Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Secteur du phare de l'Île-Verte

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Description

Le secteur du phare de l'Île-Verte est une installation côtière d'aide à la navigation construite à partir de 1806. La structure est composée d'une tour tronconique en maçonnerie de pierres couverte de planches verticales, peinte en blanc et surmontée d'une lanterne polygonale au toit arrondi. La lanterne peinte en rouge est ceinturée d'une galerie protégée par un garde-corps métallique. Le site comprend également les maisons du gardien et de son assistant, les dépendances, dont deux poudrières, la cabane à huile, la cabane de la corne de brume et le puits ainsi que le terrain. Le secteur du phare de l'Île-Verte est aménagé sur le littoral rocheux, à l'écart du noyau villageois, du côté nord de l'île Verte, dans la municipalité de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure des bâtiments et aux terrains.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Notre-Dame-des-Sept-Douleurs) 2007-06-01
 

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Valeur patrimoniale

Le secteur du phare de l'Île-Verte présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il témoigne de la mise en place d'un réseau de phares et d'aides à la navigation au début du XIXe siècle. En 1805, dans un contexte d'intensification des échanges entre la colonie et la métropole, le Bas-Canada met sur pied la Maison de la Trinité de Québec. Celle-ci est chargée de sécuriser la navigation sur le fleuve Saint-Laurent. L'organisme supervise notamment le pilotage et place les bouées, phares et fanaux nécessaires à la sécurité maritime. En 1806, la construction du premier phare québécois est entreprise sur le côté nord de l'île Verte. Dès 1809, l'installation facilite ainsi la navigation dans cette zone caractérisée par les nombreux récifs et les forts courants créés par l'embouchure du Saguenay. Il demeure l'unique phare en bordure du fleuve jusqu'en 1830, alors qu'est mis en service celui de Pointe-des-Monts. Divers moyens de signalisation sonore sont également élaborés au fil des ans, afin de guider les navires par temps de brouillard. En 1856, un premier canon à brume est installé, suivi d'un deuxième en 1882. En 1894, ils sont remplacés par une brimbale, composée d'un mécanisme à bascule et d'une batterie électrique provoquant la détonation de cartouches de dynamite. Elle cède la place à une corne de brume en 1945, jusqu'à l'automatisation complète du système en 1969. Les canons, la cabane de la corne de brume et les poudrières servant d'entrepôt de dynamite et de poudre à canon sont encore en place. Le secteur du phare de l'île Verte constitue le plus ancien phare en bordure du Saint-Laurent et le deuxième plus vieux encore en fonction au Canada. Il illustre par ses différentes composantes l'évolution des installations d'aide à la navigation au cours des XIXe et XXe siècles.

Le secteur du phare de l'Île-Verte présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La tour de trois niveaux, surmontée d'une lanterne de cuivre s'élevant à 18 mètres, est érigée par le maître maçon Edward Cannon (1739-1814). La silhouette tronconique et massive de la structure est caractéristique des phares construits dans la première moitié du XIXe siècle par la Maison de la Trinité de Québec. Elle sert probablement de modèle à d'autres constructions, telles que celles de Pointe-des-Monts (1829) et de l'île Bicquette (1841). Structuré en pierre, le phare de l'île Verte est lambrissé de planches horizontales en 1850, puis recouvert de planches verticales en 1904. Il est accompagné de deux résidences et de plusieurs dépendances. Les bâtiments, peints en blanc et en rouge, forment un ensemble homogène bien visible dans le paysage.

Le secteur du phare de l'Île-Verte présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur ethnologique. Les bâtiments du site constituent un des ensembles les plus complets subsistants au Québec. La maison principale, de grande dimension, rappelle que la famille du gardien réside avec lui. L'assistant du gardien, privé de cet avantage, loge dans la seconde, plus petite. Les occupants doivent faire fonctionner les divers instruments, dont le phare et les systèmes de signalisation sonore. Les poudrières, la cabane de la corne de brume et la cabane à huile rappellent ces tâches. Le gardien élève également des animaux et cultive la terre afin de répondre aux besoins alimentaires de sa famille. Le garage et le puits témoignent de la vie quotidienne des occupants du site. Par ailleurs, le métier de gardien de phare se transmet fréquemment de père en fils. Quatre générations de la famille Lindsay occupent cette fonction : de 1827 à 1964, Robert Lindsay (vers 1800-1875), son fils Guilbert (mort vers 1891), le fils de ce dernier, René (1872-1848) et finalement Freddy Lindsay (1897-1989). La famille Lindsay est ainsi associée à l'histoire du secteur du phare de l'Île-Verte pendant plus de 137 ans, un fait exceptionnel au Québec.

Source : Municipalité de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du secteur du phare de l'Île-Verte liés à ses valeurs historique, ethnologique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation sur le littoral rocheux, du côté nord de l'île Verte, en bordure du fleuve Saint-Laurent;
- la présence du phare, de la résidence du gardien, de la résidence de l'assistant du gardien, de la cabane de la corne de brume, de deux poudrières, d'une cabane à huile, d'un puits, d'un garage et de deux canons;
- les caractéristiques du phare de l'île Verte, notamment son volume, dont la tour tronconique et la lanterne polygonale coiffée d'un dôme nervuré et d'une girouette, les matériaux, dont la maçonnerie en pierre couverte de planches verticales, la lanterne et le dôme en cuivre ainsi que les éléments ornementaux et architecturaux en bois, les ouvertures, dont l'alignement des fenêtres rectangulaires à battants et à petits carreaux et les grandes baies vitrées de la lanterne, la galerie ceinturant la lanterne, dont le garde-corps métallique, ainsi que le tambour d'entrée, comprenant une porte à panneaux et à vitrage;
- les caractéristiques de la maison du gardien, notamment son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages, le toit en pavillon et le tambour d'entrée, les matériaux, dont le parement en bardeaux de cèdre peint en blanc, la couverture rouge en bardeaux, les fondations en béton ainsi que les éléments ornementaux et architecturaux peints en rouge, ainsi que les ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires à guillotine (certaines jumelées) et la porte à baie latérale;
-les caractéristiques de la maison de l'assistant du gardien, notamment son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le toit à deux versants droits et les tambours d'entrée, les matériaux, dont le parement en bardeaux de cèdre peint en blanc, la couverture rouge en bardeaux, les fondations en béton ainsi que les éléments ornementaux et architecturaux peints en rouge, les ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires à guillotine (certaines jumelées) et la grande lucarne en appentis;
-les caractéristiques de la cabane de la corne de brume, notamment son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage, le soubassement surélevé et le toit à deux versants droits, les matériaux, dont le parement de planches verticales peint en blanc, la couverture rouge et les éléments ornementaux et architecturaux en bois, les ouvertures, dont la fenêtre rectangulaire à petits carreaux et la porte en bois à panneaux, l'ornementation sobre, dont les éléments peints en rouge, les planches cornières et le garde-corps de la rampe d'accès;
- les caractéristiques des poudrières et du puits, notamment leur volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et la forme d'origine des toits (à deux versants droits, à deux versants à larmiers retroussés ou en pavillon), les matériaux, dont les murs en maçonnerie enduite de crépi, les couvertures en tôle ou en bardeaux de cèdre peintes en rouge et les fondations en pierre, les portes pleines en bois;
- les caractéristiques de la cabane à l'huile et du garage, notamment leur volume, dont les plans rectangulaires, l'élévation d'un étage et la forme d'origine des toits (à deux versants à larmiers retroussés ou à deux versants droits), les matériaux, dont le parement de planches horizontales peint en blanc, les couvertures rouges (dont une en bardeaux de cèdre) et les fondations en béton, les portes en bois pleines.

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Informations historiques

Le secteur du phare de l'île Verte comporte le plus ancien phare du Québec. En 1805, dans un contexte d'intensification des échanges entre la colonie et la métropole, le Bas-Canada met sur pied la Maison de la Trinité de Québec. Cet organisme est chargé de sécuriser la navigation sur le fleuve Saint-Laurent. Il supervise notamment le pilotage et fait placer les bouées, phares et fanaux nécessaires à la sécurité maritime. En 1806, la construction d'un premier phare est entreprise sur le côté nord de l'île Verte. Le maître maçon Edward Cannon (1739-1814) est responsable de la tour en maçonnerie. La fabrication de la lanterne en cuivre est confiée à George Robinson, à Londres. Le système d'éclairage, fonctionnant d'abord à l'huile de phoque ou de baleine, est l'oeuvre d'une autre entreprise londonienne, Brickwood and Daniels. Dès 1809, le phare est opérationnel et facilite la navigation dans cette zone caractérisée par les nombreux récifs et les forts courants créés par l'embouchure du Saguenay. Le premier gardien, Charles Hambelton (mort en 1827), occupe cette fonction jusqu'à son décès. Robert Lindsay (vers 1800-1875) lui succède alors.

Le phare de l'île Verte demeure l'unique structure du genre le long du fleuve Saint-Laurent jusqu'en 1830, alors qu'est mis en service le phare de Pointe-des-Monts. Celle de l'île Verte sert vraisemblablement de modèle pour les autres structures construites par la Maison de la Trinité de Québec. En effet, durant la première moitié du XIXe siècle, ce type d'installation est utilisé notamment à Pointe-des-Monts et à l'île Bicquette (1841). Au fil des décennies, plusieurs transformations sont apportées au phare. En 1850, la maçonnerie est lambrissée de planches horizontales, créant 15 côtés de 4 pieds de largeur. Trois ans plus tard, l'huile de phoque servant à chauffer les lampes est remplacée par un feu à vapeur de pétrole. En 1856, un premier système de signalisation sonore, constitué de canons de brume, est installé pour guider les navires par temps de brouillard.

En 1867, le fils de Robert Lindsay, Guilbert (mort vers 1891), prend la relève. Il exerce le métier de gardien jusqu'en 1888, alors qu'une chute du haut de la tour le laisse invalide. Son fils René (1872-1948), âgé de 16 ans, lui succède. En 1894, les canons à brume sont remplacés par une brimbale composée d'un mécanisme à bascule et d'une batterie électrique. Ce mécanisme provoque la détonation de cartouches de dynamite. Le phare est lambrissé de planches verticales en 1904. En 1913, la structure est à nouveau modernisée. Un manchon en tissu incombustible porté à incandescence sous une très forte chaleur remplace le système d'éclairage précédent. En 1927, Freddy Lindsay (1897-1989) devient le gardien du phare; il occupe cette fonction pendant 37 ans.

En 1945, une corne de brume remplace la brimbale. En 1960, deux demeures destinées au gardien et à son assistant sont construites et la vieille résidence du gardien est démolie. L'automatisation complète du phare est effectuée en 1969. Armand Lafrance, dernier gardien de phare de l'île Verte, quitte ses fonctions en 1972. La même année, un organisme destiné à la protection du phare est formé. En 1974, ce dernier est désigné Lieu historique national du Canada. En 1982, la municipalité devient propriétaire de la plupart des bâtiments construits autour du phare. En1985, la Société de conservation de la baie de l'Isle-Verte est autorisée à utiliser les deux résidences et le site pour des activités pédagogiques et récréotouristiques. En 1996, la municipalité confie la gestion et l'animation du site à la Corporation des maisons du phare de l'île Verte. Des gîtes du passant sont aménagés dans les maisons du gardien et de son assistant. Un musée est installé dans la cabane de la corne de brume.

Le secteur du phare de l'Île-Verte est constitué site du patrimoine en 2007. Ce bien est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • Rivière-du-Loup

Municipalité :

  • Notre-Dame-des-Sept-Douleurs

Latitude :

48° 3' 4.0"

Longitude :

-69° 25' 29.0"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Non déterminée Inconnue Absent 28-P

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BOUCHARD, Claude et George FISHER. Sentinels in the Stream : Lighthouses of the St. Lawrence River. s.l. The Boston Mills Press, 2001. s.p.
  • Comité des loisirs de l'île. Île Verte: avant-hier, au phare. Isle-Verte, Lévesque-Langlois, 1990. 51 p.
  • HALLEY, Patrice. Les sentinelles du Saint-Laurent. Sur la route des phares du Québec. Montréal, Éditions de l'Homme, 2002. 246 p.
  • LAFRENIÈRE, Normand. Gardien de phare dans le Saint-Laurent: un métier disparu. Toronto, Dundurn Press, 1996. 110 p.
  • MICHAUD, Robert. L'Isle-Verte vue du large. Montréal, Léméac, 1978. 354 p.
  • s.a. Notre-Dame-de-l'île-Verte: paroisse centenaire: 1874, souvenirs du passé; 1974, regards vers l'avenir. Île Verte, Fabrique de Notre-Dame de l'île Verte, 1974. 78 p.
  • TARDIF, Jean-Claude. Le grand livre d'or des Lindsay, 1936-1964: extrait des registres du phare de l'île Verte. Québec, GID, 2007. 271 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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