- sa situation dans le quartier Mille carré doré de l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal;
- sa situation dans le site patrimonial du Mont-Royal;
- son implantation sur un terrain fortement incliné dégageant un étage en façade et quatre étages à l'arrière;
- sa terrasse supérieure, derrière la résidence, offrant des vues sur le centre-ville de Montréal, le fleuve Saint-Laurent et la banlieue.

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Informations historiques

Cette maison, érigée en 1930 et 1931, a été conçue, décorée et meublée par et pour l'architecte Ernest Cormier (1885-1980). Cormier est l'un des architectes canadiens les plus importants de la première moitié du XXe siècle. Il a contribué à renouveler le vocabulaire formel de l'architecture québécoise durant les décennies 1920 et 1930. La demeure de style Art déco, qui possède une charpente en béton armé, est la seule résidence construite par ce spécialiste des édifices publics; elle est considérée comme l'une de ses oeuvres maîtresses.

Ernest Cormier habite la maison entre 1930 et 1975, puis la vend au designer montréalais Denis Robert afin de se rapprocher de son bureau. Robert y demeure de 1975 à 1980. La propriété est alors acquise par l'homme politique Pierre Elliott Trudeau (1919-2000), qui en fait sa résidence jusqu'à son décès. Avocat, professeur de droit constitutionnel, auteur et premier ministre du Canada de 1968 à 1979 et de 1980 à 1984, Trudeau est considéré comme l'un des plus grands hommes politiques canadiens du XXe siècle. Charismatique, il ne laisse personne indifférent. Adulé par ses partisans, il est décrié par ses critiques. Parmi ses principales réalisations, signalons la décriminalisation du divorce, de l'avortement et de l'homosexualité, la Loi sur les langues officielles (1969), le rapatriement de la Constitution et l'enchâssement de la Charte canadienne des droits et libertés (1982) dans cette constitution.

La maison Ernest-Cormier est classée en 1974. Elle bénéficie d'une aire de protection depuis 1975.

L'immeuble a subi peu de modifications. En contrepartie, le jardin a été considérablement transformé par l'installation d'une piscine intérieure au-dessus du garage et le percement d'un corridor souterrain en 1984.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 1418, avenue des Pins Ouest

Latitude :

45° 30' 1.4"

Longitude :

-73° 35' 5.8"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 340 683

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BERTON, Pierre. « Guerre de 1812 ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • BISSON, Pierre-Richard. « Maison Ernest-Cormier ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 126-128.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • LITTLE, Robert. « Collection Ernest-Cormier ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 145-149.
  • MERRETT, Brian et François RÉMILLARD. Demeures bourgeoises de Montréal, Le Mille carré doré, 1850-1930. Montréal, Méridien, 1986. 242 p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 4. Montréal, Éditions du Méridien, 1991. 504 p.
  • WHITAKER, Reg. « Trudeau, Pierre Elliott ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/

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