Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Rocheleau

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Manoir des Jésuites

Région administrative :

  • Mauricie

Municipalité :

  • Trois-Rivières

Date :

  • 1742 –  (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction résidentielle (Hôtels)
  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)
  • Fonction résidentielle (Manoirs seigneuriaux)
  • Services et institutions (Autres résidences de religieux et religieuses)

Éléments associés

Groupes associés (1)

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Inventaires associés (1)

Images

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Description

La maison Rocheleau est un bâtiment résidentiel construit en 1742. De plan rectangulaire, la demeure en pierre d'un étage est coiffée d'un toit aigu à deux versants droits. La maison Rocheleau est située dans le secteur Cap-de-la-Madeleine de la municipalité de Trois-Rivières. Il est implanté en bordure de la rue Notre-Dame et fait face au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Trois-Rivières) 2000-06-05
 

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Valeur patrimoniale

La maison Rocheleau présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique comme témoin de l'histoire locale. Cette ancienne résidence faisait autrefois partie d'un ensemble de bâtiments seigneuriaux (moulin à farine et à scie) aujourd'hui disparus. Le bâtiment est construit en 1742 par François Rocheleau (1697-1756) sur un terrain appartenant aux missionnaires jésuites, alors propriétaires de la seigneurie du Cap-de-la-Madeleine. Une entente entre Rocheleau et les Jésuites stipule que ces derniers se réservent une chambre dans la résidence lorsqu'ils y sont de passage. La famille Rocheleau demeure propriétaire du bâtiment jusqu'au milieu du XIXe siècle. À partir des années 1870, de nombreux pèlerins visitent le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap situé à proximité. La demeure est alors transformée en maison de chambres pour accueillir ces visiteurs. L'édifice est acquis en 1952 par les Oblats de Marie-Immaculée qui administrent le sanctuaire. La maison Rocheleau est donc étroitement liée à l'histoire religieuse et touristique de Trois-Rivières, ainsi qu'à celle de l'une des familles pionnières de Cap-de-la-Madeleine. Elle figure en outre parmi les plus anciens bâtiments de la ville de Trois-Rivières.

La maison Rocheleau présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Elle témoigne de nombreuses modifications apportées à l'architecture résidentielle au fil des siècles. Cette habitation est caractéristique de la maison rurale du Régime français avec son carré en pierre de plan rectangulaire à un étage et demi, ses ouvertures asymétriques, ses fenêtres à carreaux aux larges chambranles de bois et son toit à deux versants droits. En 1903, le bâtiment est largement transformé. Il est exhaussé de deux étages en brique et coiffé d'un toit mansardé percé de lucarnes. Au début de la décennie 2010, des travaux importants sont entrepris pour reconstituer l'apparence de la maison sous le Régime français. Les deux étages supérieurs sont démolis pour le conserver que le carré en pierre à un étage d'origine et l'emplacement des ouvertures. Le bâtiment est doté d'un nouveau toit aigu à deux versants droits, ainsi que d'éléments contemporains, tels que le bandeau vitré au haut des murs.

La maison Rocheleau présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son implantation. Elle est située en bordure de la rue Notre-Dame. À l'époque de la Nouvelle-France, cette rue faisait partie du chemin du Roy, qui relie Québec et Montréal. Par ailleurs, la maison fait face au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, un important lieu de pèlerinage au Québec. Son emplacement à proximité d'un lieu touristique important de la ville lui procure une grande visibilité.

Source : Municipalité de Trois-Rivières, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Rocheleau liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et le faible dégagement du sol;
- les matériaux, dont les épais murs de pierre à moellon grossièrement équarri;
- la disposition asymétrique des ouvertures et les fenêtres à grands carreaux;
- la situation du manoir en bordure de la rue Notre-Dame, face au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

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Informations historiques

La maison Rocheleau est construite en 1742 par François Rocheleau (1697-1756) sur un terrain appartenant aux missionnaires jésuites, alors propriétaires de la seigneurie du Cap-de-la-Madeleine. Une entente entre Rocheleau et les Jésuites stipule que ces derniers se réservent une chambre dans la résidence lorsqu'ils y sont de passage. Exemptés d'y tenir feu et lieu, ils sont copropriétaires de l'édifice avec la famille Rocheleau jusqu'à la Conquête britannique. En 1763, à la suite de la cession du Canada à l'Angleterre, les autorités britanniques interdisent aux Récollets ainsi qu'aux Jésuites toute forme de recrutement. Cet empêchement entraîne ainsi une absence de relève. Cinq générations de Rocheleau se succèdent à la propriété de la résidence jusqu'au milieu du XIXe siècle.

La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle constituent une période d'affluence touristique à Cap-de-la-Madeleine. En effet, des milliers de pèlerins du Québec et des États-Unis viennent prier la Vierge au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. De 1871 à 1911, la maison Rocheleau appartient à Onésime Toupin. Il transforme l'édifice en maison de chambres pour y loger des pèlerins. Le bâtiment, qui ne comporte qu'un rez-de-chaussée en pierre coiffé d'un toit à deux versants, est exhaussé de deux étages en 1903. Il fournit ainsi de l'espace supplémentaire et suit la tendance des édifices de la rue Notre-Dame alors en pleine expansion commerciale. De plus, l'édifice est doté d'un toit mansardé à lucarnes caractéristique de l'influence du style Second Empire en vogue à l'époque. D'origine française, ce style est popularisé sous le règne de l'Empereur Napoléon III (1808-1873), notamment avec la construction du Nouveau Louvre (1852-1857). Introduit dans l'architecture canadienne à la fin des années 1860, il est reconnaissable, entre autres, par son aspect général monumental ainsi que par son utilisation du toit mansardé et d'une ornementation classique.

L'appellation « manoir des Jésuites », sous laquelle est aussi désignée la résidence, remonte au début du XXe siècle, lorsqu'on croit à tort que le bâtiment est la première résidence des Jésuites érigée en 1651. De 1911 à 1949, la demeure appartient au docteur Charles Numa De Blois. Celui-ci exploite à proximité une source d'eau minérale à des fins thérapeutiques. La résidence devient ensuite la propriété des Oblats de Marie-Immaculée qui administrent le sanctuaire.

La maison Rocheleau est citée en 2000, sous le nom de « Manoir des Jésuites ». La Corporation du manoir des Jésuites, fondée en 1999, travaille à la mise en valeur du bâtiment. D'importants travaux sont entrepris au début de la décennie 2010 pour reconstituer l'apparence de la maison sous le Régime français. Le bâtiment prend le toponyme de « maison Rocheleau » en 2014.

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Emplacement

Region administrative :

  • Mauricie

MRC :

  • Trois-Rivières

Municipalité :

  • Trois-Rivières

Adresse :

  • 555, rue Notre-Dame Est

Lieux-dits :

  • Cap-de-la-Madeleine

Latitude :

46° 22' 4.8"

Longitude :

-72° 29' 59.2"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Champlain Paroisse de Cap-de-la-Madeleine Absent 126-355
126-362-1

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Références

Notices bibliographiques :

  • GENDRON, Yannick. Grandes gens, petites histoires : Cap-de-la-Madeleine, 1651-2001. Ste-Marthe-du-Cap, s.é., 2001. s.p.
  • LAGRAVE, François de. Cap-de-la-Madeleine, 1651-2001 : Une ville d'une singulière destinée. s.l. Les éditions du 350e anniversaire, 2002. s.p.
  • LORANGER, Maurice. Histoire de Cap-de-la-Madeleine (1651-1986). Cap-de-la-Madeleine, 1987. s.p.
  • Patri-Arch. Étude de faisabilité et de mise en valeur du Manoir des Jésuites à Cap-de-la-Madeleine. s.l. Corporation du Manoir des Jésuites de Cap-de-la-Madeleine, 2001. 83 p.
  • Patri-Arch. Étude de faisabilité pour la restauration du Manoir des Jésuites à Cap-de-la-Madeleine. s.l. Corporation du Manoir des Jésuites de Cap-de-la-Madeleine, 1999. 78 p.
  • s.a. Aperçu historique 300e de la paroisse Sainte-Marie-Madeleine du Cap-de-la-Madeleine. s.l., s.n., 1978. s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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