Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Presbytère de Saint-Jean-de-Matha

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Lanaudière

Municipalité :

  • Saint-Jean-de-Matha

Date :

  • 1884 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Mission curiale)
  • Patrimoine religieux (Vie quotidienne)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Presbytères et bâtiments associés)

Éléments associés

Personnes associées (4)

Voir la liste

Inventaires associés (1)

Description

Le presbytère de Saint-Jean-de-Matha est une résidence à caractère religieux érigée en 1884. Le bâtiment en brique présente un corps de logis principal de plan rectangulaire à deux étages et demi et est coiffé d'un toit à deux versants droits. Une galerie couverte longe la façade. Une annexe en brique, de plan rectangulaire à deux étages, est construite contre un mur latéral. Elle est coiffée d'un toit à un versant à profil bas. Le presbytère de Saint-Jean-de-Matha est implanté en retrait de la voie publique sur un terrain dénivelé surplombant le noyau villageois de la municipalité de Saint-Jean-de-Matha.

Ce bien est cité immeuble patrimonial.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Saint-Jean-de-Matha) 2011-05-02
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

Le presbytère de Saint-Jean-de-Matha présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le bâtiment constitue un témoin important de l'évolution de la paroisse. Le peuplement du secteur de Saint-Jean-de-Matha s'amorce en 1836 avec l'arrivée des premiers colons qui s'établissent dans le rang double de Sainte-Louise. La paroisse de Saint-Jean-de-Matha est érigée canoniquement le 9 septembre 1852 par détachement d'une partie du territoire de la paroisse de Saint-Félix-de-Valois. Le mois suivant, six propriétaires cèdent des parcelles de terrains au nord de l'actuelle rue Sainte-Louise pour la construction de bâtiments religieux. Une chapelle et un presbytère y sont érigés en 1854. Afin de mieux répondre aux besoins de la population grandissante, une nouvelle église et une nouvelle maison curiale sont érigées sur le même emplacement dans le dernier quart du XIXe siècle. Le presbytère est construit en 1884. Le curé Joseph Aubin (né en 1840) est le premier à habiter le bâtiment. Au début du XXIe siècle, le presbytère est réaménagé pour accueillir des organismes à but non lucratif. Le rez-de-chaussée de la maison curiale est notamment occupé par le Centre régional d'animation du patrimoine oral (CRAPO) depuis l'automne 2004. Le presbytère de Saint-Jean-de-Matha rappelle ainsi une période importante du développement de la municipalité, et il occupe une place centrale dans la vie communautaire et culturelle des Mathalois et Mathaloises.

Le presbytère de Saint-Jean-de-Matha présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La maison curiale, probablement érigée d'après les plans des architectes montréalais Maurice Perrault (1857-1909) et Albert Mesnard (1847-1909), illustre la persistance des formes classiques dans l'architecture institutionnelle de la fin du XIXe siècle. Le presbytère présente en effet certains éléments hérités de l'architecture résidentielle traditionnelle et du classicisme tels que le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages, le toit à deux versants droits, la galerie couverte, les pilastres, la corniche à consoles et les retours de corniche. Les lucarnes passantes placées en imposte témoignent toutefois d'une certaine recherche de monumentalité et d'effets visuels nouveaux associée à l'éclectisme, un type architectural largement employé par la firme d'architectes Perrault et Mesnard. En 1932, le curé Joseph A. Dufort fait agrandir le corps du logis principal par le mur pignon. La nouvelle section s'harmonise avec le reste du bâtiment, mais elle est dotée de fenêtres plus monumentales à trois baies. Le presbytère de Saint-Jean-de-Matha est donc représentatif des résidences à caractère religieux érigées en milieu rural à la fin du XIXe siècle, et il rappelle le caractère prestigieux recherché dans la construction de ce type de bâtiment.

Le presbytère de Saint-Jean-de-Matha présente en outre un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et architecturale liées à sa représentativité comme maison curiale. Dans les paroisses du Québec, le presbytère est essentiellement la demeure du curé, personnage influent et respecté représentant l'évêque et l'Église. Le rez-de-chaussée, répondant aux fonctions publiques, compte habituellement un bureau où sont reçus les paroissiens. L'étage supérieur est doté d'un caractère plus privé et abrite généralement les chambres du curé et du vicaire et celles réservées à l'évêque et aux visiteurs de passage. La maison curiale possède en plus une annexe qui a d'abord accueilli une cuisine. Tout comme l'église adjacente, le presbytère de Saint-Jean-de-Matha est érigé en retrait de la voie publique sur un terrain surélevé, ce qui marque l'importance de sa fonction.

Source : Municipalité de Saint-Jean-de-Matha, 2011.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments clés du presbytère de Saint-Jean-de-Matha liés à ses valeurs historiques et architecturales comprennent, notamment :
- sa situation en retrait de la voie publique sur un terrain dénivelé surplombant le noyau villageois;
- sa localisation dans un ensemble institutionnel catholique comprenant une église et un ancien couvent cités immeubles patrimoniaux,
- son volume, dont le plan rectangulaire du corps de logis principal, l'élévation de deux étages et demi, le toit à deux versants droits et la galerie couverte longeant la façade;
- les matériaux, dont le parement en brique, la couverture en tôle ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en bois;
- les ouvertures, dont les portes (une encadrée de baies latérales), les fenêtres rectangulaires à battants à grands carreaux, les fenêtres rectangulaires à trois baies ainsi que les lucarnes passantes à pignon;
- les éléments ornementaux, dont les pilastres, la corniche à consoles, les retours de corniche, les chambranles ainsi que les supports et les appliques menuisés;
- l'annexe construite contre un mur latéral, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages, le toit à un versant à profil bas, la galerie couverte, l'avant-toit, le parement en brique, la couverture en tôle, les portes, les fenêtres rectangulaires, la corniche à modillons et les chambranles;
- les souches de cheminée (l'une en brique et les autres recouvertes de tôle).

Haut de la page

Informations historiques

Le presbytère de Saint-Jean-de-Matha est situé sur le territoire de l'ancienne seigneurie de Ramezay. L'endroit correspondant à l'actuelle municipalité de Saint-Jean-de-Matha est colonisé à partir de 1836. Les terres du rang double de Sainte-Louise, nommé ainsi en l'honneur de la seigneuresse Louise-Amélie Panet (1789-1862), sont les premières à être peuplées. Plusieurs autres rangs sont ouverts à la colonisation dans les années suivantes. Le 9 septembre 1852, la paroisse de Saint-Jean-de-Matha est érigée canoniquement par détachement d'une partie du territoire de la paroisse de Saint-Félix-de-Valois. Le mois suivant, six propriétaires cèdent des parcelles de terrains au nord de l'actuelle rue Sainte-Louise pour la construction de bâtiments religieux. En 1853, les autorités de la paroisse obtiennent l'autorisation de construire une chapelle et un presbytère. Les deux bâtiments sont complétés en 1854. Le premier curé résidant, François Ancé (1804-1888), arrive en février 1855.

Dans les décennies suivantes, la population de Saint-Jean-de-Matha augmente rapidement, et les bâtiments religieux ne répondent plus aux besoins des paroissiens. Pour obtenir la permission de construire un nouveau presbytère, la paroisse doit cependant être érigée civilement. Elle obtient son enregistrement civil en 1880. Trois ans plus tard, les habitants adressent une requête à l'évêque de Montréal pour obtenir l'autorisation de construire les nouveaux bâtiments religieux sur le même emplacement.

Le projet est rapidement approuvé par les autorités ecclésiastiques. Le décret permettant la construction des bâtiments religieux stipule que le presbytère sera construit en bois et en brique avec une cuisine attenante. Les plans de la maison curiale sont vraisemblablement dressés par les architectes montréalais Maurice Perrault (1857-1909) et Albert Mesnard (1847-1909) responsables de la conception de l'église adjacente. L'entrepreneur François Archambault est engagé pour exécuter les travaux. Le presbytère est érigé en 1884. Le curé Joseph Aubin (né en 1840) est le premier à habiter le bâtiment.

En 1932, le curé Joseph A. Dufort fait agrandir le corps de logis principal de la maison curiale par l'un des murs pignons. La nouvelle section est marquée par des fenêtres à trois baies. En 1968, une annexe est ajoutée à l'arrière du presbytère. Au début du XXIe siècle, le presbytère est réaménagé pour accueillir des organismes à but non lucratif. Le rez-de-chaussée de la maison curiale est notamment occupé par le Centre régional d'animation du patrimoine oral (CRAPO) depuis l'automne 2004.

Le presbytère de Saint-Jean-de-Matha est cité en 2011.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Lanaudière

MRC :

  • Matawinie

Municipalité :

  • Saint-Jean-de-Matha

Adresse :

  • 185, rue Sainte-Louise

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Joliette Paroisse de Saint-Jean-de-Matha Absent 265

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • GRAVEL, Denis et Hélène LAFORTUNE. Saint-Jean-de-Matha, une histoire à raconter. Montréal, Société de recherche historique archiv-histo, 2005. 224 p.
  • PROVOST, Théophile-Stanislas. Histoire d'un établissement paroissial de colonisation, Saint-Jean-de-Matha. Joliette, Imprimerie de l'Étudiant et du Couvent, 1888. 154 p.
  • s.a. « Saint-Jean-de-Matha ». DAUTH, Gaspard. Le diocèse de Montréal à la fin du dix-neuvième siècle. Montréal, Eusèbe Senécal et Cie., 1900, p. 740-742.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013