Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Manoir François-Pierre-Boucher

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison François-Pierre-Boucher

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Boucherville

Date :

  • 1741 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction résidentielle (Manoirs seigneuriaux)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (13)

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (5)

Carte

Description

Le manoir François-Pierre-Boucher est une résidence d'inspiration française construite en 1741. Ce manoir de pierre de plan rectangulaire, à un étage et demi, est coiffé d'un toit aigu à deux versants droits flanqué de murs coupe-feu. Isolé par un écran végétal, il est situé face au fleuve Saint-Laurent, au coeur de la ville de Boucherville.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il bénéficie d'une aire de protection.

Le manoir François-Pierre-Boucher est également situé à l'intérieur du site patrimonial du Vieux-Boucherville.

Plan au sol :

Rectangulaire

Nombre d'étages :

1 ½

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Saillies :

  • Entrée de cave
  • Escalier
  • Mur coupe-feu
  • Porche
  • Portique

Fondations :

  • Pierre
  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Pierre (Structure apparente)
  • Façade droite : Pierre (Structure apparente)
  • Façade gauche : Pierre (Structure apparente)
  • Façade avant : Pierre (Structure apparente)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Bois, bardeaux
  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Bois, bardeaux

Porte principale :

  • bois, à panneaux et vitrage, à battants

Autre(s) porte(s) :

  • bois, à panneaux et vitrage, à imposte

Fenêtre(s) :

  • carrée, À battants, à petits carreaux
  • Rectangulaire, À battants, à petits carreaux
  • Rectangulaire, Soupirail

Lucarne(s) :

  • À pignon

Éléments architecturaux :

  • Chambranle
  • Corbeau
  • Épi
  • Linteau

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1974-11-20
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1976-07-23
 
Citation Situé dans un site patrimonial Municipalité (Boucherville)
 

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Valeur patrimoniale

Le manoir François-Pierre-Boucher présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et architecturale liées à sa représentativité en tant que témoin du régime seigneurial. Construit sur le domaine seigneurial, le manoir est une maison généralement plus vaste que les autres habitations. Le manoir François-Pierre-Boucher présente des traits distinctifs de la maison d'inspiration française, dont le carré en pierre peu dégagé du sol, le toit aigu à deux versants droits couvert de bardeaux de cèdre et les fenêtres à battants à petits carreaux. Le mur de refend longitudinal, qui s'élève de la cave jusqu'au plancher du grenier, et les chambranles en pierre de taille témoignent du statut social du seigneur.

Le manoir François-Pierre-Boucher présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le bâtiment présente certaines particularités empruntées à l'architecture résidentielle urbaine du XVIIIe siècle. En Nouvelle-France, le modèle de la maison urbaine s'affirme surtout après la promulgation des ordonnances des intendants Michel Bégon de la Picardière (1667-1747) et Claude-Thomas Dupuy (1678-1738) en 1721 et 1727, qui instaurent de nouvelles mesures de prévention contre les incendies. Le rayonnement qu'il connaît dans les villages et les campagnes de la région de Montréal et des régions avoisinantes s'explique par l'activité des nombreux artisans ayant participé à la reconstruction de la ville de Montréal, détruite par une conflagration en 1721, et par la dimension esthétique et symbolique associée à l'architecture urbaine. Extraits de leur environnement d'origine, certains éléments architecturaux comme les murs coupe-feu perdent leur fonction initiale, qui est de prévenir la propagation des incendies, et témoignent d'une volonté de représentation sociale des villageois et des ruraux. Le manoir Pierre-François-Boucher a été construit en 1741 par Michel Huet Dulude, entrepreneur actif dans la région de Montréal. Il reflète l'influence urbaine principalement par ses murs coupe-feu appuyés sur des corbeaux et par ses larges souches de cheminée à deux têtes, dont l'une est menteuse, dans les murs pignons.

Le manoir François-Pierre-Boucher présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique découlant de son association avec la famille Boucher de Boucherville. Ce bâtiment construit pour le seigneur François-Pierre Boucher de Boucherville (1689-1767), petit-fils du premier seigneur Pierre Boucher (1622-1717), remplace le premier manoir seigneurial. Il est habité par les trois derniers seigneurs de la seigneurie des Îles-Percées, soit François-Pierre Boucher, son fils René-Amable Boucher de Boucherville (1735-1812) et le fils de ce dernier, Pierre-Amable Boucher de Boucherville (1780-1857). Par la suite, le manoir est occupé par Charles-Eugène Boucher de Boucherville (1822-1915), fils du dernier seigneur. Cet homme politique s'est notamment distingué pour son double mandat (1874-1878 et 1891-1892) comme premier ministre du Québec et pour sa nomination comme sénateur de la division de Montarville (1879). Le manoir est érigé le long de l'ancien chemin du Roy, où l'élite de la seigneurie possède d'imposantes résidences en pierre. Il évoque donc l'histoire de Boucherville et de l'ancienne seigneurie concédée en 1672 à Pierre Boucher par l'intendant Jean Talon (1625-1694).

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du manoir François-Pierre-Boucher liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation face au fleuve Saint-Laurent, le long de l'ancien chemin du Roy;
- son volume, dont ses dimensions imposantes typiques des manoirs seigneuriaux, le corps de logis rectangulaire peu dégagé du sol, l'élévation d'un étage et demi et le toit aigu à deux versants droits;
- les matériaux, dont les murs en moellons non crépis, la couverture en bardeaux de cèdre les esses en fer, l'encadrement de certaines ouvertures en pierre de taille, le mur de refend longitudinal en pierre s'élevant de la cave jusqu'au plancher du grenier;
- les ouvertures, dont la porte centrale, les fenêtres à battants à 24 petits carreaux, les nombreuses lucarnes à pignon à 16 petits carreaux et les soupiraux;
- les murs coupe-feu d'un angle moins prononcé que celui du toit;
- les corbeaux en pierre de taille en façade et en bois à l'arrière supportant les murs coupe-feu;
- les larges souches de cheminée à deux têtes, dont l'une est menteuse, reliées par un muret sur chaque pignon;
- le plafond du rez-de-chaussée constitué de poutres équarries accolées avec délardement;
- la charpente du toit avec sablières simples et l'imposante entretoise reliant les fermes au niveau de l'entrait de base.

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Informations historiques

Le manoir François-Pierre-Boucher est construit en 1741 par un entrepreneur actif dans la région de Montréal, Michel Huet Dulude. Il remplace le premier manoir seigneurial construit pour Pierre Boucher (1622-1717), premier seigneur de la seigneurie des Îles-Percées, concédée en 1672 par l'intendant Jean Talon (1625-1694). Le manoir est situé sur l'ancien chemin du Roy, où l'élite de la seigneurie possédait d'imposantes résidences en pierre. Depuis sa construction jusqu'à l'abolition du régime seigneurial en 1854, ce bâtiment a logé les trois derniers seigneurs de Boucherville, soit François-Pierre Boucher de Boucherville (1689-1767), petit-fils de Pierre Boucher, son fils René-Amable Boucher de Boucherville (1735-1812) et le fils de ce dernier, Pierre-Amable Boucher de Boucherville (1780-1857). Par la suite, le manoir est occupé par Charles-Eugène Boucher de Boucherville (1822-1915), fils du dernier seigneur. Cet homme politique s'est notamment distingué pour son double mandat (1874-1878 et 1891-1892) comme premier ministre du Québec et pour sa nomination comme sénateur de la division de Montarville (1879).

Plusieurs ajouts et modifications sont apportés au manoir au cours de son histoire. Une cheminée centrale est ajoutée à une date indéterminée et d'importants travaux sont effectués en 1841 afin de le mettre au goût du jour. Le devis stipule, notamment, la construction d'une galerie de pleine largeur à l'avant et de trois lucarnes ainsi que la pose d'un recouvrement de mortier carotté pour donner à la façade l'aspect de la pierre de taille. À l'intérieur, une cheminée en marbre et des moulures figurent parmi les nouveaux éléments. De plus, une photographie prise en 1900 montre la façade pourvue de deux lucarnes monumentales. Les deux portes arrière datent de 1914, alors que le bâtiment est divisé en deux logements.

Le manoir François-Pierre-Boucher est classé en 1974. Il bénéficie d'une aire de protection depuis 1976. Après son classement, le bâtiment est restauré et reprend son aspect de maison d'inspiration française.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Longueuil

Municipalité :

  • Boucherville

Adresse :

  • 468, boulevard Marie-Victorin
  • 470, boulevard Marie-Victorin

Latitude :

  • 45° 36' 27.691"

Longitude :

  • -73° 27' 22.307"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Chambly Village de Boucherville Absent 152-1 ptie N.-O.
152-2 ptie
152-3 ptie N.-O.
152-4 ptie
152-6 Sud

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Références

Notices bibliographiques :

  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • BUREAU, Pierre, Renée CÔTÉ et Claude MICHAUD. Boucherville : répertoire d'architecture traditionnelle. Les cahiers du patrimoine, 13. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1979. 287 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • HALLÉ, Jacqueline. « Maison François-Pierre-Boucher ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 225-226.
  • LAFRAMBOISE, Yves. Maison de François-Pierre Boucher. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1974. s.p.

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