Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Église de La-Visitation

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église de La-Visitation de Notre-Dame-de-la-Pointe-du-Lac
  • Église de Notre-Dame-de-la-Visitation

Région administrative :

  • Mauricie

Municipalité :

  • Trois-Rivières

Date :

  • 1882 – 1883 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Personnes associées (3)

Inventaires associés (3)

Carte

Description

L'église de Notre-Dame-de-la-Visitation est un lieu de culte catholique construit en 1882-1883 dans un style néoclassique. L'église possède un plan « à la récollette », soit avec une nef sans bas-côté prolongée d'une abside carrée puis de la sacristie. Les murs sont en pierre à moellons et elle est coiffée d'un toit à deux versants droits. La façade-écran est composée d'un corps central disposé en avancée par rapport à deux ailes plus basses. Elle est surmontée d'un clocher terminé d'une flèche et situé au-dessus de l'entrée principale. L'ornementation se retrouve principalement sur la façade principale qui est composée avec symétrie. Des niches au-dessus du portail contiennent les statues de Marie et de Joseph alors que saint Pierre et saint Paul dominent les pinacles. L'église Notre-Dame-de-la-Visitation est implantée à proximité de plusieurs bâtiments d'importance historique dans le secteur historique de Pointe-du-Lac, à Trois-Rivières.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

Haut de la page

Informations historiques

L'église de Notre-Dame-de-la-Visitation constitue le coeur religieux et historique de Pointe-du-Lac. Elle possède une longue histoire qui remonte aux origines de la seigneurie. René Godefroy de Tonnancour (1669-1738) se voit concéder la seigneurie de Pointe-du-Lac en 1734. En 1738, après la construction d'un moulin seigneurial et l'ouverture du chemin du Roy, le seigneur de Tonnancour cède un terrain de quatre arpents de côté et voit à la construction d'une première église ainsi que d'un presbytère. La paroisse n'est alors qu'une desserte. L'église est bénie en 1739 sous le nom de Notre-Dame-de-la-Visitation de la Pointe-du-Lac. En 1786, un premier curé résident s'y établit. L'érection canonique de la paroisse La Visitation a lieu en 1832.

En 1844, la population ayant considérablement augmenté au cours des cent dernières années, les paroissiens décident de se doter d'une plus grande église. Elle est décorée par Ludger Jolin, un jeune architecte originaire de Sainte-Anne-de-la-Pérade. En 1845, la municipalité de la paroisse de Pointe-du-Lac est créée. Dans la nuit du 10 au 11 février 1882, un incendie détruit complètement l'église ainsi que son contenu. Seuls les murs de pierre résistent aux flammes. L'église actuelle, la troisième, est construite à même les murs de l'église incendiée, mais sa façade est allongée de quinze pieds vers l'avant et les murs sont haussés de cinq pieds. Le constructeur de l'église est Georges-Félix Héroux. Les frères Joseph (1831-1901) et Georges-Félix (1833-1901) Héroux sont formés par l'architecte et sculpteur Alexis Millette (1793-1870) et effectuent ensuite un stage d'études en Italie. Ils participent aux travaux de nombreuses églises au Québec et de quelques-unes en Nouvelle-Angleterre. Leur atelier de sculpture et de fine menuiserie se situe à Yamachiche où ils collaborent avec plusieurs maîtres sculpteurs et ébénistes. Artisans, architectes et entrepreneurs, les Héroux réalisent l'ornementation ou la construction de nombreuses résidences de la région. L'église de Pointe-du-Lac présente également plusieurs ressemblances avec des oeuvres du célèbre architecte Victor Bourgeau (1809-1888), concepteur de nombreuses églises au Québec, notamment dans le diocèse de Montréal, et de la cathédrale de Trois-Rivières. Son influence a été marquante dans l'architecture religieuse du Québec.

Le curé Joseph-Edmond Poisson (1870-1951) s'installe à Pointe-du-Lac en 1912. Il y reste 24 années pendant lesquelles il entreprend de grands travaux. D'abord, la Caisse Populaire est fondée en 1913. L'année suivante, le cimetière est agrandi et des rénovations majeures du presbytère sont entreprises sur le presbytère qui change alors totalement d'apparence. Une partie de la décoration intérieure de l'église est réalisée en 1915 et l'électricité y est installée dans les années 1920. Les toiles du choeur sont l'oeuvre de l'artiste d'origine montréalaise Louis-E. Monty (1873-1933), spécialisé dans la décoration d'églises. En 1925, l'orgue Casavant de la réputée firme de Saint-Hyacinthe est installé. Par la suite, plusieurs oeuvres du sculpteur pointe-du-laquois Léo Arbour (1912-2003) prennent place dans le temple : d'abord le chemin de croix en 1941, puis le grand crucifix en 1969, la statue de la sainte Vierge en 1970 et la croix de Procession en 1994.

En 2002, la municipalité de Pointe-du-Lac est incorporée à la grande Ville de Trois-Rivières.

Haut de la page

Évaluation d'inventaire

  • Inventaire du patrimoine bâti de Trois-Rivières (2009 - 2010)
    Ville de Trois-Rivières


  • La valeur patrimoniale de l'église de Notre-Dame-de-la-Visitation tient notamment à son ancienneté. Construite de 1882 à 1883, certaines parties proviennent de l'église érigée en 1844. Elle fait partie des églises les plus anciennes de la grande ville de Trois-Rivières.

    La valeur patrimoniale de l'église de Notre-Dame-de-la-Visitation repose aussi dans son importance historique. Elle témoigne du développement de Pointe-du-Lac. René Godefroy de Tonnancour (1669-1738) se voit concéder la seigneurie de Pointe-du-Lac en 1734. En 1738, à la suite de la construction d'un moulin seigneurial et à l'ouverture du chemin du Roy, une première église est bâtie sur le site du temple actuel de même qu'un presbytère. Le noyau religieux et économique du village est ainsi établi. L'érection canonique de la paroisse a lieu en 1832. La paroisse prospérant, notamment grâce au moulin, la population augmente considérablement et les paroissiens décident de se doter d'une nouvelle église. Édifié en 1844, ce deuxième lieu de culte est incendié en 1882. C'est sur ses murs qu'a été bâtie l'actuelle église en 1883. Au début du XXe siècle, cinq communautés religieuses sont établies dans la paroisse à proximité du temple. L'église Notre-Dame-de-la-Visitation constitue le centre religieux et le noyau historique autour duquel Pointe-du-Lac se développe.

    La valeur patrimoniale de l'église de Notre-Dame-de-la-Visitation réside de plus dans son intérêt architectural. Elle témoigne de l'influence néoclassique sur l'architecture au Québec au XIXe siècle. Le temple en pierre à moellons suit un plan « à la récollette » et possède une façade-écran qui s'élève devant l'église. Cette façade est constituée de trois travées et d'une tour centrale surmontée d'un clocher et elle illustre le néoclassicisme notamment par son corps central dominé d'un fronton, ses ouvertures cintrées, ses contreforts, ses bandeaux et ses chaînages d'angle en pierre de taille. La façade-écran est plus ornementée et plus riche que les élévations latérales et cette façon de construire la façade principale indépendante des côtés et de la structure du bâtiment est une marque du courant néoclassique. Le décor intérieur compte des oeuvres de Louis-E. Monty (1873-1933) et de Léo Arbour (1912-2003). Finalement, en dépit de son âge vénérable, l'église de Notre-Dame-de-la-Visitation comporte une intégrité matérielle supérieure et demeure représentative de l'architecture religieuse au XIXe siècle.

    La valeur patrimoniale de l'église Notre-Dame-de-la-Visitation tient également à son implantation. Ce bâtiment religieux est établi sur un grand terrain sur la rue Notre-Dame Ouest, près du lac Saint-Pierre, au coeur du noyau historique ancien de la municipalité de Pointe-du-Lac, entouré notamment par le cimetière et le presbytère qui forment l'îlot paroissial d'origine. Le cimetière comprend d'ailleurs la chapelle funéraire Montour-Malhiot, citée monument historique en 2007. De plus, le site historique du Moulin-Seigneurial-de-Tonnancour, classé en 1975, et la maison Dufresne, citée en 2001, sont situés à proximité. Plusieurs bâtiments construits par les communautés religieuses établies dans cette municipalité ceinturent également ce noyau religieux dont l'ancien couvent des Soeurs Oblates de Béthanie. L'église de Notre-Dame-de-la-Visitation occupe une place privilégiée dans le paysage de Pointe-du-Lac et fait office de point de repère.
    Source : Municipalité de Trois-Rivières, 2010.

    Haut de la page

    Emplacement

    Region administrative :

    • Mauricie

    MRC :

    • Trois-Rivières

    Municipalité :

    • Trois-Rivières

    Adresse :

    • 11900, rue Notre-Dame Ouest

    Lieux-dits :

    • Pointe-du-Lac

    Localisation informelle :

    Située à proximité du presbytère (11900, rue Notre-Dame Ouest).

    Latitude :

    • 46° 17' 16.9"

    Longitude :

    • -72° 41' 16.6"

    Haut de la page

    Références

    Liens Internet :

    Notices bibliographiques :

    • BRONSARD, Michel et Monique DUPONT. St-Louis-de-France 1904-1979. Trois-Rivières, Les Éditions du Bien public, 1979. 241 p.
    • DUGRÉ, Alexandre. La Pointe-du-Lac. Trois-Rivières, Les éditions du Bien public, 1934. 90 p.
    • GAUTHIER, Raymonde. « Une pratique architecturale au XIXe siècle - Victor Bourgeau, 1809-1888 ». ARQ. No 41 (1988), p. 10-21.
    • GAUTHIER, Raymonde. Victor Bourgeau et l'architecture religieuse et conventuelle dans le diocèse de Montréal (1821-1892). Université du Québec à Montréal, 1983. 429 p.
    • LAGRAVE, François de. Pointe-du-Lac, 1738-1988. Pointe-du-Lac, Édition du 250e anniversaire, 1988. 753 p.
    • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
    • Patri-Arch. Églises paroissiales situées sur le territoire de la ville de Trois-Rivières. 2e partie. Inventaire et évaluation du patrimoine religieux. s.l. 2002. s.p.
    • Patri-Arch. Inventaire du patrimoine architectural du Chemin du Roy à Trois-Rivières . Trois-Rivières, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières, 2003. s.p.
    • SIMARD, Jean. Les arts sacrés au Québec. Boucherville, Éditions de Mortagne, 1989. 319 p.

    Multimédias disponibles en ligne :

    Haut de la page

    Gouvernement du Québec

    © Gouvernement du Québec, 2013