Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Gare de Témiscaming

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Gare du Canadien Pacifique

Région administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue

Municipalité :

  • Témiscaming

Date :

  • 1927 (Construction)

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Gares et autres structures ferroviaires)

Éléments associés

Groupes associés (4)

Carte

Description

La gare de Témiscaming est un bâtiment construit en 1927. De plan rectangulaire, l'édifice en brique rouge est coiffé d'un toit à croupes et ses murs sont protégés par de larges avant-toits supportés par des consoles. Il se divise en deux volumes distincts. Sa moitié nord comprend un seul étage, tandis que sa moitié sud, à deux étages, présente au centre de sa façade principale un avant-corps terminé par un pignon. Située au pied d'une colline boisée, la gare est séparée des autres bâtiments de la ville de Témiscaming par un cours d'eau.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2012-10-19

Statuts antérieurs

  • Reconnaissance, 1979-06-28
  • Avis d'intention de classement échu, 1978-03-16
 

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Valeur patrimoniale

La gare de Témiscaming présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice a été construit selon les plans des ingénieurs du Canadien Pacifique, d'après un modèle populaire au début du XXe siècle. La gare est une illustration de ce modèle par son toit à croupes se prolongeant en de larges avant-toits supportés par des consoles et par son avancée qui abritait le bureau du télégraphiste. Elle est aussi représentative d'un type de gare courant dans les villages importants, qui regroupe dans un même bâtiment les espaces dédiés aux passagers et ceux destinés aux marchandises. La gare de Témiscaming, en plus du bureau du télégraphiste et du guichet à billets, comprenait un logement pour le chef de gare situé au deuxième niveau du corps principal, une salle d'attente principale et, à droite, une salle d'attente réservée aux femmes. L'aménagement de cette dernière était une pratique répandue et reflète la survivance de la morale victorienne. La partie est du bâtiment était consacrée à l'entreposage des marchandises. La distinction entre l'espace public et l'espace d'entreposage se reflète dans le jeu des élévations et du toit et dans la disposition latérale de l'entrepôt. Par ailleurs, cette gare, quoique située en milieu rural, se rattache à celles de type urbain par ses dimensions imposantes, ses murs de brique rouge et une certaine recherche stylistique notamment dans son avant-corps terminé par un amortissement en hémicycle, sa porte à imposte couronnée d'un fronton à volutes, ses fondations en pierre à bossage et ses chaînes d'angle. En plus de figurer parmi les plus intéressantes constructions de Témiscaming, voire de tout le Témiscamingue, elle constitue l'un des rares exemples de gare de type urbain en région éloignée.

La gare de Témiscaming présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le bâtiment évoque l'importance du réseau ferroviaire dans le développement du Témiscamingue. La mise en place de ce réseau, en rompant l'isolement, a en effet encouragé la colonisation et l'expansion de l'industrie forestière, assise économique de la région. Plusieurs localités ont ainsi été créées, dont Témiscaming. Cette ville est érigée en 1918 par la Riordon Pulp and Paper, à proximité de son usine de pâte à papier construite la même année afin de loger les ouvriers et leurs familles. Le choix du site s'explique par la présence d'importantes réserves de bois, d'un accès par voie d'eau, d'un grand potentiel énergétique, de ressources en eau potable et du chemin de fer du Canadien Pacifique, qui dessert plusieurs agglomérations de la région. La gare est bâtie en 1927, soit deux ans après que la Canadian International Paper ait acquis l'ensemble des exploitations forestières du Témiscamingue, à une période où l'industrie forestière connaît une activité intense. La gare de Témiscaming témoigne donc du développement socioéconomique de la ville et de la région au début du XXe siècle et du rôle qu'a joué le réseau ferroviaire dans cet essor.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la gare de Témiscaming liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- son volume, dont le plan rectangulaire, le corps principal à deux étages et le corps secondaire à un étage disposé latéralement, le toit à croupes, les larges avant-toits, l'avant-corps terminé par un amortissement en hémicycle en pierre de taille ainsi que l'avancée dotée d'une fenêtre triple à carreaux ouvrant à guillotine et surmontée d'une imposte vitrée en arc surbaissé;
- ses matériaux, dont le parement en brique rouge et les fondations en pierre à bossage surmontées d'un bandeau en pierre de taille;
- les ouvertures, dont la porte flanquée de baies et surmontée d'une imposte vitrée en plein cintre, la large porte du mur latéral est, les fenêtres simples ou doubles à carreaux ouvrant à guillotine du rez-de-chaussée surmontées d'une imposte vitrée en arc surbaissé, les fenêtres doubles ou triples à carreaux ouvrant à guillotine de l'étage, les fenêtres appuyées sur le bandeau en pierre de taille au-dessus des fondations, la porte principale à imposte, les chambranles en brique et les appuis en pierre de taille;
- les éléments ornementaux, dont les consoles doubles sculptées, le fronton à volutes, les chaînes d'angle et les clefs décoratives;
- son emplacement au pied d'une colline boisée et isolée du reste de la ville par un cours d'eau.

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Informations historiques

Ouvert à la colonisation à la fin du XIXe siècle, le Témiscamingue est doté à cette époque de ses premières infrastructures ferroviaires. Elles sont mises en place par la Société de colonisation du lac Témiscamingue, fondée en 1884. De construction artisanale, ces infrastructures sont acquises en 1891 par le Canadien Pacifique qui, au cours des années suivantes, développe le réseau afin de répondre aux besoins des compagnies forestières. Le nouveau réseau rompt l'isolement de la région, encourage la colonisation et facilite l'exploitation de la forêt. Il incite notamment la Riordon Pulp and Paper à s'implanter au Témiscamingue.

Grâce à l'exploitation forestière, plusieurs localités sont créées, dont Témiscaming. Cette ville est érigée en 1918 par la Riordon Pulp and Paper, à proximité de son usine de pâte à papier construite la même année, afin de loger les ouvriers et leur famille. Le choix du site s'explique par la présence d'importantes réserves de bois, d'un accès par voie d'eau, d'un grand potentiel énergétique, de ressources en eau potable et du chemin de fer du Canadien Pacifique, qui dessert plusieurs agglomérations de la région. La gare est bâtie en 1927, soit deux ans après que la Canadian International Paper ait acquis l'ensemble des exploitations forestières du Témiscamingue, à une période où l'industrie forestière connaît une activité intense. Son architecture s'inspire d'un modèle de gare populaire au début du XXe siècle.

La gare de Témiscaming est reconnue en 1979. Fortement abîmée par un incendie en 1994, elle est entièrement rénovée et abrite maintenant un musée sur le patrimoine architectural et industriel de la ville de Témiscaming. Elle est devenue classée à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue

MRC :

  • Témiscamingue

Municipalité :

  • Témiscaming

Adresse :

  • 15, rue Humphrey

Latitude :

  • 46° 43' 16.292"

Longitude :

  • -79° 5' 37.123"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Témiscamingue Canton de Gendreau Rang Sud Ruisseau Gordon 1-2 ptie du rang Sud

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • CHARTIER, André. Gare du CP : 15, rue Humphrey, Témiscaming. Dossier sommaire. Montréal, Ministère des Affaires culturelles, 1978. s.p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Ethnotech inc. Le patrimoine ferroviaire au Québec. Rapport synthèse. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1991. 111 p.
  • RUEL, Andrée et Barbara SALOMON DE FRIEDBERG. Les gares de chemins de fer au Québec. Analyse typologique et sélection. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1982. 191 p.
  • SALOMON DE FRIEDBERG, Barbara. « Gare du Canadien Pacifique ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 553.

Multimédias disponibles en ligne :

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