Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Calvaire du Bas-de-Sainte-Anne

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Calvaire Hubert-Mayrand

Région administrative :

  • Mauricie

Municipalité :

  • Sainte-Anne-de-la-Pérade

Date :

  • 1893 (Construction)
  • 1990 (Restauration)

Thématique :

  • Patrimoine religieux

Usage :

  • Services et institutions (Calvaires, croix de chemin et chemins de croix)

Éléments associés

Personnes associées (3)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

Le calvaire du Bas-de-Sainte-Anne est un monument religieux de tradition catholique réalisé en 1893 et composé d'un Christ en croix et d'un édicule. La croix en bois, peinte en noir, comporte des extrémités polygonales peintes en blanc. Le corpus, en bois sculpté polychrome, représente un homme vêtu d'un « périzonium » blanc noué sur sa hanche droite et dont les pieds reposent côte à côte sur un support, appelé « suppedanum ». L'inscription « I.N.R.I. » apparaît sur une pièce de bois sculptée en forme de parchemin, le « titulus », fixée sur la croix au-dessus de la tête du Christ. La sculpture est abritée sous un édicule en bois de plan carré, coiffé d'un toit en pavillon recouvert de tôle et surmonté d'un globe et d'une croix. Le calvaire est situé en milieu rural et implanté en retrait de la voie publique, dans la municipalité de Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Le calvaire du Bas-de-Sainte-Anne est un immeuble patrimonial classé.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2021-07-22

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2020-12-08
  • Proposition de statut national, 2017-12-13
 
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Sainte-Anne-de-la-Pérade) 2012-07-10
 

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Valeur patrimoniale

Le calvaire du Bas-de-Sainte-Anne présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Érigé en bordure de l'ancien tracé du chemin du Roy, il témoigne d'un pan de l'histoire paroissiale de Sainte-Anne-de-la-Pérade tout en étant associé à une famille importante de la région, les Tessier. Le calvaire est construit par un groupe de paroissiens mené par Onésime Trottier et Aphrodis Mayrand pour remplacer une croix de chemin. Mayrand avait d'ailleurs fait la promesse d'ériger un calvaire si son souhait de se trouver une nouvelle épouse se réalisait. Il se marie en secondes noces le 17 février 1890 avec Elmire Germain. La construction du calvaire est financée grâce à des représentations théâtrales et des soirées musicales organisées par les paroissiens. En 1893, le calvaire est érigé sur le terrain du cultivateur Alphonse Tessier (1861-1962), père de Mgr Albert Tessier (1895-1976), dont Aphrodis Mayrand est le parrain. Le monument est béni le 9 juillet 1893 par l'évêque de Trois-Rivières, Mgr Louis François Laflèche (1818-1898), originaire de Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Le calvaire présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Le corpus est sculpté par Louis Jobin (1845-1928), qui compte parmi les statuaires les plus réputés de l'histoire du Québec. Le Christ en croix constitue l'un des thèmes les plus représentés dans l'oeuvre de cet artiste reconnu pour sa production religieuse. Pour ce calvaire, Jobin crée une sculpture au visage expressif et aux détails anatomiques réalistes. L'édicule en bois de plan carré, coiffé d'un toit en pavillon couvert de tôle et surmonté d'une croix, constitue aussi une oeuvre de menuiserie soignée. À l'intérieur, le plafond lambrissé de planches peintes de couleur bleu ciel et orné de rosaces aux angles est caractéristique de ce genre de construction.

Le calvaire présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur ethnologique. Il témoigne d'un courant de dévotion envers les images du Christ souffrant ou mort qui a marqué la population du Québec au XIXe siècle. L'intérêt grandissant des fidèles pour les expressions dramatiques de la Passion et de la crucifixion suscite la création de nombreux calvaires extérieurs, qui s'ajoutent aux croix de chemin à partir des années 1850. Les calvaires appellent à la dévotion et, devant eux, les passants se signent, saluent, soulèvent leur chapeau ou encore s'arrêtent pour une prière. Ce monument sert également de lieu de rassemblement populaire lors des temps forts de l'année liturgique. Jusqu'au milieu du XXe siècle, les familles du rang du Bas-de-Sainte-Anne se rassemblent au calvaire pour les prières quotidiennes du mois de Marie, en mai, et du mois du Sacré-Coeur, en juin. Par la suite, le calvaire est un lieu de rassemblement pour la neuvaine de sainte Anne, en juillet. Le calvaire du Bas-de-Sainte-Anne évoque d'anciennes dévotions et constitue un élément significatif du patrimoine religieux québécois.

Source: Ministère de la Culture et des Communications, 2021.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du calvaire du Bas-de-Sainte-Anne liés à ses valeurs historique, artistique et ethnologique comprennent, notamment :
- son implantation en retrait de la voie publique, dans un environnement rural;
- l'édicule en bois ouvert sur quatre côtés, dont le plan carré, le toit en pavillon recouvert de tôle, le globe et la croix ornant le faîte ainsi que le plafond lambrissé de planches peintes en bleu et comprenant des rosaces disposées aux angles;
- la croix en bois, dont la hampe et la traverse peintes en noir, et les extrémités polygonales peintes en blanc;
- le Christ en croix grandeur nature, en bois polychrome, dont le rendu réaliste de l'anatomie, la tête penchée sur l'épaule droite, les yeux clos, les pieds cloués côte à côte sur le suppedanum, le traitement du perizonium ajusté à la taille et noué sur la hanche droite, la peinture rouge évoquant des blessures sur le flanc gauche, les épaules et les mains, ainsi que la couronne d'épines en métal;
- le titulus en forme de parchemin, fixé à la partie supérieure de la hampe, portant l'inscription « I.N.R.I. ».

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Informations historiques

Le calvaire du Bas-de-Sainte-Anne est construit par un groupe de paroissiens de Sainte-Anne-de-la-Pérade mené par Onésime Trottier et Aphrodis Mayrand, afin de remplacer une croix de chemin jadis érigée sur la propriété de Trottier. Mayrand avait d'ailleurs fait la promesse d'ériger un calvaire si son souhait de se trouver une nouvelle épouse se réalisait. Il se marie en secondes noces le 17 février 1890 avec Elmire Germain. La construction du calvaire est financée grâce à des représentations théâtrales et des soirées musicales organisées par les paroissiens.

En 1893, le calvaire est érigé sur le terrain du cultivateur Alphonse Tessier (1861-1962), père de Mgr Albert Tessier (1895-1976), dont Aphrodis Mayrand est le parrain.

Le corpus est sculpté par Louis Jobin (1845-1928), qui reçoit cinquante dollars pour réaliser l'oeuvre. Cet artiste compte parmi les statuaires les plus réputés de la fin du XIXe siècle et des premières décennies du siècle suivant, et le Christ en croix constitue l'un des thèmes les plus représentés par le sculpteur.

Le monument est béni le 9 juillet 1893 année par l'évêque de Trois-Rivières, Mgr Louis François Laflèche (1818-1898), originaire de Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Jusqu'au milieu du XXe siècle, les familles du rang du Bas-de-Sainte-Anne se rassemblent au calvaire pour les prières quotidiennes du mois de Marie, en mai, et du mois du Sacré-Coeur, en juin. Par la suite, le calvaire a été un lieu de rassemblement pour la neuvaine de sainte Anne, en juillet.

En 1990, le calvaire est restauré grâce au programme de mise en valeur de l'environnement du projet Radisson-Nicolet-Des Cantons d'Hydro-Québec.

Le calvaire du Bas de Sainte-Anne est cité en 2012 et classé en 2021.

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Emplacement

Region administrative :

  • Mauricie

MRC :

  • Les Chenaux

Municipalité :

  • Sainte-Anne-de-la-Pérade

Adresse :

  • 1287, boulevard De Lanaudière

Latitude :

  • 46° 35' 21.3"

Longitude :

  • -72° 8' 21.9"

Désignation cadastrale :

  • Lot 4 175 645

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Références

Notices bibliographiques :

  • LAGANIÈRE-LAROSE, Gaby. Album souvenir, 325eme, Sainte-Anne-de-la-Pérade, 1667-1992. Sainte-Anne-de-la-Pérade, Comité de l'album souvenir, 1992. 693 p.
  • MILOT, Jocelyne et Jean SIMARD. Les croix de chemin du Québec : inventaire sélectif et trésor. Collection Patrimoines. Dossier, 10. Québec, Les publications du Québec, 1994. 510 p.
  • Municipalité de Sainte-Anne-de-la-Pérade. Calvaires [En Ligne]. http://www.sainteannedelaperade.net/tourisme/attraits-culturels-et-touristiques/calvaires
  • TESSIER, Albert. Mon enfance au Bas-de-Sainte-Anne. Trois-Rivières, Éditions du Bien Public, 1975. s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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