Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Édifice RCA

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Édifice RCA Victor

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation des minéraux et fabrication de produits finis (Fabriques de produits électriques)

Éléments associés

Groupes associés (3)

Personnes associées (6)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'édifice RCA, autrefois consacré à la production d'appareils du son, de disques et d'enregistrements sonores, se situe dans le quartier Saint-Henri à Montréal. Construit en différentes étapes entre 1908 et 1943, l'ensemble occupe le quadrilatère délimité par les rues Lacasse, Saint-Antoine et Lenoir, et, à l'arrière, par l'autoroute Ville-Marie. Toujours en activité, le site est aujourd'hui un complexe locatif à vocation multifonctionnelle.

Composé de plusieurs bâtiments, le complexe prend la forme d'un « U ». Au coin sud-est du quadrilatère se trouve un premier édifice de cinq étages, avec une structure de béton, qui prend la forme d'un « L ». L'édifice est construit selon un système de renforcement continu du béton, dit « mushroom cap column system ». Puisque cette structure permet de réduire le nombre de colonnes, de très grandes fenêtres ont pu être percées dans les murs. Ajoutés ultérieurement, afin d'éviter l'espionnage industriel tout en permettant un éclairage naturel, des blocs de verre remplissent ces ouvertures. Ceux-ci, enserrés de deux bandes verticales de fenêtres à carreaux, sont posés sur quelques rangées de briques rouges.

Accolé à ce bâtiment se trouve un autre édifice également de cinq étages. La façade rythmée par les colonnes de béton et les ouvertures comblées de blocs de verre et de brique se répètent sur ce dernier. Relié par une passerelle en bois fermée plus au nord, un bâtiment de trois étages accueille aujourd'hui le Musée des ondes Emile Berliner ainsi que le très convoité Studio Victor. Il s'agit de l'une des dernières salles d'enregistrement datant de la première moitié du XXe siècle qui soit toujours en opération. Possédant un soubassement et des piliers en béton avec des murs de briques, ce bâtiment comporte des baies moins larges que les autres bâtisses avec fenêtres à carreaux.

Une autre aile donnant sur la rue Lenoir rejoint la section de la rue Saint-Antoine pour fermer le complexe. Toujours en structure de béton et reprenant le même type de façade, ce bâtiment s'élève sur cinq étages, comme les deux autres. Entourant la porte d'entrée se trouve une élévation typiquement art déco, autrefois gravée sur son couronnement de deux cartouches représentant les emblèmes du RCA. Bien qu'à demi-effacé, le petit chien Nipper se laisse toujours deviner. Une entrée située rue Lacasse donne accès à une cour intérieure où se trouve la chaufferie : une construction d'environ 16 par 26 mètres surmontée d'une haute cheminée de 53 mètres.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

Inventeur du microphone, du gramophone et du disque plat, Emile Berliner émigre aux États-Unis où il crée en 1893 la United States Gramophone Company. En 1899, il fonde à Montréal la Emile Berliner Gramophone et se lance en 1900 dans la production de disques et de gramophones dans des locaux loués à la Northern Electric and Manufacturing Company sur la rue Aqueduct. La même année, un premier magasin de vente au détail est ouvert sur la rue Sainte-Catherine. En 1904, devenue The Berliner Gramophone Company of Canada Limited, la compagnie installe son premier un studio d'enregistrement donnant sur la rue Peel.

C'est en 1906 que la Berliner Gramophone se porte acquéreur de deux lots situés au coin des rues Saint-Antoine et Lenoir dans le quartier Saint-Henri afin d'y construire son usine de fabrication. Sur cet emplacement, un premier édifice en brique et de cinq étages est érigé en 1908. Un second bâtiment plus moderne, en béton armé de quatre étages, est construit entre 1908 et 1912. Les deux constructions, donnant sur la rue Lenoir, seront démolies peu avant l'édification, en 1943, d'une aile nouvelle. Les affaires allant bon train, un nouveau bâtiment sera construit en 1920, rue Lacasse, confié aux architectes MacVicar et Heriot. Dans cet édifice à la fine pointe de la technologie, on retrouve un entrepôt au rez-de-chaussée, un atelier au premier étage, et les trois autres étages servent de manufacture.

Dans les années suivantes, l'apparition de la radio révolutionne non seulement l'industrie du son, mais fait une compétition au gramophone. Cette lutte s'apaise toutefois lorsqu'il devient évident que les deux appareils, complémentaires, doivent être combinés. En 1929, la compagnie, devenue propriété de la Victor Talking Machine cinq années plus tôt, passe aux mains de la Radio Corporation of America. Voilà que naît la RCA Victor qui fabriquera dès lors un modèle combiné d'une radio et d'une table-tournante.

En 1931, deux entrepôts, aujourd'hui démolis, sont édifiés rue Lenoir. Une addition sera ensuite construite en 1936 donnant sur la rue Lacasse, selon les plans de la firme Ross and Macdonald. Ce bâtiment sera l'hôte de bureaux et de l'atelier de teinture de meubles. En 1943, l'architecte Gordon Lyman sera chargé d'intégrer une nouvelle aile donnant sur la rue Lenoir et de construire un nouvel édifice rue Lacasse. Dans ce dernier, RCA Victor fait construire un studio d'enregistrement qui sera le premier au Canada à avoir des murs acoustiques polycylindriques permettant la réflexion du son dans toutes les directions.

Avec l'apparition du téléviseur, la compagnie tire avantage de ce nouveau produit dont elle entreprend la fabrication. Durant la guerre, la production de téléviseurs est mise de côté au profit de différents équipements militaires, dont des radars. Fort de cette expérience, RCA sera amené dans les années 1960 à travailler sur les premiers satellites canadiens de communication. Aucun espace du bâtiment existant n'arrive toutefois à accommoder ces nouvelles activités, et une addition en tôle sera faite au troisième étage de l'aile de la rue Lacasse.

En 1967, l'utilisation du studio d'enregistrement cesse et en 1972, la compagnie transfère une bonne partie de sa production à Sainte-Anne-de-Bellevue. L'année suivante, RCA vend ses immeubles à un investisseur privé qui en fera un complexe locatif. Le service d'appareils de communications scientifiques continuera cependant à être opéré à l'usine jusqu'à la fin des années 1970. En 1985, le studio, caché derrière un mur de béton, sera redécouvert et est remis en opération sous le nom de Studio Victor. Le Musée des ondes Emile Berliner, rendant hommage à l'inventeur du gramophone, est ouvert au public en 1996. Comme plusieurs bâtiments industriels longeant le canal de Lachine, l'édifice RCA se voit par la suite investi par de petites entreprises industrielles ainsi que d'autres oeuvrant dans le domaine de la production graphique et artistique.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Le Sud-Ouest

Adresse :

  • rue Lenoir

Latitude :

  • 45° 28' 35.879"

Longitude :

  • -73° 35' 32.55"

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Références

Notices bibliographiques :

  • BRYAN, Martin F. Report to the Phonothèque québécoise on the search for archival documents on the Gram-O-Phone Co., Victor Talking Machine Co. Of Canada Lmited, RCA Victor (Montreal), 1899-1972. Montreal, Phonothèque québécoise, 1994. s.p.
  • Division de l'expertise en patrimoine et de la toponymie. Énoncé d'intérêt patrimonial concernant l'édifice RCA, 1001, rue Lenoir, arrondissement du Sud-Ouest. Montréal, Ville de Montréal, 2012. 10 p.
  • GIASSON, Guy. À la découverte des manufactures de Saint-Henri. Une promenade autoguidée proposée par la Société historique de Saint-Henri. Montréal, Société historique de Saint-Henri, 2008. 20 p.
  • GIASSON, Guy. « Le patrimoine de Saint-Henri à votre portée. Compte rendu de la visite du 12 septembre 2009 ». Bulletin de l'Association québécoise pour le patrimoine industriel. Vol. 20, no 3 (2009), p. 19-21.
  • MOOGK, E. En remontant les années : L'histoire et l'héritage de l'enregistrement sonore au Canada des débuts à 1930. Ottawa, Bibliothèque Nationale du Canada, 1975. 447 p.
  • RIGAUD, Jean-Luc. Pathé Marconi à Chatou : de la musique à l'effacement des traces. Paris, Classiques Garnier, 2011. 242 p.
  • s.a. « Le Gramophone virtuel : Enregistrements Historiques Canadiens ». Bibliothèque et Archives Canada. Bibliothèque et Archives Canada [En ligne]. http://www.collectionscanada.gc.ca
  • s.a. Musée des ondes Emile Berliner : Histoire des technologies du son [En Ligne]. http://www.berliner.montreal.museum
  • Ville de Montréal. Évaluation du patrimoine urbain : arrondissement du Sud-Ouest. Montréal, Ville de Montréal, 2005. 100 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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