Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Lancement du manifeste Refus global

Type :

Événement

Autre(s) nom(s) :

  • Parution du manifeste Refus global
  • Publication du manifeste Refus global

Date :

  • 1948‑08‑09

Période historique :

  • Le Québec moderne (1867 à 1960)

Thème commémoratif :

  • Arts, culture et communications

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
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Synthèse

Considéré comme un moment charnière de l'histoire culturelle du Québec, le lancement du manifeste collectif intitulé Refus global s'inscrit dans le mouvement d'affirmation de la modernité dans le domaine des arts québécois. Ce mouvement s'est amorcé au cours des années 1930 et a culminé avec la Révolution tranquille.

Le manifeste Refus global est un condensé des réflexions des automatistes, un groupe de jeunes artistes d'avant-garde formé à Montréal à compter de 1941 autour de Paul-Émile Borduas, peintre et professeur à l'École du meuble. Inspirés par le surréalisme français et plus particulièrement par l'écrivain André Breton, les membres de ce groupe rejettent toute forme d'académisme et conçoivent plutôt l'art comme l'expression du subconscient, libre des limites imposées par les règles disciplinaires, laissant toute la place à la spontanéité et à l'expérimentation. À partir de 1944, leurs oeuvres sont montrées au public lors d'expositions collectives à Montréal, mais aussi à Toronto, New York et Paris.

À la suite de la publication à Paris en 1947 du manifeste Ruptures inaugurales par des artistes surréalistes, le groupe des automatistes sent le besoin de faire connaître ses positions par une manifestation écrite. Entre décembre 1947 et février 1948, les premières versions de Refus global sont rédigées par Borduas. Dans les mois suivants, le manifeste en préparation circule chez les avant-gardes montréalaises et déclenche la publication du manifeste Prisme d'yeux signé par un groupe réuni autour d'Alfred Pellan.

Le 9 août 1948, les automatistes lancent leur manifeste à la librairie d'Henri Tranquille, à Montréal. À cette occasion, 400 exemplaires sont mis en vente au coût d'un dollar chacun. Publié chez Mythra-Mythe, l'ouvrage présente neuf textes différents, dont l'essai principal écrit par Paul-Émile Borduas qui donne son titre au collectif. Cet essai est contresigné par Madeleine Arbour, Marcel Barbeau, Muriel Guilbault, Pierre Gauvreau, Claude Gauvreau, Louise Renaud, Fernand Leduc, Thérèse Renaud-Leduc, Jean-Paul Riopelle, Françoise Riopelle, Jean-Paul Mousseau, Marcelle Ferron, Françoise Sullivan, Bruno Cormier et Maurice Perron. Il est accompagné de deux autres textes de Borduas, de trois « objets dramatiques » de Claude Gauvreau et de courts essais de Cormier et de Sullivan, de même que d'un texte pamphlétaire de Leduc. Douze planches d'illustrations et de photos complètent le document. La couverture est l'oeuvre de Riopelle et de Claude Gauvreau.

Par le manifeste Refus global, Borduas et les automatistes revendiquent une plus grande liberté dans l'acte de création, mais aussi dans la manière d'exister. Le manifeste critique de manière virulente la société dominante et son conservatisme, de même que le contrôle exercé sur les esprits par les pouvoirs religieux et politique. Plus qu'un manifeste d'artistes, Refus global est un projet de société porté par des citoyens en quête d'un monde plus libre et ouvert aux manifestations des avant-gardes internationales.

Le manifeste n'obtient pas de succès en librairie, mais sa parution provoque une vive controverse. Le gouvernement, l'Église et les journaux condamnent le texte jugé scandaleux et subversif. Le prix à payer par les signataires du manifeste est lourd. Borduas perd son poste de professeur à l'École du meuble et s'exile à New York, puis à Paris, où se retrouveront également les Riopelle, Leduc et Ferron.

Le manifeste est laissé dans l'oubli durant les années suivant sa publication. Il est redécouvert dans les années 1960 et 1970 et consacré parmi les oeuvres marquantes du Québec.

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Références

Notices bibliographiques :

  • DESCHAMPS, Brigitte. « Refus global: de la contestation à la commémoration ». L'automatisme en mouvement. Vol. 34, no 2-3 (1998), p. 175-190.
  • DUBOIS, Sophie. Refus global : histoire d'une réception partielle. Nouvelles études québécoises, 16. Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, 2017. 429 p.
  • GAGNON, François-Marc. « Borduas, Paul-Émile ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • GAGNON, François-Marc. « Refus Global ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • MAYER, Jonathan. Les échos du refus global. Montréal, Michel Brulé, 2008. 240 p.
  • Vie des arts. Vol. 42, no 170 (1998).

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