Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Ciboire

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Date :

  • vers 1845 –  (Production)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Personnes associées (1)

Description

Le ciboire est une pièce d'orfèvrerie liée à la liturgie catholique exécutée par François Sasseville vers 1845. L'objet en argent a la forme d'une coupe évasée sur pied, et il est muni d'un couvercle. Le pied est entre autres orné de motifs floraux sur fond amati; le dessus du pied, à deux niveaux, est orné de canaux, de motifs de gerbes de blé, de quenouilles et de vignes. La tige comprend une collerette et un noeud en forme de poire inversée, lequel est orné de godrons et de feuilles d'eau. La coupe présente aussi des motifs de gerbes de blé, de quenouilles et de vignes ainsi que des médaillons représentant les vertus théologales. Le couvercle est poli et surmonté d'une croix.

Ce bien est classé objet patrimonial.

Matériaux :

  • Métal (Argent)

Technique de fabrication :

  • Doré

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2017-05-11

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2016-06-19
 

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Valeur patrimoniale

Le ciboire présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec l'artiste qui l'a créé, François Sasseville (1797-1864). Considéré comme l'un des derniers représentants de l'orfèvrerie traditionnelle au Québec, Sasseville domine sa profession durant les années 1840 et 1850. Formé auprès de l'orfèvre Laurent Amiot (1764-1839) à Québec, il continue sa pratique chez son maître en tant que compagnon. Sasseville hérite de l'atelier et de la clientèle d'Amiot au décès de ce dernier en 1839. Il obtient rapidement du succès, à la fois en perpétuant le style de son maître et en créant des pièces inspirées de l'orfèvrerie industrielle française, qui constitue alors sa principale concurrence. Sasseville utilise généralement des techniques artisanales tout en faisant appel à des procédés mécaniques. Il parvient ainsi à maintenir sa réputation en réalisant des oeuvres de qualité supérieure à celle des objets importés, notamment parce qu'elles sont plus solides et plus durables. Sa production comprend des pièces d'orfèvrerie religieuse et civile. Parmi ses réalisations les plus estimées figurent des vases sacrés tels que le ciboire réalisé vers 1845 et conservé dans l'église de Beaumont.

Le ciboire présente aussi un intérêt patrimonial pour son intérêt artistique. L'objet témoigne du renouvellement du vocabulaire de l'orfèvrerie québécoise au milieu du XIXe siècle. Sasseville, qui est le principal initiateur de ce phénomène, adapte sa production au goût du jour en reproduisant l'ornementation abondante et éclectique des modèles européens fabriqués en industrie, alors très appréciés. Outre les feuilles d'eau, les canaux, les godrons et autres motifs très répandus dans l'orfèvrerie religieuse depuis plusieurs décennies, Sasseville intègre à son oeuvre de nombreux motifs réalisés à l'aide de moules, ce qui lui permet de produire des pièces très richement ornées. Le ciboire de l'église de Saint-Étienne présente ainsi divers symboles associés à la Passion du Christ et à l'eucharistie, tels que les vignes et grappes de raisin, les gerbes de blé et les quenouilles, mais aussi des médaillons historiés représentant, dans ce cas-ci, les vertus théologales, soit la foi, l'espérance et la charité. Ces médaillons historiés, que Sasseville emploie surtout à partir du milieu des années 1845, feront la renommée de l'orfèvre. Le ciboire de Beaumont compte parmi ses premières oeuvres à médaillons historiés.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2017.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du ciboire liés à ses valeurs historique et artistique comprennent, notamment :
- son volume, dont la base à deux niveaux, la tige (comprenant une collerette et un n¿ud en forme de poire inversée), la coupe évasée et le couvercle (surmonté d'une croix aux extrémités trilobées);
- le matériau, soit l'argent massif;
- les éléments ornementaux, dont la juxtaposition de surfaces amaties et de surfaces polies, les godrons, les feuilles d'eau, les canaux, les motifs floraux, les perlons, les moulures, les volutes, les gerbes de blé, les quenouilles, les vignes et grappes de raisin, de même que les médaillons historiés représentant les vertus théologales;
- la signature, soit le poinçon de maître (composé des lettres « F » et « S » dans un ovale), sous le pied.

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Informations historiques

Le ciboire est réalisé vers 1845 par l'orfèvre François Sasseville (1797-1864). Ce dernier domine sa profession dans les années 1840 et 1850; il est considéré comme l'un des derniers grands orfèvres traditionnels du Québec. Formé auprès de Laurent Amiot (1764-1839) à Québec, il continue ensuite sa pratique chez son maître en tant que compagnon. Sasseville hérite de l'atelier et de la clientèle d'Amiot au décès de ce dernier en 1839.

Pour la réalisation du ciboire, l'orfèvre s'est inspiré de l'ornementation abondante et éclectique des modèles européens fabriqués en industrie, qui constituent alors sa principale concurrence. Outre les feuilles d'eau, les canaux, les godrons et autres motifs très répandus dans l'orfèvrerie religieuse depuis plusieurs décennies, Sasseville intègre à cette pièce de nombreux motifs réalisés à l'aide de moules, dont divers symboles associés à la Passion du Christ et à l'eucharistie, tels que les vignes et grappes de raisin, les gerbes de blé et les quenouilles, mais aussi des médaillons historiés représentant les vertus théologales, soit la foi, l'espérance et la charité. Le ciboire compte parmi les premiers vases sacrés à médaillons historiés réalisés par Sasseville, lesquels ont fait sa renommée à partir du milieu des années 1840.

La date d'acquisition de ce ciboire par la fabrique de Saint-Étienne demeure inconnue.

Le ciboire est classé en 2017, en même temps que plusieurs autres objets patrimoniaux conservés dans l'église de Saint-Étienne, à Beaumont; le lieu de culte est classé au même moment.

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