Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Chantier maritime Davie

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Chantier Davie
  • Chantier Davie Canada inc.
  • Chantier Lauzon
  • Chantier maritime Davie
  • Chantier maritime des Industries Davie
  • Chantier maritime G.T. Davie Limited
  • Chantier naval de Lauzon
  • Davie Shipbuilding and Repairing Company
  • Davie Shipbuilding Limited
  • Industries Davie Inc.

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Lévis

Date :

  • 1887 – (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation des minéraux et fabrication de produits finis (Construction et réparation de navires)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (2)

Groupes associés (1)

Personnes associées (5)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

Le chantier maritime Davie est un complexe industriel dont les activités ont débuté sur la Rive-sud de Québec en 1887. Situé sur le territoire de l'ancienne ville de Lauzon, intégrée à Lévis en 1989, le chantier se spécialise dans la construction et la réparation de navires.

Le chantier est installé en bordure du fleuve Saint-Laurent, où il occupe une superficie de 570 000 mètres carrés, entre la grève Jolliet à l'ouest et l'Indian Cove West (l'anse aux sauvages) à l'est. Le site regroupe une cinquantaine de bâtiments abritant des ateliers de conception de projets, des aciéries, des ateliers de mécanique, de tuyauterie et de menuiserie, une ligne de production 3D, des entrepôts, des magasins et des espaces de bureaux, de sorte que le chantier est autosuffisant.

On trouve également sur le site du chantier maritime Davie deux cales sèches qui permettent la réparation de navires de tailles imposantes. Conçu par l'ingénieur U. Valiquet, surintendant du ministère des Travaux Publics du Canada, la cale sèche Champlain était la plus grande au Canada, lors de son inauguration en 1917. Sa structure, entièrement construite en béton, est longue de 351 mètres, large de 37 mètres et profonde de 15 mètres. Pour sa part, la cale sèche Lorne, la deuxième en importance au Canada, est l'oeuvre des ingénieurs anglais Kinniple et Morris. Elle a été mise en service par le gouvernement fédéral en 1886. À l'origine, sa structure comptait 146 mètres et elle fut prolongée de 37 mètres en 1901. Ces deux cales sèches, qui servent non seulement à la réparation de navires, mais aussi à des travaux de transformation et de modernisation, constituent deux témoignages de l'industrie des chantiers navals à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Deux usines de pompage attenantes servaient à vider les cales et contenaient les mécanismes d'ouverture. De nos jours, le chantier compte aussi quatre lits de construction de navires de 200 à 250 mètres de longueur. Pour le travail le long du bord, il dispose aussi de plus de deux kilomètres de quais d'une longueur variant de 91 mètres à 259 mètres.

En ce qui concerne la production, le chantier maritime Davie se spécialise dans la construction et la réparation de navires tels que les destroyers, les corvettes et les bateaux brise-glace. Il s'affaire aussi auprès des navires de passagers comme les bateaux de croisières et les traversiers. De plus, le chantier offre son expertise aux secteurs de l'énergie, de la défense et du transport ferroviaire. Ainsi, il a complété des travaux sur plus de 700 navires, sans compter des plate-formes de production et de forage pour l'industrie minière. Enfin, le chantier répond de nos jours à plusieurs demandes dans les domaines de l'hydroélectricité et de l'énergie nucléaire.

Une petite partie de l'actuel atelier d'usinage témoigne encore des activités du chantier, tel qu'il a été conçu à l'origine. En effet, si le chantier a été en grande partie détruit par un incendie en octobre 1955, on peut cependant encore y distinguer une dizaine de bâtiments originaux témoignant des aménagements successifs qu'a connus le site de Lauzon. Le bâtiment de l'atelier, commandé par George T. Davie à l'architecte Harry Staveley vers 1887, y constitue le plus vieil édifice encore en place. Cette bâtisse de brique rouge contenait des bureaux, des entrepôts, des ateliers d'usinage, une forge, une salle des chaudières et sa cheminée carrée, ainsi qu'un coffre-fort. On y trouve aujourd'hui un atelier de ferblanterie.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

Dans les années 1820, le capitaine écossais Allison Davie (1799-1836) rencontre à Québec un constructeur et capitaine de navires en provenance du nord de l'Angleterre, du nom de George Taylor (1828-1907). L'association de Taylor et Davie se concrétise en 1825 par l'ouverture d'un chantier naval sur l'Île d'Orléans. Après la fermeture de ce premier chantier, les deux associés concentrent leurs activités sur la Rive-sud de Québec. En 1829, ils s'installent à proximité du débarcadère du traversier et y construisent en 1832 le premier plan de halage au Canada, un aménagement qui permet de hisser les navires hors de l'eau afin de les réparer. Le site, appelé chantier de Lévis, poursuivra ses activités jusqu'en 1989.

Après la mort d'Allison Davie, sa conjointe Élizabeth devient la première femme à prendre la direction d'un chantier maritime au Canada de 1836 à 1850. Mais ce sont leurs fils, sous la raison sociale de George T. Davie and Sons, puis leurs petits-fils, sous celle de Davie Brothers, qui vont opérer des changements majeurs au sein de la compagnie. Ainsi, le nouveau chantier de Lauzon, correspondant à l'actuel chantier maritime Davie, est mis en service en 1887, sous le nom de Davie Shipbuilding and Repairing. Après l'ouverture de ce deuxième chantier, George Taylor Davie remet la compagnie à ses fils en 1897. Par opposition au « Gros Chantier », ces derniers fondent, à Lauzon, un nouveau chantier situé tout près qui sera appelé le « Petit Chantier ».

En 1919, la Canada Steamship Lines Limited devient le propriétaire de la Davie avec George Duncan Davie, petit-fils du fondateur, comme administrateur jusqu'en 1937. La compagnie, déjà propriétaire du chantier de Lauzon, procède à l'achat du Petit Chantier en 1968 et passe peu après aux mains du groupe Power Corporation du Canada. Par la suite la Davie et ses propriétés sont vendues à la Société de construction et de navigation Soconav en 1976. Dix ans plus tard, en 1986, l'entreprise Marine Industries Limited acquiert les deux chantiers de Lauzon et devient la compagnie MIL-Davie. Néanmoins, le chantier de Lévis cesse toute activité en 1989 pour des raisons économiques.

En 1995, le chantier maritime Davie est cédé par le gouvernement du Québec, qui a acquis le chantier par la Société générale de financement en 1987, à la compagnie Dominion Bridge de Lachine, qui renomme la compagnie Industries Davie Inc. Quelques années plus tard, en 2006, il passe aux mains d'un groupe maritime norvégien, Teco Management, sous le nom de Davie Québec inc. Fin 2012, Zafiro Marine, une société britannique spécialisée dans la location de navires, acquiert les actifs de la compagnie. Depuis, les activités ont repris au chantier en mars 2013.

Le chantier maritime Davie est passé de la construction et de la réparation de voiliers à gréement carré aux navires à vapeur et des navires à coques de bois aux navires à coques d'acier. Très tôt dans son histoire, le chantier s'est spécialisé dans la réparation de navires, ou radoub, s'assurant ainsi des revenus réguliers. En plus de contribuer au sauvetage de plusieurs types d'embarcations, le chantier s'est également illustré par le travail effectué par ses remorqueurs, notamment lors de la construction de structures imposantes comme le pont de Québec en 1916-1917.

En termes de production, le chantier maritime Davie a construit et réparé des traversiers, des chalutiers, des navires de guerre, des cargos, des pétroliers et des plates-formes de forage, de sorte qu'il s'est inscrit aussi bien dans l'histoire de la marine marchande que dans celle de la marine militaire. Sur ce dernier point, on retiendra en particulier la production de corvettes qui seront utilisées par les Alliés pour assurer la sécurité des convois en mer durant la Deuxième Guerre mondiale.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • Lévis

Municipalité :

  • Lévis

Adresse :

  • 22, rue George-D.-Davie

Latitude :

  • 46° 49' 44.267"

Longitude :

  • -71° 9' 53.161"

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Références

Notices bibliographiques :

  • GAGNÉ, David. « La Davie, une gloire méconnue ». Continuité. No 116 (2008), p. 44-46.
  • GAUDREAU LAMARRE, Marie Ève. Lieu historique national du Canada du chantier A. C. Davie [En Ligne]. http://www.acdavie.com/fr/site/chantier/
  • LEDUC, Gilbert. « Un nouveau départ pour Davie ». Le Soleil, 22 janvier 2013, s.p.
  • MARCIL, Eileen Reid. On chantait « Charley-Man ». La construction des grands voiliers à Québec de 1763 à 1893. Québec, Les Éditions GID, 2000. 468 p.
  • s.a. Davie [En Ligne]. http://www.davie.ca

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