Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église d'Eaton Corner

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Compton County Historical Museum
  • Eaton United Church
  • Église congrégationnaliste
  • Maison Alger
  • Musée d'histoire de comté de Compton
  • Vieille église-musée

Région administrative :

  • Estrie

Municipalité :

  • Cookshire-Eaton

Date :

  • 1840 – 1841 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Protestantisme (Congrégationnaliste))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (1)

Images

Carte

Description

L'église d'Eaton Corner est un lieu de culte de tradition congrégationaliste construit en 1840 et 1841. De style néoclassique, cette église en bois présente un plan rectangulaire et est couverte d'un toit à deux versants droits à pente douce. Un clocher surmonte le faîte en façade. Celle-ci est divisée en trois travées de deux étages par des pilastres et est couronnée par un large fronton triangulaire percé d'une fenêtre semi-circulaire. L'église est située dans l'ancien noyau villageois d'Eaton Corner, aujourd'hui intégré à la municipalité de Cookshire-Eaton.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

Plan au sol :

Rectangulaire

Nombre d'étages :

2 ½

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Bois

Saillies :

  • Cheminée
  • Clocher
  • Escalier monumental
  • Perron

Fondations :

  • Béton
  • Pierre

Élévations :

  • Façade est : Bois (Planche à clins)
  • Façade ouest : Bois (Planche à clins)
  • Façade nord : Bois (Planche à clins)
  • Façade sud : Bois (Planche à clins)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Tôle à la canadienne

Porte principale :

  • bois, à panneaux, à battants

Autre(s) porte(s) :

  • bois, à panneaux, à battants

Fenêtre(s) :

  • Demi-circulaire, Basculante
  • Rectangulaire, À guillotine, à carreaux

Éléments architecturaux :

  • Balustrade en bois
  • Boiserie ornementale
  • Chambranle
  • Corniche moulurée
  • Entablement
  • Fronton
  • Persienne / jalousie
  • Pilastre
  • Planche cornière
  • Portail

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1961-06-30
 
Citation Situé dans un site patrimonial Municipalité (Cookshire-Eaton) 2010-07-05
 

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Valeur patrimoniale

L'église d'Eaton Corner présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice constitue l'un des exemples québécois les plus représentatifs de l'influence des « meetings houses » étasuniennes. Celles-ci sont des maisons de réunion servant à la fois à la vie religieuse, civile, politique et sociale des communautés des Églises réformées, notamment des congrégationalistes. L'église d'Eaton, construite pour une communauté d'origine étasunienne, en est une illustration par sa structure en bois, son volume imposant et son organisation générale. Érigée en 1840 et 1841, elle se classe, par ailleurs, dans la catégorie des « meeting houses » de style néoclassique. Au-delà d'une composition symétrique et de l'emploi d'un vocabulaire classique, le néoclassicisme se reflète ici dans le plan rectangulaire à chevet plat et dans le clocher surmontant le faîte en façade. L'église d'Eaton est une réalisation achevée de cette architecture comme en témoignent la fenêtre semi-circulaire du fronton, le portail classique surmonté d'une fenêtre tripartite et les pilastres cannelés de la façade. Par ailleurs, son intérieur est aussi représentatif des temples des Églises réformées, qui adoptent généralement un plan massé, sans distinction nette entre le choeur et la nef, et où les bancs sont disposés à proximité de la chaire, occupant une position dominante. La construction de tribunes permet d'accueillir plus de fidèles sans agrandir le plan. Une partie du mobilier de l'église d'Eaton Corner est toujours en place, notamment dans le choeur, situé contre le mur de chevet. Le garde-corps de l'ancienne tribune y fait toujours face. Ce lieu de culte rappelle donc un type d'aménagement intérieur répandu dans les lieux de culte des Églises réformées du XIXe siècle.

L'église d'Eaton Corner présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le lieu de culte témoigne de l'établissement des congrégationalistes au Québec au cours de la première moitié du XIXe siècle. La mission congrégationaliste du canton d'Eaton débute vers 1812 et se consolide autour de 1835. Le révérend Edwin Jenner Sherrill (1806-1877), d'origine étasunienne, devient le premier pasteur permanent en 1838. Il voit notamment à la construction de l'église actuelle. Ainsi, l'église d'Eaton Corner rappelle les débuts de la communauté congrégationaliste dans les Cantons de l'Est et constitue l'un des plus anciens lieux de culte érigés pour celle-ci subsistant au Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'église d'Eaton Corner liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- son volume imposant, dont le plan rectangulaire, le toit à deux versants droits à pente douce et le clocher sur le faîte en façade;
- sa façade aménagée sur un mur pignon, divisée en trois travées de deux étages par des pilastres et couronnée par un large fronton triangulaire percé d'une fenêtre semi-circulaire;
- ses matériaux, dont le parement en planches à clins, le toit et la flèche en tôle, les détails ornementaux et les chambranles en bois, les contrevents en bois et la cheminée en brique;
- ses ouvertures, dont l'entrée principale à double vantail en bois encadrée d'un portail classique surmonté d'une fenêtre tripartite à carreaux, la fenêtre semi-circulaire du fronton et les fenêtres rectangulaires à guillotine et à carreaux;
- l'ornementation, dont les pilastres cannelés de la façade (avec motifs d'oves ou de coeurs) et les planches cornières (des pilastres cannelés) surmontés par un entablement;
- son clocher, dont le tambour carré encadré de pilastres, la chambre des cloches carrée percée d'ouvertures rectangulaires fermées par des contrevents et la flèche entourée d'une balustrade et terminée par une girouette pisciforme;
- le plan massé, sans distinction nette entre le choeur et la nef;
- le garde-corps de l'ancienne tribune arrière faisant face au choeur;
- son terrain entouré de végétation et sa marge de recul avant par rapport à la voie publique;
- sa situation au coeur du noyau villageois d'Eaton Corner (aujourd'hui intégré à la ville de Cookshire-Eaton), face à l'académie d'Eaton Corner (aussi classée).

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Informations historiques

La mission congrégationaliste du canton d'Eaton débute lentement vers 1812, lorsque le révérend Jonathan Taylor, probablement un pasteur itinérant, célèbre les premiers offices religieux dans le canton. Toutefois, la communauté semble desservie plus régulièrement à partir de 1835. En 1838, le révérend Edwin Jenner Sherrill (1806-1877), d'origine américaine, s'établit à Eaton Corner et devient le premier pasteur permanent. Il reste en poste jusqu'en 1875.

Avec l'arrivée du pasteur Sherrill, le projet de construction d'une église à Eaton Corner ne tarde pas. La nouvelle église est dédicacée le 4 février 1841, d'où son inscription en façade, ce qui laisse présumer qu'une grande partie des travaux a été réalisée l'année précédente. La communauté regroupe alors 104 membres. De style néoclassique, le temple est un exemple marquant de l'influence des « meeting houses » américaines dans les Cantons de l'Est et constitue l'un des plus anciens lieux de culte érigés pour les congrégationalistes au Québec. En outre, Eaton Corner, formant au milieu du siècle un relais de diligence au carrefour de l'American Road et du chemin Bayley (aujourd'hui les routes 253 et 210) devient la plaque tournante des affaires du canton et connaît une croissance démographique jusqu'à la décennie 1870. Cette croissance entraîne la construction d'une académie associée au lieu de culte, en face de ce dernier, en 1864. L'académie d'Eaton Corner, aussi classée, prépare les candidats au brevet.

Le tournant du XXe siècle marque le déclin de la communauté congrégationaliste d'Eaton Corner. Pendant plusieurs années, l'église ne sert plus. En 1928, ses fidèles joignent les méthodistes, les presbytériens et autres congrégationalistes fusionnés trois ans plus tôt pour former l'Église Unie du Canada. Elle prend le nom d'Eaton United Church. Le conseil d'administration la vend en 1959 à la Compton County Historical Museum Society (Société historique du comté de Compton).

L'église d'Eaton Corner est classée en 1961. Elle abrite depuis le Musée du comté de Compton, dédié à l'histoire du comté et à ses premiers colons.

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Emplacement

Region administrative :

  • Estrie

MRC :

  • Le Haut-Saint-François

Municipalité :

  • Cookshire-Eaton

Adresse :

  • 374, route 253

Lieux-dits :

  • Eaton Corner

Latitude :

  • 45° 21' 52.53"

Longitude :

  • -71° 35' 54.221"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Compton Canton d' Eaton Rang 5 7-90

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Références

Notices bibliographiques :

  • BERGEVIN, Hélène. Églises protestantes. Montréal, Libre Expression, 1981. 205 p.
  • BERGEVIN, Hélène. L'architecture des églises protestantes des Cantons de l'Est et des Bois-Francs au XIXe siècle. Sainte-Foy, Université Laval, Département d'histoire, 1981. 128 p.
  • BOURQUE, Hélène. Étude thématique des églises de confessions autres que catholique sur le territoire de la MRC du Haut-Saint-François. Sherbrooke, Ministère de la Culture, 1994. 72 p.
  • CARON, Fernand. « Hôtel de ville et vieille église d'Eaton ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 483-484.
  • MAITLAND, Leslie. L'architecture néo-classique au Canada. Études en archéologie, architecture et histoire. Hull, Parcs Canada, 1984. 149 p.

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