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Visite de La Capricieuse

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Synthèse

Depuis la Conquête de 1760, les échanges entre la France et ses anciennes colonies d'Amérique du Nord sont presque inexistants. Au milieu du XIXe siècle, deux événements amènent la reprise des relations entre le Canada-Uni et l'ancienne mère patrie. D'abord, en 1849, le gouvernement de la Grande-Bretagne abolit les lois interdisant aux navires étrangers la navigation en eaux canadiennes puis, au début de l'année 1855, Français et Britanniques s'allient contre la Russie lors de la Guerre de Crimée. Devant ce rapprochement, les craintes d'un retour diplomatique et commercial de la France au Canada sont apaisées.

C'est dans ce contexte favorable qu'en 1855, La Capricieuse, premier navire français à revenir au Canada après 1763, remonte le fleuve Saint-Laurent et fait escale à Québec. Désirant avant tout développer des marchés pour ses produits, la France envoie la corvette en mission au Canada pour évaluer la taille et le fonctionnement du marché canadien et établir des relations commerciales et culturelles. Les autorités françaises veulent également officialiser la réconciliation franco-britannique.

Sous les ordres de Paul-Henry de Belvèze, commandant de la division navale de Terre-Neuve, la corvette entame sa tournée dans les provinces maritimes le 24 mai. Le bateau remonte ensuite le fleuve Saint-Laurent alors que les cloches des églises paroissiales riveraines saluent son passage. Le navire arrive à Québec le 13 juillet devant une foule nombreuse qui envahit la terrasse et les quais de la capitale. La ville est décorée aux couleurs de la France et la population fraternise avec les 240 membres de l'équipage. Des parades et des bals populaires se succèdent et Belvèze est l'hôte de plusieurs réceptions et cérémonies officielles données par le maire et le gouverneur. Il est entre autres invité à poser la première pierre du monument aux Braves sur les plaines d'Abraham. Le 14 juillet, la prise de la Bastille est célébrée. Les Canadiens français peuvent dorénavant démontrer leur attachement à la France sans trahir l'empire britannique. Belvèze laisse son bateau à Québec et entreprend un voyage qui le mène à Montréal, Ottawa, Toronto et Trois-Rivières. La Capricieuse lève l'ancre et quitte Québec le 25 août 1855.

Plusieurs artistes et écrivains, dont Octave Crémazie, sont inspirés par la venue de La Capricieuse, témoignant ainsi de l'importance symbolique de cet événement. Cette exaltation donne naissance à un mouvement littéraire, l'École littéraire et patriotique de Québec.

Le résultat de la mission est mitigé et la France se distancie de l'enthousiasme des Canadiens français. Elle ouvre toutefois trois délégations, deux dans les Maritimes et une à Québec qui devient, en 1859, le premier consulat de France au Canada-Uni. Elle diffère l'ouverture d'un consulat à Montréal retardant la réalisation d'engagements commerciaux.

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Références

Notices bibliographiques :

  • BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
  • LAMONDE, Yvan, dir. et Didier POTON. La Capricieuse (1855) : poupe et proue. Les relations France-Québec (1760-1914). Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 2006. 386 p.
  • MIQUELON, Dale. « La Capricieuse ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • s.a. Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française [En Ligne]. http://www.ameriquefrancaise.org/

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