Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église Saint-James

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Estrie

Municipalité :

  • Hatley

Date :

  • 1827 – 1828 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Anglicanisme)

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (2)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église Saint-James est un lieu de culte de tradition anglicane construit en 1827 et 1828. L'église en bois peinte en blanc présente un plan rectangulaire composé d'une nef à un vaisseau et d'un choeur plus étroit terminé par un chevet plat. Sa façade, dont les retours de l'avant-toit suggèrent un fronton, est dotée d'un portail central, de hautes fenêtres à arc brisé et d'un oculus. Elle est surmontée d'un clocher qui coiffe le faîte du toit à deux versants droits à pente douce. L'église Saint-James est située en bordure d'un vaste espace gazonné, à proximité d'une ancienne académie et d'un cimetière, dans le noyau villageois de la municipalité de Hatley.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. L'église Saint-James fait aussi partie de l'ensemble institutionnel Saint-James, cité site patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1989-11-17
 
Citation Situé dans un site patrimonial Municipalité (Hatley) 2011-03-14
 

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Valeur patrimoniale

L'église Saint-James présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Cette église conjugue une structure d'inspiration palladienne et des éléments néogothiques. Le style palladien apparaît en Angleterre au début du XVIIIe siècle. Les Britanniques l'introduisent au Bas-Canada dans l'architecture religieuse avec, notamment, l'édification de la cathédrale Holy Trinity de Québec, entre 1800 et 1804. Ce type est repris et simplifié pour la construction de petites églises rurales. L'église Saint-James en constitue un exemple par son plan rectangulaire à chevet plat ainsi que par son large pignon traité en fronton et surmonté d'un imposant clocher en façade. Elle intègre en outre des baies à arc brisé, un élément propre au néogothique, un style en émergence pour les lieux de culte des communautés anglicanes et protestantes au XIXe siècle. Le bâtiment est ainsi un reflet de la transition qui s'opère entre l'architecture palladienne et l'architecture néogothique au cours de premières décennies du XIXe siècle.

L'église Saint-James présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Le décor intérieur illustre l'évolution des églises anglicanes pour répondre aux préceptes de l'Ecclesiological Society au XIXe siècle. Le décor d'origine du temple est graduellement adapté au renouveau liturgique de l'Église d'Angleterre, qui commande des aménagements inspirés par l'art gothique. Dans cet esprit, la fausse voûte en plâtre est recouverte de lattes de bois, les bancs à porte sont remplacés par les bancs actuels et un choeur plus étroit que la nef est aménagé en 1874. Des vitraux et un mobilier liturgique approprié complètent l'ensemble, dont un retable néogothique installé en 1882.

L'église Saint-James présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le lieu de culte témoigne de l'établissement des communautés anglicanes dans les Cantons de l'Est au tout début du XIXe siècle. La guerre américano-britannique de 1812-1814 favorise l'implantation de l'Église d'Angleterre dans cette portion du territoire frontalier (le canton de Hatley), car elle ralentit pendant un certain temps la venue des pasteurs américains et l'éclosion des religions protestantes. En 1817, le révérend Charles James Stewart (1775-1837), aristocrate écossais et missionnaire dans l'âme, s'installe à Hatley où il établit une mission et construit un premier lieu de culte. Ses actions permettent l'enracinement de la religion anglicane dans la région. En 1826, Stewart est promu au rang d'évêque du diocèse anglican de Québec. L'église Saint-James, second temple anglican de Hatley, est nommée en l'honneur de cette figure marquante de l'Église d'Angleterre au Québec. Il s'agit du plus ancien temple anglican et protestant de la région de l'Estrie et l'un des plus anciens subsistant au Québec. Elle est par ailleurs située en retrait de la rue principale et en bordure d'un vaste espace paysager rappelant les « commons » (espaces communaux) des villages de la Nouvelle-Angleterre, une disposition rare au Québec. L'église est entourée de son cimetière et de l'ancienne académie Charleston érigée en 1830. L'implantation de l'église témoigne des premiers foyers de peuplement anglophone de l'Estrie rurale.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'église Saint-James liés à ses valeurs architecturale, artistique et historique comprennent, notamment :
- son volume, dont le plan rectangulaire composé d'une nef à un vaisseau et d'un choeur plus étroit terminé par un chevet plat, le toit à deux versants droits à pente douce ainsi que le clocher à une lanterne (composé d'un tambour carré, d'une chambre des cloches carrée entièrement ajourée et ornée d'une étroite balustrade ainsi que d'une flèche conique terminée par une croix) sur le faîte à l'avant du toit;
- les matériaux, dont le revêtement en planches à clins peint en blanc, la couverture et le revêtement du clocher en tôle, la cheminée en brique ainsi que les ouvertures et les chambranles en bois;
- les composantes de la façade, dont le portail central (composé de pilastres et d'une corniche à modillons), la porte à double vantail, les hautes fenêtres à arc brisé, la fenêtre d'inspiration palladienne, l'oculus du pignon, les chambranles, les planches cornières ainsi que les retours de l'avant-toit;
- les composantes des longs-pans et du choeur, dont les fenêtres divisées en deux lancettes par un meneau et surmontées d'une fausse imposte à arc brisé, l'oculus, la corniche à modillons, les chambranles, les planches de rive ainsi que les planches cornières;
- le décor architectural, dont la fausse voûte à arc déprimé couverte de lattes de bois, le retable du choeur et la tribune arrière;
- les vitraux;
- la situation de l'église en retrait de la rue principale, en bordure d'un vaste espace paysager et institutionnel, au bout d'un chemin d'accès en forme de « U »;
- sa relation avec le cimetière anglican et l'ancienne académie Charleston (1830);
- sa façade orientée vers l'est.

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Informations historiques

L'église Saint-James est érigée pour la communauté anglicane de Hatley. Cette dernière prend forme avec l'arrivée du révérend Charles James Stewart (1775-1837), premier pasteur permanent. Le révérend Stewart, aristocrate écossais et missionnaire dans l'âme, quitte l'Angleterre en 1807 pour oeuvrer au sein de la Society for the Propagation of the Gospel of Foreigh Parts. D'abord actif dans la seigneurie de Saint-Armand (l'actuelle municipalité de Frelighsburg), il s'installe à Hatley de 1817 à 1819. Il y établit la mission anglicane et construit un premier lieu de culte, à l'écart du village (Old North Church). En 1822, la paroisse anglicane de Charleston est créée. Le pasteur Stewart, successeur de Jacob Mountain (1749-1825), est nommé deuxième évêque du diocèse anglican de Québec en 1826 et occupe cette fonction jusqu'en 1837.

Le temple de 1817, devenu trop petit, est remplacé par l'église actuelle. Érigée en 1827 et 1828, l'église Saint-James est nommée ainsi en l'honneur du pasteur Stewart, promu au rang d'évêque. Les travaux de charpenterie débutent en 1827, alors que les travaux de menuiserie sont confiés en 1828 à Joël Shirtliff Jr., un résident du canton de Hatley. L'église est consacrée en 1834 par Stewart. Sa situation rappelle les « commons » (espaces communaux ) des villages de la Nouvelle-Angleterre.

Le décor d'origine est graduellement adapté au renouveau liturgique de l'Église d'Angleterre, qui commande des aménagements inspirés par l'art gothique. La fausse voûte en plâtre est recouverte de lattes de bois, les bancs à porte sont remplacés par les bancs actuels et un choeur plus étroit que la nef est aménagé en 1874. S'ajoutent des vitraux et un retable néogothique installé en 1882.

L'église Saint-James est classée en 1989. Elle est comprise dans l'ensemble institutionnel Saint-James, un site patrimonial cité en 2011.

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Évaluation d'inventaire

  • Inventaire des lieux de culte du Québec (2003 - 2004)
    MCCCF/Conseil du patrimoine religieux du Québec


  • L'église est dans un état de bon à passable. Les fenêtres des façades de côté et à l'arrière sont dans un mauvais état. Le balcon à l'arrière est pourri. Le grenier au 2e étage a été endommagé par les rongeurs. Un trou est également apparent sur la façade avant dans la structure du clocher.

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    Emplacement

    Region administrative :

    • Estrie

    MRC :

    • Memphrémagog

    Municipalité :

    • Hatley

    Adresse :

    • 100, rue Main

    Latitude :

    • 45° 11' 4.319"

    Longitude :

    • -71° 56' 17.181"

    Désignation cadastrale

    Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
    Stanstead Canton de Hatley Absent 364 (rang 2)

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    Références

    Liens Internet :

    Notices bibliographiques :

    • BERGEVIN, Hélène. Églises protestantes. Montréal, Libre Expression, 1981. 205 p.
    • BERGEVIN, Hélène. L'architecture des églises protestantes des Cantons de l'Est et des Bois-Francs au XIXe siècle. Sainte-Foy, Université Laval, Département d'histoire, 1981. 128 p.
    • CARON, Fernand. « Église anglicane St. James ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 486-487.
    • Groupe Harcart Inc. Étude d'ensemble des églises protestantes de la MRC de Sherbrooke et de Coaticook. Sherbrooke, Ministère des Affaires culturelles, 1985. s.p.
    • LÉGARÉ, Denyse. « L'église anglicane St. James de Hatley. Témoin du développement de l'Église anglicane missionnaire du 19e siècle ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://patrimoine-religieux.qc.ca/sjamhatley/sjamhatleyf.htm
    • MILLMAN, T. R. « Stewart, Charles James ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

    Multimédias disponibles en ligne :

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