Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial des Ursulines-de-Trois-Rivières

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Description

Le site patrimonial des Ursulines-de-Trois-Rivières est un ensemble conventuel de tradition catholique composé de bâtiments construits entre le tournant du XVIIIe siècle et la seconde moitié du XXe siècle. L'ensemble comprend : la maison Blanche (construite vers 1700, agrandie à plusieurs reprises), sa chapelle (construite entre 1713 et 1715, agrandie pour la dernière fois en 1897) et l'aile Saint-Joseph (entre 1870 et 1873); le pensionnat en pierre (1835 et 1836); le pensionnat du Sacré-Coeur (1882); la maison Rouge (1907); l'école normale (1908); et l'aile moderne du collège Marie-de-l'Incarnation (1961).

L'aile ouest de la maison Blanche, en maçonnerie crépie, présente un plan rectangulaire à deux étages et demi ainsi qu'un toit à deux versants droits surmonté d'un campanile. L'aile Saint-Joseph, plus récente, est dotée de caractéristiques semblables, mais est coiffée d'un toit mansardé. La chapelle, située près du centre du bâtiment, se distingue visuellement par sa façade en pierre non crépie et son dôme. Le pensionnat en pierre non crépie présente un plan rectangulaire à quatre étages incluant les combles et est couvert d'un toit à croupes. Le pensionnat du Sacré-Coeur, construit en brique rouge et affichant une ornementation abondante, présente un plan rectangulaire et est doté d'un avant-corps central. La maison Rouge et l'école normale sont aussi en brique rouge et sont coiffées d'un toit plat. L'aile moderne du collège se distingue par son plan en « Y » et son parement en brique de couleur chamois.

Les terrains formant l'ensemble comportent des jardins, de vastes surfaces gazonnées, des arbres et des stationnements. La section située immédiatement derrière la maison Blanche est entre autres occupée par un cimetière et un parterre fleuri constituant une cour plus intime. Le site occupe une large part d'un vaste îlot bordé par les rues des Ursulines, Sainte-Cécile, Hart et Saint-François-Xavier, près du fleuve Saint-Laurent, dans le coeur historique de la ville de Trois-Rivières.

Cet ensemble est classé site patrimonial. La protection s'applique à l'extérieur des bâtiments et des structures, de même qu'aux terrains et aux aménagements paysagers. La maison Blanche, en incluant la chapelle, est classée immeuble patrimonial. Le périmètre du terrain inclut un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec.

Le site patrimonial des Ursulines-de-Trois-Rivières est partiellement inclus dans le périmètre du site patrimonial de Trois-Rivières.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2017-10-05
Prise d'effet : 2016-10-16

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2016-09-01
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1964-05-06
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial des Ursulines-de-Trois-Rivières présente un intérêt pour sa valeur historique. Le vaste ensemble témoigne de l'oeuvre des Ursulines, l'une des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. En 1697, à la demande de l'évêque de Québec, trois ursulines de Québec fondent un monastère à Trois-Rivières et dotent la localité d'un premier établissement scolaire et d'un hôpital. La vocation hospitalière, maintenue jusqu'en 1886, est inhabituelle pour les Ursulines; de manière générale, ces dernières se consacrent uniquement à l'enseignement. En plus de tenir un hôpital, elles accueillent des personnes démunies et, de 1807 à 1845, une « loge des insensés » destinée aux malades mentaux. Les religieuses de Trois-Rivières innovent dans le domaine de l'enseignement : elles ouvrent la première école normale pour fille de la Mauricie, en 1908, et, à compter de 1935, elles offrent aux filles le cours classique, jusque-là réservé aux garçons, donnant ainsi naissance au collège Marie-de-l'Incarnation. Le monastère des Ursulines, où sont maintenues des fonctions éducatives depuis plus de 300 ans, constitue donc un témoin exceptionnel de l'histoire de l'éducation au Québec.

Le site patrimonial présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. L'ensemble illustre des formes privilégiées dans l'architecture conventuelle et scolaire depuis le Régime français. Le bâtiment initial, érigé vers 1700 et agrandi à plusieurs reprises pour former l'actuelle maison Blanche, est considéré comme l'un des immeubles les plus anciens de Trois-Rivières. Il se caractérise par sa sobriété, sa maçonnerie crépie et ses formes classiques. Construite de 1870 à 1873, l'aile Saint-Joseph a été ajoutée du côté est de la maison Blanche. Elle est dotée d'un toit mansardé témoignant de l'influence du style Second Empire. La chapelle, qui se dresse près du centre de la maison Blanche, est agrandie en 1897. Elle se distingue visuellement par sa façade en pierre non crépie et son dôme. Les autres composantes du monastère des Ursulines sont caractéristiques de divers courants marquant l'architecture québécoise des XIXe et XXe siècles. Le pensionnat en pierre, construit en 1835 et 1836, confirme la persistance de la popularité des formes classiques dans la première moitié du XIXe siècle. À partir de la fin du XIXe siècle, l'utilisation de la brique sera privilégiée, comme en témoigne le pensionnat du Sacré-Coeur érigé en 1882, la maison Rouge construite en 1907 et l'école normale datant de 1908. L'aile moderne du collège, construite en 1961, se distingue par son plan en « Y » et son parement en brique de couleur chamois plutôt qu'en brique rouge.

Le site patrimonial présente aussi un intérêt pour sa valeur paysagère. Plusieurs éléments du site sont typiques des grands ensembles monastiques, comme le terrain situé immédiatement derrière la maison Blanche, occupé entre autres par le cimetière et un parterre fleuri, ainsi que les alignements d'arbres. Le dôme, les clochetons et le front bâti de la rue des Ursulines sont des points de repère contribuant à identifier rapidement les diverses composantes du site. L'ensemble des bâtiments, des jardins, des surfaces gazonnées et des arbres forme encore une seule entité paysagère occupant un vaste îlot dans le coeur historique de la ville et créant un important espace vert dans le secteur.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Plusieurs interventions effectuées depuis 2003 ont en effet permis de documenter différents aspects de son occupation. Les découvertes archéologiques ont aussi permis de préciser l'emplacement ou l'époque de construction de certains éléments du site, dont la boulangerie et « la loge des insensés ». Par ailleurs, le site, dont une grande portion n'a pas encore été explorée, conserve un important potentiel de recherche.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2017.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial des Ursulines-de-Trois-Rivières liés à ses valeurs historique, architecturale, paysagère et archéologique comprennent, notamment :
- son aménagement sur un vaste îlot situé près du fleuve Saint-Laurent, dans le coeur historique de la ville de Trois-Rivières;
- la présence de la maison Blanche (incluant la chapelle et l'aile Saint-Joseph), du pensionnat en pierre, du pensionnat du Sacré-Coeur, de la maison Rouge, de l'école normale et de l'aile moderne du collège Marie-de-l'Incarnation;
- les caractéristiques des parties les plus anciennes de la maison Blanche, dont le plan rectangulaire s'étendant des deux côtés de la chapelle, l'élévation de deux étages et demi, la maçonnerie de pierre crépie, le toit à deux versants droits couvert de tôle à la canadienne, le campanile, l'entrée protégée par un tambour à deux étages, les fenêtres rectangulaires à battants et à carreaux, les chambranles des fenêtres traités de manière contrastante par rapport aux murs, les lucarnes à pignon disposées sur deux niveaux, la niche, le cadran solaire et les souches de cheminée;
- les caractéristiques de la chapelle, dont le plan rectangulaire perpendiculaire à celui de la maison Blanche, le toit à deux versants droits couvert de tôle à la canadienne et surmonté d'un dôme imposant, la maçonnerie de pierre de taille lisse et à bossage, la façade dotée d'une saillie centrale et encadrée de contreforts, le portail central à tympan cintré, les fenêtres cintrées, l'oculus, le fronton à motif rayonnant, les chaînes d'angle et les bandeaux, la corniche à modillons, la croix, les statues représentant saint Joseph et saint Augustin ainsi que les plaques en pierre portant des inscriptions gravées;
- les caractéristiques de l'aile Saint-Joseph, dont le plan rectangulaire à trois étages, le toit mansardé couvert de tôle à baguettes, la maçonnerie de brique (crépie en façade), les fenêtres rectangulaires à battants et à grands carreaux, les lucarnes cintrées, les porches protégeant l'entrée de la rue des Ursulines et de la façade est, les fondations en pierre, les souches de cheminée, les chambranles des fenêtres de la façade traités de manière contrastante par rapport aux murs;
- les caractéristiques du pensionnat en pierre, dont le plan rectangulaire à trois étages et demi, le toit à croupes couvert de tôle à la canadienne, les fenêtres rectangulaires à battants, à petits carreaux et à chambranles en bois, les lucarnes à pignon, la porte en bois à double vantail et le passage reliant ce bâtiment à l'arrière de la maison Blanche;
- les caractéristiques du pensionnat du Sacré-Coeur, dont le plan rectangulaire doté d'un avant-corps central, l'élévation de trois étages et demi, le toit à croupes couvert de tôle à baguettes, la maçonnerie en brique rouge et les fondations en pierre, les fenêtres cintrées (certaines groupées dans l'avant-corps), les lucarnes engagées à pignon et les oeils-de-boeuf, le porche en façade, les contreforts encadrant la façade, l'ornementation abondante comprenant notamment le parapet, les bandeaux, les arcs décoratifs, les amortissements, les corniches ouvragées et la niche;
- les caractéristiques de la maison Rouge et du bâtiment d'entretien, dont le plan formé de plusieurs sections rectangulaires accolées, l'élévation de trois étages, le toit plat, le parement en brique rouge, le tambour, les fenêtres rectangulaires à guillotine (certaines jumelées en façade), et l'ornementation sobre (dont les chaînes d'angle, les linteaux décoratifs, la niche et la croix);
- les caractéristiques de l'école normale, dont le plan rectangulaire à quatre étages, le toit plat, la maçonnerie en brique rouge et celle en pierre pour le rez-de-chaussée en façade, les fondations en pierre, le porche central à fronton, les fenêtres rectangulaires ou cintrées (jumelées dans la travée centrale) et les éléments ornementaux (dont le couronnement à fronton arrondi, la corniche moulurée, les arcs décoratifs et les bandeaux de brique);
- l'aile moderne du collège Marie-de-l'Incarnation, dont le plan en « Y » à trois étages sur un soubassement haut, le toit plat, la maçonnerie en brique chamois, les fenêtres rectangulaires disposées entre des bandeaux (groupées au centre de la façade), l'aménagement marquant le centre de la façade, la porte vitrée à plusieurs battants ainsi que l'ornementation sobre;
- les jardins, les espaces végétalisés et les alignements d'arbres;
- le cimetière;
- le muret en pierre et la clôture métallique;
- les vestiges archéologiques in situ;
- les portions résiduelles du site archéologique.

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Informations historiques

Le site patrimonial des Ursulines-de-Trois-Rivières est associé à l'une des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. Des religieuses de l'ordre de Saint-Ursule s'établissent à Québec dès 1639 pour y ouvrir la première école pour filles de la colonie. En 1697, à la demande de Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier (1653-1727), évêque de Québec, trois ursulines de Québec fondent un monastère à Trois-Rivières et dotent la localité d'un premier établissement scolaire et d'un hôpital. Cette vocation hospitalière est inhabituelle pour les ursulines, qui, de manière générale, se consacrent uniquement à l'enseignement.

La communauté s'établit dès le tout début du XVIIIe siècle dans un bâtiment érigé vers 1700 pour servir de résidence au gouverneur Claude de Ramezay (1659-1724). Ce couvent initial est agrandi à plusieurs reprises pour former l'actuelle maison Blanche, où se concentrent les activités des religieuses et leurs espaces de vie jusque dans les années 1830.

En plus de tenir un hôpital, les ursulines de Trois-Rivières se voient confier, en 1807, le soin des malades mentaux. À cette fin, une « loge des insensés » est bâtie en 1808. Seuls deux autres bâtiments de ce type sont connus à cette époque : l'un à Québec, l'autre à Montréal. Il s'agit d'une construction adjacente au monastère, comptant six loges aux fenêtres grillagées et aux portes doubles munies de verrous. À compter de 1845, les malades mentaux sont relogés à Beauport dans un asile nouvellement construit. La vocation hospitalière sera complètement abandonnée en 1886 en raison du manque de ressources.

À partir du deuxième tiers du XIXe siècle, plusieurs bâtiments s'ajoutent à la maison Blanche pour répondre au besoin grandissant d'espace des religieuses et de leur établissement scolaire. Ainsi, le pensionnat en pierre est inauguré en juin 1836. Le bâtiment de trois étages et demi est parfois attribué à l'abbé François-Xavier Noiseux (1748-1834), ou encore à François Routhier. Au tournant des années 1870, ce pensionnat est déjà trop petit. Pour libérer le rez-de-chaussée, qui est alors occupé par les élèves externes, un externat est érigé, de 1870 à 1873, et forme l'aile Saint-Joseph de la maison Blanche, à l'est de la chapelle.

Le pensionnat du Sacré-Coeur est pour sa part érigé en 1882, selon les plans de l'architecte Jean-Baptiste Bourgeois (1856-1930). L'architecture de cet immeuble doté d'une ornementation éclectique contraste avec celle, plus sobre, des autres bâtiments du site.

En 1897, la chapelle est agrandie selon les plans des frères Georges-Félix (1833-1901) et Joseph (1831-1901) Héroux. Le lieu de culte est notamment doté d'une nouvelle façade en pierre à bossage et d'un dôme.

La maison Rouge, destinée à loger les religieuses toujours de plus en plus nombreuses, est construite en 1907, selon les plans de l'architecte Charles Lafond. Elle doit son nom à la couleur de la brique de ses murs.

Les religieuses de Trois-Rivières innovent dans le domaine de l'enseignement : elles ouvrent la première école normale pour fille de la Mauricie, en 1908. Le bâtiment consacré à cette fonction est aussi conçu par l'architecte Lafond.

À compter de 1935, les Ursulines offrent aussi aux filles le cours classique, jusque-là réservé aux garçons, donnant ainsi naissance au collège Marie-de-l'Incarnation. L'aile moderne de celui-ci est érigée en 1961.

Le site patrimonial de Trois-Rivières, déclaré en 1964, inclut la maison Blanche.

En 1968, les Ursulines cessent d'offrir l'enseignement collégial. Le collège Marie-de-l'Incarnation devient une école primaire et secondaire privée.

À partir de 2003, différentes interventions archéologiques permettent de documenter l'occupation du site depuis le XVIIe siècle et de localiser des bâtiments aujourd'hui disparus, comme la boulangerie et « la loge des insensés ».

Le site patrimonial des Ursulines-de-Trois-Rivières est classé en 2017.

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Emplacement

Region administrative :

  • Mauricie

MRC :

  • Trois-Rivières

Municipalité :

  • Trois-Rivières

Adresse :

  • 694, rue des Ursulines
  • 700, rue des Ursulines
  • 734, rue des Ursulines
  • 784, rue des Ursulines
  • 725, rue Hart
  • 165, rue Sainte-Cécile

Latitude :

  • 46° 20' 42.99"

Longitude :

  • -72° 32' 13.335"

Désignation cadastrale :

  • Lot 4 528 503
  • Lot 1 211 602

Code Borden

CcFd-28      

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