Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Noyau institutionnel de Cap-Saint-Ignace

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Place de l'église
  • Site du patrimoine de Cap-Saint-Ignace

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Cap-Saint-Ignace

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (3)

Personnes associées (6)

Images

Carte

Description

Le noyau institutionnel de Cap-Saint-Ignace est un ensemble religieux de tradition catholique. Le site comprend une église, érigée en 1891, un presbytère, construit en 1920 et 1921, et une grange à dîme. L'église en pierre, d'influence éclectique, se compose d'une nef rectangulaire prolongée par un choeur plus étroit terminé par une abside à pans coupés. Une sacristie de même plan est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur. Le presbytère en brique, de plan carré à deux étages et demi et coiffé d'un toit en pavillon, se trouve au sud-est de la sacristie. La grange à dîme, de plan rectangulaire, surmontée d'un toit brisé dit « en dos d'âne », s'élève derrière la maison curiale. Le noyau institutionnel est situé sur un terrain en pointe délimité par une intersection, au coeur de la municipalité de Cap-Saint-Ignace.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique aux terrains ainsi qu'à l'enveloppe extérieure des bâtiments qui s'y élèvent.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Cap-Saint-Ignace) 2007-06-04
 

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Valeur patrimoniale

Le noyau institutionnel de Cap-Saint-Ignace présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le site est représentatif des ensembles institutionnels de tradition catholique qui constituent le coeur de plusieurs villages québécois. Constitué de l'église, du presbytère et de la grange à dîme, le noyau institutionnel de Cap-Saint-Ignace est situé sur un terrain choisi par Mgr Jean-Olivier Briand (1715-1794). Les conflits concernant l'emplacement du lieu de culte dans la paroisse, érigée canoniquement en 1700 et constituée de cinq seigneuries, ont nécessité son intervention. Ce site devient, par la suite, le noyau villageois autour duquel sont construits d'autres bâtiments caractéristiques des centres institutionnels catholiques. Un ancien couvent et la maison du sacristain se trouvent ainsi à proximité. La grange à dîme, située derrière le presbytère, témoigne également d'une ancienne coutume très répandue dans les paroisses québécoises. Il s'agit du prélèvement de la dîme, un impôt payable à l'Église en grains cultivés. Cette pratique assure un revenu au curé. Elle est graduellement remplacée à la fin du XIXe siècle par la capitation, un impôt payable à l'Église en espèces. La grange à dîme de Cap-Saint-Ignace est construite vers 1920. Dans la première moitié du XXe siècle, la dîme tient encore lieu de mode de paiement dans les régions où l'agriculture est le principal moteur économique. Cette grange constitue un des rares exemples subsistants de cette coutume. Le noyau institutionnel de Cap-Saint-Ignace est donc représentatif de l'établissement d'un ensemble religieux en milieu rural.

Le noyau institutionnel de Cap-Saint-Ignace présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Les trois bâtiments qui le composent sont inspirés de différents courants architecturaux représentatifs du tournant du XXe siècle. L'église, reconstruite en 1891 selon les plans de David Ouellet (1844-1915), témoigne de l'influence du courant éclectique sur l'architecture religieuse à la fin du XIXe siècle. L'imposante tour centrale demi-hors-oeuvre et les tourelles placées en angle et surmontées de clochetons démontrent une recherche de monumentalité propre à ce courant architectural. Le presbytère, construit en 1920 et 1921, illustre la popularité de la maison cubique, issue du modèle américain dit « Four Square House », notamment par le plan carré du corps de logis principal, son élévation de deux étages et demi, son toit en pavillon percé de grandes lucarnes et sa galerie le ceinturant sur trois côtés. La grange à dîme, construite vers 1920, évoque un type d'architecture agricole d'inspiration étasunienne. Son plan rectangulaire, ses deux niveaux, son toit brisé dit « en dos d'âne » et sa porte à glissière sont des caractéristiques qui confirment l'influence des granges-étables de la Nouvelle-Angleterre en milieu rural québécois au tournant du XXe siècle. Les bâtiments du noyau institutionnel de Cap-Saint-Ignace illustrent ainsi la cohabitation de différents styles architecturaux au sein des ensembles institutionnels catholiques et l'arrivée plus tardive des modèles étasuniens dans l'est de la province.

Source : Municipalité de Cap-Saint-Ignace, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du noyau institutionnel de Cap-Saint-Ignace liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation sur un terrain paysager en pointe, délimité par une intersection;
- le volume du lieu de culte, dont le plan composé d'une nef rectangulaire prolongée par un choeur plus étroit terminé par une abside à pans coupés, le toit à deux versants droits couvert de tôle posée à la canadienne et le campanile sur le faîte du toit du choeur;
- la façade de l'église, dont le parement en pierre de taille à bossage, la tour demi-hors-oeuvre surmontée d'un clocher, les tourelles placées en angle couronnées de clochetons à dôme, les portails cintrés (certains surmontés d'un tympan vitré), les fenêtres cintrées, les oculus, les chambranles en pierre de taille, les corniches moulurées et les chaînes d'angle;
- les murs de la nef et du choeur du lieu de culte, dont le parement en pierre de taille à bossage, les fenêtres cintrées, les soupiraux, le bandeau du soubassement, les chambranles en pierre de taille, la corniche à consoles et les chaînes d'angle;
- la sacristie greffée à l'abside dans le prolongement du choeur, dont le plan rectangulaire prolongé par un choeur plus étroit terminé par une abside à pans coupés, l'élévation de deux niveaux, le parement en pierre de taille à bossage, le toit à deux versants droits en tôle posée à la canadienne, les fenêtres carrées à carreaux, les fenêtres rectangulaires à carreaux inscrites dans un arc surbaissé, les fenêtres cintrées, les chambranles en pierre de taille, la corniche à consoles, le bandeau et les chaînes d'angle;
- les caractéristiques du presbytère, entre autres son volume, dont le plan carré du corps de logis principal, l'élévation de deux étages et demi et le toit en pavillon, ses matériaux, dont le soubassement en blocs de béton, le parement en brique, la couverture en tôle à la canadienne et le bois des éléments ornementaux et architecturaux, ses ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires à grands carreaux (dont certaines jumelées ou groupées par trois), les portes surmontées d'une imposte vitrée (une encadrée de baies latérales), les grandes lucarnes à croupe, les soupiraux, les linteaux et les appuis, les éléments ornementaux, dont la corniche à consoles, la corniche à modillons, le fronton, les colonnes et la balustrade menuisées, la galerie couverte ceinturant le bâtiment sur trois côtés, les escaliers, ainsi que l'annexe située à l'arrière du bâtiment, dont son plan rectangulaire, son élévation à deux étages et demi et son toit en pavillon;
- les caractéristiques de la grange, entre autres son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation à deux niveaux et le toit brisé dit « en dos d'âne », ses matériaux, dont le parement en amiante, la couverture en tôle à la canadienne et les éléments en bois des portes et des fenêtres, les ouvertures, dont la porte à glissière, la porte à panneaux, les fenêtres rectangulaires à petits carreaux et les lucarnes à pignon.

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Informations historiques

Le noyau institutionnel de Cap-Saint-Ignace est situé à l'extrémité ouest de l'ancienne seigneurie Vincelotte. Ce fief, concédé en 1672, borde la seigneurie Gamache, créée à la même époque. En 1683, une première chapelle est construite en bordure du fleuve, du côté ouest du cap Saint-Ignace, aux limites des deux domaines. La paroisse de Cap-Saint-Ignace englobe les seigneuries Vincelotte, Gamache, Gagné, Sainte-Claire et Pointe-aux-Foins. Elle est érigée canoniquement en 1700. En 1721, la chapelle en bois est remplacée par une église en pierre. Celle-ci est détruite par les hautes marées en 1744.

À la suite de la destruction du premier lieu de culte, un presbytère-chapelle est construit dans la seigneurie Gamache. L'année suivante, soit en 1745, un autre presbytère-chapelle est érigé dans la seigneurie Vincelotte, à L'Anse-à-Gilles. Les querelles entourant l'emplacement d'un nouveau lieu de culte durent plusieurs années. En 1772, l'évêque de Québec, Mgr Jean-Olivier Briand (1715-1794) décide de sa localisation.

Le terrain choisi, correspondant à l'emplacement actuel, se trouve à la frontière des deux seigneuries. L'érection de l'église commence en 1772 et se termine en 1773. Un premier presbytère s'élève à proximité en 1778. Il est remplacé par un autre bâtiment environ soixante ans plus tard. L'église est agrandie à deux reprises, en 1824 et 1854. En 1880, elle est remplacée par un lieu de culte plus grand. Celui-ci, conçu par l'architecte David Ouellet (1844-1915) et érigé par l'entrepreneur Cyrias Ouellet, est béni le 1er décembre 1881. Le 14 décembre 1890, un incendie le détruit, mais n'endommage pas les murs de pierre. Ceux-ci sont conservés et l'église est reconstruite selon les mêmes plans et devis par l'entrepreneur Joseph Gosselin. Celle-ci est consacrée le 25 octobre 1891; sa finition intérieure est complétée en 1893.

Au début du XXe siècle, l'emplacement du presbytère, éloigné de la sacristie, pose un problème. En 1920, le curé Louis-Adélard Gagnon demande l'autorisation de construire une nouvelle maison curiale au sud-est de la sacristie. Pour obtenir les terrains nécessaires, la fabrique cède à la municipalité le vieux presbytère. Les travaux, confiés à l'entrepreneur F.-X. Lambert, commencent en mai 1920 et se terminent en avril 1921. C'est à cette époque que la grange à dîme est implantée à l'arrière de la maison curiale.

Le noyau institutionnel de Cap-Saint-Ignace est constitué site du patrimoine en 2007. Il est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • Montmagny

Municipalité :

  • Cap-Saint-Ignace

Adresse :

  • rue Jacob

Latitude :

  • 47° 2' 13.8"

Longitude :

  • -70° 27' 21.5"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montmagny Paroisse de Cap-Saint-Ignace Absent 162
175

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Références

Notices bibliographiques :

  • RICHARD, Joseph-Arthur. Histoire de Cap St-Ignace, 1672-1970. Montmagny, Les Éditions Marquis Ltée, 1970. 467 p.
  • s.a. Cap-Saint-Ignace, lieux de mémoire. Cap-Saint-Ignace, Tourisme Cap-Saint-Ignace, 2006. s.p.
  • s.a. Patrimoine et histoire de chez nous : Cap-Saint-Ignace. Volume 1. Cap-Saint-Ignace, Plume d'Oie, 2002. 790 p.
  • SIROIS, N.-J. Monographie de St-Ignace du Cap St-Ignace depuis 1672 à 1903. Lévis, La Revue du Notariat, 1903. 119 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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