Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de Rapide-Danseur

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Site historique de Rapide-Danseur

Région administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue

Municipalité :

  • Rapide-Danseur

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Groupes associés (1)

Personnes associées (3)

Images

Carte

Description

Le site patrimonial de Rapide-Danseur est un ensemble religieux aménagé à partir de 1941. Il comprend l'église de la mission de Saint-Bruno, le presbytère ainsi que le terrain qui borde la rivière Duparquet. L'église en pierre présente une nef de plan rectangulaire prolongée par une abside en hémicycle plus étroite, un toit à deux versants droits à forte pente ainsi qu'un clocher reposant sur le faîte en façade. Le presbytère en bois, de plan rectangulaire à un étage et demi, est coiffé d'un toit à deux versants retroussés percé d'une grande lucarne en façade et formant des avant-toits au-dessus des galeries avant et arrière. Le site patrimonial se situe sur un affleurement rocheux, en bordure de la rivière Duparquet, dans la municipalité de Rapide-Danseur.

Ce bien est classé site patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1985-08-12
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Rapide-Danseur présente un intérêt pour sa valeur historique. L'endroit est d'abord un lieu de passage dans le cadre du commerce de la fourrure. Dès 1660, les explorateurs et les commerçants français empruntent les rivières de l'Abitibi afin d'accéder à la baie d'Hudson pour s'approvisionner en fourrure et défendre leurs intérêts. Le voyage depuis Montréal dure environ un mois et compte quelque 140 portages, dont celui du rapide Danseur. Plus tard, soit à partir de 1917, l'emplacement est utilisé pour le flottage du bois. Les billes sont empilées sur la glace de la rivière Duparquet durant l'hiver. Au moment de la débâcle, des draveurs facilitent leur passage au rapide Danseur et les assemblent en radeaux. Elles descendent la rivière jusqu'au lac Abitibi, puis sont expédiées vers les scieries. Le site illustre enfin la période de la colonisation dirigée des années 1930 et 1940. La crise économique provoque une hausse importante du taux de chômage dans les centres urbains. Les gouvernements provincial et fédéral élaborent des plans de colonisation dans le but de désengorger les villes et de fournir un moyen de subsistance aux milliers de sans-emploi. Ces plans, dont ceux des ministres Wesley Ashton Gordon (1932) et Irénée Vautrin (1935), encouragent matériellement et financièrement l'implantation de chômeurs dans les régions rurales du Québec telles que l'Abitibi. La municipalité de Rapide-Danseur prend forme à cette époque. Les colons défrichent leur terre pendant l'été et travaillent dans les chantiers pendant l'hiver. Le site patrimonial de Rapide-Danseur témoigne donc à la fois de la traite de la fourrure, du flottage du bois et de la colonisation dirigée, trois étapes importantes de l'histoire de l'Abitibi.

Le site patrimonial de Rapide-Danseur présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. L'église et du presbytère constituent de bons exemples de l'architecture populaire qui caractérise les régions de colonisation récente comme l'Abitibi. Les deux édifices sont conçus par Charles-Auguste Dion, premier curé résidant de Rapide-Danseur, qui ne possède pas de formation en architecture. Ils sont érigés lors de corvées effectuées par les colons, sous la supervision d'ouvriers spécialisés. Chacun offre des journées de travail ou un montant d'argent. En raison des ressources financières limitées de la communauté, les principaux matériaux sont pris sur place (pierre, bois, sable) ou encore récupérés (fer). L'église présente une nef de plan rectangulaire prolongée par une abside en hémicycle plus étroite, un toit à deux versants droits à forte pente ainsi qu'un clocher reposant sur le faîte en façade. Pour le presbytère, le curé s'inspire librement de l'architecture vernaculaire québécoise, soit de la maison traditionnelle du XIXe siècle. Le bâtiment en bois de plan rectangulaire, à un étage et demi, est coiffé d'un toit à deux versants retroussés percé d'une grande lucarne en façade et formant des avant-toits au-dessus des galeries avant et arrière. La construction de l'église et du presbytère constitue un exemple de la survivance des corvées, une tradition autrefois largement répandue au Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de Rapide-Danseur liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, entre autres :
- les caractéristiques de l'église, dont la nef de plan rectangulaire, l'abside en hémicycle plus étroite, le toit à deux versants à forte pente couvert de tôle, le clocher reposant sur le faîte en façade, le perron monumental menant à l'entrée surélevée et ses escaliers latéraux, l'accès au sous-sol à l'avant avec ses deux baies à arc en mitre, la structure en pierre des champs (aussi dite de moraine) laissée apparente, les fenêtres à arc brisé comportant des plates-bandes clavées en pierre et des appuis, l'entrée comportant une porte à deux vantaux surmontée d'une imposte à arc brisé vitrée, la croix en pierre en relief ornant la façade;
- les caractéristiques du presbytère, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, la structure en bois lambrissée de panneaux d'amiante-ciment, le solage en pierre, le toit à deux versants retroussés couvert de tôle percé d'une grande lucarne en façade et formant des avant-toits au-dessus des galeries avant et arrière de pleine largeur ainsi que l'avancée du mur;
- la passerelle reliant l'église et le presbytère;
- le terrain formant un escarpement rocheux en bordure d'un étranglement de la rivière Duparquet connu sous le nom de rapide Danseur;
- la situation de l'église et du presbytère sur une pointe de terre entourée d'eau sur trois côtés;
- la relation entre les éléments bâtis et leur environnement.

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Informations historiques

Le site du rapide Danseur est d'abord utilisé par les Algonquins qui le nomment «Obajidjicmojici», c'est-à-dire «là où l'on arrête pour danser, pour se dégourdir». Dès 1660, pour s'approvisionner en fourrure et défendre leurs intérêts, les explorateurs et les commerçants français empruntent les rivières de l'Abitibi afin d'atteindre la baie d'Hudson. Ils remontent la rivière Duparquet où ils franchissent le rapide Danseur, puis passent par le lac Abitibi. Ce parcours est utilisé pendant tout le Régime français, et un fort est érigé en bordure du lac Abitibi dès 1686. Après la Conquête, les Britanniques, qui emploient également cette route et le portage du rapide Danseur, bâtissent deux forts près du lac Abitibi.

Au XXe siècle, l'emplacement a son importance dans une autre page de l'histoire québécoise. En effet, l'exploitation des ressources ligneuses aux environs du rapide Danseur débute en 1917 et se poursuit jusqu'au début des années 1950. Les bûcherons engagés par les compagnies forestières coupent les arbres pendant l'hiver. Les billes sont empilées sur la rivière Duparquet gelée. Au moment de la débâcle, des draveurs facilitent leur passage au rapide Danseur et les assemblent en radeaux. Elles descendent la rivière jusqu'au lac Abitibi, puis sont expédiées vers les scieries. Un hameau se forme près du rapide pour héberger les draveurs et leur famille.

Le développement de la municipalité est aussi lié à la crise économique des années 1930. Pour résoudre le problème du chômage, les gouvernements provincial et fédéral élaborent différents plans de colonisation dans le but de désengorger les villes et de fournir des moyens de subsistance aux milliers de sans-emploi. Ces plans, dont ceux des ministres Wesley Ashton Gordon (1932) et Irénée Vautrin (1935), encouragent matériellement et financièrement les chômeurs qui désirent s'implanter dans les régions rurales du Québec pour vivre de l'agriculture. Un premier contingent de familles s'installe près du rapide en 1932, et le hameau prend le nom de Rapide-Danseur.

Un premier curé résidant, Charles-Auguste Dion, arrive en 1939. La compagnie forestière Hébécourt met à sa disposition d'anciens bâtiments pour servir de chapelle et de presbytère. Le curé Dion, bien que ne possédant pas de formation en architecture, dessine vraisemblablement les plans d'un presbytère et d'une église qui sont érigés par corvées, sous la supervision d'ouvriers spécialisés. La maison curiale est bâtie en 1941, alors que le chantier de l'église débute l'année suivante. Les paroissiens utilisent le soubassement de l'église comme chapelle temporaire jusqu'à l'achèvement des travaux en 1951. Le décor intérieur de l'édifice est réalisé en 1951 et 1952 par l'abbé Louis-Joseph Lafrenière, successeur du curé Dion, avec l'aide des paroissiens. La paroisse de Saint-Bruno n'est pas érigée canoniquement et demeure une mission. Une passerelle relie le presbytère à l'église vers 1960. Depuis le départ du curé résidant, dans les années 1960, le presbytère sert de résidence privée.

Le site patrimonial de Rapide-Danseur est classé en 1985.

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Emplacement

Region administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue

MRC :

  • Abitibi-Ouest

Municipalité :

  • Rapide-Danseur

Adresse :

  • rue du Village

Latitude :

48° 33' 7.9"

Longitude :

-79° 17' 58.4"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Abitibi Canton de Duparquet Rang 9 2A ptie
2C ptie
Abitibi Canton de Hébécourt Rang 9 63B ptie
64B ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DIONNE, Yves. Étude du site de Rapide-Danseur, comté d'Abitibi-Ouest, étude, relevés et analyse. Rouyn, Ministère des Affaires culturelles, 1982. 959 p.
  • DIONNE, Yves. « Site de l'église ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 541-542.

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