Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de la Maison-Marc-Aurèle-Plamondon

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison Marc-Aurèle-Plamondon

Région administrative :

  • Centre-du-Québec

Municipalité :

  • Victoriaville

Date :

  • 1890 – (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Personnes associées (5)

Carte

Description

Le site patrimonial de la Maison-Marc-Aurèle-Plamondon est une résidence bourgeoise construite en 1890. Le bâtiment en bois, d'inspiration néo-italienne, présente un plan rectangulaire à deux étages et est coiffé d'un toit en pavillon. Un oriel est construit contre un mur latéral. Une annexe en bois rectangulaire à deux étages, flanquée d'un appentis et surmontée d'un toit en pavillon, est greffée à l'arrière du bâtiment. La résidence est implantée en retrait de la voie publique sur un terrain paysager et planté d'arbres matures, dans le secteur d'Arthabaska de la municipalité de Victoriaville.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique aussi au terrain.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Victoriaville) 2009-12-07
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de la Maison-Marc-Aurèle-Plamondon présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. La demeure est érigée en bordure d'une importante voie de communication qui a contribué au développement de la région. C'est en 1844 que le gouvernement décide d'aménager le chemin provincial d'Arthabaska, devenu par la suite la rue de l'Église, puis la rue Laurier, pour favoriser la colonisation du secteur et relier le canton d'Arthabaska aux régions situées près du fleuve. L'arrivée du chemin de fer en 1854 et la construction d'un palais de justice en 1860 sur une rue perpendiculaire à la route provinciale favorisent l'établissement, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, d'institutions et de résidences bourgeoises le long du chemin d'Arthabaska. Plusieurs professionnels libéraux s'établissent alors dans le secteur. La maison Marc-Aurèle-Plamondon rappelle ainsi la période de prospérité qu'a connue le secteur d'Arthabaska à la fin du XIXe siècle.

Le site patrimonial de la Maison-Marc-Aurèle-Plamondon présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Cette demeure, érigée en 1890 par l'architecte Louis Caron père (1848-1917), constitue un exemple représentatif de l'influence néo-italienne sur l'architecture résidentielle québécoise. Ce style est une interprétation par les architectes anglais, puis nord-américains, de l'architecture italienne de la Renaissance. Les villas et les palais sont les principaux modèles repris par ces derniers. Au Québec, le style néo-italien connaît une certaine popularité dans le dernier quart du XIXe siècle, principalement pour les résidences bourgeoises. La maison Marc-Aurèle-Plamondon se rattache à ce style par son plan irrégulier, son toit en pavillon surmonté d'une terrasse faîtière, l'avant-corps central, son oriel latéral à pans coupés, ses fenêtres groupées par trois et son ornementation élaborée, composée notamment des frontons et de la corniche ornée de denticules et de consoles jumelées. La maison Marc-Aurèle-Plamondon est donc représentative des maisons bourgeoises des Bois-Francs, où le style néo-italien connaît une diffusion importante grâce au travail de Louis Caron, le principal architecte de la région.

Le site patrimonial de la Maison-Marc-Aurèle-Plamondon présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec des personnalités québécoises importantes ayant vécu à cet endroit. L'avocat et futur fondateur du journal Le Soleil, Ernest Pacaud (1850-1904), décide de s'établir à Arthabaskaville en 1872. Il acquiert, à partir de 1873, les différentes parcelles du terrain où est érigée plus tard la maison aujourd'hui nommée maison Marc-Aurèle-Plamondon. En 1876, Pacaud se fait construire une résidence en brique dans le même esprit que la demeure de son voisin et bon ami, Wilfrid Laurier (1841-1919), futur premier ministre du Canada. Pacaud vend, en 1879, sa propriété à l'honorable Marc-Aurèle Plamondon (1823-1900), premier juge de la Cour supérieure à s'établir à Arthabaskaville et fondateur des Instituts canadiens de Montréal et de Québec. La maison est détruite par un incendie en 1881. Le juge Plamondon fait construire une nouvelle maison sur le terrain en 1890. Il y réside jusqu'à son décès. Sa fille, Clorinde Plamondon, hérite de la propriété où elle habite depuis 1897 avec son mari, Achille Gagnon (1853-1919), maire de Victoriaville de 1882 à 1884. Cet homme d'affaires participe activement au développement de la municipalité en faisant notamment construire le premier aqueduc de la ville. Il est également l'instigateur de l'électrification de Victoriaville. Le site patrimonial de la Maison-Marc-Aurèle-Plamondon rappelle ainsi le passage d'hommes de marque dans le secteur d'Arthabaska et le rôle important de certains propriétaires du site dans l'histoire de la municipalité.

Source : Ville de Victoriaville, 2010.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de la Maison-Marc-Aurèle-Plamondon liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- son implantation en retrait d'une voie publique ancienne, sur un terrain paysager et planté d'arbres matures, dans le secteur d'Arthabaska;
- sa situation à proximité de la maison Wilfrid-Laurier, classée immeuble patrimonial, ainsi que du boisé Stein, cité site patrimonial;
- son volume, dont le plan rectangulaire du corps principal, l'élévation de deux étages, le toit en pavillon surmonté d'une terrasse faîtière, l'avant-corps central, l'oriel latéral à pans coupés et la galerie surmontée d'un balcon;
- les matériaux, dont le parement en planches horizontales, ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en bois et en fer;
- les ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires à guillotine (groupées par trois en façade), la porte vitrée à double vantail surmontée d'une imposte vitrée, ainsi que l'oculus;
- l'ornementation, dont les frontons (un à base interrompue), la large corniche ornée de denticules et de consoles jumelées, les chambranles menuisés, les planches cornières ainsi que les garde-corps et les supports menuisés;
- l'annexe arrière, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages, le toit en pavillon, l'appentis, la galerie, les fenêtres rectangulaires à guillotine, les portes surmontées d'une imposte, les chambranles menuisés, les planches cornières et la corniche ornée de denticules;
- les souches de cheminées, dont deux en brique et deux recouvertes de tôle.

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Informations historiques

Le site patrimonial de la Maison-Marc-Aurèle-Plamondon est aménagée sur le territoire du canton d'Arthabaska, proclamé en 1802. Les premiers colons s'établissent dans la région vers 1830. Pour favoriser le développement de ce secteur et relier le canton aux régions situées près du fleuve, les autorités gouvernementales font aménager, en 1844, le chemin provincial d'Arthabaska, devenu par la suite la rue de l'Église, puis la rue Laurier. Le secteur connaît une croissance importante après la désignation d'Arthabaska comme chef-lieu du district judiciaire de Drummond-Arthabaska en 1857. Le chemin provincial devient alors un axe majeur le long duquel sont implantées plusieurs institutions et sont construites des résidences bourgeoises.

Le terrain où est située l'actuelle maison Marc-Aurèle-Plamondon est acquis à partir de 1873 par l'avocat et journaliste Ernest Pacaud (1850-1904), futur fondateur du journal Le Soleil. Plusieurs transactions sont nécessaires pour unifier les différentes parcelles de la propriété. En 1876, Pacaud commande à l'architecte Louis Caron père (1848-1917) une résidence de deux étages en brique. En 1879, la propriété est vendue à Marc-Aurèle Plamondon (1823-1900), premier juge de la Cour supérieure à s'établir à Arthabaskaville et l'un des fondateurs des Instituts canadiens de Montréal et de Québec. Dans la nuit du 5 février 1881, la maison est détruite par un incendie.

Plamondon fait construire sur le terrain l'actuelle maison en 1890. Elle est aussi érigée selon les plans de l'architecte Louis Caron père. Plamondon y demeure jusqu'à son décès. Sa fille Clorinde Plamondon hérite de la propriété. Elle y avait emménagé en 1897 avec son mari Achille Gagnon (1853-1919), maire de Victoriaville de 1882 à 1884. Cet homme d'affaires est une importante figure de l'histoire de la municipalité; il a notamment fait construire le premier aqueduc de Victoriaville et il a été l'instigateur de l'électrification de la ville.

Après 1906, une annexe rectangulaire est ajoutée à l'arrière de la résidence. Un des oriels est également supprimé pour laisser place à un prolongement de la galerie couverte. Le couple Plamondon-Gagnon réside dans la maison jusqu'au décès d'Achille Gagnon.

La maison connaît plusieurs propriétaires au cours du XXe siècle. Elle est vraisemblablement transformée en résidence pour personnes âgées dans les années 1970 ou 1980. Un balcon est alors ajouté au deuxième étage, sur la façade, et la fenêtre de l'avant-corps est transformée en porte. Le bâtiment est par la suite utilisé comme gîte touristique.

La maison Marc-Aurèle-Plamondon est constituée site du patrimoine en 2009. Elle est devenue un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Centre-du-Québec

MRC :

  • Arthabaska

Municipalité :

  • Victoriaville

Adresse :

  • 14, rue Laurier Ouest

Latitude :

  • 46° 2' 14.79"

Longitude :

  • -71° 54' 52.89"

Désignation cadastrale :

  • Lot 3 257 919

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Références

Notices bibliographiques :

  • BEAUDET, Gisèle, dir. Le patrimoine architectural dans les Bois-Francs. Vol. 1. Arthabaska, Société du Musée Laurier, 1984. 332 p.
  • Ville de Victoriaville. Circuit patrimonial de Victoriaville. Guide du promeneur. Victoriaville, Ville de Victoriaville, 2005. 25 p.
  • Ville de Victoriaville. Circuit patrimonial des personnages célèbres de la rue Laurier Ouest, Victoriaville. Guide du promeneur. Victoriaville, Ville de Victoriaville, 2009. 27 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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