Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Basilique de Saint-Patrick

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église de Saint-Patrick
  • St. Patrick's Basilica

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1843 – 1847 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Personnes associées (2)

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Carte

Description

La basilique de Saint-Patrick est un lieu de culte de tradition catholique de style néogothique érigé de 1843 à 1847. De plan rectangulaire, l'édifice en pierre grise présente un choeur en saillie terminé par une abside polygonale. Il est coiffé d'un toit à versants droits couvert en cuivre et un clocher surmonte le faîte en façade. Sa façade principale est percée de trois portes flanquées de contreforts couronnés de pinacles. La travée centrale, qui forme une avancée créant l'impression d'une tour, est ornée d'une rosace. L'église est située sur un grand terrain paysager et clôturé dans l'ancien quartier Saint-Georges, au coeur de l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

Plan au sol :

Rectangulaire avec abside en hémicycle ou à pans coupés

Nombre d'étages :

2 ½

Groupement :

Adossé

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Saillies :

  • Clocher
  • Contrefort
  • Escalier

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Pierre (Taillée)
  • Façade droite : Pierre (Taillée)
  • Façade gauche : Pierre (Taillée)
  • Façade avant : Pierre (Taillée)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Cuivre en plaques
  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Tôle à baguettes

Porte principale :

  • bois massif, à imposte

Autre(s) porte(s) :

  • bois massif, à battants
  • bois massif et vitrage, à battants
  • bois massif et vitrage, à imposte
  • bois, à panneaux, à battants
  • bois, à panneaux, à imposte

Fenêtre(s) :

  • à arc brisé, Fixe
  • à arc brisé, Fixe
  • circulaire, Fixe
  • circulaire, Fixe

Éléments architecturaux :

  • Bardeau
  • Corniche à denticules
  • Pilier
  • Pinacle
  • Portail

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1985-12-10
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1990-01-01
 

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Valeur patrimoniale

La basilique de Saint-Patrick présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Bâtie de 1843 à 1847, cette église constitue l'une des premières grandes manifestations du style néogothique au Québec. À Montréal, elle est la seconde église de ce style, la première étant la basilique Notre-Dame, érigée à partir de 1824 par James O'Donnell (1774-1830). Le style néogothique prône un retour aux formes du Moyen Âge, tout particulièrement à celles des XIIIe et XIVe siècles, et se définit entre autres par la recherche de verticalité, la symétrie et la lisibilité du plan. Les concepteurs de la basilique, l'arpenteur-géomètre Pierre-Louis Morin (1811-1886) secondé par le père jésuite Félix Martin (1804-1886), tous deux d'origine française, appliquent à l'édifice l'ensemble de ces principes formels. Ainsi, l'église de plan rectangulaire est terminée par une abside polygonale et les élévations symétriques, rythmées par de minces contreforts, sont percées d'ouvertures en arc brisé. La façade principale est percée de trois portes flanquées de contreforts couronnés de pinacles. La travée centrale forme une avancée créant l'impression d'une tour, élément qui sera repris durant toute la seconde moitié du XIXe siècle. L'ornementation extérieure touche essentiellement la façade principale : le portail central est mis en évidence par un gâble et surmonté d'une rosace, tandis que le pignon est agrémenté de pinacles et de crosses. L'ordonnance de la façade révèle l'organisation de la nef divisée en trois vaisseaux par des colonnes élancées qui se prolongent jusqu'à la naissance des ogives. La basilique de Saint-Patrick est considérée comme l'oeuvre la plus achevée et la plus originale de Morin et de Martin. Elle a inspiré de nombreux architectes, et notamment Victor Bourgeau (1809-1888) pour les églises de Saint-Pierre-Apôtre (1851) et de Saint-Joseph (1861). Cette église constitue un exemple remarquable de l'épanouissement du style néogothique au Québec et au Canada.

La basilique de Saint-Patrick présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Son décor, dont la réalisation s'est échelonnée sur une période allant de 1848 aux années 1920, est considéré comme l'un des plus remarquables intérieurs d'église du XIXe siècle conservés au Canada. Il se distingue par sa richesse et son élégance, mais aussi par l'homogénéité de son style d'inspiration gothique avec ses pinacles, ses arcs brisés et ses crosses. L'église contient toujours ses autels accompagnés d'imposants retables, ses confessionnaux, sa chaire et ses nombreux vitraux. Le mobilier, de grande qualité, témoigne du savoir-faire et des techniques des artisans et des artistes qui y ont travaillé. L'ensemble est remarquablement bien conservé.

La basilique de Saint-Patrick présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Première église catholique desservant la population d'expression anglaise de Montréal, la basilique de Saint-Patrick est l'église mère de 35 autres églises montréalaises. Sa construction est étroitement liée à l'immigration irlandaise, particulièrement importante dans la première moitié du XIXe siècle. Elle est rendue nécessaire par la croissance rapide de cette communauté évaluée à environ 6500 personnes en 1840. L'église et les institutions qui l'entourent, notamment l'orphelinat fondé à la suite de l'épidémie de typhus en 1847, contribuaient au soutien spirituel et matériel des paroissiens. La basilique de Saint-Patrick figure, par ailleurs, parmi les cinq églises les plus anciennes qui subsistent à Montréal.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la basilique de Saint-Patrick liés à ses valeurs architecturale, artistique et historique comprennent, entre autres :
- ses caractéristiques rattachées au style néogothique, dont la nef rectangulaire divisée en trois vaisseaux, le choeur en saillie terminé par une abside polygonale, la voûte à croisée d'ogives, les ouvertures en arc brisé, les pinacles, les contreforts, les voussures, les crosses, les colonnes à chapiteaux corinthiens, le gâble et la rosace;
- le toit coiffant sans distinction de niveau la nef et l'abside et la couverture en cuivre;
- la maçonnerie en pierre de taille grise de Montréal;
- les caractéristiques du décor intérieur inspirées du style néogothique, dont les confessionnaux (Julien Santerre), la chaire, la « litanie des saints » réalisée entre autres par Alex S. Locke et Guy Lombal, les bancs, ainsi que les ouvrages réalisés pendant la première campagne de décoration (à partir de 1861) sous la direction des entrepreneurs Perreault, Paré et Ouellet, dont le maître-autel, les autels latéraux et les stalles;
- les ouvrages réalisés pendant la seconde campagne de décoration (à partir de 1893) sous la direction de l'architecte William E. Doran et d'Alex S. Locke, dont les peintures des voûtes du sanctuaire ainsi que le lambris de bois recouvrant la partie inférieure des murs réalisé par M. R. Forsyth;
- les ouvrages réalisés pendant la troisième campagne de décoration (à partir de 1922) confiée aux artistes Guido Nincheri (1893-1973) et Victor Marion, dont la décoration des murs de la nef;
- les tableaux du chemin de croix datés de 1847 et réalisés par l'artiste italien A. Patriglia;
- les vitraux, réalisés par différents concepteurs, dont les Soeurs grises de Montréal, Alex S. Locke et des artisans d'Innsbruck (Autriche);
- l'orgue fabriqué par Samuel Russell Warren en 1852, reconstruit et électrifié par la Compagnie Casavant et frères en 1895 et combiné en 1972 à l'orgue de l'ancienne église Saint-Anthony par la compagnie Providence;
- les escaliers des tribunes arrière;
- la situation de l'église dans l'ancien quartier Saint-Georges de l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal;
- l'orientation inusitée de son chevet vers l'une des principales artères de la ville;
- les éléments symboliques propres à la communauté irlandaise, dont la statue de saint Patrick située au-dessus du portail central et le motif récurrent du trèfle, taillé dans la pierre à l'extérieur et sculpté dans les boiseries ou peint au pochoir sur les murs à l'intérieur.

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Informations historiques

La fondation de la paroisse Saint-Patrick est étroitement liée à l'arrivée massive d'immigrants irlandais. La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, puis l'ancienne église des Récollets de la rue Notre-Dame leur servent d'abord de lieu de culte. En 1842, la communauté obtient la permission de construire sa propre église. La fabrique de la paroisse Notre-Dame acquiert le terrain de l'ancienne propriété de Pierre de Rastel de Rocheblave (1773-1840), alors située aux limites de la ville. Les plans de l'église sont confiés à Pierre-Louis Morin (1811-1886) et au père jésuite Félix Martin (1804-1886), qui conçoivent un édifice néogothique. Pierre-Louis Morin, arpenteur-géomètre de formation, est l'auteur des plans de quelques bâtiments, dont l'église de La-Nativité-de-la-Sainte-Vierge à La Prairie (1840). Le père Martin, supérieur du Collège Sainte-Marie et professeur de dessin, a été initié à l'architecture par son frère Arthur, jésuite spécialisé dans la restauration d'églises gothiques. Félix Martin a signé notamment les plans de l'église Saint-Georges de Henryville (1846) et de l'église de la mission Saint-François-Xavier à Kahnawake (1845). La construction de la basilique de Saint-Patrick par les entrepreneurs Comte et Marr s'étend de 1843 à 1847, date de sa bénédiction. À l'église s'ajouteront des bâtiments pour la communauté comme le presbytère (1897), le Congress Hall (1915) et la chapelle (1915). Érigé comme simple desserte de la paroisse Notre-Dame, l'édifice n'acquiert le titre d'église paroissiale qu'en 1866.

La décoration intérieure s'échelonne sur une longue période. Victor Bourgeau (1809-1888) participe à ses débuts en réalisant une tribune et une première chaire en 1848. En 1852, s'ajoute un orgue du facteur d'origine anglaise Samuel Russel Warren (1809-1882). L'instrument reconstruit et électrifié par la Compagnie Casavant et frères en 1895 est combiné en 1972 à l'orgue de la vieille église Saint-Anthony par la compagnie Providence. Les confessionnaux exécutés par Julien Santerre et le chemin de croix réalisé par l'artiste italien A. Patriglia en 1847 font partie des éléments les plus anciens. En 1861, monseigneur Philibert, grand vicaire de l'archevêché de Toronto, engage les entrepreneurs Perrault, Paré et Ouellet pour une première campagne de décoration qui met davantage en valeur le choeur. Ils réalisent le maître-autel, les autels latéraux et les stalles; les premiers vitraux exécutés par les Soeurs grises de Montréal sont installés. Mais c'est surtout en 1893 que l'église acquiert son aspect actuel. La transformation complète, effectuée sous la direction de l'architecte William E. Doran et d'Alex S. Locke, artiste de la firme Arnold & Locke de Brooklyn, s'étend sur plus de dix ans : la toiture extérieure est rénovée, les murs intérieurs repeints, la hauteur des fenêtres est doublée afin d'obtenir plus de lumière. L'église reçoit de nouveaux vitraux et de nouveaux bancs. L'arrière de la nef est modifié par l'installation de deux escaliers et la transformation de la tribune simple en tribune double. Selon les directives de Doran, M. R. Forsyth conçoit le lambris des murs qui sert de cadre à la « litanie des saints », une série de150 tableaux réalisés par Alex S. Locke, Guy Lombal et quelques autres. En 1922, le peintre Guido Nincheri (1885-1973) est chargé de la réfection du décor intérieur. Les murs sont alors décorés au pochoir de motifs de trèfles et de lys.

Deux plaques commémoratives installées dans l'édifice rappellent que l'église a été le lieu de baptême du poète Émile Nelligan (1879-1941) et des funérailles nationales de Thomas d'Arcy McGee (1825-1868), l'un des pères de la Confédération, mort assassiné à Ottawa.

L'église Saint-Patrick a été classée en 1985. Elle est élevée au rang de basilique mineure par le Vatican en 1989. Le lieu de culte est restauré en 1996 et 1997.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 460, boulevard René-Lévesque Ouest

Latitude :

  • 45° 30' 12.72"

Longitude :

  • -73° 33' 53.38"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 179 421 Ptie

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BOURGET, Charles. « La basilique St. Patrick de Montréal. Le désir d'égaler les grandes oeuvres du mouvement néogothique ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/spatmtl/spatmtlf.htm
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.

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