Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site archéologique du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Ancien marché Sainte-Anne
  • Ancien parlement de la province du Canada
  • Ancien parlement du Canada-Uni

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Usage :

  • Fonction commerciale (Halles et place du marché > Halles)
  • Fonction culturelle et récréative, loisir (Squares, parcs urbains et grands jardins)
  • Services et institutions (Hôtel du Parlement et ministères)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Événements associés (2)

Personnes associées (6)

Carte

Description

Le site archéologique du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni est aménagé à partir de 1832 sur le lit de l'ancienne rivière Saint-Pierre. Le sous-sol du site renferme un ouvrage de génie civil ainsi que les vestiges de bâtiments commerciaux et institutionnels. D'une superficie de 3 368 mètres carrés, le site présente un périmètre irrégulier. Il comprend la partie ouest de la place D'Youville, entre les rues McGill et Saint-Pierre. L'endroit se présente comme un terrain vacant bordé par des murets en brique et des arbres. Le site archéologique du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni est localisé dans l'arrondissement de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé site patrimonial. Il est compris dans le site patrimonial de Montréal. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2012-10-18

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2012-07-12
 

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Valeur patrimoniale

Le site archéologique du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni présente un intérêt pour ses valeurs historique et emblématique liées à la présence du premier marché couvert en pierre de Montréal et du parlement entre 1844 et 1849. Le marché Sainte-Anne a été érigé de 1832 à 1834 selon les plans de John Wells (1789-1864) et Francis Thompson (1808-1895). Après la désignation de Montréal comme nouvelle capitale du Canada-Uni en 1843, le bâtiment est transformé en parlement. Le lieu a notamment été le théâtre d'importantes transformations du système politique canadien. En 1848, la formation d'un nouveau ministère par les réformistes de Louis-Hippolyte La Fontaine (1807-1864) et de Robert Baldwin (1804-1858) marque l'instauration du principe de gouvernement responsable. Le pouvoir exécutif doit désormais obtenir et conserver l'appui de la majorité des élus afin de pouvoir gouverner. En 1849, le français est rétabli comme l'une des deux langues officielles. Le 25 avril de la même année, la loi pour indemniser les victimes des rébellions de 1837 et 1838 est sanctionnée. Les tories, principal parti d'opposition, dénoncent vivement la loi qu'ils perçoivent comme un signe de l'influence grandissante des Canadiens français au sein du gouvernement. Le jour de la sanction, les opposants à la loi manifestent et incendient le parlement. Le siège du gouvernement est transféré à Toronto l'année suivante. Les ruines du bâtiment sont remployées pour construire un autre bâtiment commercial correspondant au troisième marché Sainte-Anne. Il est démoli en 1901, et le site demeure vacant. Ce site archéologique évoque le passé commercial de l'endroit et rappelle les événements politiques importants qui s'y sont déroulés.

Le site archéologique du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni présente aussi un intérêt pour sa valeur technologique liée à la présence de l'égout collecteur William. L'ouvrage, en excellent état de conservation, mesure près de quatre mètres de largeur et trois mètres de hauteur. Il est constitué d'une voûte en arc surbaissé et d'un radier en forme de voûte inversée. Il a été conçu en même temps que le marché Sainte-Anne afin de canaliser la rivière Saint-Pierre, devenue insalubre, et de dégager une parcelle de terrain nécessaire à la construction du bâtiment commercial. Intégré au sous-sol du marché, il permettait également de rafraîchir les celliers. Cet ouvrage de génie civil témoigne des efforts déployés au XIXe siècle pour améliorer l'hygiène publique.

Le site archéologique du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Depuis 1980, le lieu a fait l'objet de plusieurs campagnes de fouilles. Fait exceptionnel, toutes les phases d'occupation du site ont pu être documentées par les recherches archéologiques. Le lit de la rivière a été observé, tout comme des traces d'occupation et d'utilisation des berges. Les fouilles ont également permis de mieux comprendre l'ampleur du projet de canalisation du cours d'eau et son ingéniosité. D'importants vestiges architecturaux ont aussi été mis au jour, dont les murs de fondation et les celliers. Les archéologues ont pu étudier les modes de construction du bâtiment et sa volumétrie. Ces découvertes ont permis d'observer des différences entre le bâtiment construit et les plans originaux. Une couche stratigraphique correspondant à l'incendie du parlement a en outre été identifiée, et de nombreux artéfacts et écofacts y ont été découverts. Plusieurs objets retrouvés témoignent aussi de la présence du troisième marché Sainte-Anne. Les différentes opérations archéologiques qui se sont déroulées sur le site ont permis de mieux saisir la complexité de son occupation. L'endroit, dont plusieurs sections n'ont pas encore été explorées, conserve un fort potentiel de recherche et de mise en valeur.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2013.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site archéologique du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni liés à ses valeurs historique, emblématique, technologique et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation place D'Youville, sur l'emplacement d'une ancienne rivière, dans le site patrimonial de Montréal;
- la présence de sites archéologiques;
- les vestiges architecturaux « in situ », dont les murs de fondation, les murs de refend, les contreforts, les sections de celliers et les planchers en bois;
- l'égout collecteur, dont la maçonnerie en pierre de taille, la voûte en arc surbaissé et le radier en forme de voûte inversée;
- les portions résiduelles du site.

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Informations historiques

Le site archéologique du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni est situé sous la place D'Youville, dans la ville de Montréal, sur l'emplacement de l'ancienne rivière Saint-Pierre. Au XVIIIe siècle, les habitants de l'île utilisent le petit cours d'eau comme égout à ciel ouvert. Celui-ci devient insalubre, et sa canalisation est proposée en 1801 par les commissaires chargés de la démolition des fortifications de la ville. Le projet ne se concrétise que dans les années 1830 lors de la construction d'une conduite souterraine en pierre voûtée, aujourd'hui appelée égout collecteur William.

La réalisation d'une partie du collecteur est intégrée à la construction d'un imposant marché couvert devant desservir les faubourgs Sainte-Anne et Saint-Joseph. Les architectes d'origine britannique John Wells (1789-1864) et Francis Thompson (1808-1895) sont engagés pour en réaliser les plans. Ils s'inspirent notamment du Quincy Market à Boston pour concevoir le marché Sainte-Anne. Le bâtiment néoclassique de deux étages, érigé de 1832 à 1834, compte 40 étals au rez-de-chaussée et 32 celliers disposés de part et d'autre du collecteur. La fraîcheur apportée par la rivière canalisée permet notamment de mieux conserver les denrées alimentaires.

En 1842, la Ville de Montréal acquiert le marché Sainte-Anne. Le conseil municipal désire y loger l'hôtel de ville, mais le projet ne se concrétise pas. Le 8 novembre 1843, le Parlement de la Province du Canada choisit Montréal comme nouvelle capitale. Le gouvernement loue le marché Sainte-Anne pour y loger le Parlement. L'architecte George William Richardson Browne (1811-1885) est chargé de réaménager le bâtiment. La première session de la deuxième législature a lieu le 28 novembre 1844. Les commerçants sont quant à eux relogés dans un deuxième marché construit plus à l'est par l'architecte John Ostell (1813-1892).

Le Parlement du Canada-Uni à Montréal est le témoin d'importantes transformations politiques dans les années suivantes. Le principe du gouvernement responsable est notamment instauré en 1848. Le gouverneur Lord Elgin (James Bruce, 1811-1863) demande alors à Louis-Hippolyte La Fontaine (1807-1864) et à Robert Baldwin (1804-1858), chefs des réformistes majoritaires, de former un nouveau ministère. Il s'agit de la première fois au Canada où le gouvernement, choisi parmi les représentants du peuple, est responsable devant la Chambre.

En février 1849, La Fontaine propose un projet de loi d'indemnisation (Bill des indemnités) pour les pertes subies lors des rébellions de 1837 et 1838. Les tories, principal parti d'opposition, dénoncent vivement le projet de loi qu'ils perçoivent comme un signe de l'influence grandissante des Canadiens français au sein du gouvernement. Le 25 avril, jour de la sanction royale, de nombreux manifestants se rassemblent pour dénoncer la loi. La manifestation tourne à l'émeute, et le parlement est incendié. Le siège du gouvernement est transféré à Toronto l'année suivante.

En 1851, un troisième marché, conçu par l'architecte George William Richardson Browne, est érigé sur les fondations de l'ancien parlement. Le bâtiment est démoli en 1901. L'espace est ensuite aménagé en parc gazonné, et l'endroit est nommé Place D'Youville. Dans les années 1920, l'emplacement est transformé en terrain de stationnement.

Le site a fait l'objet de plusieurs interventions archéologiques depuis 1980. Des vestiges des bâtiments ont été découverts tels que des murs de fondation, des murs de refend, des contreforts et des sections de celliers. De nombreux artéfacts et écofacts sont également mis au jour. L'égout collecteur William, désaffecté en 1990, est toujours en place.

Le site archéologique du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni est classé en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Latitude :

  • 45° 30' 1.266"

Longitude :

  • -73° 33' 21.864"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 182 694 Ptie
  • Lot 1 284 442 Ptie

Code Borden

BjFj-4      

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Références

Notices bibliographiques :

  • ARKÉOS INC. La place d'Youville : inventaire archéologique au site BjFj-4, 1997-1998. Patrimoine archéologique de Montréal, 17. Montréal, Ville de Montréal/Ministère de la Culture et des Communications, 2003. s.p.
  • BENESSAIEH, Karim. « Montréal, une brève capitale fédérale ». La Presse, 20 août 2011, s.p.
  • CÔTÉ, Alain. Un patrimoine incontournable : sélection de 29 biens culturels. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2000. 69 p.
  • DESGAGNÉS, Michel. Les édifices parlementaires depuis 1792. Québec, Publications du Québec, 1992. 124 p.
  • DOUCET, Sophie. « Dans le ventre du Vieux-Montréal ». s.a. L'Actualité [En ligne]. http://www.lactualite.com/societe/dans-le-ventre-du-vieux-montreal/
  • Ethnoscop inc. Marché Sainte-Anne/Parlement du Canada-Uni, Montréal (BjFj-4) : fouilles archéologiques, 2011. Montréal, Ville de Montréal/Ministère de la Culture et des Communications, 2012. s.p.
  • FORGET, Madeleine, dir. et Gilles LAUZON. L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine. Québec, Les Publications du Québec, 2004. 292 p.
  • LAMOTHE, Francis, Louise POTHIER et Chantal VIGNOLA. « Le marché Sainte-Anne : un lieu historique d'une importance capitale ». Bulletin de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale. Vol. 41, no 1 (2012), p. 15-20.
  • PERRAULT, Claude. « Les marchés Sainte-Anne - Le Parlement et la Place Youville - 1833-1901 ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 23, no 3 (1969), p. 393-403.
  • POTHIER, Louise, dir. L'eau, l'hygiène publique et les infrastructures. Montréal, Groupe PGV, 1996. 84 p.
  • ROY, Alain. Un lieu, des événements marquants, une époque charnière. Le marché Sainte-Anne, le parlement de Montréal et la formation d'un état moderne. Étude historique. Montréal, Institut d'histoire de l'Amérique française / Ministère de la Culture et des Communications, 1999. 93 p.
  • VÉRONNEAU, François. La place d'Youville : relevé archéologique du collecteur William (BjFj-50), 1990. Patrimoine archéologique de Montréal, 5. Montéal, Ville de Montréal/Ministère de la Culture et des Communications, 2003. 26 p.
  • Ville de Montréal. Centre d'histoire de Montréal. "Le Parlement brûle!". Montréal Clic [En Ligne]. http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=2497,3090359&_dad=portal&_schema=PORTAL

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