Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Mackenzie-Brydges

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison Cytrinbaum

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • après 1835 – avant 1846 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Événements associés (1)

Personnes associées (11)

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Carte

Description

La maison Mackenzie-Brydges est une demeure bourgeoise en pierre de taille constituée de deux parties : la première (à l'est) d'esprit néoclassique érigée entre les années 1835 et 1846 et la seconde (à l'ouest) d'esprit victorien construite en 1867. La première partie, de trois étages, est coiffée d'une fausse mansarde, tandis que la seconde, de deux étages, est couverte d'un toit à croupes tronqué. La maison est située rue Sherbrooke, dans l'arrondissement municipal du Plateau-Mont-Royal de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1980-07-14
 

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Valeur patrimoniale

La maison Mackenzie-Brydges présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Intégrée à un ensemble de prestige de la rue Sherbrooke, cette maison témoigne de l'évolution de l'architecture résidentielle bourgeoise à Montréal. Durant la première moitié du XIXe siècle, l'accroissement des activités portuaires ainsi que les épidémies de choléra (1832 et 1854) et de typhus (1847) amènent la bourgeoisie à quitter la ville et à s'installer sur de vastes domaines en périphérie. La rue Sherbrooke devient alors l'un des lieux privilégiés par les hommes d'affaires de Montréal et leur famille. Au moment de sa construction, la maison MacKenzie-Brydges est une riche habitation unifamiliale qui témoigne de ce phénomène. Comme plusieurs résidences construites à la même période, elle sera plus tard agrandie et modifiée de manière à loger des familles issues de la petite et moyenne bourgeoisie qui s'installeront dans le quartier. Cette maison est constituée de deux parties distinctes et de quelques annexes, toutes construites à des moments différents. La première partie (à l'est) est édifiée autour de 1840. Elle témoigne de la sobriété et de l'élégance néoclassique par la composition symétrique des façades en pierre de taille, les pilastres d'angle, le bandeau de pierre et la fausse mansarde percée de lucarnes à fronton. La seconde partie (à l'ouest) est érigée en 1867 par les architectes George Browne (1811-1885) de Québec et son fils John James Browne (1837-1893) de Montréal. Par son exubérance et sa surcharge ornementale, elle reflète l'éclectisme victorien. Le porche en bois délicatement ouvragé en est l'élément le plus significatif. Chacune des parties illustre donc les tendances architecturales qui prévalaient au moment de leur construction.

La maison présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec des personnages notoires de l'histoire du Québec. La maison est, en effet, construite vers 1840 pour John Gordon MacKenzie, un riche importateur montréalais. En 1865, elle devient la propriété de Charles John Brydges (1827-1889), directeur général de la compagnie de chemin de fer du Grand Tronc, fonctionnaire et commissaire des terres de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Pour une courte durée, Louis-Adélard Senécal (1829-1887), commerçant, armateur, entrepreneur et homme politique en est propriétaire. Enfin, Victor Beaudry (1829-1888) et sa succession l'occupent de 1884 à 1949. Beaudry, qui est fournisseur de vivres et de chevaux pour l'armée américaine, exploite des entreprises minières fructueuses et s'enrichit grâce à des transactions immobilières à Los Angeles. La maison reflète donc la prospérité de ses illustres propriétaires qui appartenaient à l'élite montréalaise. La maison Mackenzie-Brydges présente par ailleurs un intérêt pour l'histoire sociale et artistique du Québec. Voisine de l'École des beaux-arts de Montréal, la demeure connaît son heure de gloire lorsque le manifeste « Refus global », publié en 1948, y est préparé, imprimé et assemblé (couverture, textes et illustrations). À ce moment, la famille de deux signataires de ce document, le poète Claude Gauvreau (1925-1971) et son frère le peintre Pierre Gauvreau (né en 1922), louait la partie ouest de la maison. Le « Refus global » remet en question les valeurs traditionnelles des Canadiens français, entre autres la foi catholique et l'attachement aux valeurs ancestrales. Il propose aussi de refuser le repli sur soi et suggère une plus grande ouverture sur le monde. Des expositions de quelques artistes membres du groupe des Automatistes, qui ont produit le « Refus global », comme Paul-Émile Borduas (1905-1960), Jean-Paul Riopelle (1923-2002) et Marcelle Ferron (1924-2001), ont eu lieu à cet endroit.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Mackenzie-Brydges liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- sa situation en bordure de la rue Sherbrooke;
- sa situation à proximité de l'École des Beaux-Arts de Montréal;
- la division en deux grandes parties et les trois annexes en brique à l'arrière;
- les éléments de la partie est, dont le plan irrégulier, les trois étages, la fausse mansarde couverte de tuiles d'ardoise, l'avant-corps central, le parement en pierre de taille, le bandeau en pierre, les pilastres d'angle, l'ordonnance et la symétrie des ouvertures, les fenêtres à guillotine et les trois lucarnes à fronton triangulaire;
- les éléments de la partie ouest, dont le plan irrégulier, les deux étages, le soubassement dégagé, le toit à croupes tronqué couvert de tôle à baguettes, le porche en bois (consoles, arcades, piliers et entablement), l'avant-corps au-dessus du porche surmonté d'un fronton triangulaire percé d'un oeil-de-boeuf, le parement en pierre de taille, les bandeaux en pierre, la modulation de la façade latérale ouest, la double porte vitrée (en bois sculpté et à imposte), les fenêtres à guillotine, la cheminée du mur ouest et la rampe en bois de l'escalier intérieur.

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Informations historiques

Durant la première moitié du XIXe siècle, l'accroissement des activités portuaires ainsi que les épidémies de choléra (1832 et 1854) et de typhus (1847) amènent la bourgeoisie montréalaise à quitter la ville et à s'installer sur de vastes domaines en périphérie. La rue Sherbrooke devient alors l'un des lieux privilégiés par les hommes d'affaires de Montréal et leur famille. C'est là que John Gordon MacKenzie, riche importateur de Montréal, fait construire la maison, vers 1840. En 1865, Charles John Brydges (1827-1889), directeur général de la compagnie de chemin de fer du Grand Tronc, fonctionnaire et commissaire des terres de la Compagnie de la Baie d'Hudson, en devient propriétaire. Il ajoute une seconde partie, en 1867, d'après des plans préparés par les architectes George Browne (1811-1885) de Québec et son fils John James Browne (1837-1893) de Montréal. La maison connaît par la suite plusieurs autres riches propriétaires dont Louis-Adélard Senécal (1829-1887), commerçant, armateur, entrepreneur et homme politique, de même que Victor Beaudry (1829-1888), fournisseur de vivres et de chevaux pour l'armée américaine, et sa succession.

Plusieurs travaux d'agrandissement y sont réalisés au fil des ans. D'abord, la partie la plus ancienne est exhaussée d'un étage et le toit est modifié entre 1880 et 1887. Des rallonges en brique sont greffées à l'arrière entre 1881 et 1890, entre 1907 et 1912, puis en 1951. Enfin, un avant-corps est ajouté à la première partie en 1958.

Durant le XXe siècle, la bourgeoisie délaisse le quartier. Une partie de la maison est alors louée, tandis que l'autre est transformée en édifice de bureaux. Parmi les locataires se trouve la famille du poète Claude Gauvreau (1925-1971) et du peintre et écrivain Pierre Gauvreau (né en 1922). C'est là que le manifeste du « Refus global », publié en 1948, est préparé, imprimé et assemblé. Le « Refus global » remet en question les valeurs traditionnelles des Canadiens français, entre autres la foi catholique et l'attachement aux valeurs ancestrales. Il propose aussi de refuser le repli sur soi et suggère une plus grande ouverture sur le monde. Des expositions de quelques artistes membres du groupe des Automatistes, qui ont produit le « Refus global », comme Paul-Émile Borduas (1905-1960), Jean-Paul Riopelle (1923-2002) et Marcelle Ferron (1924-2001), ont eu lieu à cet endroit.

Menacée de démolition à la fin des années 1970, la maison MacKenzie-Brydges est classée en 1980.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Le Plateau-Mont-Royal

Adresse :

  • 75, rue Sherbrooke Ouest
  • 81, rue Sherbrooke Ouest

Latitude :

  • 45° 30' 41.325"

Longitude :

  • -73° 34' 13.038"

Désignation cadastrale :

  • Lot 2 160 885
  • Lot 2 160 881

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DEHEINA, Naima. « Maison Cytrynbaum ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 99.
  • GAGNON, François-Marc. Chronique du mouvement automatiste québécois, 1941-1954. Outremont, Lanctôt éditeur, 1998. 1023 p.
  • Groupe de recherche sur l'architecture et les sites historiques de l'école d'architecture. Maison Cytrynbaum. Histoire, relevé et analyse. Montréal, Ministère des Affaires culturelles, 1978. 112 p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 1. Montréal, Les Éditions La Presse, 1987. 346 p.

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