Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Tours du Fort-des-Messieurs-de-Saint-Sulpice

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Fort de la Montagne
  • Tours des Sulpiciens
  • Tours du Fort-des-Messieurs de Saint-Sulpice

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1685 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Services et institutions (Installations de défense militaire)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (3)

Groupes associés (1)

Personnes associées (3)

Images

Carte

Description

Les tours du Fort-des-Messieurs-de-Saint-Sulpice sont deux constructions cylindriques en moellons érigées en 1685. Pourvues de meurtrières et coiffées d'un toit conique hexagonal couvert de bardeaux de cèdre, ces tours formaient à l'origine les bastions sud-est et sud-ouest d'un fort construit par les Sulpiciens sur le flanc sud du mont Royal. Les tours sont aujourd'hui situées en bordure de la rue Sherbrooke, dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ces biens sont classés immeuble patrimonial. Les tours bénéficient d'une aire de protection et font partie du domaine des Messieurs-de-Saint-Sulpice, classé site patrimonial. Des sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec sont associés au lieu.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1974-11-20
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1970-01-01
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1975-05-12
 
Classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1982-05-26
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

Les tours du Fort-des-Messieurs-de-Saint-Sulpice présente un intérêt patrimonial pour leur valeur historique. Érigées en 1685, ces tours sont, avec le vieux séminaire de Saint-Sulpice et la maison Saint-Gabriel, les plus anciennes constructions en pierre de la région de Montréal qui subsistent. Elles témoignent des origines religieuses de Ville-Marie et, plus particulièrement, de l'oeuvre missionnaire et éducatrice des Sulpiciens et de la congrégation de Notre-Dame. Leurs fonctions successives depuis trois siècles rappellent les mutations de l'activité sulpicienne sur les flancs du mont Royal : mission amérindienne et ouvrage défensif au XVIIe siècle; lieu de villégiature et exploitation agricole au XVIIIe siècle; complexe institutionnel à partir du milieu du XIXe siècle. Ainsi les tours, après avoir logé les religieuses et l'école de la mission, sont transformées en dépendances agricoles puis, pour l'une d'elles, en chapelle de la résidence-château. Elles survivent à la démolition de la résidence et du fort vers 1860, lors de la construction du Grand Séminaire de Montréal.

Les tours présente également un intérêt pour leur valeur historique et architecturale comme témoins de l'architecture militaire du XVIIe siècle. Il s'agit de la plus ancienne structure défensive encore debout sur l'île de Montréal. Construites dans le contexte de la deuxième guerre iroquoise (1684-1700), les tours constituent les témoins d'un ensemble défensif formé d'un enclos en pierre bastionné. Elles occupaient chaque coin du fort et leurs meurtrières permettaient de couvrir l'angle du flanc extérieur du bastion opposé. Par leurs dimensions, par l'épaisseur des murs et par leur toit conique hexagonal à égout retroussé couvert à l'origine d'ardoise, ces ouvrages répondent aux principes de l'architecture militaire d'alors. Leur implantation sur un talus au pied du mont Royal conférait une excellente position défensive à l'ensemble. Les tours du Fort-des-Messieurs-de-Saint-Sulpice sont également associées à François Vachon de Belmont (1645-1732), responsable de la mission de la Montagne, cinquième supérieur des Sulpiciens, concepteur du fort et de la résidence-château ainsi que de divers ouvrages d'architecture et de génie civil.

Les tours présente aussi un intérêt pour leur valeur archéologique. Des fouilles ont mis au jour plusieurs vestiges architecturaux du fort. Il s'agit notamment de sections des courtines sud et ouest, des fondations de la chapelle et de vestiges de sa toiture, ainsi que des fondations, du perron en fer à cheval et d'une voûte de la résidence-château. Ont aussi été mis au jour des éléments qui témoignent des activités domestiques et agricoles menées à l'extérieur du fort proprement dit : fondations d'un four à pain attenant à la tour sud-est, de même que d'un bâtiment agricole et d'un segment des murs du domaine construits à l'ouest du fort. Enfin, aux composantes d'un système de drainage s'ajoutent les traces de travaux successifs de terrassement et de voies de circulation.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques des tours du Fort-des-Messieurs-de-Saint-Sulpice liés à leurs valeurs historique, architecturale et archéologique comprennent, notamment :
- leur emplacement sur un talus au pied du mont Royal;
- la présence de foyers témoignant des fonctions résidentielles et scolaires des lieux entre 1685 et 1705;
- leur volume, dont la forme cylindrique et le toit conique hexagonal;
- leurs matériaux, dont la maçonnerie de moellons, les chambranles en pierre de taille, la charpente en pin de la toiture et la couverture en bardeaux de cèdre;
- les ouvertures de la tour est du même aplomb, comprenant une fenêtre à guillotine à petits carreaux ainsi qu'une porte dotée d'une fenêtre à petits carreaux et d'une fenêtre latérale;
- les ouvertures de la tour ouest, comprenant une fenêtre à guillotine à petits carreaux et une porte dotée d'une fenêtre à petits carreaux du même aplomb ainsi qu'une fenêtre à battants à petits carreaux;
- la croix couronnant la tour ouest;
- la girouette et le coq couronnant la tour est,
- les sections des courtines sud et ouest;
- les fondations de la chapelle et les vestiges de sa toiture;
- les fondations, le perron en fer à cheval et une voûte de la résidence-château;
- les fondations d'un four à pain attenant à la tour sud-est;
- les fondations d'un bâtiment agricole et d'un segment des murs du domaine construits à l'ouest du fort;
- des composantes d'un système de drainage ainsi que les traces de travaux successifs de terrassement et de voies de circulation à l'intérieur du fort.

Haut de la page

Informations historiques

L'histoire du fort des Messieurs de Saint-Sulpice est étroitement associée à la création par les Sulpiciens d'une mission amérindienne sur leur domaine seigneurial au pied du mont Royal. Fondée en 1675, la mission prend d'abord la forme d'un village amérindien entouré d'une palissade. Au début des années 1680, on y recense un peu plus de 200 personnes, des cabanes d'écorce et quelques maisons en charpente, une chapelle, une école tenue par les religieuses de la congrégation de Notre-Dame et une résidence pour les missionnaires.

En 1685, lors de la reprise des hostilités franco-iroquoises, François Vachon de Belmont (1645-1732) dote la mission d'un fort en pierre à quatre bastions, au coeur duquel se trouvent une résidence en pierre de deux étages et ses dépendances. Une grange-abri pour la population amérindienne est ajoutée vers 1689. Malgré leurs fonctions défensives, les deux tours arrière sont affectées à des activités agricoles; les deux tours avant sont utilisées par les soeurs respectivement comme résidence et comme école. En 1694, un incendie détruit le village amérindien et la chapelle. On érige alors dans l'enclos une église en pierre adossée à la courtine sud. Les Amérindiens quittent néanmoins la mission de la Montagne, qui est fermée en 1705.

Le fort sert désormais de maison de campagne pour les Sulpiciens et est au coeur de leur exploitation agricole. Entre 1694 et 1731, la résidence-château est agrandie par l'ajout de deux ailes et une nouvelle grange en pierre, dotée de deux greniers et de deux pressoirs à cidre, est construite. À la même époque, une boulangerie est probablement bâtie à côté de la tour est. Les tours avant semblent maintenant vouées à des activités agricoles et auraient même hébergé les fermiers à l'emploi des Sulpiciens. Au tournant du XIXe siècle, le fort et le domaine connaissent d'autres modifications. En 1797, la chapelle est démolie et une ouverture est percée dans la courtine sud. On procède au terrassement de la partie sud de l'enceinte et à l'aménagement d'un nouveau parterre devant l'entrée de la résidence. Les murs du fort sont aussi réparés, les planchers et les ouvertures des tours sont modifiés; il est probable que le bardeau remplace alors l'ardoise couvrant les tours. En 1825, la résidence-château est exhaussée d'un étage et coiffée d'un toit en pavillon percé de deux lucarnes. La même année, une petite chapelle est installée dans la tour est. Au début du XIXe siècle, la maison de campagne et son cadre enchanteur font l'objet de nombreux commentaires élogieux.

Après 1850, l'urbanisation et les responsabilités éducatives des Sulpiciens entraînent la disparition du fort. De 1854 à 1857, les prêtres font construire le Grand Séminaire de Montréal sur leur domaine de la Montagne; un peu plus tard, le Collège de Montréal est érigé au même endroit. Les Sulpiciens implantent le nouveau complexe institutionnel à l'emplacement du fort et de la résidence-château. Dès 1854, les tours arrière, les dépendances et une partie de la muraille sont démolies; la résidence et la courtine sud disparaissent à leur tour en 1860. Seules les tours sud-est et sud-ouest survivent et contribuent à orner les jardins et le parterre du Grand Séminaire. La tour sud-est conserve sa vocation de chapelle pendant près d'un siècle; elle est incendiée en 1921. Les deux tours semblent ensuite avoir surtout servi de remises.

Les deux tours sont classées en 1974 et bénéficient d'une aire de protection depuis 1975. Le domaine des Messieurs-de-Saint-Sulpice est classé en 1982. À la même époque, les Sulpiciens commandent des études historiques, architecturales et archéologiques et élaborent des projets de mise en valeur du domaine. Les tours sont restaurées entre 1984 et 1986 selon les études des architectes Josette Michaud et Pierre Beaupré, du bureau Beaupré et Michaud.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 2065, rue Sherbrooke Ouest

Latitude :

45° 29' 36.82"

Longitude :

-73° 35' 5.65"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Cité de Montréal (quartier Saint-Antoine) Absent 1720-207-1

Code Borden

BiFj-6      

Haut de la page

Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Archéotec inc. Domaine des Messieurs de Saint-Sulpice. Intervention archéologique pour la localisation et l'identification d'une voûte en pierre. Site archéologique du Fort de la Montagne BiFj-06. Montréal, Direction de Montréal, Ministère de la Culture et des Communications, 2004. 34 p.
  • Beaupré et Michaud, architectes. Domaine du Fort de la Montagne : étude et mise en valeur de la zone 1. Texte du rapport préliminaire. Montréal, 1984. 30 p.
  • CASAVANT, Germain. « Domaine et tours du fort des messieurs de Saint-Sulpice ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 129-134.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • ETHNOSCOPE INC. Le domaine des Messieurs de Saint-Sulpice (BiFj-6). Synthèse et orientations en matière d'archéologie. Montréal, Ministère de la Culture et des Communications, Direction régionale de Montréal, 1994. s.p.
  • HAREL, J.-Bruno. « Le Domaine du Fort de la Montagne (1666-1860) ». s.a. Montréal : artisans, histoire, patrimoine. Montréal, Fides, 1979, p. 17-38.
  • LAPIERRE, Diane. Dossier sur le Grand Séminaire. 1911-2065 rue Sherbrooke ouest, Montréal. Montréal, Ministère des affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1978. s.p.
  • LITALIEN, Rolland, dir. Le Grand Séminaire de Montréal de 1840 à 1990 : 150 années au service de la formation des prêtres. Montréal, Éditions du Grand Séminaire de Montréal, 1990. 462 p.
  • s.a. Grand séminaire de Montréal, 1840-1940. Montréal, Frères des écoles chrétiennes, 1940. 168 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013