Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison De Lorimier-Bélanger

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1775 – 1800 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Groupes associés (1)

Personnes associées (6)

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Description

La maison De Lorimier-Bélanger est une maison rurale datant du dernier quart du XVIIIe siècle. La maçonnerie en pierre, de plan rectangulaire à un étage et demi, est coiffée d'un toit à deux versants, percé de six lucarnes réparties de part et d'autre du pignon. La toiture, recouverte de tôle à baguettes, supporte sur son versant antérieur deux souches de cheminée en pierre qui s'élèvent dans le prolongement des murs pignons. Implantée en bordure du boulevard LaSalle, cette maison, qui fait face au fleuve Saint-Laurent et à la réserve amérindienne de Kahnawake, est localisée dans l'arrondissement municipal de LaSalle de la ville de Montréal.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Montréal) 1990-02-12
 

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Valeur patrimoniale

La maison De Lorimier-Bélanger présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec une figure marquante de l'histoire du Québec et du Canada, Claude-Nicolas-Guillaume De Lorimier (1744-1825), appelé Chevalier De Lorimier. De 1795 à 1803, cette maison sert d'habitation à De Lorimier. Officier de milice, marchand, fonctionnaire et homme politique, il s'illustre notamment lors de l'invasion américaine du Canada, en 1775 et 1776, et de la guerre de 1812, entre les États-Unis et les colonies de l'Amérique du Nord britannique. Il agit également comme conciliateur entre les Amérindiens de Caughnawaga et les autorités gouvernementales. De 1792 à 1796, De Lorimier représente la circonscription de Huntingdon à la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada. En octobre 1813, il participe à la célèbre bataille de Châteauguay. La maison De Lorimier-Bélanger est intimement liée à la vie de ce personnage et revêt donc une importance majeure sur le plan historique.

La maison De Lorimier-Bélanger présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Érigée dans le dernier quart du XVIIIe siècle, cette résidence est une maison rurale d'inspiration française. Ces maisons se distinguent par leur corps de logis bas en pierre ou en bois, de plan rectangulaire, surmonté d'un toit à deux versants droits, d'où émergent une ou deux souches de cheminée. Dans ce cas-ci, les caractéristiques de l'influence française s'incarnent notamment dans la maçonnerie en pierre du corps de logis et des deux cheminées simples, qui sont légèrement désaxées par rapport au faîtage. Sur le mur arrière du rez-de-chaussée, une ancienne fenêtre en bois dotée de battants à petits carreaux, en verre fait main, et garnie de sa quincaillerie forgée à la main rappelle également l'architecture coloniale française. Subissant des modifications au cours du XIXe siècle, la maison De Lorimier-Bélanger emprunte des éléments au courant pittoresque. Apparu en Angleterre au XVIIIe siècle, le courant pittoresque prône l'ouverture du bâtiment sur la nature. Dans ce cas-ci, l'influence du pittoresque se manifeste dans le prolongement de l'avant-toit qui couvre la longue galerie, aménagée en véranda. Réunissant des éléments de l'architecture française et anglaise, la maison De Lorimier-Bélanger constitue donc un bel exemple des maisons rurales d'inspiration française, mises au goût du jour au XIXe siècle.

Source : Ville de Montréal, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison De Lorimier-Bélanger liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- la situation sur un terrain aménagé, faisant face au fleuve Saint-Laurent et à la réserve amérindienne de Kahnawake;
- l'orientation de la façade principale au sud;
- le volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi et le toit à deux versants, couvert de tôle à baguettes;
- les éléments structuraux, dont les murs en pierre et les fondations basses peu dégagées du sol;
- les deux souches de cheminée en pierre;
- les ouvertures comprenant les six lucarnes dotées de fenêtres à grands carreaux, ainsi que la fenêtre à battants du rez-de-chaussée, dotée de 24 petits carreaux et de sa quincaillerie ancienne comprenant les targettes, poignées et queues-de-rat;
- la galerie aménagée en véranda.

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Informations historiques

Lors de sa construction, la maison De Lorimier-Bélanger jouit d'un site exceptionnel puisqu'elle se trouve au centre d'une grande terre, formée de deux concessions, qui fait face au fleuve Saint-Laurent et à la mission amérindienne du Sault Saint-Louis (aujourd'hui Kahnawake), située sur la rive opposée.

Cette maison de pierre aurait été construite dans le dernier quart du XVIIIe siècle. Elle est mentionnée dans un contrat de vente passé en 1791 entre le propriétaire, John McDonald, et le nouvel acquéreur, Normand MacLeod. Ce dernier revend, en 1795, la propriété à Claude-Nicolas-Guillaume De Lorimier (1744-1825), appelé Chevalier De Lorimier. Dans un autre acte notarié fait par ce dernier en 1800, soit l'inventaire de biens après décès de sa seconde épouse, on apprend que cette maison d'environ 18 mètres de façade par 7,5 mètres de profondeur est construite en partie en pierre et en partie en bois.

Dans l'acte de vente consenti par De Lorimier à Jean-Baptiste Parent en 1803, cette demeure est décrite comme une maison avec des pavillons. Les ailes en bois, du côté est et ouest du corps principal, ont peut-être été ajoutées par De Lorimier entre 1795 et 1803. Il y loge sa famille, soit les six enfants que lui avait donnés sa première femme, Louise Schuyler, une jeune Iroquoise qu'il épousa le 26 juin 1783, ainsi que deux autres enfants nés d'un second mariage, célébré le 23 mars 1793, avec Marie-Madeleine-Claire Brassard Deschenaux, fille du seigneur Joseph Brassard Deschenaux (1722-1793). Après la mort de cette dernière en janvier 1800, il épouse, le 27 février 1801, Anne Gregory, une Amérindienne de Caughnawaga, qui lui donnera quatre enfants.

Passant ensuite entre les mains de différents propriétaires, la maison est finalement achetée par François Bélanger en 1837. Par la suite, elle demeure la propriété de la famille Bélanger pendant plus de 150 ans.

Vers la fin du XIXe siècle, la maison subit des transformations majeures. La charpente du toit est entièrement refaite, puis les six lucarnes, les larmiers et la galerie avec sa balustrade sont ajoutés au corps de logis. Dès lors, l'étage commence à être utilisé à des fins autres que le rangement. Lors de l'élargissement du boulevard LaSalle, au début des années 1930, les deux pavillons en bois disparaissent. Le pavillon ouest fait place à un garage, attenant au corps principal, et le pavillon est, qui avait été agrandi vers l'arrière, est démoli puis remplacé par une nouvelle construction de deux étages à toit plat, dotée d'une véranda.

En novembre 1954, les Bélanger procèdent à la subdivision des lots constituant leur propriété, afin de vendre la partie de terrain et la nouvelle construction qui a remplacé l'annexe est. Dès lors, cet immeuble mitoyen, sis au 9601, boulevard LaSalle, évolue indépendamment de la maison De Lorimier-Bélanger.

La maison De Lorimier-Bélanger est citée en 1990.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • LaSalle

Adresse :

  • 9603, boulevard LaSalle

Lieux-dits :

  • LaSalle

Latitude :

  • 45° 25' 20.0"

Longitude :

  • -73° 39' 16.0"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 930 301

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Références

Notices bibliographiques :

  • Beaupré et Michaud, architectes. Étude sur les bâtiments cités par la municipalité dans le cadre de la Loi sur les biens culturels: rapport final. Montréal, Ville de LaSalle, 1996. s.p.
  • Beaupré et Michaud, architectes. Étude sur les bâtiments cités par la municipalité dans le cadre de la Loi sur les biens culturels: rapport final. Montréal, Ville La Salle, 1996. s.p.
  • DUPRÉ, Céline. « Cavelier de La Salle, René-Robert ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • LEIGHTON, Douglas J. « Lorimier, Caude-Nicolas-Guillaume de ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

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