Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison des Jésuites-de-Sillery

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • après 1702 – avant 1733 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))
  • Services et institutions (Autres résidences de religieux et religieuses)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (10)

Carte

Description

La maison des Jésuites-de-Sillery est une ancienne maison de ferme érigée à une date indéterminée entre 1702 et 1733. Cette demeure en pierre de plan rectangulaire est recouverte d'un crépi. D'un étage et demi à l'origine, elle a été exhaussée d'un étage en façade et présente un toit asymétrique à deux versants droits. Une annexe en bois, coiffée d'un toit à croupe, est greffée au mur pignon ouest. La propriété, qui borde de part et d'autre le chemin du Foulon, inclut un monument commémoratif. Elle est située entre le fleuve Saint-Laurent et l'escarpement de Sillery, dans l'arrondissement municipal de Sainte-Foy-Sillery de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique aussi au vaste terrain. Un site archéologique amérindien et euroquébécois est associé au lieu et des vestiges de la mission Saint-Joseph et de constructions de diverses périodes sont intégrés à l'aménagement. La maison des Jésuites-de-Sillery fait partie du site patrimonial de Sillery.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1929-03-21
 

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Valeur patrimoniale

La maison des Jésuites-de-Sillery présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Elle occupe l'emplacement de la première maison de la mission Saint-Joseph, fondée en 1637 par les missionnaires jésuites pour évangéliser et sédentariser les Amérindiens et considérée comme la première réduction amérindienne en Amérique du Nord. La maison des Jésuites-de-Sillery, construite à une date indéterminée entre 1702 et 1733, était destinée à servir de maison de ferme et de repos pour les Jésuites, qui à cette époque réorientent leurs activités et transforment la mission en domaine agricole. Après la Conquête (1760), elle est louée par les Jésuites à certains membres de l'élite britannique de Québec, dont John Brooke (vers 1709-1789), aumônier anglican de la garnison. Son épouse, Frances Moore Brooke (1724-1789), écrit durant son séjour le premier roman canadien, intitulé « The History of Emily Montague » et publié à Londres en 1769. Au XIXe siècle, la maison est successivement acquise par deux marchands de bois qui ont leur commerce dans les anses de Sillery, Henry LeMesurier (1791-1861) et Richard Reid Dobell (1837-1902). En 1948, elle devient musée. Par son ancienneté et l'importance de ses occupants, la maison des Jésuites-de-Sillery est considérée comme un lieu symbolique de l'histoire du Québec. Par ailleurs, cette maison présente également un intérêt pour l'histoire de la conservation du patrimoine québécois. Cette maison, classée en 1929, est l'un des deux premiers immeubles protégés par le gouvernement de la province de Québec en vertu de la Loi relative à la conservation des monuments et des objets d'art ayant un intérêt historique ou artistique, ancêtre de l'actuelle Loi sur le patrimoine culturel. Elle rappelle ainsi un geste pionnier pour la conservation du patrimoine québécois.

La maison des Jésuites-de-Sillery présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Cette maison d'inspiration française en pierre de grès a été modifiée en 1765 par le négociant John Taylor Bondfield dans l'esprit palladien. La façade a alors été exhaussée d'un étage en attique, ce qui explique l'asymétrie du toit. Le mur arrière a aussi été rehaussé, probablement lors de la restauration. L'apparence extérieure du bâtiment n'a guère changé depuis les modifications apportées par Bondfield, les travaux de restauration lui ayant redonné l'aspect qu'il avait au milieu du XVIIIe siècle. L'annexe du côté ouest, construite en 1801, servait de cuisine d'été. Elle a toutefois connu divers usages et subi de nombreuses transformations. L'espace intérieur de la demeure conserve plusieurs éléments anciens, dont des boiseries du XVIIIe siècle. La maison des Jésuites-de-Sillery, témoin de trois siècles d'architecture, constitue l'une des plus anciennes maisons d'inspiration française au Québec, malgré ses éléments caractéristiques de l'architecture palladienne.

La maison des Jésuites-de-Sillery présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique. L'occupation de Sillery remonte à plus de 3 000 ans. Ce lieu est alors fréquenté par les Amérindiens pour la pêche, la chasse, le troc et la fabrication d'outils de pierre. Le terrain de la maison des Jésuites-de-Sillery contient des vestiges de la mission Saint-Joseph, dont ceux des maisons antérieures construites en 1637 et 1660, de la chapelle Saint-Michel (1647), des fortifications (1649) et du premier cimetière amérindien catholique en Amérique du Nord (XVIIe siècle). Dès 1869, le terrain est l'objet de fouilles, devenant ainsi l'un des premiers sites archéologiques de la région de Québec. Depuis, plus de 10 000 artefacts et écofacts ont été recueillis. La maison et son terrain témoignent donc de l'histoire de ce lieu depuis le XVIIe siècle.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de la maison des Jésuites-de-Sillery liés à ses valeurs historique, architecturale et archéologique comprennent, notamment :
- l'importance stratégique du lieu, dont la situation au fond de l'anse Saint-Joseph, entre le fleuve Saint-Laurent et l'escarpement de Sillery, dans le site patrimonial de Sillery;
- la proximité du chemin du Foulon;
- les vestiges des maisons antérieures (1637 et 1660), de la chapelle Saint-Michel (1647), des fortifications (1649) et du cimetière amérindien (XVIIe siècle);
- le monument commémoratif;
- la présence d'un puits et d'un four à pain;
- le vaste terrain aménagé en jardin historique;- le volume du bâtiment, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages et demi en façade et d'un étage et demi à l'arrière ainsi que le toit à deux versants asymétriques;
- ses matériaux, dont la pierre de grès pour les murs, la pierre calcaire taillée pour les ouvertures et les angles, la brique pour les foyers ainsi que le bardeau de cèdre pour le toit;
- ses caractéristiques rattachées à la maison d'inspiration française, dont le crépi, la forte pente du versant arrière du toit et la disposition asymétrique mais régulière des ouvertures du mur arrière;
- ses caractéristiques inspirées de l'architecture palladienne, dont la composition presque symétrique de la façade, la disposition régulière des ouvertures, celles de l'étage étant traitées en attique, ainsi que la porte centrale surmontée d'une imposte et entourée d'un portail en bois composé d'un entablement supporté par des pilastres;
- ses ouvertures, dont les fenêtres à grands carreaux à battants et à persiennes, les chambranles en bois, les lucarnes engagées (mur arrière), la lucarne à pignon du versant arrière du toit et la porte arrière à carreaux et imposte vitrée;
- les cheminées dans les murs pignons;
- ses caractéristiques intérieures, dont les boiseries, les trois foyers en brique aux manteaux en bois ouvragés, les murs crépis, le plafond du rez-de-chaussée enduit de plâtre et celui de l'étage assemblé à couvre-joints;
- la charpente de la toiture de type à fermes portant pannes, la panne faîtière supportée par des poinçons reliés aux faux entraits et le contreventement assuré par des pièces de bois posées en diagonale;
- l'annexe en planches à clins coiffée d'un toit à croupe couvert de bardeaux de cèdre.

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Informations historiques

L'occupation de Sillery remonte à plus de 3 000 ans. Ce lieu est alors fréquenté par les Amérindiens pour la pêche, la chasse, le troc et la fabrication d'outils de pierre.

En 1625, les missionnaires jésuites s'établissent à Québec pour évangéliser les Amérindiens. Après une absence de trois ans causée par la prise du comptoir par les Britanniques, ils reviennent en 1632 et entreprennent alors de les sédentariser pour mieux les convertir au christianisme.

En 1637, sous la direction du supérieur Paul Le Jeune (1591-1664), les Jésuites fondent la mission Saint-Joseph grâce au soutien financier de Noël Brûlart de Sillery (1577-1640), chevalier de Malte. Il s'agit de la première réduction amérindienne en Amérique du Nord. Une maison est construite en 1637 et la chapelle est érigée dix ans plus tard. Devant la menace iroquoise, une enceinte de pieux est élevée en 1646. Elle sera remplacée vers 1650 par une muraille flanquée de tourelles aux quatre coins. La première maison, incendiée en 1657, est reconstruite en 1660. La mission sera abandonnée en 1698.

En 1702, les Jésuites obtiennent la concession de la seigneurie de Sillery qu'ils administraient depuis 1651 au nom des Amérindiens. Ils réorientent alors leurs activités et le domaine, autrefois réservé à la mission, est transformé en exploitation agricole. La maison actuelle est construite à une date indéterminée entre 1702 et 1733. Elle sert de maison de ferme et de repos pour la communauté et les élèves du Collège des Jésuites de Québec.

À la suite de la Conquête (1760), les Jésuites, qui s'étaient fait interdire le recrutement, louent la propriété à des membres de la nouvelle élite britannique de Québec. Le premier locataire est le négociant John Taylor Bondfield, qui modifie la maison dans le style palladien. Entre 1763 et 1768, il la sous-loue à John Brooke (vers 1709-1789), aumônier anglican de la garnison de Québec. Pendant son séjour, son épouse, Frances Moore Brooke (1724-1789), écrit le premier roman canadien, intitulé « The History of Emily Montague » et publié à Londres en 1769.

En 1800, le dernier jésuite s'éteint et la maison revient à la Couronne. Elle est louée au brasseur William Hullett (mort en 1815), puis à des marchands de bois qui occupent les anses de Sillery. Une aquarelle de l'ensemble du lieu est réalisée en 1829 par James Pattison Cockburn (1779-1847). En 1853, la propriété est achetée par le marchand de bois Henry LeMesurier (1791-1861). Sept ans plus tard, le chantier devant la maison est loué au marchand Richard Reid Dobell (1837-1902) et à son associé, Thomas Beckett. Ce dernier habitera la demeure pendant 30 ans. En 1898, Dobell, devenu homme politique, l'acquiert et elle reste dans sa succession jusqu'en 1946.

Dès 1869, le terrain est l'objet de fouilles, devenant ainsi l'un des premiers sites archéologiques de la région de Québec. Les prêtres Charles-Honoré Laverdière (1826-1873) et Henri-Raymond Casgrain (1831-1904) mettent alors au jour les vestiges de la chapelle Saint-Michel et trouvent les restes du père Énemond Massé (1575-1646), jésuite pionnier en Nouvelle-France. Le 23 juin 1870, un monument est élevé à sa mémoire.

La maison des Jésuites-de-Sillery, classée en mars 1929, est l'un des trois premiers biens patrimoniaux à recevoir un statut juridique du gouvernement du Québec. Menacée de démolition en 1946, elle est achetée deux ans plus tard par le capitaine Roland Gagné, passionné d'histoire, qui la restaure et la transforme en musée. En 1956, elle redevient la propriété des Jésuites qui en font un musée de la congrégation. Entre 1959 et 1995, plusieurs fouilles se déroulent sur le site, permettant de mettre au jour de nombreux vestiges.

En 1976, la maison est acquise par le ministère des Affaires culturelles. Elle est restaurée entre 1985 et 1987, puis cédée à la Ville de Sillery qui en fait un centre d'interprétation. Elle appartient aujourd'hui à la Ville de Québec.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • Sainte-Foy - Sillery

Adresse :

  • 2320, chemin du Foulon

Latitude :

46° 46' 6.681"

Longitude :

-71° 15' 28.989"

Désignation cadastrale :

  • Lot 2 073 975
  • Lot 2 074 845 Ptie

Code Borden

CeEt-27      

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Références

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013