Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Pavillon Charles-Baillairgé

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Ancienne prison de Québec
  • Musée national des Beaux-Arts du Québec
  • Prison des Plaines d'Abraham

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1861 – 1867 (Construction)

Usage :

  • Services et institutions (Prisons)

Éléments associés

Personnes associées (5)

Images

Carte

Description

Le pavillon Charles-Baillairgé est un ancien édifice carcéral construit entre 1861 et 1867. Le bâtiment en pierre d'influence néo-Renaissance présente un plan irrégulier. Le corps central, de plan rectangulaire, compte quatre étages et demi ainsi qu'un soubassement surhaussé et est surmonté d'un puits de lumière. Sa façade est percée d'un portail cintré. Une annexe rectangulaire à trois étages et demi est greffée au mur sud du corps central. Elle est couronnée d'une tour de guet octogonale à deux lanternes. Une aile latérale de plan en « T », à trois étages et demi, s'élève du côté est. L'ensemble est coiffé d'un toit brisé à croupes percé de lucarnes. Relié aux autres bâtiments du Musée national des beaux-arts du Québec, le pavillon Charles-Baillairgé est situé dans le parc des Champs-de-Bataille, dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

Plan au sol :

Irrégulier

Nombre d'étages :

5

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Saillies :

  • Escalier
  • Lanterneau
  • Tour

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade est : Pierre (À bossages)
  • Façade ouest : Pierre (Taillée)

Toit :

  • Forme : En pavillon
    Matériau : Cuivre à baguettes

Porte principale :

  • bois, à panneaux et vitrage, à imposte et à baies latérales

Autre(s) porte(s) :

  • bois, à panneaux

Fenêtre(s) :

  • cintrée, Fixe
  • Rectangulaire, Fixe

Lucarne(s) :

  • Rampante

Éléments architecturaux :

  • Bandeau
  • Corniche à modillons
  • Écusson
  • Linteau

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1997-06-19
 

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Valeur patrimoniale

Le pavillon Charles-Baillairgé présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Ce type d'architecture reflète les préoccupations de la société en matière de détention. Une réforme carcérale est proposée en Grande-Bretagne par le Britannique John Howard (1726-1790) en 1777. L'approche de celui-ci prône la séparation des détenus selon le sexe et la gravité de la faute, de meilleures conditions d'hygiène, un programme de travail ainsi que l'isolement rigoureux, devant favoriser leur réhabilitation. Elle donne lieu à une série d'expérimentations au début du XIXe siècle, notamment aux États-Unis. La prison d'Auburn (Auburn State Prison) dans l'État de New York, construite dès 1816, se caractérise par de longs enchaînements de cellules de petites dimensions, ouvertes sur des corridors servant de puits de lumière et de poste d'observation. Les prisonniers mangent et travaillent dans des salles communes, en silence, et dorment dans des cellules individuelles. La prison de Philadelphie (Eastern State Penitentiary) dans l'État de Pennsylvanie, dessinée par l'architecte John Haviland (1792-1852) et ouverte en 1829, est plutôt formée d'un bloc central d'où rayonnent des ailes composées d'un couloir longitudinal flanqué de cellules donnant sur l'extérieur. Les détenus mangent, travaillent et dorment seuls dans leur cellule. Ces deux modèles se répandent en Amérique du Nord et en Europe. Le plan du pavillon Charles-Baillairgé s'inspire fortement du système d'Auburn, tout en adoptant l'idée de Philadelphie d'un corps central surmonté d'un puits de lumière auquel se rattachent les différentes ailes. Le pavillon Charles-Baillairgé témoigne donc d'une nouvelle conception du rôle de la prison et marque une étape importante dans l'évolution de l'architecture pénitentiaire au Québec.

Le pavillon Charles-Baillairgé présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Élevé de 1861 à 1867, l'édifice marque un point tournant dans l'évolution stylistique des prisons au Québec. Les prisons de la première moitié du XIXe siècle s'inspirent généralement du style palladien. Le pavillon Charles-Baillairgé s'en distingue par ses éléments empruntés à l'architecture de la Renaissance italienne, notamment le soubassement surhaussé, l'emploi de la pierre à bossage, la tour de guet formée de deux lanternes octogonales superposées, la corniche à modillons et les hautes fenêtres cintrées. Par ailleurs, l'édifice présente des caractéristiques modernes, dont l'emploi de tirants en fer masqués par des pièces métalliques ornées de grotesques ainsi que par la disposition des fenêtres de dimensions variées selon les fonctions des diverses sections plutôt que selon un souci d'ordonnance classique ou d'uniformité de l'ensemble. Le pavillon Charles-Baillairgé constitue donc un édifice avant tout fonctionnel, qui porte une ornementation sobre d'inspiration néo-Renaissance, inusitée dans l'architecture pénitentiaire de son époque. La valeur architecturale du pavillon Charles-Baillairgé repose par ailleurs sur son association avec l'architecte Charles Baillairgé (1826-1906). Issu d'une dynastie de sculpteurs, de peintres et d'architectes, Baillairgé est l'auteur de nombreux lieux de culte, résidences et édifices institutionnels. À partir des années 1860, il travaille essentiellement à la supervision de chantiers pour le ministère des Travaux publics à Ottawa puis pour la cité de Québec, notamment grâce à ses compétences en génie civil. La prison conçue en 1860 constitue l'une des réalisations les plus importantes de Baillairgé en architecture publique, marquant une période charnière dans sa pratique.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du pavillon Charles-Baillairgé liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation sur un terrain paysager dominant le fleuve Saint-Laurent, en retrait de la voie publique, au coeur du parc des Champs-de-Bataille;
- son intégration au Musée national des beaux-arts de Québec;
- son volume, dont le corps central de plan rectangulaire de quatre étages et demi à soubassement surhaussé, l'annexe rectangulaire de trois étages adossée au mur sud du corps central, l'annexe de plan en « T » à trois étages et demi et à soubassement surhaussé greffée au mur est du corps central, le toit brisé à croupes surmonté d'un puits de lumière ainsi que la tour de guet composée de deux lanternes octogonales superposées;
- les matériaux, dont la maçonnerie en pierre de taille lisse et en pierre à bossage, la couverture en cuivre ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en pierre et en métal;
- les ouvertures, dont le portail principal (composé d'une porte à panneaux encadrée par des baies latérales et surmontée d'un tympan cintré vitré), les portes à panneaux (surmontées d'arcs surbaissés ou de linteaux), les fenêtres cintrées (certaines éclairant trois niveaux), les fenêtres rectangulaires à carreaux, les fenêtres en arc surbaissé, les lucarnes en appentis ainsi que les chambranles;
- l'ornementation sobre, dont la corniche à modillons, les pièces métalliques masquant les tirants en fer de la structure (ornés notamment de grotesques, de clés et de mains liées) et les bandeaux;
- les éléments structuraux intérieurs.

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Informations historiques

Le pavillon Charles-Baillairgé est construit sur un terrain destiné sous le Régime français à une vocation agricole. La bataille des plaines d'Abraham s'y déroule le 13 septembre 1759, marquant un point tournant de la guerre de la Conquête. Un monument érigé à proximité de l'édifice commémore le lieu où est mort le général britannique James Wolfe (1726-1759). Ces terres, appartenant aux Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec, sont louées par baux emphytéotiques, puis acquises par John Bonner, marchand de Québec, avant de devenir propriété gouvernementale en 1853.

La construction de la prison découle de la réforme du système carcéral amorcée au XVIIIe siècle en Grande-Bretagne par John Howard (1726-1790). L'approche de celui-ci prône la séparation des détenus selon le sexe, l'âge et la gravité de la faute, de meilleures conditions d'hygiène, un programme de travail ainsi que l'isolement rigoureux, devant favoriser leur réhabilitation. Bien qu'une prison ait été construite à Québec de 1808 à 1811 (édifice du Morrin College, classé immeuble patrimonial), cette dernière est rapidement surpeuplée. De plus, elle ne permet pas la séparation des détenus selon les crimes perpétrés et présente d'importantes lacunes hygiéniques. En 1856, le gouvernement du Canada-Uni cède aux pressions et lance un concours pour la conception d'une prison sur les plaines d'Abraham. Le premier prix est attribué en 1860 aux architectes R. C. Messer de Toronto et Thomas Ellis de Kingston, mais les plans proposés par Charles Baillairgé (1826-1906) sont finalement choisis. Celui-ci s'inspire du système de la prison d'Auburn (Auburn State Prison) dans l'État de New York, caractérisé par de longs enchaînements de cellules de petites dimensions, ouvertes sur des corridors servant de puits de lumière et de poste d'observation. Baillairgé organise toutefois les différentes ailes autour d'un bâtiment central, selon le modèle de la prison de Philadelphie (Eastern State Penitentiary) dans l'État de Pennsylvanie.

Les travaux sont confiés aux entrepreneurs Thomas Joseph Murphy (vers 1818-1883) et Thomas Martin Quigley (1833-vers 1905) et débutent en 1861. En 1863, les coûts dépassent les prévisions et les entrepreneurs se trouvent dans l'impossibilité de payer les ouvriers. Le travail, interrompu pendant quelques mois, reprend en 1864 sous la supervision de Pierre Gauvreau (1813-1884). La prison livrée aux autorités en juin 1867 recevait déjà des prisonniers depuis quatre ans. De 1869 à 1872, l'aile sud est agrandie et le mur d'enceinte est érigé. Des ajustements sont effectués jusqu'en 1877, tandis que la construction de l'aile ouest prévue dans le plan original est abandonnée.

À partir de 1908, l'environnement de la prison se modifie considérablement, notamment avec l'aménagement du parc des Champs-de-Bataille. En 1930, le mur d'enceinte est partiellement reconstruit afin de faire place au Musée de la province, créé par le gouvernement québécois, qui ouvre ses portes en 1933. Des lucarnes sont percées dans le toit de l'édifice en 1943.

Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la prison est considérée comme désuète. L'établissement est fermé en 1970, lors de l'ouverture du centre de détention situé à Orsainville. L'édifice est utilisé durant quelques années comme auberge de jeunesse, mais est abandonné à nouveau en 1974.

En 1987, on annonce l'agrandissement du Musée du Québec (maintenant le Musée national des beaux-arts du Québec) et l'intégration de la prison au complexe muséologique. De 1989 à 1991, des travaux de reconversion sont entrepris. Deux blocs cellulaires sont conservés comme témoignage du système carcéral, tandis que le reste du bâtiment est modifié afin de répondre aux fonctions muséales. L'ancienne prison prend alors le nom de pavillon Charles-Baillairgé.

Le pavillon Charles-Baillairgé est classé en 1998.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 1, avenue Wolfe-Montcalm

Latitude :

  • 46° 47' 59.602"

Longitude :

  • -71° 13' 25.828"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Québec Cité de Québec (quartier Montcalm) Absent 5250-1

Code Borden

CeEt-542      

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • CAMERON, Christina. Charles Baillairgé: Architect & Engineer. Montréal / Kingston, McGill-Queen's University Press, 1989. 201 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GAUTHIER-LAROUCHE, Georges. La prison des Planes d'Abraham. Qubec, Ministère des Affaires culturelles, Service des monuments historiques, 1976. 81 p.
  • LA GRENADE-MEUNIER, Monique. La prison des plaines d'Abraham. Québec, Ministère des Affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1977. 14 p.
  • LANDRY, Pierre B. Prison, auberge et musée: le pavillon Charles-Baillairgé. Québec, Musée national des beaux-arts du Québec, 2005. 58 p.
  • MIMEAULT, Martin. La prison des plaines d'Abraham, 1863-1877. Sillery, Septentrion, 2007. 145 p.
  • NOPPEN, Luc. Dossier d'inventaire architectural de la prison de Québec, 311, rue Wolfe, Parc des Champs de Bataille, Québec. Québec, Ministère des Affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1975. s.p.
  • s.a. « Pavillon Charles-Baillairgé ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Supplément 1987-1999. Québec, Les Publications du Québec, 2001, p. 21.

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