Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Moulin à vent de Pointe-du-Moulin

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Notre-Dame-de-l'Île-Perrot

Date :

  • 1707 – 1708 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Moulins à farine)

Éléments associés

Personnes associées (3)

Carte

Description

Le moulin à vent de Pointe-du-Moulin est un moulin à farine construit de 1707 à 1708. Ce moulin en pierre de forme cylindrique à trois étages est coiffé d'un toit conique pivotant et muni d'une hélice à quatre pales. Il est situé dans la ville de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, sur l'île Perrot. Il s'élève sur une pointe de terre, dans la partie sud-est de l'île, au confluent du lac Saint-Louis et de la rivière des Outaouais.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Le moulin est situé à proximité de la maison du Meunier-de-Pointe-du-Moulin, également classée immeuble patrimonial.

Un site archéologique est associé au lieu.

Plan au sol :

Circulaire

Nombre d'étages :

3

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Pierre (Structure apparente)
  • Façade droite : Pierre (Structure apparente)
  • Façade gauche : Pierre (Structure apparente)
  • Façade avant : Pierre (Structure apparente)

Toit :

  • Forme : Conique
    Matériau : Bois, planches

Porte principale :

  • bois, à panneaux et vitrage, à battants

Autre(s) porte(s) :

  • bois, à panneaux et vitrage, à battants

Fenêtre(s) :

  • Rectangulaire, À battants, à petits carreaux

Éléments architecturaux :

  • Girouette

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1977-05-11
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1969-01-01
 

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Valeur patrimoniale

Le moulin à vent de Pointe-du-Moulin présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le bâtiment est représentatif d'un type de bâtiment industriel, le moulin à farine. Ce moulin est une illustration du moulin-tour, le modèle le plus répandu en Nouvelle-France, par son plan circulaire, ses trois étages, son mur faiblement incliné et son toit conique pivotant sur des lames d'acier graissées au suif (graisse animale). Le premier étage abrite une niche pour la huche à mouture, le foyer de la cheminée dont le conduit est intégré à la paroi et l'échelle du meunier. Le système de réglage de l'écartement des meules et une niche servant de placard occupent le second étage et les meules, le dernier. Tous les mécanismes sont soigneusement reconstitués, permettant d'en comprendre le fonctionnement. Le moulin comprend deux portes en vis-à-vis au premier étage ainsi que deux petites fenêtres carrées, l'une au deuxième et l'autre au dernier étage. Ce moulin est l'oeuvre de Léonard Paillé dit Paillard (1647-1729), un charpentier qui a réalisé plusieurs autres moulins dans les environs de Montréal au XVIIIe siècle, notamment celui de Pointe-Claire, classé bien archéologique.

Le moulin à vent de Pointe-du-Moulin présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Avec la maison du meunier qui s'élève à proximité, il constitue l'un des rares souvenirs tangibles du régime seigneurial à l'île Perrot. Ce moulin est dit « banal », car le régime seigneurial (aboli en 1854) impose aux seigneurs l'obligation de construire un moulin pour leurs censitaires, qui doivent y faire moudre leur grain et payer en retour un droit de mouture, nommé droit de banalité. Le moulin banal occupe une place centrale dans l'économie de la seigneurie.

Le moulin à vent de Pointe-du-Moulin présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. Il est situé à la rencontre du lac Saint-Louis et de la rivière des Outaouais, sur une pointe de terre bien exposée aux vents. Par son emplacement stratégique, il constitue un repère visuel important. Percé de sept meurtrières, il a servi de redoute, protégeant ainsi l'île Perrot contre d'éventuelles attaques amérindiennes ou britanniques. De plus, d'un point de vue économique, le moulin permettait d'intercepter les arrivages de fourrures en provenance des nations amérindiennes alliées avant qu'ils n'atteignent Montréal. Avec la maison du meunier, également classée immeuble patrimonial, le moulin forme un ensemble unique au Québec. Le site, transformé en parc historique depuis la fin des années 1970, propose aux visiteurs des activités d'interprétation portant sur diverses facettes de la vie en Nouvelle-France et offre une vue exceptionnelle sur le lac Saint-Louis et Montréal.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du moulin à vent de Pointe-du-Moulin liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation sur l'île Perrot, sur une pointe de terre à la rencontre du lac Saint-Louis et de la rivière des Outaouais;
- la proximité de la maison du meunier;
- le site archéologique témoignant d'une occupation amérindienne préhistorique et d'une occupation euroquébécoise;
- ses éléments rattachés au moulin-tour, dont le plan circulaire, le mur en moellons de calcaire faiblement incliné, l'élévation de trois étages et le toit conique pivotant sur des lames d'acier;
- ses ouvertures, dont les deux portes d'assemblage vitrées placées en vis-à-vis, les deux fenêtres carrées à quatre carreaux (l'une au deuxième et l'autre au dernier étage) et les sept meurtrières;
- sa cheminée, dont le foyer au premier étage, le conduit intégré à la paroi ainsi que le trou d'évacuation de la fumée dans le haut du mur;
- les deux niches, l'une pour la mouture et l'autre servant de placard.

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Informations historiques

Ce moulin est bâti sur un emplacement faisant autrefois partie de la seigneurie de l'île-Perrot, concédée à François-Marie Perrot (1644-1691) en 1672. Ce n'est toutefois qu'en 1707 que sa construction est amorcée, Joseph Trottier Desruisseaux étant alors le seigneur de l'île. Trottier engage Léonard Paillé dit Paillard (1647-1729), un charpentier qui a réalisé plusieurs autres moulins dans les environs de Montréal au XVIIIe siècle, notamment le moulin à vent de Rivière-des-Prairies (aujourd'hui disparu), un moulin à eau à Terrebonne et le moulin à vent de Pointe-Claire, classé bien archéologique.

Des documents datant de 1774 mentionnent le mauvais état du moulin. Les quelques propriétaires et meuniers qui s'y succèdent, malgré les devoirs qui leur incombent, n'entretiennent pas le bâtiment. Le moulin demeure inactif jusqu'en 1786, date à laquelle le seigneur Thomas Dennis de Soulanges entreprend de le faire réparer et rénover.

Le moulin passe entre les mains de nombreux propriétaires jusqu'à ce que la propriété soit acquise par le gouvernement du Canada en 1972. Un an plus tard, elle est cédée au gouvernement du Québec, qui restaure le moulin et la maison du meunier.

Le moulin de Pointe-du-Moulin est classé en 1977. Il fait aujourd'hui partie du parc historique de Pointe-du-Moulin, qui propose aux visiteurs des activités d'interprétation portant sur diverses facettes de la vie en Nouvelle-France et offre une vue exceptionnelle sur le lac Saint-Louis et Montréal.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Vaudreuil-Soulanges

Municipalité :

  • Notre-Dame-de-l'Île-Perrot

Adresse :

  • 2500, boulevard Don-Quichotte

Lieux-dits :

  • L'Ile-Perrot

Latitude :

  • 45° 21' 57.81"

Longitude :

  • -73° 51' 8.957"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Vaudreuil Inconnue Absent 1 ptie

Code Borden

BiFl-1      

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Références

Notices bibliographiques :

  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GAGNON, Laval et Kathy PARADIS. La tournée des vieux moulins à vent du Québec. Cap-Saint-Ignace, La Plume d'oie, 1999. 191 p.
  • GAUTHIER, Suzanne et Gérald SAVOIE. « Moulin à vent et maison du meunier ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 346-348.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 1. Montréal, Les Éditions La Presse, 1987. 346 p.

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