Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Moulin à vent de Pointe-aux-Trembles

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1719 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Moulins à farine)

Éléments associés

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Description

Le moulin à vent de Pointe-aux-Trembles est un moulin à farine construit en 1719. Cette tour cylindrique en pierre, haute de treize mètres, comporte quatre niveaux et est surmontée d'un toit conique couvert en bardeau de cèdre. Le moulin à vent de Pointe-aux-Trembles est situé entre le fleuve Saint-Laurent et l'ancien chemin du Roy, maintenant la rue Notre-Dame, dans l'arrondissement municipal de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1983-02-11
 

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Valeur patrimoniale

Le moulin à vent de Pointe-aux-Trembles présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et technologiques comme exemple représentatif d'un type de bâtiment industriel, le moulin à farine. Plusieurs moulins ont été érigés dans la vallée du Saint-Laurent aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, car sous le régime seigneurial, les seigneurs ont l'obligation d'en faire construire un afin d'offrir les services d'un meunier à leurs censitaires qui, en contrepartie, sont tenus d'y faire moudre leurs grains. Le moulin à vent de Pointe-aux-Trembles est typique des moulins-tours munis d'un toit pivotant permettant d'orienter les ailes dans la direction du vent. De même, son mécanisme interne témoigne des réalisations technologiques du début du XVIIIe siècle, car le chemin dormant, le chemin tournant et le coussinet de pierre de l'arbre tournant sont demeurés intacts. La construction des premiers moulins remonte au milieu du XVIIe siècle, alors que les seigneuries commencent à se peupler. Au début du XVIIIe siècle, une centaine de moulins à farine sont en activité dans la colonie. Le moulin à vent de Pointe-aux-Trembles est l'un des derniers moulins à farine du début du XVIIIe siècle à être encore debout aujourd'hui.

Le moulin à vent de Pointe-aux-Trembles présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. La maçonnerie de très grande qualité avec ses murs massifs en pierre des champs est l'oeuvre du maçon Jean-Baptiste Deguire dit La Rose (1687-1755). Elle présente une caractéristique particulière, unique dans la région montréalaise : les jambages et les linteaux des portes et des fenêtres sont en pierre de taille plutôt qu'en bois comme c'est habituellement le cas. Cette particularité confère au moulin davantage de solidité et de résistance au gel et aux intempéries. L'architecture du moulin, conçue de manière à assurer sa durabilité, lui a permis de subsister jusqu'à nos jours. Le moulin comporte également quatre niveaux, alors que les moulins à vent de la vallée du Saint-Laurent n'en possèdent généralement que trois. Sa hauteur exceptionnelle de treize mètres, qui en fait le moulin à vent du Régime français le plus élevé du Québec, est accentuée par la petite butte artificielle sur laquelle il a été érigé.

Le moulin à vent de Pointe-aux-Trembles présente aussi un intérêt pour sa valeur historique comme témoin du peuplement de Pointe-aux-Trembles. Les Sulpiciens, seigneurs de l'île de Montréal depuis 1663, font construire un premier moulin à Pointe-aux-Trembles vers 1674 en vertu de leurs droits seigneuriaux. Le moulin est érigé entre le fleuve Saint-Laurent et l'ancien chemin du Roy, devenu la rue Notre-Dame. En 1719, le moulin actuel est construit à proximité de ce site afin de remplacer le premier moulin devenu inopérant. Le moulin à vent de Pointe-aux-Trembles est l'un des plus anciens moulins du Québec à subsister.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du moulin à vent de Pointe-aux-Trembles liés à ses valeurs historique, technologique et architecturale comprennent, entre autres :
- son volume, dont la forme cylindrique de la tour et le toit conique;
- ses matériaux, dont la maçonnerie en pierre des champs et la couverture en bardeau de cèdre;
- ses ouvertures, dont les fenêtres à carreaux, les portes situées de part et d'autre de la tour et les sorties de cheminée;
- son mécanisme interne, dont le chemin dormant, le chemin tournant et le coussinet de pierre de l'arbre tournant;
- sa charpente de toiture d'origine;
- les jambages et les linteaux en pierre de taille;
- sa hauteur de treize mètres et ses quatre niveaux;
- son emplacement entre le fleuve Saint-Laurent et l'ancien chemin du Roy, maintenant la rue Notre-Dame;
- sa situation à Pointe-aux-Trembles, localité aujourd'hui incluse dans l'arrondissement municipal de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles de la ville de Montréal.

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Informations historiques

Les Sulpiciens, seigneurs de l'île de Montréal depuis 1663, font construire un premier moulin à Pointe-aux-Trembles (ainsi nommée en raison des nombreux peupliers faux-trembles qui poussent sur la pointe de terre de l'extrémité riveraine) en 1671-1672, alors que la seigneurie se peuple progressivement et qu'une paroisse est érigée. Ce premier moulin est en activité pendant une trentaine d'années avant de subir d'importants dommages, probablement causés par la crue printanière. En 1719, les Sulpiciens mandatent le maître maçon Jean-Baptiste Deguire dit La Rose (1687-1755) pour la construction du nouveau moulin, situé à quelque 600 mètres à l'ouest de l'emplacement du premier.

En 1721, le premier meunier, Jean-Baptiste Gibault fils (né en 1702), ratifie devant notaire un bail de quatre ans. En raison de l'usure du temps, le moulin est par la suite rénové à maintes reprises, notamment par les meuniers Joseph Sicard, en 1792, et Louis Fontaine Bienvenue, en 1822. À l'exception de quelques brèves périodes d'inactivité au cours du XVIIIe siècle et d'une longue interruption de 1804 à 1823, le moulin est demeuré en activité jusqu'en 1861. En 1837, les Sulpiciens vendent le moulin à Anne Smith, épouse de Louis Mignault, marchand montréalais. Leur fils, Roch Moïse Samuel Mignault, s'en départit en 1906.

En 1906, alors que le moulin inactif depuis près d'un demi-siècle est en ruine, le terrain sur lequel il se trouve est vendu à Rosario-Luc Prieur. Toutefois, comme l'indique l'acte de vente notarié, le bâtiment n'est pas inclus dans la transaction, car il est « maintenant considéré comme tour historique ». Par la suite, le terrain du moulin change de propriétaire à plusieurs reprises. En 1953, il est vendu à Théodore Sansregret. En 1975, celui-ci le cède à la société Salons funéraires Théodore Sansregret.

Le moulin à vent de Pointe-aux-Trembles est classé en 1983. En 1985, la société funéraire Magnus Poirier acquiert le terrain et le moulin. Dans les années suivantes, l'entreprise fait restaurer le moulin et lui rend partiellement son aspect d'antan.

En 2001, la Ville de Montréal devient propriétaire du moulin.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Rivières-des-Prairies - Pointe-aux-Trembles

Adresse :

  • 11630, rue Notre-Dame Est

Latitude :

  • 45° 38' 4.997"

Longitude :

  • -73° 29' 33.054"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 093 651

Code Borden

BjFi-5      

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Références

Notices bibliographiques :

  • BÉLISLE, Jean. « Moulin à vent ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 155.
  • BEUTLER, Corinne. Les moulins à farine du Séminaire de Saint-Sulpice à Montréal (1658-1840) : essai d'analyse économique d'une prérogative du régime seigneurial . s.l. Communications historiques - Historical Papers, 1983. s.p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • LALANDE, Dominique et Alan STEWART. Réaménagement des espaces publics de la Ville de Montréal. Second moulin de Pointe-aux-Trembles, BjFi-05. Survol historique et analyse du parcellaire. Montréal, Ville de Montréal, Service du développement économique et urbain et Service des parcs, jardins et es, 2001. s.p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 2. Montréal, Les Éditions La Presse, 1988. 421 p.

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