Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Blanche

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Monastère des Ursulines-de-Trois-Rivières
  • Musée des Ursulines-de-Trois-Rivières

Région administrative :

  • Mauricie

Municipalité :

  • Trois-Rivières

Date :

  • 1699 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France
  • Patrimoine religieux (Vie quotidienne)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Couvents, monastères et abbayes)
  • Services et institutions (Écoles primaires et secondaires)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Patrimoine mobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (4)

Groupes associés (1)

Personnes associées (4)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

La maison Blanche est un bâtiment conventuel dont la partie la plus ancienne a été construite vers 1700. Ce premier bâtiment est modifié à plusieurs reprises. Une chapelle y est ajoutée (construite entre 1713 et 1715, agrandie pour la dernière fois en 1897) et l'aile Saint-Joseph y est érigée du côté est (construite entre 1870 et1873). La partie ouest de la maison Blanche, avec sa maçonnerie en pierre crépie, présente un plan rectangulaire à deux étages et demi. Le toit aigu à deux versants, percé de lucarnes à pignon, est couvert de tôle à la canadienne et surmonté d'un campanile. L'aile Saint-Joseph, dont la maçonnerie en brique est crépie en façade, présente un plan rectangulaire à trois étages. Sa toiture mansardée est couverte de tôle à baguettes et percée de lucarnes cintrées. La chapelle se distingue visuellement du reste du bâtiment par sa façade en pierre non crépie, son dôme imposant et ses ouvertures cintrées. La maison Blanche est implantée sur un vaste îlot, à proximité d'autres bâtiments conventuels et institutionnels, dans le coeur historique de la ville de Trois-Rivières.

La maison Blanche, en incluant la chapelle et l'aile Saint-Joseph, est classée immeuble patrimonial. Elle fait également partie du site patrimonial des Ursulines-de-Trois-Rivières et du site patrimonial de Trois-Rivières.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2017-10-05
Prise d'effet : 2016-10-17

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2016-09-01
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1964-05-06
 
Classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2017-10-05

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2016-09-01
 

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Valeur patrimoniale

La maison Blanche présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Cet immeuble témoigne de l'oeuvre des Ursulines, une communauté religieuse fondatrice de la Nouvelle-France qui a joué un rôle fondamental dans le développement de Trois-Rivières. En 1697, à la demande de Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier (1653-1727), évêque de Québec, des ursulines de Québec s'établissent à Trois-Rivières et dotent le lieu d'une première école et d'un hôpital. Jusque dans les années 1830, la vie et les activités des religieuses se concentrent dans la maison Blanche. L'immeuble comprend alors des classes, des locaux réservés à l'hôpital, une chapelle ainsi que les espaces de vie des religieuses et de leurs pensionnaires, tels que le dortoir et le réfectoire. À partir de 1830, de nouveaux bâtiments sont érigés sur le site. En 1886, l'hôpital ferme ses portes. Dès lors, les Ursulines se vouent exclusivement à l'éducation des jeunes filles. Elles innovent dans ce domaine en ouvrant la première école normale pour filles dans la région, en 1908, puis en créant le collège Marie-de-l'Incarnation pour leur offrir le cours classique, en 1935. La maison Blanche est utilisée par les religieuses jusqu'au XXIe siècle, bien que l'usage de certains espaces ait changé au fil du temps. Le bâtiment constitue donc un témoin exceptionnel du rôle de cette communauté dans l'histoire de l'éducation au Québec.

La maison Blanche présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Cet immeuble, résultant de plusieurs agrandissements, constitue un bel exemple des formes privilégiées dans l'architecture conventuelle et religieuse aux XVIIIe et XIXe siècles. La partie la plus ancienne a été érigée vers 1700 pour servir de résidence à Claude de Ramezay (1659-1724), gouverneur de Trois-Rivières de 1690 à 1699, ce qui en fait l'un des plus anciens bâtiments subsistant dans la ville. À l'origine, les murs en pierre sont crépis et percés de fenêtres rectangulaires disposées régulièrement, et le bâtiment est coiffé d'un toit à deux versants droits. Ces caractéristiques sont conservées lors des agrandissements subséquents et des reconstructions à la suite des incendies de 1752 et de 1806. L'aile Saint-Joseph, construite de 1870 à 1873, est cependant coiffée d'un toit mansardé percé de lucarnes cintrées. Pour sa part, la chapelle, agrandie en 1897 selon les plans des frères Georges-Félix (1833-1901) et Joseph (1831-1901) Héroux, se distingue par son implantation perpendiculaire au corps principal de la maison Blanche, sa façade non crépie d'inspiration néoromane et son imposant dôme. Elle a conservé une bonne partie de son décor architectural du début du XIXe siècle, tel que le retable en arc de triomphe, de même que les colonnes et les piliers d'ordre corinthien. Ces influences classiques sont reprises lors des réaménagements de la chapelle en 1897 pour former un ensemble cohérent. La coupole créée sous le dôme est en outre ornée d'une oeuvre en six parties réalisée par l'artiste d'origine italienne Luigi Capello (1843-1902). Par ailleurs, les intérieurs de la maison Blanche ont conservé de nombreux éléments anciens en bois, dont des escaliers, des plafonds à couvre-joints, des lambris, des portes intérieures à imposte et du mobilier intégré, comme des armoires. L'ancien choeur des religieuses comprend encore des stalles de bois se faisant face, de même qu'une partie du grillage qui séparait cet espace du reste de la chapelle, témoin de la règle de clôture monastique en vigueur jusque dans les années 1960.

La maison Blanche présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique. La crypte située sous la chapelle contient près de 250 sépultures. D'autres espaces du sous-sol de la maison Blanche contiennent les vestiges de constructions anciennes.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2017.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Blanche liés à ses valeurs historique, architecturale et archéologique comprennent, notamment :
- son implantation sur un vaste îlot, à proximité d'autres bâtiments conventuels et institutionnels, dans le coeur historique de la ville de Trois-Rivières;
- les caractéristiques extérieures des parties les plus anciennes de la maison Blanche, dont le plan rectangulaire, l'élévation à deux étages et demi, la maçonnerie de pierre crépie, le toit à deux versants aux avant-toits légèrement retroussés couvert de tôle à la canadienne, le campanile, l'entrée protégée par un tambour à deux étages, les fenêtres rectangulaires à battants et à carreaux, les lucarnes à pignon disposées sur deux niveaux, les chambranles traités de manière contrastante par rapport aux murs, la niche, le cadran solaire et les souches de cheminée;
- les caractéristiques extérieures de la chapelle, dont le plan rectangulaire perpendiculaire à celui de la maison Blanche, le toit à deux versants droits couvert de tôle à la canadienne et surmonté d'un dôme imposant, la maçonnerie de pierre de taille lisse et à bossage, la façade dotée d'une saillie centrale et encadrée de contreforts, le portail central à tympan cintré, les fenêtres cintrées, l'oculus, le fronton à motif rayonnant, les chaînes d'angle et les bandeaux, la corniche à modillons, la croix, les statues représentant saint Joseph et saint Augustin ainsi que les plaques en pierre portant des inscriptions gravées;
- le décor intérieur d'inspiration classique de la chapelle, dont les colonnes, piliers et pilastres à chapiteau d'ordre corinthien, l'entablement composé notamment d'une architrave moulurée, d'une frise à rinceaux et d'une corniche à denticules, le retable encadrant l'autel principal (dont les colonnes d'ordre corinthien, l'entablement sculpté et le fronton surbaissé orné d'un motif rayonnant représentant la Trinité), les tribunes arrière et latérales, la niche cintrée (encadrée de pilastres, d'un entablement et d'un fronton surbaissé orné de rinceaux), l'oeuvre peinte en six parties (représentant notamment l'archange Michel terrassant Lucifer, la Dernière Cène et le couronnement de la Vierge), le maître-autel (dont le tombeau à la romaine et le tabernacle architecturé couronné d'un dôme), les divers éléments en bois verni, dont le plancher, les portes, la balustrade, les bancs, les confessionnaux;
- les caractéristiques extérieures de l'aile Saint-Joseph, dont le plan rectangulaire à trois étages, le toit mansardé couvert de tôle à baguettes, la maçonnerie de brique (crépie en façade), les fenêtres rectangulaires à battants et à grands carreaux, les lucarnes cintrées, les porches protégeant l'entrée de la rue des Ursulines et celle de la façade est, les souches de cheminée;
- les aménagements intérieurs et les éléments fixes intégrés au décor de la maison Blanche et de l'aile Saint-Joseph, dont les revêtements muraux en lambris, les escaliers menuisés, les colonnes, les poutres apparentes, les plafonds à caissons, les plafonds à couvre-joints, les portes intérieures en bois (certaines à imposte), les armoires intégrées, les stalles en bois du choeur des religieuses, la partie du grillage séparant le choeur des religieuses et la chapelle, la cheminée en pierre, les anciennes fenêtres converties en étagères;
- les caractéristiques de la crypte, dont les tombes recouvertes de ciment et disposées les unes par-dessus les autres, les plaques et monuments identifiant les défuntes ainsi que l'autel sculpté.

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Informations historiques

La maison Blanche est associée à l'une des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. Des religieuses de l'ordre de Saint-Ursule s'établissent à Québec dès 1639 pour y ouvrir la première école pour filles de la colonie. En 1697, à la demande de Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier (1653-1727), évêque de Québec, trois ursulines de Québec fondent un monastère à Trois-Rivières et dotent la localité d'un premier établissement scolaire et d'un hôpital. Cette vocation hospitalière est inhabituelle pour les ursulines, qui, de manière générale, se consacrent uniquement à l'enseignement.

La communauté s'établit dès le tout début du XVIIIe siècle dans un bâtiment érigé vers 1700 pour servir de résidence au gouverneur Claude de Ramezay (1659-1724). Ce couvent initial est agrandi à plusieurs reprises pour former l'actuelle maison Blanche, où se concentrent les activités des religieuses et leurs espaces de vie jusque dans les années 1830.

En plus de tenir un hôpital, les ursulines de Trois-Rivières se voient confier, en 1807, le soin des malades mentaux. À compter de 1845, ces malades sont relogés à Beauport dans un asile nouvellement construit. La vocation hospitalière sera complètement abandonnée en 1886 en raison du manque de ressources.

À partir du deuxième tiers du XIXe siècle, plusieurs bâtiments s'ajoutent à la maison Blanche pour répondre au besoin grandissant d'espace des religieuses et de leur établissement scolaire. Entre autres, un externat est érigé, de 1870 à 1873, et forme l'aile Saint-Joseph de la maison Blanche, à l'est de la chapelle.

En 1897, la chapelle est agrandie selon les plans des frères Georges-Félix (1833-1901) et Joseph (1831-1901) Héroux. Le lieu de culte est notamment doté d'une nouvelle façade en pierre à bossage et d'un dôme.

Les religieuses de Trois-Rivières innovent dans le domaine de l'enseignement : elles ouvrent la première école normale pour fille de la Mauricie, en 1908. En outre, à compter de 1935, les Ursulines offrent aussi aux filles le cours classique, jusque-là réservé aux garçons.

Le site patrimonial de Trois-Rivières, déclaré en 1964, inclut la maison Blanche.

En 2017, la maison Blanche, en incluant la chapelle et l'aile Saint-Joseph, est classée immeuble patrimonial. Le site patrimonial des Ursulines-de-Trois-Rivières est aussi classé au même moment.

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Évaluation d'inventaire

  • Inventaire du patrimoine bâti de Trois-Rivières (2009 - 2010)
    Ville de Trois-Rivières


  • La valeur patrimoniale du monastère des Ursulines repose notamment sur son intérêt historique. Il témoigne de la présence tricentenaire de cette communauté religieuse à Trois-Rivières, de sa contribution dans l'éducation ainsi que du développement de la ville. Les Soeurs ursulines arrivent à Trois-Rivières en 1697. Elles s'établissent en premier lieu sur le Platon, mais emménagent vers 1700-1701 dans la maison du gouverneur Claude de Ramezay (1659-1724), dans le fief Hertel, à l'extérieur des fortifications de la ville. Pendant une quinzaine d'années, la maison qu'elles habitent loge le cloître, l'école et l'hôpital, premier établissement de santé à Trois-Rivières. Vers 1714-1715, une chapelle est construite ainsi qu'un petit hôpital. En 1752, la chapelle et le monastère sont la proie des flammes, mais les murs de pierre résistent et les bâtiments sont reconstruits. En 1806, un autre incendie vient détruire la propriété des religieuses et il faut tout reconstruire de nouveau. C'est à ce moment que la chapelle actuelle est édifiée. Le pensionnat en pierre est construit entre 1830 et 1836. En 1886, l'hôpital ferme ses portes après avoir été en service près de deux siècles. Dès lors, la communauté religieuse peut se vouer exclusivement à l'éducation des jeunes filles. La propriété continue de se développer durant le XXe siècle et les Ursulines poursuivent leur mission d'enseignement. Par leur propriété et leurs institutions, les Ursulines constituent un acteur majeur dans le développement de Trois-Rivières.

    La valeur patrimoniale du monastère des Ursulines tient aussi à son architecture. Il témoigne des tendances dans l'architecture religieuse québécoise au XIXe siècle. À cette époque, l'utilisation du vocabulaire classique est favorisée dans la construction des bâtiments de fonction religieuse et institutionnelle et il en résulte, notamment, des façades sobres et symétriques ornementées par des éléments empruntés aux monuments de l'Antiquité ou du Moyen Âge qui sont réinterprétés. Le monastère est représentatif de ces caractéristiques, en raison, notamment, de la grande sobriété présente dans chacune de ses parties et par ses façades marquées par la symétrie et une grande régularité. Des éléments de l'architecture néoclassique, néo-romane et Second Empire s'y retrouvent et témoignent des différentes périodes de la construction. Il s'agit aujourd'hui d'un des ensembles architecturaux à vocation religieuse les plus importants de la ville.

    La valeur patrimoniale du monastère des Ursulines réside en outre dans son ancienneté. Certaines parties sont tricentenaires puisque les murs de pierre ont résisté aux incendies successifs de 1752 et 1806 et la reconstruction des bâtiments a été effectuée à partir de ceux-ci. D'autre part, la plupart des constructions datent du XIXe siècle, dont la chapelle et le pensionnat. Les Ursulines occupent cette propriété sans interruption depuis plus de trois siècles.

    La valeur patrimoniale du monastère des Ursulines réside aussi dans son implantation. À proximité du fleuve Saint-Laurent, le monastère est entouré de plusieurs bâtiments dont la valeur historique et l'ancienneté, notamment, sont majeures. Des bâtiments classés se trouvent dans ce secteur, dont le Manoir de Tonnancour et les maisons Georges-De Gannes et Hertel-De La Fresnière. De plus, une partie du monastère des Ursulines est située dans le site patrimonial de Trois-Rivières, décrété en 1964, qui constitue le coeur historique de la ville.

    Source : Municipalité de Trois-Rivières, 2014.

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    Emplacement

    Region administrative :

    • Mauricie

    MRC :

    • Trois-Rivières

    Municipalité :

    • Trois-Rivières

    Adresse :

    • 700, rue des Ursulines
    • 734, rue des Ursulines

    Latitude :

    • 46° 20' 39.0"

    Longitude :

    • -72° 32' 9.8"

    Désignation cadastrale :

    • Lot 4 528 503

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    Références

    Notices bibliographiques :

    • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
    • GRANDMONT, Josée. « Les Ursulines de Trois-Rivières ». Continuité. No 77 (1998), p. 32-34.
    • LAMOTHE, Jean et Denis RICARD. Inventaire des bâtiments et ensembles d'intérêt patrimonial supérieur, Ville de Trois-Rivières. Trois-Rivières, SOTAR, 1990. s.p.
    • MARCHAND, Mario. Trois-Rivières: l'histoire par le bâti. Trois-Rivières, Société de conservation et d'animation du patrimoine, 1989. 61 p.
    • Patri-Arch. Inventaire du patrimoine architectural du Chemin du Roy à Trois-Rivières . Trois-Rivières, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières, 2003. s.p.
    • Patrimoine trifluvien. No 7 (1997).
    • Patrimoine trifluvien. No 8 (1998).
    • Soeur Marguerite-Marie. Les Ursulines des Trois-Rivières depuis leur établissement jusqu'à nos jours. Trois-Rivières, P. V. Ayotte, 1888. s.p.

    Multimédias disponibles en ligne :

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    Gouvernement du Québec

    © Gouvernement du Québec, 2013