Ministère de la Culture et des Communications
Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Peinture (L'Assomption)

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Montérégie

Date :

  • 1777 (Production)
  • 1819 – 1820 (Vente)
  • 2000 (Restauration)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Beaux-arts > Peinture

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Patrimoine mobilier associé (2)

Groupes associés (1)

Personnes associées (1)

Inventaires associés (1)

Images

Description

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'accession : 33.2001.151

Lieu de production :

  • Europe > France

Dimensions :

  • Hauteur : 310 centimètre(s)
  • Largeur : 155 centimètre(s)

Médium :

  • Huile

Support :

  • Toile

Type de fabrication :

Artisanal

Technique de fabrication :

  • Peint

Représentation iconographique :

  • Vierge Marie

Signature :

  • En bas, au centre : Renou 1777

Sujet :

  • Religion

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1989-08-24
 

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Valeur patrimoniale

La peinture intitulée « L'Assomption » présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Cette oeuvre, créée en 1777, a vraisemblablement orné la chapelle de la congrégation de Saint-Germain-en-Laye, près de Paris. Elle est réapparue sur le marché dans la foulée de la confiscation des biens de l'Église catholique lors de la Révolution française (1789). Son arrivée dans la ville de Québec, où elle a été achetée en 1819 ou 1820 pour l'église de La Présentation-de-la-Sainte-Vierge, témoigne de l'engouement pour les tableaux religieux importés au Bas-Canada au début du XIXe siècle. À cette époque, les abbés Philippe-Jean-Louis Desjardins (1753-1833) et Louis-Joseph Desjardins dit Desplantes (1766-1848) ont stimulé le commerce des tableaux européens en écoulant au pays deux importants lots en provenance de la France. Des marchands ont pratiqué ce commerce à leur tour. La vente de « L'Assomption » par l'un d'eux, John Christopher Reiffenstein (vers 1779-1840), est contemporaine de l'activité des abbés Desjardins et s'inscrit dans une tendance qui a enrichi le décor des lieux de culte et la production picturale au Québec, notamment en diffusant de nouveaux modèles prisés par les artistes locaux.

La peinture intitulée « L'Assomption » présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Son auteur, Antoine Renou (1731-1806), est un peintre agrégé de l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1766, puis il est reçu académicien en 1781. Le tableau de Renou répond aux canons esthétiques de la peinture d'histoire tels que définis par cette institution de l'Ancien Régime. Il est caractérisé par des éléments représentatifs des débuts du mouvement néoclassique, comme l'agencement rigoureux des figures en une composition monumentale, la souplesse des formes, la fantaisie dans les costumes, l'ampleur des drapés et la clarté de la tonalité. Il est ainsi un témoin de l'art académique français du XVIIIe siècle et constitue, avec deux autres tableaux qui l'accompagnent dans l'église de La Présentation-de-la-Sainte-Vierge, le seul exemple connu du travail de cet artiste au Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2020.

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Informations historiques

La peinture intitulée « L'Assomption » est réalisée en 1777 par le Français Antoine Renou (1731-1806). Il semble que cette huile sur toile décore à l'origine la chapelle de la congrégation de Saint-Germain-en-Laye, près de Paris. Elle appartient vraisemblablement à un cycle de cinq oeuvres conçu par le peintre pour le décor de cette chapelle. Consacré au thème de la vie de Marie, il comprendrait, en plus de « L'Assomption », « L'Éducation de la Vierge », « La Présentation de la Vierge au Temple », « L'Annonciation » et « La Visitation ». Deux d'entre elles, « L'Annonciation » et « La Présentation de la Vierge au Temple », sont exposées au Salon de l'Académie royale de peinture et de sculpture l'année de leur réalisation, en 1775.

Le 25 octobre 1819, la « Gazette de Québec » publie une description des cinq tableaux de Renou. Ils sont censés figurer, avec trois autres tableaux, dans une vente annoncée pour le 29 octobre. Celle-ci est organisée à Québec par Reiffenstein and Company, maison d'enchères de John Christopher Reiffenstein (vers 1779-1840), un commerçant qui se spécialise depuis 1814 dans l'importation de diverses marchandises au Bas-Canada. Reiffenstein s'est procuré ces oeuvres dans la foulée de la confiscation des biens de l'Église catholique lors de la Révolution française (1789). Parmi les peintures religieuses que les révolutionnaires ont saisies et remises en vente, certaines ont rejoint le marché canadien, stimulant une demande que des marchands privés ont alors cherché à combler grâce à des arrivages de toiles et de gravures européennes.

En 1820, la fabrique de la paroisse de La Présentation-de-la-Sainte-Vierge acquiert six des huit tableaux afin d'orner sa nouvelle église, dont la construction s'achève cette année-là, après trois ans de travaux. Trois oeuvres de Renou font partie du lot : « L'Assomption », « La Présentation de la Vierge au Temple » et « L'Annonciation ». La sélection est approuvée par l'évêque auxiliaire de Montréal, Mgr Jean-Jacques Lartigue (1777-1840). Son absence du diocèse jusqu'en août 1820 peut expliquer l'acquisition tardive des tableaux, survenue plusieurs mois après la vente d'octobre 1819. Selon toute vraisemblance, la fabrique les a réservés ou un acheteur provisoire les a obtenus de Reiffenstein. Les toiles de Renou sont ensuite accrochées dans le choeur de l'église. Elles s'y trouvent toujours en 2020.

L'église de La Présentation-de-la-Sainte-Vierge est classée en 1957. Elle est incluse dans le site patrimonial de La Présentation-de-la-Sainte-Vierge, classé en 1984.

Le tableau intitulé « L'Assomption » est classé en 1989, de même que les deux autres peintures de Renou et d'autres biens mobiliers associés à l'église.

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Références

Contributeur de données :

Direction générale du patrimoine

Notices bibliographiques :

  • BÉLAND, Mario, dir. La peinture au Québec, 1820-1850: nouveaux regards, nouvelles perspectives. Québec, Musée du Québec: Publications du Québec, 1991. 605 p.
  • CHAGNON, Joanne et Laurier LACROIX. « Oeuvres d'art de l'église de La Présentation-de-la-Vierge ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 269-273.
  • CROTEAU, André. Les belles églises du Québec. Vol. 2, Québec et la vallée du Saint-Laurent. Saint-Laurent, Éditions du Trécarré, 1996. 222 p.
  • LACROIX, Laurier. Le fonds de tableaux Desjardins : nature et influence. Université Laval, 1998. 1169 p.

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