Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Notre-Dame-de-la-Visitation

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église de Champlain

Région administrative :

  • Mauricie

Municipalité :

  • Champlain

Date :

  • 1878 – 1879 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (2)

Groupes associés (1)

Personnes associées (8)

Inventaires associés (2)

Carte

Description

L'église de Notre-Dame-de-la-Visitation est un lieu de culte de tradition catholique érigé en 1878 et 1879. Le plan de ce bâtiment en pierre est composé d'une nef rectangulaire à trois vaisseaux prolongée par un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle. D'inspiration néoclassique, sa façade monumentale présente un corps central doté d'un porche à arcades et flanqué de deux tours surmontées d'un clocher. Une sacristie en pierre de plan rectangulaire à un étage est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur. Orientée face au fleuve Saint-Laurent, l'église est implantée en retrait de l'ancien chemin du Roy, au coeur de la municipalité de Champlain.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2001-03-22
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Notre-Dame-de-la-Visitation présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. D'une part, l'église est représentative du mimétisme qui caractérise certaines églises québécoises. Construite en 1878 et 1879 par l'architecte et entrepreneur Gédéon Leblanc (1832-1905), elle est presque identique à celle qu'il avait réalisée à Saint-Stanislas (Mauricie), de 1870 à 1873. Cette dernière, comme le spécifie le contrat, devait reproduire fidèlement la façade de l'église de Saint-Barthélemy (Lanaudière) bâtie en 1866, et dont les plans sont attribués à l'architecte de renom Victor Bourgeau (1809-1888). Pour l'église de Champlain, Leblanc reprend notamment le parement en pierre de l'église de Saint-Stanislas, mais reproduit avec plus d'exactitude la façade de Bourgeau. D'autre part, la façade de l'église de Notre-Dame-de-la-Visitation est typique des façades néoclassiques monumentales apparues au XIXe siècle, formées de cinq travées et flanquées de tours surmontées d'un clocher. L'influence du néoclassicisme se reflète ici dans l'équilibre de la composition à deux registres ainsi que dans les éléments classiques, tels les arcades, les pilastres et les ouvertures cintrées. L'état de conservation du bâtiment est exceptionnel.

L'église de Notre-Dame-de-la-Visitation présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Réalisé en 1881 selon les plans de l'architecte Jean-Baptiste Bourgeois (1856-1930), l'intérieur est d'une intégrité remarquable. Il comporte un décor peint exceptionnel conçu et exécuté par le peintre-décorateur François-Édouard Meloche (1855-1914) en 1882 et 1883, qui constitue l'une de ses oeuvres majeures. Les peintures murales représentent notamment des personnages de l'Ancien Testament et des scènes de la vie de Marie et sont incluses dans un ensemble en trompe-l'oeil. Le décor peint s'intègre au décor architectural et sculpté de Bourgeois pour former un ensemble d'une grande unité. Meloche, comme plusieurs peintres québécois, puise son inspiration dans différentes sources, entre autres dans des oeuvres européennes. Ainsi, certaines peintures de la nef et de la fausse voûte interprètent des gravures d'une bible illustrée par le peintre allemand Julius Schnorr Von Carolsfeld (1794-1872), associé au mouvement nazaréen, alors que les peintures de l'abside reproduisent les quatre prophètes réalisés par le sculpteur français Henri Bouriché (1826-1906) pour le retable de l'église Notre-Dame de Montréal. De nombreuses oeuvres anciennes datant des XVIIe et XVIIIe siècles et du début du XIXe siècle s'ajoutent, dont un ancien tombeau d'autel réalisé en 1826 par le sculpteur François Normand (1779-1854). Ce tombeau à la romaine évoque l'esthétique ornemaniste de l'atelier des Écores et témoigne de son influence dans la première moitié du XIXe siècle.

L'église de Notre-Dame-de-la-Visitation présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. Au Québec, l'église forme le centre du noyau villageois, et celle de Champlain constitue le principal élément d'un ensemble religieux particulièrement riche. Orientée face au fleuve Saint-Laurent, cette église est implantée en retrait de l'ancien chemin du Roy, au coeur de la municipalité de Champlain. Elle domine l'ensemble institutionnel qui compte aussi le cimetière couvert d'arbres matures et comprenant un ancien charnier, le presbytère, la maison du sacristain, la place de l'église avec son monument au Sacré-Coeur et l'ancien couvent des Soeurs du Bon Pasteur.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'église de Notre-Dame-de-la-Visitation liés à ses valeurs architecturale, artistique et historique comprennent, notamment :
- son volume, dont le plan composé d'une nef rectangulaire à trois vaisseaux prolongée par un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle et le toit à deux versants droits;
- sa façade d'inspiration néoclassique, à deux registres et cinq travées, comprenant le corps central en retrait doté d'un porche à arcades, les deux tours surmontées d'un clocher à deux lanternes, les pilastres, les ouvertures cintrées, les chaînes d'angle et l'amortissement couronnant la travée centrale;
- les ouvertures cintrées et les chaînes d'angle de la nef et du choeur;
- les caractéristiques de la sacristie greffée à l'abside dans le prolongement du choeur, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage, le toit à deux versants droits, la chapelle d'axe à chevet plat, les fenêtres à grands carreaux et les chaînes d'angle;
- le chemin couvert;
- les matériaux de l'église et de la sacristie, dont la maçonnerie en moellons équarris gris foncé, la couverture en tôle à la canadienne, les éléments décoratifs de la façade de l'église ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille gris clair ainsi que les portes et les fenêtres en bois;
- le décor architectural, dont la fausse voûte en berceau et en cul-de-four du vaisseau central et du choeur, le plafond à caissons des collatéraux, les arcs doubleaux, la colonnade d'ordre composite séparant le vaisseau central des collatéraux et l'entablement du vaisseau central ponctué de clefs;
- le décor peint, composé de peintures murales couvrant entièrement la fausse voûte et les plafonds ainsi que la presque totalité des surfaces murales et des colonnes, représentant des personnages de l'Ancien Testament et des scènes de la vie de Marie ainsi que des motifs architecturaux et des rendus de matériaux en trompe-l'oeil;
- les oeuvres anciennes datant des XVIIe et XVIIIe siècles et du début du XIXe siècle, dont l'ancien tombeau d'autel à la romaine utilisé comme table de célébration;
- les vitraux;
- les bancs d'origine;
- les deux tribunes arrière et l'orgue sur la tribune supérieure;
- la situation de l'église, en retrait de l'ancien chemin du Roy, face au fleuve Saint-Laurent, au coeur de la municipalité;
- son intégration à un ensemble institutionnel catholique comprenant un cimetière planté d'arbres matures et son ancien charnier, la place de l'église avec son monument au Sacré-Coeur, l'ancien couvent des Soeurs du Bon Pasteur et la maison du sacristain.

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Informations historiques

Concédée en 1664 à Étienne Pézard de La Tousche (1624-1696), la seigneurie de Champlain a vraisemblablement accueilli, cette année-là ou l'année suivante, une première chapelle dans le fort seigneurial situé à l'embouchure de la rivière Champlain. Cette chapelle aurait été remplacée en 1671 par un deuxième lieu de culte, implanté plus à l'ouest, à l'extérieur du fort, en bordure du fleuve Saint-Laurent. Le bâtiment en bois couvert de chaume cède la place à une église en pierre, bâtie de 1697 à 1699 au même endroit. En raison des inondations occasionnées par la proximité du fleuve, une nouvelle église en pierre est construite de 1806 à 1808, à plus de deux kilomètres à l'ouest.

L'église actuelle est érigée en 1878 et 1879 sur le même emplacement que la précédente, qui ne répond plus aux besoins d'une population croissante. L'entrepreneur et architecte Gédéon Leblanc (1832-1905) est engagé pour la concevoir et pour superviser le chantier. Il reprend et perfectionne les plans de l'église de Saint-Stanislas (Mauricie), qu'il a construite de 1870 à 1873. Cette dernière, comme le spécifie le contrat, reproduit la façade de l'église de Saint-Barthélemy (Lanaudière) bâtie en 1866 et attribuée à l'architecte de renom Victor Bourgeau (1809-1888).

Dès l'ouverture, l'intérieur est doté d'oeuvres anciennes datant des XVIIe et XVIIIe siècles et du début du XIXe siècle qui ornaient les églises précédentes. Parmi elles, figurent notamment « L'Immaculée Conception » acquise avant 1687 et attribuée au peintre français Claude François (1614-1685) dit le Frère Luc, un tableau peint en 1810 par William Berczy (1744-1813) et intitulé « La mort de saint Joseph » ainsi qu'un ancien tombeau d'autel réalisé en 1826 par le sculpteur François Normand (1779-1854). Les bancs sont installés en 1879, alors que le maître-autel, les autels latéraux et la cuve de la chaire datent de 1881. Cette même année, le décor architectural, qui compte entre autres la fausse voûte et les colonnades, est exécuté selon les plans de l'architecte Jean-Baptiste Bourgeois (1856-1930). Le décor peint est, par ailleurs, l'oeuvre du peintre-décorateur de renom François-Édouard Meloche (1855-1914), assisté de Toussaint-Xénophon Renaud (1860-1946). Ce décor comprend des scènes de la vie de Marie, des personnages de l'Ancien Testament de même qu'un décor en trompe-l'oeil qui s'intègre aux éléments architecturaux. Quelques peintures de la nef et de la fausse voûte interprètent des gravures d'une bible illustrée par le peintre allemand Julius Schnorr Von Carolsfeld (1794-1872), associé au mouvement nazaréen, tandis que les peintures de l'abside reproduisent les quatre prophètes réalisés par le sculpteur français Henri Bouriché (1826-1906) pour le retable de l'église Notre-Dame de Montréal.

Quelques ajouts sont effectués à l'intérieur au XXe siècle. La chaire, jusqu'alors mobile, est fixée en 1914 et dotée d'un abat-voix et d'un escalier. Vers 1930, des vitraux viennent orner les fenêtres. L'orgue Casavant et Frères, fabriqué en 1928, est acquis de la paroisse Saint-Jean-Berchmans de Montréal en 1939 et installé à l'arrière, sur la tribune supérieure.

L'église de Notre-Dame-de-la-Visitation est classée en 2001.

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Emplacement

Region administrative :

  • Mauricie

MRC :

  • Les Chenaux

Municipalité :

  • Champlain

Adresse :

  • rue Notre-Dame

Localisation informelle :

Située à droite du presbytère (989, rue Notre-Dame).

Latitude :

46° 26' 29.837"

Longitude :

-72° 20' 34.272"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Champlain Paroisse de La Visitation-de-Champlain Absent 125-P

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • s.a. Champlain et son patrimoine. s.l. 1990. 20 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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Gouvernement du Québec

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