Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Pont d'aluminium d'Arvida

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

Municipalité :

  • Saguenay

Date :

  • 1949 – 1950 (Construction)

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Ponts et ouvrages de génie)

Éléments associés

Plaques commémoratives associées (1)

Groupes associés (5)

Personnes associées (3)

Images

Carte

Description

Le pont d'aluminium d'Arvida est un ouvrage de génie civil construit en 1949 et 1950. Ce pont en arc en aluminium se compose d'un tablier supérieur de 153,62 mètres comportant trois travées. La principale, un arc parabolique d'une portée de 91,50 mètres, s'élève à 32,91 mètres au-dessus de l'eau. Le pont d'aluminium d'Arvida enjambe un bras de la rivière Saguenay. Il relie l'ancienne ville d'Arvida à la centrale hydroélectrique Shipshaw II, dans l'arrondissement municipal de Jonquière de la ville de Saguenay.

Ce bien est cité immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Saguenay) 2005-03-07
 

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Valeur patrimoniale

Le pont d'aluminium d'Arvida présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son unicité. Ce pont est le premier au monde à être construit entièrement en aluminium. Durant la première moitié du XXe siècle, les ponts québécois et canadiens sont construits soit en bois, en acier ou en béton armé. L'aluminium n'est pas couramment utilisé à cette époque pour la construction de ponts, sauf pour deux courtes traverses : l'une à Massena (État de New York, États-Unis), et l'autre dans le port de Sunderland (Angleterre). Au moment de sa construction en 1949 et 1950, le pont d'Arvida est le premier à être entièrement fait d'aluminium. Les éléments de structure sont fabriqués en atelier et réalisés à partir de divers alliages d'aluminium. Ils sont ensuite assemblés par rivetage, boulons et broches étant aussi en alliages d'aluminium enduits de produits scellant. En raison de sa conception en aluminium, le pont d'Arvida pèse 163 tonnes; un pont similaire en acier en pèserait plus du double. La réalisation du pont d'Arvida constitue un événement important dans l'histoire du génie civil tant au Québec, au Canada, qu'à l'échelle internationale.

Le pont d'aluminium d'Arvida présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur technologique. Cette structure est un exemple de pont en arc à tablier supérieur. W. L. Pugh et les ingénieurs de la division Aluminium Laboratories de l'Alcan optent pour ce type de pont, car il préserve la beauté naturelle du site. De plus, la présence de roc en surface permet ce genre de structure. Le pont se caractérise par son grand arc reposant sur des points d'appui de part et d'autre de l'obstacle à franchir. Son principe consiste à transférer une partie du poids du tablier vers l'arc, qui le transfère à son tour aux points d'appui. Le pont d'Arvida se compose d'un tablier supérieur de 153,62 mètres comportant trois travées. La principale, l'arc d'une portée de 91,50 mètres, s'élève à 32,91 mètres au-dessus de l'eau. Les poutres caissons sous l'arc sont renforcées par des poutres en treillis. Des poutres longitudinales continues, des poutres transversales et des longerons constituent le tablier du pont. Les garde-fous, faits de barres carrées insérées verticalement entre deux cannelures horizontales, sont conçus pour supporter de plus grandes forces latérales que d'ordinaire. La courbe gracieuse du grand arc, la finesse des poutres d'approche, les garde-fous intégrant les luminaires contribuent à l'intégration de cette structure légère à son environnement.

Le pont d'aluminium d'Arvida présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur historique découlant de son association avec ses concepteurs et réalisateurs. En effet, plusieurs personnages importants de l'histoire du génie civil et de l'architecture au Canada figurent parmi eux. En 1943, sous la supervision de W. L. Pugh, les ingénieurs de la division Aluminium Laboratories de l'Alcan entreprennent des études préliminaires pour déterminer l'emplacement et le type de pont convenant le mieux. La Ville d'Arvida demande dès le début du projet à Olivier Desjardins, ingénieur en chef du département des travaux publics de la province de Québec, ainsi qu'à l'architecte paysagiste Frederic G. Todd (1876-1948), et à l'architecte Harold Lee Fetherstonhaugh (1887-1971), de se joindre à cette équipe à titre de consultants. En 1946, la compagnie Dominion Bridge, une firme spécialisée dans la fabrication de pont en acier, est invitée à poursuivre le projet. Après des mois d'études et de discussions avec l'Alcan, la Dominion Bridge propose deux projets de pont : l'un en acier, l'autre en aluminium. Malgré l'absence de précédent, c'est le pont en aluminium qui est retenu. La firme Pic Construction de Jonquière entreprend sa construction en août 1949. La firme d'ingénieurs Surveyer, Nenniger et Chenevert de Montréal (maintenant connue sous le nom SNC-Lavalin) est responsable de la supervision des travaux.

Source : Ville de Saguenay, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du pont d'aluminium d'Arvida liés à ses valeurs historique et technologique comprennent, notamment :
- sa proximité d'Arvida;
- sa situation au-dessus d'un bras de la rivière Saguenay reliant l'ancienne ville d'Arvida à la centrale hydroélectrique Shipshaw II, dans l'arrondissement municipal de Jonquière de la ville de Saguenay;
- la structure en arc à tablier supérieur, dont le tablier de 153,62 mètres, les trois travées (la travée centrale étant un arc d'une portée de 91,50 mètres s'élevant de 32,91 mètres au-dessus de l'eau);
- ses matériaux, dont les divers alliages d'aluminium (Alcan : 26 S-T pour les plaques et la structure; 16 S-T, pour les rivets; 65 S-T, pour les garde-fous; 2 S pour la couche séparant l'aluminium du béton), le béton du tablier;
- ses divers éléments, dont les poutres d'approche, les poutres caissons renforcées d'entretoisement en treillis, les garde-fous intégrant les luminaires, les parapets ornementaux.

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Informations historiques

Arvida voit le jour en 1925. La compagnie américaine Alcoa implante alors une aluminerie à cet endroit, qui offre une puissance hydroélectrique pouvant répondre à cette industrie. L'architecte et urbaniste étasunien Harry H. Brainerd (né en 1887) dessine les plans d'une ville modèle de 50 000 habitants à être érigée à proximité de l'aluminerie. Elle est planifiée dans le but d'attirer et de retenir dans cette « Washington du nord » du personnel qualifié. La nouvelle ville offre de loger autant ses ouvriers que ses employés supérieurs dans des maisons individuelles. La filiale canadienne d'Alcoa, nommée Northern Aluminum Company puis Aluminum Company of Canada (1925), devient une compagnie distincte en 1928. Elle sera plus tard connue sous l'acronyme Alcan.

Dès la fin des années 1920, la possibilité de construire un pont en aluminium à Arvida est envisagée. Il faut cependant attendre 1943 pour que le conseil municipal d'Arvida amorce des pourparlers avec le département de génie général de l'Alcan. W. L. Pugh et les ingénieurs de la division Aluminium Laboratories de l'Alcan réalisent des études préliminaires pour déterminer l'emplacement et le type de pont convenant le mieux. Ils optent pour un pont en arc à tablier supérieur. La Ville d'Arvida demande dès le début du projet à Olivier Desjardins, ingénieur en chef du département des travaux publics de la province de Québec, à l'architecte paysagiste Frederic G. Todd (1876-1948) et à l'architecte Harold Lee Fetherstonhaugh (1887-1971) de se joindre à cette équipe à titre de consultants. En 1946, la compagnie Dominion Bridge est choisie pour concevoir le pont. Après plusieurs mois d'études et de discussions avec l'Alcan, la compagnie propose deux projets : l'un en acier et l'autre en aluminium. Malgré l'absence de précédent, c'est le pont en aluminium qui est retenu. Dominion Bridge entreprend la fabrication du pont en 1948. Les éléments structuraux en aluminium sont conçus par extrusion et ensuite assemblés par rivetage. Pour les réaliser, diverses catégories d'alliages d'aluminium sont utilisées selon les besoins.

L'assemblage de la structure à Arvida est confié à Pic Construction de Jonquière; les travaux commencent en 1949. La firme d'ingénieurs Surveyer, Nenniger et Chenevert de Montréal (maintenant connue sous le nom SNC-Lavalin) supervise la construction. En raison de la légèreté de plusieurs sections, l'arc est installé à l'aide d'un transbordeur aérien et non d'un pont roulant. Certains éléments peuvent même être transportés à bras d'homme. Les garde-fous, les luminaires et les lampadaires sont fabriqués par Lockwell et Forget de Montréal. Le pont est éclairé par des lampes intégrées sous la main courante des garde-fous, tous les quatre balustres.

Le pont d'aluminium d'Arvida est inauguré le dimanche 16 juillet 1950 en présence de plusieurs invités de marque. Le premier ministre du Québec, Maurice L. Duplessis (1890-1959), Ray Edwin Powell (1887-1973), président d'Alcan et Donald Gordon (1901-1969), président de la compagnie ferroviaire Canadien National assistent à l'événement.

En 1971, les pylônes-lampadaires marquant l'entrée du pont sont retirés pour permettre le passage des maisons épargnées lors du glissement de terrain de Saint-Jean-Vianney. Les habitations sont déplacées à Arvida.

Le pont d'aluminium d'Arvida est cité en 2004.

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Emplacement

Region administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

MRC :

  • Saguenay

Municipalité :

  • Saguenay

Arrondissement municipal :

  • Jonquière

Lieux-dits :

  • Arvida

Localisation informelle :

Enjambant la rivière Saguenay, situé sur la route du Pont reliant Jonquière à Shipshaw

Latitude :

48° 26' 40.4"

Longitude :

-71° 13' 5.9"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Chicoutimi Canton de Simard Rang A 79-1

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Références

Notices bibliographiques :

  • FORTIER, Robert, dir. Villes industrielles planifiées. Montréal, Boréal / Centre canadien d'architecture, 1996. 320 p.
  • MORISSET, Lucie K. Arvida, cité industrielle : une épopée urbaine en Amérique. Québec, Septentrion, 1998. 251 p.
  • VAILLANCOURT, Josée. Le pont d'Arvida... une première au monde. Jonquière, Ville de Jonquière, 2001. 25 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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