Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Jobin-Bédard

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • après 1791 – avant 1826 (Construction)
  • après 1875 – avant 1900 (Rénovation)

Période :

  • Le Régime britannique (1760 à 1867)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

La maison Jobin-Bédard est une ancienne demeure rurale vraisemblablement érigée entre 1791 et 1826. La résidence en pierre recouverte d'enduit présente un plan rectangulaire à deux étages. Sa toiture mansardée à quatre versants est couverte de tôle et une cheminée se dresse à chacune de ses extrémités. La porte principale est encadrée d'un portail néoclassique en bois formé de pilastres supportant un entablement doté d'une corniche à consoles. Les fenêtres sont distribuées de façon asymétrique. Une galerie en bois ceinture le bâtiment sur trois côtés. Un volume en bois est annexé latéralement au bâtiment, du côté est. Il est disposé légèrement en retrait par rapport à la façade principale. Cette annexe est dotée d'un toit en appentis couvert de tôle à baguettes et ses murs en planches de bois verticales sont majoritairement recouverts d'un parement de tôle embossée au motif de feuille d'érable. La façade de la maison est orientée vers le sud et fait dos à la voie publique. Le bâtiment est implanté sur un terrain gazonné et planté d'arbres matures, dans le secteur Charlesbourg de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Le classement s'applique à l'extérieur et à l'intérieur de l'immeuble patrimonial, et pas au terrain.
La maison Jobin-Bédard est aussi comprise dans un site patrimonial classé.

Plan au sol :

Rectangulaire

Nombre d'étages :

2

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Agrandissement

Saillies :

  • Auvent
  • Cheminée
  • Galerie

Toit :

  • Forme : À croupes
    Matériau : Tôle à baguettes
  • Forme : Mansardé
    Matériau : Tôle en plaques

Porte principale :

  • bois, à panneaux et vitrage

Fenêtre(s) :

  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux

Lucarne(s) :

  • À pignon

Éléments architecturaux :

  • Aisseliers
  • Chambranle
  • Portail
  • Poteau ouvragé

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-12-03
Prise d'effet : 2019-12-05

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2019-12-04
 
Classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-12-03

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2019-12-04
 
Ordonnance ministérielle échue Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications

Statuts antérieurs

  • Sous ordonnance ministérielle, 2019-11-08
 
Inventorié --
 

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Valeur patrimoniale

La maison Jobin-Bédard présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. La maison est située sur le territoire de l'ancienne seigneurie de Notre-Dame-des-Anges, concédée à la Compagnie de Jésus en 1626 et dont le développement s'effectue par l'ouverture de concessions. La maison constitue un témoin significatif de la concession agricole Saint-Pierre et Saint-Claude, située au nord du trait carré de Charlesbourg. Elle est associée à plusieurs générations d'agriculteurs, dont plusieurs Bédard, l'une des familles pionnières de la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges.

La maison Jobin-Bédard présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Vraisemblablement érigée entre 1791 et 1826, la maison est représentative des maisons rurales construites au tournant du XIXe siècle, une période de transition entre la maison d'influence française et la maison traditionnelle québécoise. Le corps de logis en pierre recouvert d'un enduit, la fondation peu dégagée par rapport au niveau du sol et la disposition asymétrique des ouvertures sont des éléments caractéristiques de ce type d'habitation. La maison se démarque toutefois de l'architecture rurale de cette époque par ses dimensions importantes. À l'instar de nombreuses maisons rurales et villageoises, la maison Jobin-Bédard est modifiée au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, vraisemblablement avant 1891. La toiture mansardée, l'ornementation et la galerie couverte témoignent de son adaptation aux besoins de ses occupants et de l'influence de différents styles et courants architecturaux.

La maison Jobin-Bédard présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur ethnologique. La structure en maçonnerie et la charpente de la maison témoignent de méthodes de construction traditionnelles. Les épais murs de maçonnerie sont composés de pierres irrégulières assises sur un lit de pierres sèches et se prolongent jusqu'à la hauteur de la toiture, comme de nombreuses maisons rurales érigées au tournant du XIXe siècle. La toiture constitue pour sa part un ouvrage de charpenterie typique du tournant du XXe siècle avec ses chevrons, entraits et jambes de force supportant son pontage de bois. L'aménagement intérieur de la maison Jobin-Bédard évoque le mode de vie d'une famille d'agriculteurs aux XIXe et XXe siècles. Au rez-de-chaussée, la cuisine contient un âtre en pierre. La cheminée boisée comprend une entrée pour un tuyau de poêle qui devait assurer le chauffage de toute la maison. La cuisine compte également une trappe donnant accès à la cave et un escalier disposé en coin conduisant à l'étage, des éléments rappelant la fonction d'entreposage des denrées de ces espaces. L'aménagement de chambres dans une partie des combles témoigne par ailleurs de la transformation courante des greniers en espace habitable pour loger des familles nombreuses. Enfin, la présence d'une cuisine d'été, annexée au coin nord-est de la maison, est un élément caractéristique des habitations rurales du XIXe siècle.

Source: Ministère de la Culture et des Communications, 2020.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Jobin-Bédard liés à ses valeurs historique, architecturale et ethnologique comprennent, notamment :
- son implantation légèrement en retrait de la voie publique et légèrement en biais, avec sa façade principale orientée au sud, opposée à la voie publique, dans l'arrondissement de Charlesbourg de la ville de Québec;
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages, la toiture mansardée à quatre versants, la galerie couverte sur trois côtés, les deux souches de cheminée aux extrémités du toit, la cuisine d'été en appentis;
- la structure, dont le lit d'assise en pierre, les fondations et la maçonnerie de moellons grossièrement équarris, la charpente en bois de facture simple du toit avec pontage en planches horizontales, ainsi que les poutres et le massif de pierre du vide sanitaire;
- les matériaux, dont l'enduit recouvrant les murs, la tôle de la toiture, le parement en planches de bois verticales de la cuisine d'été, le parement de tôle embossée au motif de feuille d'érable de l'annexe, le bois des éléments ornementaux et architecturaux;
- les ouvertures, dont le portail principal, la porte en bois à panneaux et à vitrage, la porte en bois à panneaux et vitrage surmontée d'une imposte de l'annexe, les fenêtres en bois rectangulaires à battants et à grands carreaux et les contrefenêtres, les lucarnes à pignon;
- l'ornementation, dont la corniche à consoles, la corniche à consoles du portail principal, les chambranles des fenêtres à fronton, les encadrements des lucarnes, les poteaux à consoles de la galerie;
- l'aménagement intérieur, dont la disposition des pièces en enfilade, les pièces d'apparat disposées au rez-de-chaussée vers l'avant, les pièces de service vers l'arrière de la résidence, la trappe d'accès au sous-sol située dans la cuisine et les chambres à l'étage;
- le mobilier intégré et le décor architectural, dont le manteau de cheminée en bois et ses portes à panneaux, l'âtre en pierre doté d'une potence en fer, les portes en fonte de l'ancien four à pain, les armoires en bois, l'escalier (à poteau de départ ouvragé, balustres tournés et limon ornemental), les plafonds en petites planches de bois, les portes en bois à panneaux, les moulures et corniches de plafond, les chambranles moulurés, le plancher en bois du grenier, la quincaillerie ancienne, les radiateurs en fonte.

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Informations historiques

La maison Jobin-Bédard est implantée sur le territoire de l'ancienne seigneurie de Notre-Dame-des-Anges, concédée à la Compagnie de Jésus en 1626. Il s'agit de l'une des plus anciennes seigneuries de la Nouvelle-France. La mise en valeur de la seigneurie débute au milieu du XVIIe siècle et elle se réalise progressivement par la création de concessions. En mars 1709, une terre est concédée à Julien Leblanc par la Compagnie de Jésus. Il s'agit de l'origine de la propriété actuelle.

En mars 1717, Julien Leblanc et Anne Vanier vendent cette terre, sans bâtiment, à Charles Bédard. La terre appartient ensuite à la famille Bédard pendant plus d'un siècle. La résidence actuelle est vraisemblablement construite après 1791, année du décès de Jean Baptiste Bédard, l'un de ses propriétaires. Elle est érigée avant 1826, année durant laquelle Laurent Thomas Bédard vend la terre, incluant la maison, au meunier Alexander Craig, qui exploite le moulin de Charlesbourg.

Comme Craig ne paie pas Bédard, la terre est saisie en 1830 par le shérif pour être revendue à Michel Giroux. En décembre 1843, Giroux vend la terre à Antoine Bertrand. En mai 1854, Bertrand obtient la commutation des droits seigneuriaux pour sa terre. Dans les semaines qui suivent, la propriété est vendue au curé Étienne Payment, qui la revend aussitôt à Jean-Baptiste Jobin.

La toiture mansardée à quatre versants actuelle remplace vraisemblablement une toiture à deux versants droits. La modification de la toiture a probablement été effectuée dans le dernier quart du XIXe siècle, soit pour agrandir l'espace habitable, soit pour mettre la maison au goût du jour.

D'autres modifications datent peut-être de la même époque, dont l'ajout d'une fausse cheminée du côté ouest de la maison, assurant ainsi la symétrie de la toiture. Les chambranles plus élaborés disposés autour des ouvertures remontent aussi probablement à la fin du XIXe siècle, tout comme la galerie protégée qui ceinture la maison sur trois côtés. Elle était dotée d'un garde-corps en fer ornemental jusque vers le milieu du XXe siècle.

L'intérieur de la maison Jobin-Bédard comprend des aménagements qui datent possiblement de deux périodes distinctes. L'âtre en pierre remonte assurément à la construction d'origine. Les revêtements muraux en larges planches de bois, couvertes de jute et de tapisserie, et retenues par des clous carrés, seraient antérieurs à 1870. D'autres revêtements de finition des murs et des plafonds, composés d'étroites lattes de bois peint, de même que divers éléments tels que l'escalier muni d'un garde-corps à balustres et le manteau de cheminée en bois, ont probablement été posés plus tardivement au XIXe siècle ou au début du XXe siècle.

Le four à pain qui était dans l'espace de la cuisine d'été aurait été retiré vers la fin du XIXe siècle.

L'ajout de commodités, dont les toilettes et les salles de bains, s'est fait progressivement au cours du XXe siècle. La maison aurait autrefois été dotée d'un puits carré situé dans la cave, à proximité du mur nord. Il aurait été détruit dans les années 1940.

La propriété demeure entre les mains de la famille Jobin pendant près d'un siècle, soit jusqu'en 1949, année où s'amorce la subdivision de la propriété agricole ancestrale et où la maison Jobin-Bédard est acquise par François Bouchard.

La maison Jobin-Bédard est classée en 2020, en même temps que le site patrimonial de la Maison-Jobin-Bédard.

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Évaluation d'inventaire

  • Inventaire patrimonial de l'arrondissement de Charlesbourg de la ville de Québec, à l'extérieur du site patrimonial déclaré de Charlesbourg (2018)
    Ville de Québec


  • La maison implantée au 1216, rue du Maine possède une valeur patrimoniale supérieure qui repose surtout sur son ancienneté, son architecture et son authenticité.

    La maison possède une valeur d'âge exceptionnelle. Son style architectural d'origine pouvait être représentatif de la maison de transition franco-québécoise. Si tel est le cas, cette maison aurait été construite entre 1770 et 1826. Elle possédait à l'origine une toiture à deux versants droits et à pente raide comme on en retrouvait à l'époque. Elle appartient pendant des années à des Bédard et à des Jobin.

    La maison possède une valeur d'architecture supérieure. Le soubassement peu élevé, l'absence de symétrie au niveau des ouvertures du rez-de-chaussée et les épais murs de pierre peints en blanc suggèrent une construction réalisée entre le milieu du 18e siècle et le tout début du 19e siècle. Ceci est corroboré par la tradition orale qui rapporte que la toiture était autrefois à pente raide et qu'elle aurait été transformée en forme mansardée suite à un incendie ou à une réparation urgente. Cette modification majeure eut probablement lieu entre les années 1870 et 1920, période où la maison mansardée est populaire au Québec. Le remplacement d'un toit à deux versants anciens par un toit mansardé était une pratique courante à l'époque afin de gagner l'espace des combles pour notamment loger une progéniture nombreuse. Le style mansardé est dérivé du Second Empire qui mettait de l'avant une toiture formée d'un terrasson dans la partie supérieure et d'un brisis dans la partie inférieure. De plan carré ou rectangulaire, doté d'une toiture à deux ou quatre versants, ce type de maison demeure très populaire au Québec entre 1870 et 1920, car elle offre plus d'espace habitable à l'étage que les maisons avec toiture à deux versants droits ou courbés. La maison possède en effet une toiture mansardée à quatre versants percée de plusieurs lucarnes à pignon et par deux hautes cheminées. L'ajout de composantes plus ornementées, comme les chambranles autour des fenêtres, le beau portail néoclassique, les aisseliers, la corniche avec consoles et la porte avec caisson et moulures indiquent une volonté d'embellissement propre au courant victorien à partir de la deuxième moitié du 19e siècle.

    La maison possède une valeur d'authenticité supérieure. À l'exception de la réfection de la galerie, cette maison n'a pas subi d'autres modifications depuis l'apparition de son toit mansardé. Dans les années 1940, la maison possédait des garde-corps ornementés qui ont aujourd'hui disparu. Elle se présente presque telle qu'elle pouvait l'être au début du 20e siècle. Elle possède toujours des fenêtres à battants à grands carreaux, son ornementation ancienne, ses portes, son revêtement de tôle traditionnelle sur le toit (à baguettes et en plaques) et sur l'auvent, son revêtement de tôle embossée sur la cuisine d'été. Un appentis a été greffé sur la façade droite. Il pourrait s'agir d'une ancienne cuisine d'été. Les murs sont en pierre.

    La maison possède une bonne valeur d'usage. Elle possède toujours son usage résidentiel d'origine. Ancienne maison de ferme, elle était complétée à l'arrière d'une grange-étable en bois recouverte sur la toiture de bardeaux de bois et d'un bâtiment en bois à l'avant, munie d'une cheminée en pierre et de fenêtres à petits carreaux. Ces bâtiments secondaires n'existent plus.

    La maison possède une faible valeur de position. Elle était autrefois superbement mise en valeur par un décor rural et champêtre. Les champs cultivés l'entouraient alors qu'une croix de chemin marquait l'entrée du terrain. Ces éléments disparus, elle se trouve maintenant encerclée par des maisons de banlieues et des rues tracées entre les années 1950 et 1970. Elle continue cependant de bénéficier d'une certaine intimité grâce à la présence de verdure et d'arbres matures. Sa façade principale fait face au sud, à l'instar des plus anciennes maisons du secteur.

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    Emplacement

    Region administrative :

    • Capitale-Nationale

    MRC :

    • Québec

    Municipalité :

    • Québec

    Arrondissement municipal :

    • Charlesbourg

    Adresse :

    • 1216, rue du Maine

    Latitude :

    • 46° 52' 19.545"

    Longitude :

    • -71° 16' 40.141"

    Désignation cadastrale :

    • Lot 1 026 487

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    Références

    Notices bibliographiques :

    • PARÉ, Yves. Morphogénèse d'une banlieue : Orsainville.. Université Laval, 1983. 173 p.

    Multimédias disponibles en ligne :

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    Gouvernement du Québec

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