Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Collection d'objets du site archéologique de l'Île-aux-Tourtes

Type :

Patrimoine mobilier (Bien archéologique)

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Thématique :

  • Patrimoine autochtone
  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Patrimoine mobilier associé (358)

Images

Description

La collection d'objets du site archéologique de l'Île-aux-Tourtes est un ensemble de 358 objets recueillis lors d'interventions archéologiques réalisées entre 1991 et 2006 sur le site archéologique de l'Île-aux-Tourtes. Les plus anciens artéfacts datent de l'Archaïque laurentien (6000 à 350 ans avant aujourd'hui), mais le plus grand nombre est associé à l'époque de la mission sulpicienne sur l'île (1704-1727). Complets ou fragmentaires, les objets sont constitués de différents matériaux comme la céramique de divers types, le verre, le métal, la pierre et les matériaux organiques comme l'os. Les pièces sont liées au commerce, à la religion, à la vie domestique, à la chasse et à la guerre. La collection d'objets du site archéologique de l'Île-aux-Tourtes est conservée à la Réserve d'archéologie du Québec, à Québec.

Ces biens sont classés objets patrimoniaux. Le site archéologique de l'Île-aux-Tourtes, dont ils sont issus, est classé site patrimonial.

Nombre de biens :

358

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2015-08-13
Prise d'effet : 2013-08-29

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement prorogé, 2014-08-14
  • Avis d'intention de classement, 2013-08-08
 

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Valeur patrimoniale

La collection d'objets du site archéologique de l'Île-aux-Tourtes présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Elle est associée à un site fréquenté ou habité par plusieurs groupes amérindiens durant la préhistoire, de l'Archaïque laurentien, période qui commence il y a 6 000 ans, jusqu'au Sylvicole supérieur, qui se termine avec l'arrivée des Européens. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'endroit présente un intérêt stratégique militaire et commercial par sa situation dans un important axe de navigation menant à Ville-Marie. En 1702, Philippe de Rigaud de Vaudreuil (1643-1725) obtient la seigneurie qui portera son nom, laquelle inclut l'île aux Tourtes. Il tente de justifier ses droits de propriété par des intentions considérées plus nobles que la traite. Les Népissingues auraient demandé à Vaudreuil, devenu gouverneur, un endroit pour s'établir dans la région de Montréal. Ce dernier saisit l'occasion : il invite le sulpicien René-Charles de Breslay (1658-1735) à établir une mission à l'île aux Tourtes, ce qui est vraisemblablement fait en 1704. Le premier bâtiment que fait construire Breslay, en 1706, est une maison qui sert aussi de chapelle. Une église en pierre est bâtie en 1710, ainsi que le fort promis aux Népissingues. Par la suite, un corps de garde et une maison des officiers, tous deux en bois, seront aussi érigés à la mission de l'île aux Tourtes, qui compte également un village amérindien. Ce dernier est probablement utilisé comme campement d'été. D'autres groupes amérindiens auraient aussi fréquenté la mission. Vers 1720, le fort de l'île aux Tourtes perd son importance stratégique et est peu à peu délaissé. De plus, à partir de 1721, la mission est déplacée vers Oka, où avait aussi été déménagée la mission du Sault-au-Récollet. Le retour définitif de Breslay en France en 1723, après quelques années en Acadie, et le décès de Vaudreuil en 1725 sonnent le glas de l'établissement. Les derniers Népissingues qui s'y trouvent sont déplacés vers Oka en 1727. L'île aux Tourtes est peu occupée au cours des siècles qui suivent. La collection d'objets est donc intimement liée à une mission comportant un village autochtone, une garnison militaire et un lieu de traite, trois éléments caractérisant le développement de la Nouvelle-France.

La collection d'objets présente aussi un intérêt pour sa valeur archéologique. Ces objets sont issus d'interventions archéologiques faites au cours des années 1990 et 2000. Ils permettent de documenter les différentes phases d'occupation du site. Par exemple, des éléments liés à la présence amérindienne durant la préhistoire ont été découverts, notamment des pointes de projectiles en chert et des tessons de céramique. La plus grande partie des artéfacts composant la collection est associée à l'établissement du début du XVIIIe siècle et témoigne des différentes activités pratiquées. Certains objets attestent la fonction religieuse du site, comme les perles de chapelet et la médaille religieuse. D'autres sont liés au commerce, aux échanges et aux communications, dont le crayon d'ardoise et le sceau. Un grand nombre de pièces évoquent les activités de guerre et de chasse, notamment les pierres à fusil et à pistolet ainsi que les balles de mousquet. De nombreux objets de la collection rappellent divers aspects de la vie domestique, comme l'habillement et la couture (dont les aiguilles, les épingles et les boutons), la conservation et la préparation des aliments (comme les bouteilles, les cruches, les assiettes, les bols et la meule) ou les divertissements (notamment les guimbardes). La collection constitue donc une pièce capitale pour la compréhension de l'histoire du site ainsi que, plus largement, pour la connaissance de divers aspects de la vie au début du XVIIIe siècle en Nouvelle-France.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2015.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la collection d'objets du site archéologique de l'Île-aux-Tourtes liés à ses valeurs historique et archéologique comprennent, notamment :
- la présence de 358 objets, entiers ou fragmentaires, recueillis lors d'interventions sur le site archéologique de l'Île-aux-Tourtes et liés au commerce, à la religion, à la vie domestique, à la chasse et à la guerre;
- les matériaux, dont les divers types de céramique (notamment la céramique de type amérindien, la faïence, la terre cuite grossière avec glaçure, le grès grossier, le grès fin, et la terre cuite fine argileuse), les métaux (dont l'acier, le plomb, le fer, le fer forgé, le laiton étamé ainsi que des alliages cuivreux, stannifères et ferreux), la pierre et les autres matières minérales (dont la rhyolite, le quartz, le chert, l'ardoise, la stéatite, le schiste, le calcaire, l'ocre, le silex, la calcédoine et l'orthoquartzite), le verre (notamment opaque, transparent de couleur, incolore ou polychrome) et les matériaux organiques (dont l'os, l'écorce, la coquille et les grains de maïs);
- les objets liés à la conservation, à la préparation et au service des aliments, dont les anses de tasses, les attaches de marmites, le crémaillon, le flacon, la bouteille, les contenants évasés, les assiettes, les bols, le pot à anse, la cruche, le vase et la meule;
- les accessoires personnels, dont les fourneaux et les tuyaux de pipe, et les objets liés à l'hygiène, comme les lames de rasoir;
- les outils, les armes et les munitions, dont les pierres à fusil et à pistolet, les platines de fusil, les chevrotines, les balles de mousquet, les cendrées, les briquets, les couteaux pliants, les pointes de flèche et de projectile, les outils lithiques, les éclats retouchés, les burins et becs burinants, la gouge, les grattoirs et le grattoir-perçoir, l'hameçon, les percuteurs, la pierre à aiguiser, le racloir et le rabot;
- les objets liés au travail du textile, dont les aiguilles et les épingles;
- les accessoires vestimentaires et les parures, dont les cônes clinquants, les perles de verre et les bagues, la verroterie de bague, les boucles, les boutons, l'épinglette et le rivet;
- les objets religieux, dont les perles de chapelet et la médaille religieuse;
- les objets liés au commerce, aux échanges et aux communications, dont le crayon d'ardoise, le sceau et la tirelire;
- les objets liés aux divertissements, dont les guimbardes.

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Informations historiques

La collection est composée de 358 objets recueillis lors d'interventions sur le site archéologique de l'Île-aux-Tourtes. Ce site correspond à la partie nord-est d'une île située dans le lac des Deux Montagnes, sur le territoire de l'actuelle municipalité de Vaudreuil-Dorion. Plusieurs groupes amérindiens habitent ou fréquentent les environs durant la préhistoire, notamment durant l'Archaïque laurentien et le Sylvicole supérieur. L'endroit sert vraisemblablement de lieu de sépulture au cours de la période préhistorique.

Au XVIIe siècle, d'importantes activités de traite se tiennent dans ce secteur du « bout de l'île » de Montréal, les Amérindiens empruntant le lac des Deux Montagnes pour aller faire du commerce à Ville-Marie.

En 1702, Philippe de Rigaud de Vaudreuil (1643-1725) obtient la seigneurie qui portera son nom, laquelle comprend l'île aux Tourtes. Il semble qu'il s'y intéresse principalement pour les revenus qu'il peut tirer des activités de traite. En 1703, il loue sa seigneurie, mais l'entente, qui comprend les droits de traite, suscite des plaintes.

En 1704, les Népissingues auraient demandé à Vaudreuil un lieu pour s'établir dans la région de Montréal. Vaudreuil saisit l'occasion pour mettre fin au bail controversé et cherche à justifier autrement la propriété de cette concession. C'est dans ce contexte qu'il invite le sulpicien René-Charles de Breslay (1658-1735) à installer une mission à l'île aux Tourtes, ce qui est probablement fait au printemps ou à l'été 1704. Les premiers baptêmes d'Amérindiens, principalement des Népissingues, y sont rapportés en 1705.

Au cours des deux premières années d'existence de la mission, le site ne compte probablement que des habitations autochtones érigées comme campement d'été. En 1706, Breslay fait construire une maison, parfois désignée comme étant le presbytère, qui sert aussi de chapelle. Ce n'est vraisemblablement qu'en 1710 que s'ajoutent d'autres bâtiments, dont le fort et une église en pierre. Par ailleurs, l'aveu et dénombrement de 1725 relève la présence d'un corps de garde et d'une maison des officiers, tous deux en bois.

Breslay manque d'appuis. En 1715, il perd son principal soutien avec la mort du roi Louis XIV. L'année suivante, Vaudreuil obtient finalement la confirmation de la concession de sa seigneurie et n'a donc plus besoin de la mission pour justifier la propriété du lieu. De plus, le fort perd son importance stratégique et est délaissé. En 1721, la mission du Sault-au-Récollet est déménagée vers Oka et celle de l'île aux Tourtes y est rattachée.

Après la mort de Vaudreuil, rien ne justifie le maintien des activités commerciales, militaires ou missionnaires sur l'île aux Tourtes. Les derniers Népissingues s'y trouvant sont déplacés vers Oka en 1727.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, l'île aux Tourtes connaît plusieurs propriétaires, mais aucun ne semble s'être établi sur les lieux. Les bâtiments tombent rapidement en décrépitude, sont déménagés ou détruits. Entre 1891 et les années 1930, plusieurs chalets sont érigés sur la pointe est. Un aqueduc en bois traversant le sud de l'île est construit en 1913.

En 1958, un gazoduc traversant l'île d'est en ouest est mis en place. À partir de 1961, la construction du pont de l'île aux Tourtes et le prolongement de l'autoroute 40 bouleversent à leur tour les sols archéologiques de la partie sud.

Le mouvement pour la mise en valeur du site s'organise à partir de 1990. En 1992, la Ville de Vaudreuil-Dorion devient propriétaire de l'île. Plusieurs interventions archéologiques sont réalisées au cours des années 1990 et 2000.

La collection d'objets du site archéologique de l'Île-aux-Tourtes est classée en 2015. Le site archéologique est classé au même moment. Les objets qui sont liés aux activités pratiquées sur l'île, soit au commerce, à la religion, à la vie domestique, à la chasse et à la guerre, sont conservés à la Réserve d'archéologie du Québec, à Québec.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

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Références

Notices bibliographiques :

  • AGIN, Guy. Première campagne de fouille au site du poste de traite de l'Île aux Tourtes, site BiFl-5. s.l. 1993. 70 p.
  • Archéotec inc. Île aux Tourtes, campagne 2003. Inventaire archéologique. s.l. 2004. 43 p.
  • Archéotec inc. Île aux Tourtes, interventions archéologiques 2001, rapport de recherche. s.l. 2002. 128 p.
  • Archéotec inc. Île aux Tourtes, site BiFl-5. Campagne archéologique 2004, fouille de l'église de 1710. s.l. 2005. 146 p.
  • Archéotec inc. Île aux Tourtes. Interventions archéologiques 2006, BiFl-5. Rapport. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Ministère de la Culture et des Communications/Ville de Vaudreuil-Dorion, 2007. 218 p.
  • Archéotec inc. Île aux Tourtes. Site BiFl-5, interventions archéologiques. Rapport de la campagne 2002. s.l. 2003. 121 p.
  • Archéotec inc. Île aux Tourtes. Site BiFl-5. Fouilles archéologiques. Rapport de la campagne 2003. s.l. 2004. 76 p.
  • DAVIAU, Marie-Hélène. La pipe en pierre dans la société canadienne des XVIIe, XVIIIe, et XIXe siècles. Cahiers d'archéologie du CELAT, 26. Québec, CELAT, 2009. 307 p.
  • MURRAY, Annie-Claude. L'Île aux Tourtes (1703-1704) et les perles de traite dans l'archipel montréalais. Université de Montréal, 2008. s.p.
  • Transit analyse. Inventaire archéologique, Île aux Tourtes, comté de Vaudreuil, sites BiFm-2, BiFl-5 et BiFl-6. s.l. 1992. 140 p.

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