Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison des Jésuites

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison Delage

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1684 – (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (4)

Images

Carte

Description

La maison des Jésuites est une maison urbaine d'esprit français construite en 1684 et allongée entre 1713 et 1724. Cette demeure en pierre partiellement crépie est composée d'un corps de logis de plan rectangulaire, d'une allonge de plan irrégulier et de deux annexes. Le corps de logis présente quatre étages incluant le toit mansardé flanqué de murs coupe-feu. L'allonge de trois étages et demi est coiffée d'un toit à croupes, tandis que les annexes se terminent par un toit en appentis. Située dans le secteur de Place-Royale, la maison des Jésuites est contiguë à la batterie Royale.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il est inclus dans le site patrimonial du Vieux-Québec. Des objets retrouvés lors des fouilles de cette maison font partie de la collection archéologique de référence de Place-Royale, aussi classée. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé à la maison.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1964-04-15
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

La maison des Jésuites présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Cette demeure est représentative de la maison urbaine d'esprit français. Ce type est issu de savoir-faire et de modèles français qui ont été progressivement adaptés aux conditions particulières du pays (climat, disponibilité des matériaux, etc.) et de l'application des ordonnances des intendants de la Nouvelle-France en ce qui concerne notamment la prévention des incendies. La maison des Jésuites illustre ce type, entre autres, par sa maçonnerie en moellons partiellement crépie, ses murs coupe-feu, ses fenêtres à battants à petits carreaux et ses contrevents. Les caves voûtées, les lucarnes à palan, les annexes et la situation en bordure du fleuve Saint-Laurent témoignent de la vocation commerciale de l'édifice. Par ailleurs, cette résidence constitue une illustration représentative du concept de restauration dite « historique ». Cette approche propose le retour à un état antérieur jugé significatif, en fonction d'objectifs politiques ou idéologiques, par les maîtres d'oeuvre du projet. Au Québec, elle est corollaire du courant nationaliste qui a animé la pensée politique des années 1960 et 1970. Le ministère des Affaires culturelles du Québec l'a appliquée à la restauration des maisons de Place-Royale en privilégiant la période du Régime français. Le projet de restauration de Place-Royale, qui est le plus important chantier de restauration du gouvernement québécois dans les années 1960 et 1970, visait à souligner l'importance de ce lieu comme berceau de l'Amérique française et à en faire un symbole de la francophonie d'Amérique.

La maison des Jésuites présente aussi un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et archéologique. Le terrain est concédé aux Jésuites en 1683, et la demeure est construite l'année suivante. En 1713, les religieux vendent la propriété à Charles Guillimin (1676-1739). Le commerçant allonge la maison entre 1713 et 1724. Guillimin est issu d'une famille noble de Bretagne. Arrivé en Nouvelle-France à la fin du XVIIe siècle, il devient rapidement l'un des plus riches négociants de Québec. Il acquiert également une certaine renommée militaire et dirige, entre autres, la milice de Québec lors d'une expédition organisée par Philippe de Rigaud (vers 1643-1725), marquis de Vaudreuil, contre les établissements de la Nouvelle-Angleterre. Au cours des fouilles réalisées à la maison des Jésuites, les archéologues ont mis au jour de nombreux objets témoignant de la vie des occupants à diverses périodes. Les plus représentatifs font partie de la collection archéologique de référence de Place-Royale, qui est aussi classée.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison des Jésuites liés à ses valeurs architecturale, historique et archéologique comprennent, notamment :
- le volume, dont le corps de logis de plan rectangulaire à quatre étages incluant le toit mansardé, l'allonge de plan irrégulier à trois étages et demi coiffée d'un toit à croupes et les annexes coiffées de toits en appentis;
- les matériaux, dont la maçonnerie en moellons partiellement crépie, les chambranles en pierre de taille, les tirants en fer forgé, la couverture en planches horizontales du corps de logis et les couvertures en planches verticales des autres composantes;
- les ouvertures, dont les fenêtres à battants à 28 petits carreaux, les contrevents, les lucarnes à croupe et les lucarnes à palan;
- les larges cheminées et les murs coupe-feu appuyés sur des corbeaux;
- les caves voûtées;
- la galerie de l'allonge du côté du fleuve Saint-Laurent;
- la situation de la maison dans l'e site patrimonial du Vieux-Québec, dans le secteur Place-Royale, contiguë à la batterie Royale.

Haut de la page

Informations historiques

La maison des Jésuites est construite en 1684, sur un terrain concédé aux Jésuites l'année précédente. La demeure en pierre de deux étages et demi est coiffée d'un toit à deux versants. En 1713, la propriété est vendue au commerçant Charles Guillimin (1676-1739).

Guillimin est issu d'une famille noble de Bretagne. Arrivé en Nouvelle-France à la fin du XVIIe siècle, il devient rapidement l'un des plus riches négociants de Québec. Il acquiert également une certaine renommée militaire et dirige, entre autres, la milice de Québec lors d'une expédition organisée par Philippe de Rigaud (vers 1643-1725), marquis de Vaudreuil, contre les établissements de la Nouvelle-Angleterre.

Le marchand fait réaliser des travaux majeurs à la maison entre 1713 et 1724. En effet, un inventaire réalisé en 1724 démontre que la résidence a été surhaussée d'un étage en pierre et possède un toit à la Mansart. L'homme d'affaires a aussi fait construire une allonge en pierre de trois étages coiffée d'un toit à croupes.

Charles Guillimin vit des revers de fortune et meurt ruiné en 1739. Son fils Guillaume devient propriétaire de la maison en 1741. Il la vend au commerçant Étienne Charest en 1757. La demeure est lourdement endommagée par les bombardements de l'armée britannique lors du siège de Québec en 1759. William Grant (1744-1805), un autre commerçant, l'achète en 1763. La propriété est vendue en 1774 à Jacques Lampure Marret.

L'édifice est incendié en 1836, puis passe entre les mains de plusieurs propriétaires jusqu'à son acquisition par le gouvernement du Québec, au milieu des années 1960, pour le projet de restauration de Place-Royale.

La maison des Jésuites est classée en 1964. Restaurée dans les années 1970, elle abrite aujourd'hui les bureaux de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 10, rue Saint-Pierre

Localisation informelle :

Correspond aux anciens numéros 14 et 16 de la rue Saint-Pierre.

Latitude :

  • 46° 48' 46.499"

Longitude :

  • -71° 12' 7.989"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 213 547 Ptie

Code Borden

CeEt-6      

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DÉCARIE, Louise. Le grès français de Place-Royale. Collection Patrimoines, série Dossiers, 46. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1999. 132 p.
  • GARIÉPY, Gino. « Maison Delage (ou des Jésuites) ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 117.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013