Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site archéologique de l'Église-des-Saints-Anges-de-Lachine

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Description

Le site archéologique de l'Église-des-Saints-Anges-de-Lachine renferme les vestiges d'un ensemble religieux catholique autrefois formé de l'église des Saints-Anges (érigée en 1701 et agrandie en 1784) et de sa sacristie, du presbytère, de la salle des habitants et du cimetière paroissial. Tous les bâtiments sont démolis en 1869. Seuls les vestiges de l'église, des fondations de moellon formant un plan rectangulaire terminé par une abside en hémicycle, sont mis en valeur dans cet espace aménagé en parc de quartier; ceux des autres éléments de l'ensemble sont enfouis. Des arbres matures et du mobilier urbain occupent également les lieux. Le site fait partie de l'arrondissement municipal de LaSalle de la ville de Montréal. L'endroit est séparé du fleuve Saint-Laurent par le boulevard LaSalle.

Ce bien est classé site patrimonial. L'emplacement est inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1977-05-11

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 

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Valeur patrimoniale

Le site archéologique de l'Église-des-Saints-Anges-de-Lachine présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le site évoque l'organisation religieuse des premières paroisses érigées au Québec. En 1676, Lachine est constituée en paroisse sous le vocable de Saints-Anges-de-la-Chine par le premier évêque de la Nouvelle-France, François de Laval (1623-1708). Une chapelle en bois est alors implantée dans le fort Rémy, nommé ainsi en l'honneur de son premier curé, Pierre Rémy (1636-1726). Avec l'accroissement démographique, la chapelle est remplacée par une église en pierre érigée de 1701 à 1703 par l'entrepreneur de Trois-Rivières, Michel Lefebvre (1654-1708). Un presbytère est construit en 1708 à proximité (incendié en 1769 et reconstruit à une date indéterminée). Le presbytère est essentiellement une habitation dans laquelle est aménagé un bureau où le curé reçoit les fidèles. Une salle des habitants vient lier l'église et le presbytère, faisant ainsi office de chemin couvert. Elle est annexée au long pan sud de l'église et au mur latéral du presbytère; les trois façades sont alignées en bordure du chemin. Cette salle est un endroit où les paroissiens se rassemblent pour débattre des questions concernant leur collectivité. En 1784, le maître maçon de Montréal Basile Proulx reconstruit les murs de l'église et l'agrandit en la prolongeant par le choeur. Son implantation le long du chemin empêche l'agrandissement habituel par la façade. L'extension d'une église est courante, car elle sert à adapter l'édifice aux besoins de la paroisse. Le choeur, terminé par une abside en hémicycle, est annexé d'une sacristie (reconstruite de 1840 à 1842). Cet aménagement correspond à une pratique apparue à la fin du XVIIIe siècle. Ainsi, l'espace, en général situé derrière une cloison du choeur, loge désormais dans un bâtiment distinct greffé à l'abside. L'ensemble, complété par un cimetière aménagé du côté nord de l'église, forme ainsi l'un de ces noyaux religieux typiques des coeurs villageois. L'ouverture du canal de Lachine, en 1824, favorise le déplacement de la population plus à l'ouest vers l'emplacement du Vieux-Lachine actuel. Un nouveau noyau religieux est créé dans ce centre villageois. La dernière cérémonie est célébrée à l'église des Saint-Anges-de-Lachine en 1865. Les Oblats acquièrent l'ensemble l'année suivante et l'utilisent comme noviciat jusqu'en 1869. Ils démolissent alors les bâtiments pour y aménager leur cimetière et un nouveau noviciat. Le site correspond ainsi à l'emplacement du premier noyau de Lachine.

Le site présente aussi un intérêt pour sa valeur archéologique. Il contient les vestiges de l'église et de sa sacristie, du presbytère et de la salle des habitants. Ceux-ci permettent de comprendre l'implantation de ces bâtiments et les modalités de construction des ensembles religieux catholiques du XVIIIe siècle et de la première moitié du XIXe siècle. Tous ces bâtiments sont en moellon. L'église présente un plan simple, composé d'une nef rectangulaire et d'un choeur de même largeur terminé par une abside en hémicycle. Elle comporte un mur de refend destiné à mieux supporter le plancher. Les roches sont vraisemblablement locales. Les plus volumineuses sont utilisées pour les fondations. La mise en valeur des fondations de l'église et de la salle des habitants (les vestiges des autres éléments sont enfouis) illustre donc ces caractéristiques. Le site révèle aussi la présence de sépultures datant des XVIIIe et XIXe siècles et contenant des restes humains oubliés lors du transfert des cimetières. Ces sépultures fournissent de l'information, notamment sur les modes d'inhumation, les conditions de santé et le profil démographique des paroissiens et des Oblats.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site archéologique de l'Église-des-Saints-Anges-de-Lachine liés à ses valeurs historique et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation à l'emplacement du premier noyau de Lachine compris maintenant dans l'arrondissement municipal de LaSalle de la ville de Montréal;
- les fondations de l'église et une partie de celles de la salle des habitants conservées « in situ » et les vestiges enfouis du presbytère et de la sacristie;
- la portion résiduelle renfermant des contextes archéologiques propices à la recherche et à l'interprétation du lieu.

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Informations historiques

En 1667, les Sulpiciens de Montréal concèdent un arrière-fief, nommé la côte Saint-Sulpice, à René-Robert Cavelier de La Salle (1643-1687) sur le haut du Sault-Saint-Louis. L'échec de ce dernier à trouver un passage vers la Chine est vraisemblablement à l'origine du toponyme de la localité nommée en dérision « Lachine ». Un fort y est dressé afin d'abriter les colons lors des attaques iroquoises. En 1669, La Salle rétrocède son fief aux Sulpiciens et vend un domaine à Jean Milot (né en 1624), riche marchand de Ville-Marie. Ce dernier poursuit la construction du fort qu'il entoure d'une palissade et à l'intérieur duquel il élève un moulin à vent. Le fort compte aussi la demeure seigneuriale et un grand bâtiment comprenant une forge, une boulangerie et un puits. En 1676, François de Laval (1623-1708), premier évêque de la Nouvelle-France, érige la paroisse des Saints-Anges-de-la-Chine. Une chapelle en bois s'ajoute alors aux autres composantes du fort. Au cours des années 1670, le fort est renommé fort Rémy en l'honneur du premier curé de la paroisse Pierre Rémy (1636-1726).

Les habitants de Lachine essuient une importante attaque menée en 1689 par les Iroquois. Plusieurs colons sont tués et de nombreux autres sont capturés durant cet événement baptisé « le massacre de Lachine ».

En raison de l'augmentation de la population, le curé Rémy décide de financer la construction d'une église en pierre pour remplacer la chapelle. Elle est érigée de 1701 à 1703 par l'entrepreneur de Trois-Rivières, Michel Lefebvre (1654-1708). En 1708, un presbytère est bâti à proximité. Détruite par les flammes en 1769, la demeure curiale est reconstruite, mais la date reste inconnue aujourd'hui. En 1784, l'église est agrandie par le maître maçon Basile Proulx, de Montréal, afin de pallier encore une fois l'augmentation du nombre de paroissiens. Les murs de l'édifice sont refaits sur les fondations d'origine; le bâtiment est allongé par le choeur qui est terminé par une abside en hémicycle. Un nouveau clocher (le précédent datant de 1718) surmonte la façade. La sacristie, jusqu'alors installée derrière une cloison dans le choeur, est déménagée dans un bâtiment qui est greffé à l'abside. La sacristie est reconstruite de 1840 à 1842.

L'ouverture du canal de Lachine en 1824 contribue au développement du village et à l'accroissement de la population, mais également à son déplacement plus à l'ouest vers ce qui constitue le Vieux-Lachine actuel. Devenue trop petite et mal située par rapport au nouveau centre, l'église ne répond plus efficacement aux besoins des paroissiens. Ainsi, un nouveau lieu de culte est érigé de 1861 à 1865. La dernière cérémonie en l'église des Saints-Anges se tient au cours de cette année.

L'ensemble religieux, qui borde le chemin de la Reine, compte alors l'église et sa sacristie greffée au choeur, le presbytère, la salle des habitants et le cimetière. Ce dernier est déménagé en 1865 près de la nouvelle église. La salle des habitants s'élève entre l'église et le presbytère et fait ainsi office de chemin couvert. Elle est annexée au long pan sud de l'église et au mur latéral du presbytère, les trois façades étant alignées. Un verger, un jardin, un enclos pour les chevaux et des dépendances complètent l'ensemble.

Les Oblats acquièrent les lieux en 1866. Ils utilisent l'église comme noviciat jusqu'en 1869, année où ils démolissent l'ensemble religieux pour aménager un nouveau noviciat (construit l'année suivante et démoli en 1969) et le cimetière de leur congrégation. Leurs sépultures sont déplacées en 1972.

Le site archéologique de l'Église-des-Saints-Anges-de-Lachine est classé en 1977.

Des fouilles menées en 1976, 1977 et 1984 ont mis au jour les vestiges de l'église, de la sacristie, de la salle des habitants, du presbytère ainsi que des restes humains. Les fondations de l'église et une partie de celles de la salle des habitants sont conservées « in situ » et mises en valeur.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • LaSalle

Adresse :

  • boulevard LaSalle

Latitude :

  • 45° 25' 27.3"

Longitude :

  • -73° 39' 24.5"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Paroisse de Lachine Absent 1070-1
1070-4
1070-6
947-2-1
947-2-2
947-2-3
947-2-4
947-3
947-4-1
947-4-2
947-4-3
947-4-4

Code Borden

BiFj-8      

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Références

Notices bibliographiques :

  • BÉLISLE, Jean. « Église des Saints-Anges de Lachine à Ville LaSalle ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 185-186.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • LAROCQUE, Robert. Intervention archéologique à l'église des Saints-Anges (BiFj-8) de Ville de LaSalle, 1984. Montréal, Ministère des Affaires culturelles, 1984. 33 p.
  • PICARD, François. Fouilles archéologiques sur le site de l'église Saints-Anges à Ville Lasalle, été 1978 (BiFj-8). s.l. Ministère des Affaires culturelles, 1978. 112 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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