Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Moulin Michel

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Moulin de Gentilly
  • Moulin Grindler

Région administrative :

  • Centre-du-Québec

Municipalité :

  • Bécancour

Date :

  • 1774 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Moulins à farine)

Éléments associés

Personnes associées (9)

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Carte

Description

Le moulin Michel est un moulin à farine mû par la force hydraulique érigé en 1774. L'imposant bâtiment en pierre de plan rectangulaire, à un étage et demi, est coiffé d'un toit à deux versants droits. Une annexe en bois fait saillie sur la façade arrière. Le moulin Michel est situé sur un vaste terrain paysager, en bordure d'un méandre de la rivière du Moulin. Il est implanté en retrait de la route 132, dans la ville de Bécancour.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1985-05-17
 

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Valeur patrimoniale

Le moulin Michel présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le bâtiment constitue un témoin du régime seigneurial. Afin de stimuler le peuplement de la colonie, le seigneur est obligé de construire un moulin à farine pour ses censitaires et, en vertu du droit de banalité, il est le seul à pouvoir le faire. En contrepartie, les censitaires doivent y faire moudre leurs grains en versant au seigneur une redevance. Malgré deux ordonnances émises par l'intendant Gilles Hocquart (1694-1783), la seigneuresse de Gentilly, Élisabeth Disy (née en 1695), veuve du seigneur François Poisson (1692-1729), ne remplit pas ce devoir. En 1739, l'intendant autorise un censitaire, François Rivard dit Lavigne (mort vers 1769), à construire un moulin à ses frais et dépens et à percevoir les droits de mouture. Ce premier moulin est érigé entre 1739 et 1769. Incendié en 1773, il est acquis par la suite par le nouveau seigneur de Gentilly, Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry (1721-1797), fils de l'officier et ingénieur du roi en Nouvelle-France du même nom. Chaussegros de Léry fait reconstruire un moulin au même emplacement en 1774, et celui-ci demeure la propriété de ses descendants jusqu'en 1860. Le moulin Michel est donc étroitement lié à l'histoire de la seigneurie de Gentilly, mais également à celle de la ville de Bécancour puisqu'il desservira la population jusqu'en 1972, avant de devenir un centre d'interprétation.

Le moulin Michel présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le bâtiment est représentatif des moulins à eau à farine. Au cours du régime seigneurial, les moulins à eau de la vallée du Saint-Laurent possèdent des caractéristiques semblables en ce qui a trait à leur plan, leur volume et leur aménagement intérieur. Le moulin Michel est un bâtiment d'inspiration française en pierre qui présente un plan rectangulaire, une élévation d'un étage et demi, un solage peu dégagé, un toit à deux versants droits en bardeaux de cèdre et des ouvertures distribuées de façon asymétrique. Une porte aménagée dans le mur pignon donne accès à la partie des combles destinée à l'entreposage des grains. Quant à l'autre section, elle comprend le logement du meunier, éclairé par des lucarnes; celui-ci a été occupé jusqu'au début des années 1980 par le dernier meunier du moulin.

Le moulin Michel présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur ethnologique. Mû par la force hydraulique de la rivière du Moulin grâce à un barrage et un canal souterrain d'amenée d'eau, il témoigne de l'évolution des mécanismes des moulins à eau traditionnels. Le bâtiment comprenait à l'origine une salle d'entreposage et de nettoyage du grain ainsi qu'une salle réservée aux mécanismes (engrenages, meules, bluteau, potence), lesquelles étaient situées au rez-de-chaussée. La chambre des meules, qui abritait la grande roue à godets, était pour sa part aménagée à l'étage. Vers 1920, les mécanismes sont modernisés, notamment par le remplacement de la grande roue par une turbine en fonte. Redevenu fonctionnel en 1988, le moulin comprend les mécanismes datant de 1920, mais a toutefois conservé des éléments traditionnels comme la meule en pierre, le bluteau, la trémie et la potence. Il témoigne ainsi d'une phase de transition qui révèle une tentative d'adaptation et une volonté de survie face à une mécanisation toujours plus poussée de la production.

Le moulin Michel présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur paysagère. Il est implanté à proximité de la rivière du Moulin, sur un vaste terrain boisé situé au pied d'une petite colline. Encore alimenté par un barrage ainsi qu'un canal souterrain d'amenée d'eau, le moulin et ses dépendances (remise, four à pain) forment un ensemble architectural harmonieux.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du moulin Michel liés à ses valeurs historique, architecturale, ethnologique et paysagère comprennent, notamment :
- sa situation sur un vaste terrain boisé, en bordure d'un méandre de la rivière du Moulin, en retrait de la route 132, dans la ville de Bécancour;
- son volume, dont le plan rectangulaire, le solage peu dégagé, l'élévation d'un étage et demi et le toit à deux versants droits;
- les matériaux, dont la maçonnerie en pierre, les bardeaux de cèdre du toit et les planches verticales des pignons;
- les ouvertures asymétriques, dont les portes vitrées à panneaux, les fenêtres à petits carreaux, les lucarnes pendantes à pignon et les chambranles en bois;
- la souche de cheminée en pierre;
- l'annexe en bois, avec son toit en appentis;
- les caractéristiques intérieures, dont les murs en pierre, les planchers en bois, les poutres en bois des plafonds et la cheminée en pierre;
- les éléments de son mécanisme, dont le canal souterrain d'amenée d'eau en bois, la turbine, les meules, la trémie, l'arbre vertical, la potence, le bluteau et le cribleur.

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Informations historiques

Le moulin Michel est construit en 1774, à l'emplacement du moulin précédent incendié en 1773. Dans le contexte du régime seigneurial, le seigneur est obligé de construire un moulin à farine pour ses censitaires et, en vertu du droit de banalité, il est le seul à pouvoir le faire. En contrepartie, les censitaires doivent y faire moudre leurs grains en versant au seigneur une redevance. En 1734, la seigneurie de Gentilly n'a toujours pas de moulin. L'intendant de la Nouvelle-France, Gilles Hocquart (1694-1783), émet cette année-là une ordonnance afin de contraindre la veuve du seigneur François Poisson (1692-1729), la seigneuresse Élisabeth Disy (née en 1695), à remplir ce devoir. En 1739, à l'échéance d'une seconde ordonnance, l'intendant autorise le censitaire François Rivard dit Lavigne (mort vers 1769) à ériger un moulin à ses frais et dépens et à percevoir les droits de mouture; celui-ci sera édifié entre 1739 et 1769.

Entre 1772 et 1774, la seigneurie de Gentilly est acquise progressivement par Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry (1721-1797), fils de l'officier et ingénieur du roi en Nouvelle-France du même nom. Le nouveau seigneur devient propriétaire du moulin incendié et le fait rebâtir en 1774. Son fils Louis-René (1762-1832), puis les deux fils de ce dernier, Charles-Auguste (1816-1887) et Louis-René (1802-1863), hériteront de la seigneurie.

En 1860, peu après l'abolition du régime seigneurial (1854), le moulin est vendu au meunier Cyrille Grindler (1821-1893), qui l'exploitait déjà. À cette époque, il est désigné sous le nom de « moulin Grindler ». Au cours des années suivantes, le bâtiment est mis à l'enchère à deux reprises et connaît différents propriétaires. En 1891, il est acquis par Télesphore Leboeuf. Son exploitation est assurée par la suite par trois générations de Leboeuf (Adolphe, Dolphis, Donat).

Vers 1920, la grande roue à godets est remplacée par une turbine.

En 1937, Alfred Michel (né en 1907) achète le moulin et apprend le métier de meunier. Il l'exploite jusqu'à sa fermeture, en 1972. Il en demeure toutefois propriétaire et continue d'habiter pendant plusieurs années, avec son frère Willie, le logement aménagé à l'étage.

Au fil du temps, de nombreuses dépendances ont été érigées à proximité. Une grange, une remise ainsi qu'un four à pain subsistent encore aujourd'hui.

Le moulin Michel est classé en 1985. Le bâtiment et ses mécanismes sont restaurés par la suite. Depuis 1988, il abrite un centre d'interprétation et produit à nouveau de la farine de sarrasin, l'une des céréales qui y étaient transformées autrefois.

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Emplacement

Region administrative :

  • Centre-du-Québec

MRC :

  • Bécancour

Municipalité :

  • Bécancour

Adresse :

  • 675, boulevard Bécancour

Latitude :

46° 24' 45.907"

Longitude :

-72° 14' 50.215"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Nicolet Paroisse de Saint-Édouard-de-Gentilly Absent 54 ptie (rang 1)

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • ADAM-VILLENEUVE, Francine et Cyrille FELTEAU. Les moulins à eau de la vallée du Saint-Laurent. Montréal, Les Éditions de L'Homme, 1978. 476 p.
  • CAUCHON, Michel et Pierre LAHOUD. Répertoire des moulins à eau du Québec. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1978. 112 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DE CARUFEL, Hélène. Le Moulin Michel à Gentilly. Québec, ministère des Affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1982. 127 p.
  • JEAN, Régis. Monsieur Alfred Michel, meunier à Gentilly (enquête orale exploratoire). Québec, Société des amis du moulin Michel, 1991. 49 p.
  • VARIN, François. « Moulin Michel ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 70.

Multimédias disponibles en ligne :

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