Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site archéologique des Basques-de-l'Anse-à-la-Cave

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Côte-Nord

Municipalité :

  • Les Bergeronnes

Période :

  • Sylvicole supérieur (1 000 à 450 AA)

Thématique :

  • Patrimoine autochtone
  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Industrie de la transformation du poisson et des mammifères marins)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Personnes associées (3)

Carte

Description

Le site archéologique des Basques-de-l'Anse-à-la-Cave est un lieu utilisé pour la transformation des produits de la chasse aux mammifères marins. D'une superficie d'un hectare, le site s'étend sur quelque 300 mètres en bordure de l'anse à la Cave. Délimité par la ligne naturelle des hautes eaux du fleuve, le site couvre une partie de la pointe rocheuse qui se referme sur l'anse du côté sud et est. Protégé des vents, l'emplacement est bordé par une fosse marine qui permet aux baleines de passer tout près du rivage. Il offre un environnement riche et propice à l'établissement humain ainsi qu'un excellent poste d'observation et de capture des cétacés. Les vestiges proviennent de deux occupations basques distinctes, la première remontant à la fin du XVIe siècle et la deuxième datant du XVIIIe siècle. Deux fours en pierre ont été dégagés. Le premier, sur la pointe, est un ouvrage ovale comportant deux foyers, tandis que l'autre, dans l'anse, prend la forme de trois foyers juxtaposés linéairement. Entre les deux, les vestiges d'un bâtiment sont présents sur un replat partiellement boisé. Le site se trouve dans la municipalité de Les Bergeronnes et borde le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent.

Ce bien est classé site patrimonial. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu. Les biens archéologiques du site des Basques-de-l'Anse-à-la-Cave sont également classés.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2008-07-10
 

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Valeur patrimoniale

Le site archéologique des Basques-de-l'Anse-à-la-Cave présente un intérêt pour sa valeur historique. Les Amérindiens fréquentent le lieu de façon intensive avant l'arrivée des Européens, notamment pour y chasser le phoque. Par la suite, des baleiniers basques y séjournent à deux moments distincts, soit à la fin du XVIe siècle (entre 1580 et 1630) et au XVIIIe siècle (vers 1733 jusque vers 1737). Au XVIe siècle, en raison de la raréfaction des ressources, les morutiers et les baleiniers européens qui exploitent le détroit de Belle-Isle sont contraints de pénétrer dans le golfe du Saint-Laurent. Entre 1584 et 1600, une quinzaine de navires basques sont armés pour se rendre au « Canada ». L'anse à la Cave témoigne de leur présence à proximité de l'embouchure de la rivière Saguenay, un lieu de prédilection pour les mammifères marins à cause de la richesse de la biomasse. Quoique la capture des baleines et la fonte de leur graisse constituent les principales activités des navigateurs basques, ils s'adonnent aussi à la chasse au phoque de même qu'à la pêche à la morue et au saumon. L'endroit, à la croisée de plusieurs réseaux commerciaux amérindiens, est étroitement associé au commerce des fourrures. La traite des fourrures s'ajoute donc aux revenus de leurs expéditions. Avec l'avènement du système des monopoles, la première occupation basque prend fin dans la première moitié du XVIIe siècle. Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour voir le retour des baleiniers basques à l'intérieur des eaux du fleuve Saint-Laurent, à l'initiative des trois frères Darragory. De 1730 à 1737 environ, ils établissent et utilisent intensivement les installations de l'anse à la Cave. Après leur passage et jusqu'au XXe siècle, le lieu continue d'être fréquenté pour la chasse et la pêche; des chasseurs de phoque et de sauvagine tireront entre autres profit de la présence des fours basques. Ce site rappelle donc un épisode méconnu de l'histoire des pêcheries dans le fleuve Saint-Laurent.

Le site présente aussi un intérêt pour sa valeur archéologique. Il s'agit de l'un des plus importants sites basques découverts à ce jour au Québec. L'emplacement, en bordure d'une fosse marine et protégé des vents dominants, comprend plusieurs vestiges associés aux deux moments de la présence basque. Sur la pointe autrefois fréquentée par les Amérindiens, se trouvent les restes d'un four et d'un bâtiment rattachés à la première occupation. Le four ovale en pierre comporte deux foyers et est jouxté d'une structure en bois vraisemblablement utilisée comme plate-forme de travail et de manutention. Le bâtiment rectangulaire en bois et doté d'une annexe a principalement servi d'aire domestique et de travail, notamment pour l'assemblage des tonneaux et pour la forge. C'est le seul bâtiment basque découvert à ce jour dans l'estuaire du Saint-Laurent. La structure était couverte d'un toit de tuiles en terre cuite. À l'intérieur de l'anse, un four en pierre formé de trois foyers juxtaposés linéairement évoque la seconde occupation. Très peu de sites témoignent de la présence basque au Québec, et celui de l'anse à la Cave compte plusieurs composantes remarquables dont certaines sont uniques.

Le site présente également un intérêt pour sa valeur scientifique. L'intégrité du site, la quantité et le bon état de conservation des vestiges ainsi que la qualité des fouilles ont permis d'expliquer la présence basque dans l'estuaire du Saint-Laurent. En effet, les données renseignent sur le mode d'adaptation des Basques à l'estuaire du Saint-Laurent, l'organisation spatiale de leur établissement, la chronologie, les activités reliées à la chasse à la baleine (dont les techniques d'acquisition et de transformation) et les activités connexes (alimentation, repos, pêche, traite). Il s'agit du plus important site de référence pour la connaissance de l'occupation basque au Québec.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site archéologique des Basques-de-l'Anse-à-la-Cave liés à ses valeur historique, archéologique et scientifique comprennent, notamment :
- sa situation stratégique dans l'estuaire du Saint-Laurent, à proximité d'une importante fosse marine;
- les éléments de la première occupation sur la pointe rocheuse, dont une structure en maçonnerie de pierre de forme ovale avec deux foyers interprétée comme un four pour fondre la graisse de mammifères marins, les restes d'une plate-forme en bois à l'arrière du four avec plusieurs fragments de tuiles et les témoins de combustion ainsi que les vestiges (charpente en bois, trous de pieux et pierres servant à les caler, fragments de tuiles) d'un bâtiment rectangulaire orienté nord-est sud-ouest (comprenant les restes d'une annexe et d'un foyer au coin sud-ouest, une base d'une aire de travail, un aménagement en pierre et en gravier de même que les restes probables d'une cheminée);
- les éléments de la seconde occupation à l'intérieur de l'anse, dont la structure en maçonnerie de pierre de forme allongée à triple foyers interprétée comme un four servant à la fonte de la graisse de mammifères marins ainsi que l'aménagement en pierre avec des témoins de combustion associé à une aire de travail ou à un usage domestique;
- les vestiges de foyers et d'aires de combustion;
- le potentiel archéologique du lieu.

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Informations historiques

L'anse à la Cave est d'abord fréquentée par les Amérindiens, notamment durant la période du Sylvicole supérieur (entre 1200 et 1500 ans de notre ère), plus particulièrement pour y chasser le phoque. Ils occupent entre autres la pointe rocheuse qui se referme sur l'anse du côté sud et est. Par la suite, des baleiniers basques y séjournent à deux moments distincts, soit à la fin du XVIe siècle (entre 1580 et 1630) et au XVIIIe siècle (environ de 1733 à 1737).

Au XVIe siècle, des pêcheurs européens exploitent le détroit de Belle-Isle. La morue est salée ou séchée et la graisse de mammifères marins est transformée en huile pour répondre aux besoins d'une Europe en pleine croissance. En raison de la raréfaction des ressources, due à une surexploitation, morutiers et baleiniers sont contraints de pénétrer dans le golfe du Saint-Laurent.

Entre 1584 et 1600, une quinzaine de navires basques sont armés pour se rendre au « Canada ». L'anse à la Cave témoigne de cette présence à proximité de l'embouchure de la rivière Saguenay, un lieu de prédilection pour les mammifères marins à cause de la richesse de la biomasse. Quoique la capture des baleines et la transformation de leur graisse constituent la principale activité des navigateurs basques, ils s'adonnent aussi à la chasse au phoque de même qu'à la pêche à la morue et au saumon. L'endroit, à la croisée de plusieurs réseaux commerciaux amérindiens, est étroitement associé au commerce des fourrures. Des activités de traite s'ajoutent donc aux revenus de leurs expéditions. À la fin du XVIe siècle, sur la pointe rocheuse autrefois fréquentée par les Amérindiens, les Basques construisent un four ovale en pierre à deux foyers couvert d'un toit de tuiles en terre cuite (utilisées comme lest lors de la traversée) pour fondre la graisse des mammifères marins. Ce four est jouxté d'une plateforme en bois employée comme aire de travail et de manutention. Un peu plus à l'est, ils érigent un bâtiment doté d'une annexe et coiffé aussi d'un toit de tuiles qui a principalement servi d'aire de travail, notamment pour l'assemblage des tonneaux de même que pour la forge. Il peuvent aussi y prendre leur repas et, au besoin, y dormir, bien qu'ils retournent généralement dans leur navire pour la nuit.

Dans les années 1730, des expéditions sont menées à l'embouchure du Saguenay, vraisemblablement à l'anse à la Cave, par trois frères de Saint-Jean-de-Luz, Simon, Nicolas et Joannis Darragory. Les Basques construisent à cette époque un four à trois foyers à l'intérieur de l'anse à la Cave.

Durant ces expéditions saisonnières, les Basques chassent la baleine en chaloupe. Ils les tirent jusqu'à la rive, où ils les dépècent pour en recueillir la graisse, qui est ensuite fondue dans des chaudrons en cuivre déposés sur les fours construits à proximité du rivage. L'huile est refroidie et épurée avant d'être mise en tonneaux. Vendue sur les marchés européens, elle sert notamment à l'éclairage des églises, des bâtiments publics et des rues, à l'adoucissement des cuirs, au foulage de la laine, à la fabrication de savon et de produits divers. D'autres parties de la baleine sont aussi recherchées, comme les fanons utilisés pour la confection d'éventails, de parasols, de manches de couteau, de corsets et de bustiers.

Après le passage des Basques et jusqu'au XXe siècle, le lieu continue d'être fréquenté pour la chasse et la pêche; des chasseurs de phoque et de sauvagine tireront entre autres profit de la présence des fours.

Le site est l'objet de plusieurs interventions archéologiques à partir de 1962. Mentionnons les fouilles faites en 1988, 1989, 1991, 1992, 1993 et 2000. En 1998, le milieu marin qui borde l'emplacement est protégé par la création du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent.

Le site archéologique des Basques-de-l'Anse-à-la-Cave est classé en 2008 au même moment que 31 biens archéologiques provenant des fouilles.

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Emplacement

Region administrative :

  • Côte-Nord

MRC :

  • La Haute-Côte-Nord

Municipalité :

  • Les Bergeronnes

Adresse :

  • Rang 1

Lieux-dits :

  • Grandes-Bergeronnes

Latitude :

  • 48° 17' 8.37"

Longitude :

  • -69° 26' 56.2"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Saguenay Canton de Bergeronnes Rang 1 15 ptie

Code Borden

DbEi-5      

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Documents

Références

Notices bibliographiques :

  • LALANDE, Dominique. Étude comparative des sites archéologiques basques du Québec. Évaluation de l'intérêt patrimonial du site de l'Anse-à-la-Cave, Côte-Nord. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2005. 47 p.
  • LALANDE, Dominique. Le site basque de l'anse à la Cave. Québec, Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2008. 52 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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