Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Monastère des Carmélites

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Carmel de Montréal
  • Monastère du Carmel

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1895 – 1896 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Mission contemplative)
  • Patrimoine religieux (Vie quotidienne)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Couvents, monastères et abbayes)

Éléments associés

Groupes associés (1)

Personnes associées (9)

Images

Carte

Description

Le monastère des Carmélites est un ensemble conventuel catholique érigé en 1895 et 1896. Le terrain est ceinturé par un muret en façade principale et par un haut mur en moellons sur les autres côtés. L'ensemble comprend plusieurs bâtiments, dont le monastère (1895-1896) qui intègre le cloître, le pavillon des tourières (porterie), la chapelle publique, la sacristie et le chemin couvert. Isolées, l'ancienne maison du chapelain (1896) et l'ancienne maison du gardien (1906) occupent les extrémités du front de la propriété. S'ajoutent quatre ermitages, soit l'ermitage Saint-Jean-de-la-Croix (1896) qui était à l'origine un hangar, l'ermitage Saint-Michel (1955-1956), l'ermitage Sainte-Thérèse (1956) et l'ermitage San-José (1984), un atelier (début des années 1980) et un garage (1984). Un préau au centre du cloître et le grand jardin autour de celui-ci complètent le domaine claustral. Le jardin d'accueil, le jardin du chapelain et la cour conventuelle servent de transition entre l'espace profane et l'espace sacré.

Le monastère proprement dit est en moellons équarris. Il compte deux étages, à l'exception de la sacristie de trois étages et du chemin couvert d'un étage et demi. L'édifice est coiffé d'un toit plat, mais la chapelle est surmontée d'un toit à deux versants droits. Le chemin couvert, qui relie la chapelle à la porterie, se termine par une fausse mansarde. Les anciennes maisons du chapelain et du gardien, d'une hauteur de deux étages, sont coiffées d'un toit plat. Celle du chapelain, en moellons, est revêtue de pierre de taille en façade principale. Celle du gardien, en brique jaune, est murée au rez-de-chaussée en façade par l'enceinte. Les ermitages, l'atelier et le garage, de petites dimensions, présentent un volume simple.

Le terrain englobe plusieurs aménagements paysagers, dont un verger et des boisés de feuillus et de conifères. Il inclut entre autres un monticule de pierres nommé « montagne », « mont Carmel » ou encore « mont Saint-Joseph » ainsi qu'une grotte dédiée à Notre-Dame de Lourdes et plusieurs statues reliées aux dévotions des Carmélites.

Le monastère des Carmélites est situé dans un milieu urbain aux vocations résidentielle, commerciale et industrielle, dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il bénéficie d'une aire de protection.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2006-05-18
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 2007-02-15
 

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Valeur patrimoniale

Le monastère des Carmélites présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Ce monastère, construit en 1895 et 1896, est le second ensemble conventuel occupé par les Carmélites déchaussées à Montréal. Le carmel de Montréal, premier au Canada, est fondé en 1875, à la suite des démarches effectuées par Mgr Ignace Bourget (1799-1885) auprès du carmel de Reims. Parmi les nombreuses communautés européennes venues s'établir au Québec à son initiative, il s'agit du premier ordre mendiant cloîtré se consacrant à la vie contemplative. La communauté a connu un certain rayonnement, entre autres en mettant sur pied les carmels de Trois-Rivières (1929) et de Québec (1950). Ce monastère témoigne donc d'une période marquante dans l'histoire de l'Église catholique au Québec.

Le monastère des Carmélite présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. Cet ensemble comprend plusieurs bâtiments et aménagements paysagers enclos dans une enceinte. Le monastère proprement dit s'inscrit dans la tradition la plus dépouillée de l'architecture monastique occidentale et correspond à un modèle qui s'est perpétué pendant plus d'un millénaire. Il intègre le cloître, le pavillon des tourières (porterie), la chapelle publique, la sacristie et le chemin couvert. Ses plans, tout comme ceux de l'ancienne maison du chapelain, ont été dessinés par l'architecte Alfred Préfontaine (1865-1945) à la demande du chapelain Joseph-Télesphore Savaria (1856-1916). Le cloître présente un plan carré formé de quatre ailes autour d'un préau. Dédiées aux fonctions publiques, la chapelle, à l'exception du choeur qui fait partie du carré claustral, et la porterie sont greffées au cloître à l'avant de la propriété. Seuls le cloître, la chapelle et le chemin couvert, d'inspiration néogothique, présentent un traitement architectural plus élaboré. Le monastère illustre ainsi la volonté des religieuses de se conformer aux règles qui régissent la construction des monastères. Par ailleurs, l'aménagements intérieur témoigne aussi des règles monastiques. Le décor se caractérise par sa sobriété, en conformité avec les préceptes d'austérité de l'ordre. Seuls la chapelle et le choeur des religieuses, situé dans l'aile sud du cloître et perpendiculaire au choeur de la chapelle, se distinguent par leur ornementation d'inspiration néogothique. Les pièces du cloître sont distribuées en fonction du mode de vie des moniales, qui conjugue la vie communautaire et l'isolement. Celles du rez-de-chaussée sont consacrées à la liturgie, tel le choeur des religieuses, et à la vie commune, tels le réfectoire et la cuisine. Quant à l'étage, il est réservé à la vie individuelle et loge les cellules des moniales ainsi qu'un oratoire. Le parloir est pour sa part situé dans la porterie. La répartition des aires claustrales et publiques est conforme au plan type des monastères occidentaux.

Le monastère des Carmélites présente en outre un intérêt pour sa valeur paysagère. Par leur simplicité, les aménagements paysagers se rattachent à la tradition monastique médiévale et témoignent du mode de vie de la communauté. Leur conception initiale revient au père Savaria. Le préau et le grand jardin, à l'intérieur du domaine claustral, sont des lieux de recueillement, comme le révèlent le christ en croix du préau et, dans le grand jardin, le monticule représentant le mont Carmel, la grotte dédiée à Notre-Dame de Lourdes, les quatre ermitages et les statues. Malgré une certaine évolution de son usage, le grand jardin conserve sa structure initiale; sa fonction utilitaire est attestée par la présence de l'atelier et du verger. Le jardin d'accueil, le jardin du chapelain et la cour conventuelle servent de transition entre l'espace profane et l'espace sacré.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du monastère des Carmélites liés à ses valeurs historique, architecturale et paysagère comprennent, notamment :
- la relation entre les bâtiments (tous dans l'enceinte), les aménagements paysagers (claustraux et publics) et l'enceinte formée par un muret en façade et un haut mur en moellons;
- la disposition des bâtiments, soit le monastère en retrait, les anciennes maisons du chapelain et du gardien aux extrémités du front de la propriété ainsi que les quatre ermitages, l'atelier et le garage dans le grand jardin;
- ses parties, dont le cloître, la porterie contre la façade sud du cloître à son extrémité est, la chapelle à l'avant du cloître à son extrémité ouest, la sacristie contre le mur ouest de la chapelle ainsi que le chemin couvert entre la chapelle et la porterie;
- ses matériaux, dont la maçonnerie de moellons équarris et de moellons, les détails architecturaux en pierre de taille ainsi que la couverture en ardoise de la chapelle et du chemin couvert;
- le cloître de plan carré à deux étages formé de quatre ailes, le toit plat souligné d'une corniche et les deux clochers de l'aile sud;
- la chapelle de plan rectangulaire au toit à deux versants droits (avec le choeur intégré au cloître) ainsi que la sacristie de plan rectangulaire à trois étages et à toit plat;
- la porterie de plan rectangulaire à deux étages et à toit plat;
- le chemin couvert à un étage et demi coiffé d'une fausse mansarde;
- les ouvertures, dont l'arcade, les fenêtres et les portes en arc brisé du cloître, la porte, les fenêtres, la niche (avec une statue de la Vierge à l'Enfant) en arc brisé et l'oculus de la chapelle, les fenêtres en arc brisé et les lucarnes du chemin couvert, les portes à imposte, les fenêtres rectangulaires ainsi que les chambranles, les appuis et les arcs brisés en pierre de taille;
- l'ornementation dépouillée;
- les anciennes maisons du chapelain (en moellons avec revêtement de pierre de taille en façade principale) et du gardien (en brique jaune) de plan presque carré à deux étages et à toit plat;
- les ermitages, l'atelier et le garage de volume simple;
- la distribution des pièces du cloître, dont le choeur des religieuses perpendiculaire au choeur de la chapelle, la salle capitulaire, le réfectoire et la cuisine au rez-de-chaussée ainsi que les cellules et l'oratoire au deuxième étage;
- le décor très sobre, marqué par la blancheur des murs et les boiseries vernies;
- les composantes en bois, dont les planchers, les escaliers, les lambris, les volets, les portes, les chambranles et les plinthes;
- la ferronnerie ainsi que les grilles du choeur des religieuses et du parloir;
- les composantes de la chapelle, dont la fausse voûte et les arcades en arc brisé, les piliers et les colonnettes, le décor peint, les archivoltes, le maître-autel, le baldaquin en bois ouvragé orné de gâbles et de pinacles, la niche du chevet en bois ouvragé occupée par une statue de la Vierge à l'Enfant, les deux chapelles de dévotion, les vitraux, la tribune arrière et la crypte;
- les composantes du choeur des religieuses, dont la fausse voûte en arc brisé, les lambris et les stalles en bois ainsi que la grille et le bas-relief « La sainte Famille »;
- les aménagements de transition, soit le jardin d'accueil, le jardin du chapelain et la cour conventuelle;
- les aménagements claustraux, soit le préau avec un christ en croix au centre de quatre parterres carrés ainsi que le grand jardin avec le monticule de pierres symbolisant le mont Carmel, la grotte de Notre-Dame de Lourdes, les oratoires, la croix de fondation, l'ancienne grille du cloître du monastère d'Hochelaga, le verger, le champ d'érables, la plantation de pins, les parterres, les deux bassins et le puits décoratif.

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Informations historiques

Les Carmélites déchaussées sont établies à Montréal depuis 1875. Les racines de cet ordre mendiant cloîtré remontent au XIIe siècle, alors que des pèlerins fondent un établissement érémitique sur le mont Carmel, en Palestine, où le prophète Élie se serait réfugié. Prenant le nom de Notre-Dame du Mont-Carmel, cet ordre quitte la Terre sainte au cours du siècle suivant pour s'établir en Europe. En 1452, l'ordre féminin des Carmélites est organisé. Sa règle monastique est toutefois réformée par sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), en 1562. Connues sous le nom de « Carmélites déchaussées », ces religieuses sont vouées à la stricte observance de la prière, du silence et du travail manuel.

Les démarches pour amener les Carmélites à Montréal sont entreprises en 1854 par Mgr Ignace Bourget (1799-1885), deuxième évêque du diocèse, qui considère l'apport des communautés contemplatives comme un « bouclier protecteur contre les forces du Mal ». Le projet de Mgr Bourget est repris presque vingt ans plus tard par Antoine-Nicolas Braun (1815-1885), un ultramontain notoire. Il est le directeur spirituel de Marie-Luce-Hermine Frémont (1851-1873), une jeune fille de Québec qui aspire à la vie contemplative. En 1873, celle-ci est envoyée au carmel de Reims (France), pour être formée dans le but précis d'établir un carmel au Québec. La première carmélite canadienne décède toutefois avant son retour. Deux ans plus tard, un groupe de religieuses du carmel de Reims, sous la direction de mère Séraphine du Divin Coeur de Jésus (Adéline Lucas, 1816-1888), fonde à Montréal le premier carmel au Québec et au Canada.

Les Carmélites font construire un premier monastère en 1878, rue Notre-Dame, dans la ville d'Hochelaga. Mère Séraphine voit à ce qu'il soit conforme à la règle pour assurer sa filiation avec les monastères européens. Elle rejette d'ailleurs les premières esquisses des plans qu'elle trouve trop ostentatoires. Le monastère d'Hochelaga se révèle rapidement incommode en raison de son exiguïté, de son mur d'enceinte incomplet et des activités portuaires qui se développent aux alentours.

Le monastère actuel, construit en 1895 et 1896, est un rappel architectural de celui d'Hochelaga aujourd'hui disparu. Ses plans sont dessinés par l'architecte Alfred Préfontaine (1865-1945). C'est le père Joseph-Télesphore Savaria (1856-1916), porteur de la tradition du carmel depuis le décès de mère Séraphine et chapelain des Carmélites depuis 1885, qui veille à ce qu'ils respectent la règle de l'ordre.

À l'automne de 1896, les Carmélites emménagent dans leur nouveau monastère. On procède aussi à la translation des restes des religieuses décédées. Le 15 octobre 1896, jour de la fête de sainte Thérèse, la communauté prend définitivement possession des lieux. La maison d'Hochelaga est occupée par les Rédemptoristes jusqu'en 1913, puis démolie au tournant des années 1930.

Les aménagements paysagers du monastère sont aussi conçus par le père Savaria. Le grand jardin prend vie en 1897 avec l'érection de la croix de fondation sur le monticule de pierres symbolisant le mont Carmel. Ce jardin comprend également un vaste potager et un verger. Dans les années 1910, la grotte d'Élie est transformée en grotte de Notre-Dame de Lourdes.

Au cours des décennies, le monastère est l'objet de quelques modifications et rénovations. Entre 1950 et 1953, le décor de la chapelle est retouché par Alphonse Lespérance. En 1969, à la suite du concile Vatican II, la chapelle et le choeur des religieuses, qui compte un bas-relief de la sainte Famille sculpté en 1875 par Louis Jobin (1845-1928), sont modifiés selon les plans de l'architecte Claude Beaulieu.

Le monastère des Carmélites est classé en 2006. Il bénéficie d'une aire de protection depuis 2007.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Le Plateau-Mont-Royal

Adresse :

  • 351, avenue du Carmel

Latitude :

45° 31' 42.2"

Longitude :

-73° 35' 41.4"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 619 050

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Documents

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Références

Notices bibliographiques :

  • BOURQUE, Hélène. Le Carmel de Montréal : Évaluation patrimoniale du monastère. Montréal, Ministère de la Culture et des Communications, Direction du patrimoine, 2005. 84 p.
  • MARSAN, Jean-Claude et Caroline TANGUAY. Le monastère des Carmélites, Montréal : Évaluation patrimoniale. Montréal, Ministère de la Culture et des Communications, Direction du patrimoine, 2004. 74 p.
  • PRUD'HOMME, Chantal. Carmel de Montréal : Évaluation patrimoniale des jardins. Montréal, Ministère de la Culture et des Communications, Direction du patrimoine, 2005. 39 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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