Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Chénier-Sauvé

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Laurentides

Municipalité :

  • Saint-Eustache

Date :

  • vers 1890 – 1890 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (6)

Images

Carte

Description

La maison Chénier-Sauvé est une résidence bourgeoise construite vers 1890. La demeure en bois est composée d'un corps de logis principal rectangulaire à deux étages coiffé d'un toit mansardé percé de lucarnes. Une galerie couverte longe un mur latéral et une baie en saillie surmontée d'un balcon orne l'élévation faisant face à la rue. La maison Chénier-Sauvé est située en retrait de la voie publique, sur un terrain paysager planté d'arbres matures. Elle est implantée à proximité de la rivière du Chêne, dans un secteur ancien de la ville de Saint-Eustache.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Délimitation Situé dans une aire de protection Ministre de la Culture et des Communications
 
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Saint-Eustache) 2007-04-23
 

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Valeur patrimoniale

La valeur patrimoniale de la maison Chénier-Sauvé présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Elle constitue un exemple représentatif des résidences bourgeoises construites à la fin du XIXe siècle. Certains éléments correspondent au style Second Empire. Celui-ci touche autant les résidences que les édifices institutionnels du dernier tiers du XIXe siècle et apparaît sous le règne de Napoléon III, en France. Il intègre des éléments de l'architecture de la Renaissance française et des emprunts à celle dite classique. Ce nouveau style est rapidement diffusé aux États-Unis, d'où il est introduit au Canada. Au Québec, l'influence du Second Empire se fait sentir dans toutes les régions, en milieu rural comme en milieu urbain. En ce qui concerne la maison Chénier-Sauvé, construite vers 1890, il se manifeste principalement par la toiture mansardée percée de lucarnes. Par ailleurs, le bâtiment présente une ornementation éclectique. L'éclectisme est un assemblage d'éléments architecturaux et ornementaux puisés dans les divers styles historiques et associés plus librement, dans une recherche de monumentalité et d'effets visuels nouveaux. La galerie couverte, le balcon, la baie en saillie ainsi que les chambranles, les supports et le garde-corps menuisés évoquent cette diversité des styles. La maison Chénier-Sauvé rappelle la popularité de ce courant dans la construction résidentielle de la fin du XIXe siècle.

La maison Chénier-Sauvé présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec plusieurs politiciens l'ayant habitée. Arthur Sauvé (1874-1944), maire de Saint-Benoît pendant plus de quinze ans, acquiert la résidence à la fin de son mandat municipal, en 1923. Il est ensuite élu député du Parti conservateur à l'Assemblée législative de la province de Québec et devient chef de l'opposition en 1916. Député du Parti conservateur à la Chambre des communes et ministre des Postes de 1930 à 1934, il est nommé sénateur en 1935. À sa mort, son fils, Paul Sauvé (1907-1960), en devient propriétaire. En plus de sa carrière militaire, il est député à l'Assemblée législative de la province de Québec de 1930 à 1960, d'abord pour le Parti conservateur, puis pour l'Union nationale. Ministre du Bien-être social et de la Jeunesse à partir de 1946, il devient chef de l'Union nationale et premier ministre du Québec à la suite du décès de Maurice Duplessis (1890-1959). Quelques années plus tard, Pierre de Bellefeuille (né en 1923), député à l'Assemblée nationale de 1976 à 1985, acquiert la résidence.

Source : Ville de Saint-Eustache, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Chénier-Sauvé liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- son emplacement en retrait de la voie publique, sur un terrain paysager et planté d'arbres matures;
- sa situation à proximité de la rivière du Chêne, sur la rive opposée à l'église, dans un secteur ancien de la ville de Saint-Eustache;
- son volume, dont le plan rectangulaire du corps de logis principal, l'élévation de deux étages, le toit mansardé, la galerie et le balcon couvert;
- les matériaux, dont le parement en planches horizontales, la couverture de bardeaux de bois et les éléments ornementaux et architecturaux en bois;
- les ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires à grands carreaux (certaines à guillotine ou à battants), les lucarnes à pignon, la baie en saillie, les chambranles ainsi que la porte à carreaux surmontée d'une imposte;
- l'ornementation, dont les supports et le garde-corps menuisés, les modillons, les denticules et les planches cornières;
- l'annexe de deux étages, dont le plan carré, le toit mansardé couvert de bardeaux, le parement de planches horizontales, les lucarnes, les fenêtres rectangulaires (certaines à carreaux), la baie en saillie et la véranda;
- l'annexe d'un étage et demi, dont le plan rectangulaire, le toit à deux versants droits couvert de tôle à joints pincés, le parement de planches horizontales, les fenêtres rectangulaires à guillotine (certaines à carreaux) ainsi que les chambranles ornés de modillons et de denticules;
- l'annexe d'un étage, dont le plan rectangulaire, le toit en appentis, les grandes fenêtres rectangulaires et la porte à carreaux à double vantail;
- les cheminées (une en brique et une en crépi).

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Informations historiques

La maison Chénier-Sauvé s'élève sur un lot concédé dès 1756. Au fil des années, le terrain est subdivisé et des résidences ainsi que des dépendances y sont construites. Vers 1820, une école pour jeunes filles est aménagée dans une demeure appartenant à Jacques Labrie (1784-1831), député et docteur. Après sa mort, sa fille Zéphirine (1813-1890) et son époux, Jean-Olivier Chénier (1806-1837), deviennent propriétaires de la maison. Ils la vendent en 1833 à William-Henry Scott (1799-1851). Chénier s'implique activement dans les rébellions de 1837 et 1838. Lors de la bataille de Saint-Eustache, le 14 décembre 1837, il est tué et la résidence est incendiée.

Vers 1890, Georges Lauzon, commerçant, menuisier et maire de Saint-Eustache, construit sur ce terrain le bâtiment actuel. Une trentaine d'années plus tard, Arthur Sauvé (1874-1944), journaliste et maire de Saint-Benoît pendant plus de quinze ans, acquiert la résidence à la fin de son mandat municipal, en 1923. Il est ensuite élu député du Parti conservateur à l'Assemblée législative de la province de Québec et devient chef de l'opposition en 1916. Député du Parti conservateur à la Chambre des communes et ministre des Postes de 1930 à 1934, il est nommé sénateur en 1935. À sa mort, son fils, Paul Sauvé (1907-1960), en devient propriétaire. En plus de sa carrière militaire, il est député à l'Assemblée législative de la province de Québec de 1930 à 1960, d'abord pour le Parti conservateur, puis pour l'Union nationale. Ministre du Bien-être social et de la Jeunesse à partir de 1946, il est choisi chef de l'Union nationale et premier ministre du Québec à la suite du décès de Maurice Duplessis (1890-1959).

La maison est agrandie probablement au milieu du XXe siècle. Peu de temps après la vente de la résidence par la famille Sauvé, Pierre de Bellefeuille (né en 1923), député à l'Assemblée nationale de 1976 à 1985, s'en porte acquéreur. En 2001, l'organisme à but non lucratif Fondation Maison et Jardins Chénier-Sauvé achète le bâtiment afin de mettre en valeur la demeure et ses jardins.

La maison Chénier-Sauvé est citée en 2007. La ville de Saint-Eustache acquiert le bâtiment et le jardin la même année; la fondation continue à gérer les activités s'y déroulant.

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Emplacement

Region administrative :

  • Laurentides

MRC :

  • Deux-Montagnes

Municipalité :

  • Saint-Eustache

Adresse :

  • 83, rue Chénier

Latitude :

  • 45° 33' 22.04"

Longitude :

  • -73° 53' 23.2"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 697 919
  • Lot 1 700 138

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Références

Notices bibliographiques :

  • BEAUCHAMP, Germain et Marcel PAQUETTE. Deux-Montagnes dans le cours de l'histoire. Québec, GID, 2006. 205 p.
  • BOILEAU, Gilles. Saint-Eustache: Haut lieu de mémoire et de fierté. Québec, Éditions Continuité pour la Corporation de développement économique de Saint-Eustache, s.d. 8 p.
  • GIROUX, André et Claude-Henri GRIGNON. Le circuit historique du Vieux Saint-Eustache. Saint-Eustache, Ville de Saint-Eustache, 1989. 32 p.
  • GRIGNON, Claude-Henri. Les maisons anciennes de Saint-Eustache. Saint-Eustache, ville de Saint-Eustache, 1989. 19 p.

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