Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site du patrimoine du calvaire d'Huberdeau

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Calvaire d'Arundel
  • Calvaire d'Huberdeau
  • Chemin de Monfort

Région administrative :

  • Laurentides

Municipalité :

  • Huberdeau

Date :

  • après 1910 – avant 1920 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Calvaires, croix de chemin et chemins de croix)

Éléments associés

Groupes associés (2)

Personnes associées (3)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

Le site du patrimoine du calvaire d'Huberdeau est un chemin de croix installé entre 1910 et 1920. Il est constitué de cinq stations de la Passion du Christ, d'une croix et d'une grotte de Notre-Dame-de-Lourdes. Les stations sont formées de vingt-sept statues en fonte de fer bronzée produites entre 1910 et 1920 par l'Union artistique internationale de Vaucouleurs. Le site du patrimoine du calvaire d'Huberdeau est situé sur un mont à l'ouest du village d'Huberdeau, à proximité de la rivière Rouge et de l'église de Notre-Dame-de-la-Merci, dans la municipalité d'Huberdeau.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique au terrain et aux constructions et monuments qui s'y trouvent.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Huberdeau) 1997-09-24
 

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Valeur patrimoniale

Le site du patrimoine du calvaire d'Huberdeau présente un intérêt pour sa valeur ethnologique. Le site évoque une pratique religieuse autrefois très populaire au Québec, le pèlerinage. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, un renouveau important pour cette pratique se produit en France, notamment à Notre-Dame-de-Lourdes. L'engouement pour cette pratique gagne aussi le Québec. À l'occasion de fêtes religieuses, des foules convergent vers les lieux de pèlerinage afin de manifester leur foi. D'anciens lieux de pèlerinage sont alors remis en valeur, comme ceux de Sainte-Anne-de-Beaupré et de Cap-de-la-Madeleine. Le calvaire d'Huberdeau, par sa popularité, en est un autre bon exemple. Chaque premier dimanche du mois d'août, des personnes viennent y célébrer la fête du calvaire. L'aménagement du site sur un promontoire, son orientation, la direction de la route et la distance entre les stations témoignent également de la fonction de pèlerinage du lieu. Le site témoigne donc de la pratique du pèlerinage et constitue un élément important du patrimoine religieux québécois.

Le site du patrimoine du calvaire d'Huberdeau présente également un intérêt pour sa valeur historique. Sous la volonté du père montfortain Pierre Cesbron, un premier calvaire est construit et mis sur pied par corvées en 1892. Il est remplacé entre 1910 et 1920 par un chemin de croix constitué de cinq stations de la Passion du Christ. Celui-ci témoigne de la contribution importante des Pères de Monfort au développement de la municipalité. Cette communauté arrive de France et s'installe à Huberdeau en 1884, à l'invitation de Joseph-Thomas Duhamel (1841-1909), évêque du diocèse d'Ottawa. Deux ans plus tard, elle se fait confier un orphelinat voué à l'enseignement de l'agriculture. Jusqu'à leur départ en 1923, les Pères de Montfort établissent et gèrent plusieurs autres équipements. En plus du chemin de croix et de l'orphelinat, ils font notamment construire une chapelle qui sert également de presbytère et d'école ainsi qu'une grange-étable. Le site rappelle donc la présence marquante de cette communauté au tournant du XXe siècle.

Le site du patrimoine du calvaire d'Huberdeau présente également un intérêt pour sa valeur artistique reposant sur son association avec l'Union artistique internationale. Situé à Vaucouleurs dans la région de Lorraine en France et anciennement nommé l'Institut catholique de Vaucouleurs, cet atelier fabricant d'art religieux est fondé par Martin Pierson (1836-1900) et repris par son fils Charles Pierson (mort en 1923). L'entreprise est spécialisée dans la fabrication de statues en fonte de fer, mais son champ d'expertise s'étend graduellement vers d'autres formes d'art comme la peinture, suivant les besoins et les commandes qui se présentent à elle. Les statues en fonte du site du patrimoine d'Huberdeau, produites entre 1910 et 1920, témoignent de l'importance de la production de cet atelier pour le Québec, où ses oeuvres enrichissent les biens religieux de nombreuses paroisses.

Source : Municipalité d'Huberdeau, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site du patrimoine du calvaire d'Huberdeau liés à ses valeurs ethnologique, historique et artistique comprennent, notamment :
- sa situation à proximité de la rivière Rouge, au sommet d'un mont situé à l'ouest du village d'Huberdeau;
- son vaste terrain gazonné et boisé;
- l'escalier menant au promontoire;
- les cinq stations de la Passion du Christ posées sur des lits de pierre et la croix de la quatrième station;
- la grotte de Notre-Dame-de-Lourdes.

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Informations historiques

Le site du patrimoine du calvaire d'Huberdeau est situé sur un mont à l'ouest du village d'Huberdeau. Ce territoire, anciennement compris dans le canton d'Arundel, est tout d'abord exploité par un marchand de bois, Sydney Robert Bellingham (1808-1900). Il est colonisé par des groupes anglo-protestants au milieu du XIXe siècle, avant de l'être par des Canadiens français catholiques en 1875. L'installation de ces derniers et la création de la mission Notre-Dame-de-la-Merci sont favorisées par François-Xavier-Antoine Labelle (1833-1891) qui souhaite contrebalancer la présence protestante dans la région.

Un orphelinat ouvre en 1882 et deux ans plus tard, Joseph-Thomas Duhamel (1841-1909), évêque du diocèse d'Ottawa, confie l'oeuvre aux communautés françaises des Pères de Monfort et des Filles de la Sagesse, de la congrégation de la Compagnie de Marie. Aussitôt, une chapelle qui sert aussi de presbytère et d'école est construite. En 1891, le père montfortain Pierre Cesbron devient le deuxième curé résident. Inspiré par Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), fondateur de la congrégation, qui fit construire un calvaire monumental à Pont-Château, en France, au début du XIXe siècle, Cesbron entreprend par corvées la construction d'un calvaire en bois sur le mont dominant le village. À partir de ce moment, Huberdeau devient un lieu de pèlerinage particulièrement populaire dans la région.

Le calvaire en bois est remplacé par un chemin de croix dont les stations sont installées entre 1910 et 1920. Pour ce faire, les Pères de Monfort à Huberdeau font venir de France des statues grandeur nature (la plupart s'élèvent à deux mètres et les croix du Christ et des larrons s'élèvent à neuf mètres) en fer de fonte bronzée. Celles-ci sont fabriquées par l'Union artistique internationale, atelier fabricant de statues religieuses situé à Vaucouleurs en France et dirigé par Charles Pierson (mort en 1923), fils du fondateur Martin Pierson (1836-1900). Le chemin de croix ne contient toutefois que cinq stations de la Passion du Christ. En effet, le voyage a eu lieu pendant la Première Guerre mondiale et certains des bateaux transportant les statues auraient été coulés.

En 1923, l'ensemble des propriétés des Pères de Monfort à Huberdeau sont achetées par les Frères de Notre-Dame-de-la-Miséricorde et les Pères de Montfort quittent Huberdeau.

Le site du patrimoine du calvaire d'Huberdeau est constitué en 1997. Il est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012. Aujourd'hui, le lieu demeure fréquenté. Chaque premier dimanche du mois d'août, la fête du calvaire rassemble de nombreux croyants.

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Emplacement

Region administrative :

  • Laurentides

MRC :

  • Les Laurentides

Municipalité :

  • Huberdeau

Adresse :

  • 180, rue Principale

Latitude :

45° 58' 41.71"

Longitude :

-74° 38' 15.33"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Argenteuil Canton d' Arundel Rang 3 19 ptie
20 ptie
Argenteuil Canton d' Arundel Rang 4 24 ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • BOGLIONI, Pierre, dir. et Benoît LACROIX. Les pèlerinages au Québec. Québec, Presses de l'Université Laval, 1981. 160 p.
  • COURSOL, Luc. Un diocèse dans les cantons du Nord. Histoire du diocèse de Mont-Laurier. Mont-Laurier, Évêché de Mont-Laurier, 1988. 482 p.
  • LEBLANC, Gilles. Pèlerinages et lieux de prière au Québec. Montréal, Hurtubise HMH, 1999. 142 p.
  • MILOT, Jocelyne et Jean SIMARD. Les croix de chemin du Québec : inventaire sélectif et trésor. Collection Patrimoines. Dossier, 10. Québec, Les publications du Québec, 1994. 510 p.
  • OLIVER-LLOYD, Vanessa. Les croix de chemin au temps du bon Dieu. Outremont, Éditions du Passage, 2007. 221 p.
  • SIMARD, Jean. L'art religieux des routes du Québec. Québec, Publications du Québec, 1995. 56 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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